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Le soulèvement de la jeunesse palestinienne et le rôle des organisations politiques - 7e partie

mercredi 16 décembre 2015 - 02h:15

Belal Shobaki

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Les frères ennemis - Fatah et Hamas - doivent s’allier aux autres factions et créer des comités pour coordonner fructueusement le soulèvement actuel de la jeunesse.

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Un manifestant palestinien se sert d’une fronde pour lancer des pierres sur les forces israéliennes lors d’affrontements à al-Bireh, près de Ramallah, le 29 novembre 2015 - Photo : AFP/Abbas Momani

Pour les partis politiques, l’actuel mouvement populaire rend plus urgente que jamais la nécessité de transcender les intérêts partisans et de contribuer à l’expansion d’un activisme social et civique. Fatah et Hamas ont ici une occasion en or pour s’extraire de leurs préoccupations institutionnelles de gestion de l’A.P., afin d’agir dans un sens qui bénéficie à leur identité en qualité de mouvements de libération sous occupation.

Toutes les factions devraient serrer les coudes et tracer un programme transcendant Oslo et la structure institutionnelle qui paralyse la lutte des Palestiniens. Ils peuvent se servir de leur machinerie médiatique pour reconstruire une culture politique, économique et sociale qui nourrisse le soulèvement plutôt que polariser et mobiliser sur le mode partisan. Cela susciterait un changement de comportement au sein des confortables habitudes consuméristes des palestiniens, en particulier en Cisjordanie.

Le Fatah pourra juger difficile d’entreprendre de telles actions puisqu’il s’identifie aux institutions de l’AP. Mais les pertes pour le Fatah seront bien plus importantes s’il ne se met pas au changement. L’état d’esprit général du public palestinien, y compris l’électorat même du Fatah, diverge totalement de ce que croit la direction politique : que les événements actuels ne seraient rien de plus qu’une « vague de colère » qui peut être contrôlée par les agences de sécurité et exploitée pour mener des négociations avec Israël.

L’impuissance des factions palestiniennes à se mobiliser pour une confrontation ouverte avec l’occupant, alors que le soulèvement des jeunes se poursuit, générera sans aucun doute des leaders de terrain qui seront plus capables de diriger que ceux qui restent assis dans leur bureau. Cela entraînerait un fossé encore plus profond entre les forces sans entraves réglementaires sur le terrain et les restrictions partisanes des bureaucrates gouvernementaux.

Un tel mouvement devrait regarder au-delà des options du Fatah et du Hamas. Le Front Populaire pour la Libération de la Palestine et le Djihad Islamique pourraient rallier de puissantes réunions et manifestations contre l’occupation.

Tous deux jouissent du respect du peuple palestinien et ils ont davantage de liberté que le Hamas, qui a été la cible d’une double campagne sécuritaire en Cisjordanie, à la fois par Israël et l’Autorité palestinienne.

Les deux mouvements pourraient travailler avec d’autres factions pour soutenir une confrontation ouverte avec l’occupation israélienne et mener un appel à former des comités de coordination qui gèrent le soulèvement. Ces comités évolueraient ensuite vers une direction conjointe, qui ferait partie intégrante de l’OLP en tant que partie d’un programme de réforme de cette organisation.

Cependant la création d’un nouvel espace est subordonnée au dépassement de l’expérience passée et spécifiquement à l’expérience de la formule Oslo en faveur d’une solution à deux états. Les acteurs qui monopolisent actuellement les institutions politiques palestiniennes sont celles qui soutiennent toujours cette formule.

Si le public fait de l’actuel soulèvement un rejet d’Oslo, en plus d’une confrontation avec l’occupant, soit de nouveaux dirigeants émergeront et poursuivront de nouvelles options, soit les dirigeants actuels se sentiront forcés de changer leur rhétorique et leur comportement politiques.

Belal Shobaki, membre de al-Shabaka, enseigne notamment au Département de Sciences Politique de l’Université de Hébron et il est membre de l’American Political Studies Association. Il a été journaliste en Malaisie et est directeur d’études au Centre Palestinien pour la Démocratie. Il prépare un ouvrage sur les divisions inter-palestiniennes.

Du même auteur :

- Le Hamas doit relever trois défis majeurs en 2015 - 2 mars 2015

Consultez également :

- 1e Partie
- 2e Partie
- 3e Partie
- 4e Partie
- 5e Partie
- 6e Partie
- 8e Partie

30 novembre 2015 - Ma’an News - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.maannews.com/Content.asp...
Traduction : Info-Palestine.eu - Marie Meert


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