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« Nés libres, nous le resterons »

jeudi 28 novembre 2013 - 01h:48

Baladi

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Publication 23 - Soutenir la lutte des prisonniers détenus dans les geôles sionistes

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Des femmes palestiniennes tiennent des affiches de Hana Al-Shalabi, une prisonnière palestinienne en grève de la faim en prison en Israël. Dans la ville de Jénine en Cisjordanie, les manifestants protestent contre la politique israélienne de la détention administrative - Photo : AP

Les prisonniers palestiniens détenus dans les prisons sionistes risquent à tout moment de mourir. La négligence médicale intentionnelle de l’occupant ne fait plus de doute, après le décès de plusieurs prisonniers, par manque de soins appropriés. Les autorités de l’occupation, parce qu’elles ne subissent aucune pression de la part de la communauté internationale, poursuivent leurs crimes. Ni l’ONU, ni l’Union européenne, ni les associations internationales qui prétendent défendre les droits de l’homme dans le monde, ne s’inquiètent du sort des prisonniers palestiniens, parce que l’État criminel a décidé qu’il s’agit de « terroristes », alors qu’ils sont des combattants pour la liberté.

La communauté internationale se plie aux critères du colonialisme sioniste en Palestine, ce qui signifie qu’elle est entièrement responsable de la mort de chaque détenu dans les sinistres prisons de l’occupation. Bien qu’abandonnés, les résistants prisonniers poursuivent leur combat, individuellement ou collectivement. Telle est la culture du peuple palestinien : jamais vaincu, malgré la défection des « amis » et la coalition des ennemis. L’histoire du mouvement des prisonniers palestiniens est à elle seule une leçon de courage et d’abnégation adressée au monde entier.

1 - Prisonniers grévistes de la faim dans les prisons de l’occupation

- Le prisonnier jordanien Alaa Hammad poursuit la grève de la faim depuis le mois de mai 2013, réclamant sa libération. Privé de la solidarité et de la médiatisation de sa longue grève de la faim, le résistant Alaa Hammad subit les pratiques de torture morale et psychologique, l’occupant ne cesse de le transférer d’une prison à l’autre, pour qu’il arrête son mouvement. Il a récemment refusé qu’un avocat puisse le rencontrer

- Le prisonnier Akram Al-Fassissi du village Idhna dans la province d’al-Khalil a arrêté la grève de la faim qu’il a mené pendant deux mois pour protester contre sa détention « administrative ». L’occupant a finalement accepté que la détention « administrative » soit réduite à trois mois. Néanmoins, Al-Fassissi entend participer à la lutte des détenus administratifs, commencée au cours de la dernière semaine de novembre.

- Deux prisonniers en détention « administrative » ont entamé la grève de la faim, il y a environ dix jours, pour réclamer leur libération immédiate. Il s’agit des frères Mohammad(25 ans) et Islam (20 ans) Saleh Badr, de Beit Laqya. Mohammad avait été arrêté en 2008 et condamné à 4 ans de prison, pour appartenance au mouvement du Jihad islamique. Son frère Islam avait été arrêté et mis en détention administrative en 2011, pour 9 mois. Ils ont été récemment arrêtés, le 28 octobre 2013 et immédiatement placés en détention administrative, dans la prison de Ofer. Les autorités de l’occupation ont isolé les deux prisonniers pour les inciter à arrêter leur mouvement.

2 – Libérer les prisonniers malades

Le ministre aux affaires des prisonniers et libérés, dans l’AP de Ramallah, Issa Qaraqe’, a affirmé que les sections de l’isolement dans les prisons sionistes sont consacrées en partie aux détenus palestiniens atteints de maladies psychiques. Au lieu de les soigner, les autorités carcérales les isolent. Concernant le sort des prisonniers malades, il a ajouté que les conditions d’emprisonnement sont la première cause de leurs maladies » et que l’AP consacre ses efforts pour les libérer.
Yusri al-Masri, 30 ans, condamné depuis 2003 à 20 ans de prison pour appartenance aux Brigades al-Quds (branche armée du mouvement du Jihad islamique) a été opéré, dans la prison de Ramleh. Mais les autres prisonniers affirment que sa situation ne s’est pas améliorée. Ils craignent son décès, d’autant plus que des informations, non publiques, rapportent que les sionistes envisagent sa libération (après dix ans de détention) afin de ne pas supporter les charges de son décès.

