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Massacre de la famille Dawabsheh : les Palestiniens appellent à un « Jour de Colère »

mardi 8 septembre 2015 - 17h:38

Mel Frykberg & Nigel Wilson

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Alors que les Palestiniens pleurent la mort de Riham Dawabsheh, les groupes de défense des droits de l’homme ont critiqué la réponse du gouvernement israélien.

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Une foule importante s’est rassemblée pour l’enterrement de Reham Dawabsheh, dont le mari et le bébé sont morts dans la même attaque criminelle perpétrée par des colons juifs - Photo : al-Jazeera/Nigel Wilson

Dans les restes calcinés de la maison dans Douma où vivait la famille Dawabsheh, un groupe d’écolières a écrit des messages sur le mur.

« Je t’aime, mon professeur », a écrit une fillette. Une autre a simplement écrit le nom « Riham » à l’intérieur d’un cœur.

Riham Dawabsheh, une enseignante de 27 ans, est morte à l’hôpital dimanche soir après avoir subi des brûlures sur plus de 80% de son corps dans un incendie criminel provoqué en juillet dernier par des colons israéliens.

L’attaque a également tué son époux et leur bébé Ali, âgé de 18 mois, tandis qu’un autre fils, Ahmed, âgé de quatre ans est toujours à l’hôpital. Avec des brûlures au deuxième degré qui couvrent 60%, les chances de survie pour Ahmed sont minces, disent les médecins.

Razan Maher, âgée de 15 ans, a dit qu’elle et ses camarades de classe avaient pleuré au début de l’année scolaire parce Reham n’était pas présente. « Elle était toujours à sourire et à rire. Elle ne voulait mettre personne en difficulté. Elle aimait nous enseigner, » a déclaré Maher à Al Jazeera.

Alors que les amis et la famille se réunissaient lundi à la maison de la belle-maman de Reham avant l’enterrement, tout le monde était sous le choc et désespéré..

La sœur de Reham, Alia, a dit qu’elle a entendu les nouvelles dans le milieu de la nuit.

« Je me sentais comme une créature sans âme. Je me sentais comme une personne folle, » nous a-t-elle dit. « Reham était comme la lune. Je l’appelais ’la lune’. Elle était gentille et très douce avec nous. Quand je regarde la lune, je me souviens d’elle. »

Les militants palestiniens ont appelé à une « journée de la colère » pour ce vendredi, en réponse aux événements tragiques, tandis que les militants des organisations de défense des droits humains mettent en question la réponse extrêmement lente des autorités israéliennes d’occupation pour appréhender les coupables.

Après l’attaque dans le village de Douma, la police israéliennes a arrêté une poignée de colons extrémistes, mais ils ont ensuite été libérés, sans inculpation. Les détentions se sont produites après un changement dans la législation israélienne qui permet à présent que des Israéliens se retrouvent en détention administrative - une pratique traditionnellement réservée aux Palestiniens - dans un contexte d’augmentation importante du nombre d’attaques contre des Palestiniens par des colons israéliens.

Selon les Nations Unies, les colons israéliens ont commis au moins 142 attaques contre les Palestiniens à Jérusalem-Est occupée et en Cisjordanie depuis le début de cette année.

Le gouvernement israélien aurait probablement été beaucoup plus motivé si les victimes avaient été des juifs et les coupables Palestiniens.

« Je ne crois guère que les coupables soient traduits en justice. Cependant, en raison de l’attention internationale sur le cas, les autorités israéliennes pourraient vouloir paraître crédibles », nous dit Tahseen Elayyan de l’organisation palestinienne Al-Haq basée à Ramallah. « Très peu de coupables israéliens sont déférés devant la justice lorsque les victimes sont palestiniennes. Et quand c’est malgré tout le cas, leurs peines sont scandaleusement légères. »

Yesh Din, l’organisation israélienne de défense des droits humains, dit que moins de 2% des plaintes palestiniennes contre des colons israéliens ont abouti à des condamnations.

En juin, le groupe a publié un rapport intitulé : « Rester les bras croisés », à propos de la réponse de l’armée israélienne aux délits commis par des citoyens israéliens contre les Palestiniens en Cisjordanie occupée.

« Le phénomène de ’Rester les bras croisés’ fait référence à des incidents où des soldats sont les témoins de la violence par les citoyens israéliens contre les Palestiniens et leurs biens, et ne font rien pour empêcher le préjudice tandis que l’action est en cours, ou n’arrêtent pas les auteurs après l’événement, évitent de protéger les lieux pour permettre la collecte de preuves et refusent de témoigner devant la police », indique le rapport.

En plus de la violence des colons, plus de 25 Palestiniens ont été tués cette année par les forces israéliennes d’occupation qui utilisent des tirs à balles réelles.

Le jour de l’attaque à Douma, Laith al-Khaldi, âgé de 15 ans et du village de Jifna, près de Ramallah, a été tué par des soldats israéliens après avoir jeté des pierres sur un tour militaire israélienne voisine lors des manifestations qui ont suivi la mort du bébé Ali Dawabsheh.

« Ils auraient pu se saisir de lui, » nous dit Samar al-Khaldi, la maman de Laith. « Même s’ils se sentaient le besoin de lui tirer dessus alors qu’il ne présentait pas de menace pour eux, pourquoi ne pas utiliser des balles en caoutchouc ? Ou s’ils voulaient utiliser des balles réelles, pourquoi n’ont-ils pas tirer seulement dans les jambes avant de l’arrêter ? »

Selon l’organisation israélienne B’Tselem, en tant que puissance occupante en Cisjordanie, « Israël est dans l’obligation de maintenir l’ordre public et d’assurer la sécurité des Palestiniens ». Mais quelques cas ont été étudiés et ont fait l’objet de poursuites, a ajouté le groupe, notant qu’une nouvelle loi adoptée par le parlement israélien empêche à présent les Palestiniens de demander réparation.

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7 septembre 2015 - Al-Jazeera - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.aljazeera.com/news/2015/...
Traduction : Info-Palestine.eu


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