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Le soulèvement de la jeunesse palestinienne et le rôle des organisations politiques - 6e partie

lundi 14 décembre 2015 - 00h:04

Mjiriam Abu Samra

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A quelles conditions pourrait apparaître une nouvelle direction nationale, pour une stratégie rénovée de résistance ?

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Un jeune Palestinien masqué pousse une poubelle lors d’affrontements avec les troupes israéliennes d’occupation, le 21 septembre à 2015 Bethlehem - Photo : AFP/Musa al-Shaer

Afin de répondre à la question fondamentale de savoir pourquoi les partis politiques historiques ont pas été en mesure de catalyser jusqu’à présent la frustration de la jeunesse, nous devons considérer la façon dont les politiques palestiniennes ont changé,principalement dans le discours politique de l’OLP et dans le passage d’une stratégie de lutte de libération à celle de construction d’un État (state-building).

Cela a privé la lutte de ses principes fondamentaux, et lentement sapé ses stratégies. Une normalisation néo-coloniale avec l’occupant a remplacé le cadre anti-colonialiste d’origine qui avait façonné la lutte. En conséquence, le mouvement national s’est retrouvé paralysé du point de vue de sa capacité de mobilisation populaire.

La relation néo-coloniale entre le colonisateur et le colonisé a isolé la direction palestinienne de sa base populaire et a freiné les luttes. La crise entre le Hamas et le Fatah est une démonstration de l’environnement colonial complexes imposé aux Palestiniens, et de l’incapacité des partis palestiniens à donner la priorité à la volonté populaire par rapport aux intérêts néolibéraux.

Bien que sa manifestation la plus aiguë soit la crise Fatah-Hamas, le projet néolibéral inauguré par Oslo a affecté toutes les partis palestiniens à des degrés divers, et les a rendus incapables de donner une expression à la volonté populaire.

En gardant ce cadre plus large à l’esprit, il est peu probable de voir surgir dans l’insurrection actuelle, un rôle significatif pour les partis historiques - à moins qu’ils ne rétablissent la vision et le discours politiques anti-colonialistes du mouvement palestinien.

Cependant, un tel changement radical pourrait signifier la disparition même de la classe dirigeante et le démantèlement de tout l’appareil avec ses intérêts économiques et politiques dans le territoire palestinien occupé. Ceci est un risque que la direction palestinienne ne semble pas disposée à prendre pour le moment.

En effet, tout tentative de mettre sur pied une direction solide et inscrite dans la durée pour représenter les mouvements spontanés sur le terrain, devra repositionner la libération et la justice au cœur de la lutte. Il est plus probable que les jeunes Palestiniens finissent par jouer un rôle dans une redéfinition radicale de la politique palestinienne, tandis que les partis historiques s’abstiendront de contribuer réellement au soulèvement actuel.

À cet égard, nous devrions prêter attention aux nouveaux efforts initiés par de jeunes Palestiniens de la Diaspora (Shatat) et en Palestine historique, qui fournissent un cadre politique solide pour le soulèvement actuel et de façon plus large au mécontentement palestinien. Il est trop tôt pour évaluer le potentiel stratégique de ces initiatives, mais il est important de souligner le discours radical qu’elles endossent.

Il est également important de reconnaître, par-dessus tout, l’effort intense pour réunifier - même si seulement symboliquement, pour le moment - le message politique de toutes les parties prenantes de la société palestinienne : Les Palestiniens sous occupation en Cisjordanie et à Gaza, ceux de « la Palestine de 48 » et ceux de la Diaspora. Regardons par exemple, la mobilisation transnationale appelée par les jeunes Palestiniens de partout dans le monde le 29 novembre, que les Nations Unies ont marqué comme la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien.

Ces efforts sont une nouvelle voie pour la politique palestinienne, dont le but est d’unifier la société palestinienne autour d’une vision partagée de la justice, de la libération et du retour. Ces initiatives encore naissantes pourraient fournir un nouvel espace pour l’émergence d’une nouvelle direction nationale en mesure d’élaborer - et maintenir - une stratégie rénovée de résistance pour la lutte palestinienne.

* Mjiriam Abu Samra est doctorante en relations internationales à l’Université d’Oxford. Son travail se concentre sur les mouvements transnationaux d’étudiants palestiniens et leur contribution à l’ensemble du mouvement de libération à travers différentes périodes.

Consultez également :

- 1e Partie
- 2e Partie
- 3e Partie
- 4e Partie
- 5e Partie
- 7e Partie
- 8e Partie

29 novembre 2015 - Ma’an News - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.maannews.com/Content.asp...
Traduction : Info-Palestine.eu


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