Le club des prisonniers a déclaré que plusieurs prisonniers détenus dans la prison de Meggido souffrent de la détérioration de leur état de santé, dont Anas Jaradat de la ville de Jénine et Ammar Hammour.

Le résistant prisonnier Mu’tassam Raddad écrit, de l’intérieur de la prison de Haddarim, appelant à exercer des pressions pour le faire libérer, ainsi que tous les prisonniers malades. Gravement malade depuis des mois, ne recevant aucun remède, alors qu’une opération chirurgicale est nécessaire, il explique qu’il ne parvient plus à dormir à cause des maux qu’il ressent. Détenu depuis 2006, Mu’tassam Raddad est condamné à 20 ans de prison.

Dans une lettre écrite de la prison, le résistant Thaer Halahla réclame un mouvement d’ampleur pour faire libérer les prisonniers malades, détaillant les agressions dont il est l’objet depuis son arrestation. Il fait état de la haine des médecins de l’occupation, qui soi-disant le soignent, mais qui en fait, ne font qu’aggraver sa maladie. Il y raconte tous les actes malveillants, sauvages et humiliants que les gardiens de prison, les médecins et les prisonniers juifs lui ont fait subir, depuis son arrestation et au cours des interrogatoires.

3 – Abolir la détention « administrative »

Lundi 25 novembre, les détenus « administratifs » décident de mener une grève de la faim, pour un jour, pour préparer leur mouvement de lutte collectif contre cette forme de détention arbitraire et criminelle. Dans un communiqué, ils annoncent qu’ils mèneront la grève de la faim à partir du 10 décembre, jusqu’à la fin du mois, deux jours par semaine. Ils poursuivent leur boycott des tribunaux militaires. Si l’occupant ne réagit pas, ils prendront des mesures plus importantes le 30 décembre, y compris la grève de la faim illimitée.

Le prisonnier palestinien Samer al-Barq qui devait être libéré ce mois-ci, suite à la promesse faite après sa grève de la faim, restera en prison : les autorités de l’occupation l’accusent à présent de faire partie d’al-Qa’ida, alors qu’aucune charge n’a été retenue contre lui, tout au long de la détention administrative qu’il a subie. Issa Qaraaqe’, ministre chargé des prisonniers auprès de l’AP, dénonce cette nouvelle mascarade affirmant qu’aucune preuve n’a été apportée pour justifier sa détention. La presse sioniste a commencé à publier mensonges sur mensonges, concernant sa vie et son parcours, pour justifier son maintien en prison.

L’occupant a renouvelé la détention « administrative » de 6 mois pour deux députés du conseil législatif, Mahmoud Ramhi de Ramallah et Yasser Mansour de Nablus. Les deux députés ont été kidnappés le 24 novembre 2012, au cours de la bataille du « ciel bleu » contre Gaza. Deux autres prisonniers ont subi le renouvellement de leur détention, il s’agit de Mouayyed Sharab et Isma’il Suyuti.

Un détenu « administratif », Samir Mohammad Bhis, 39 ans, de la région d’al-Khalil, a été convoqué pour des séances d’interrogatoire dans la prison de Ascalan. Samir Bhis est un prisonnier libéré, ayant passé 9 ans dans les prisons sionistes, dont 5 en détention « administrative ». Réarrêté le 4 février 2013, et mis en détention administrative pour 6 mois, renouvelé pour 6 mois encore, sa convocation récente pour des interrogatoires, l’a surpris.

Le ministre sioniste de la sécurité intérieure a réclamé au conseiller juridique du gouvernement la prérogative d’émettre des ordres de détention « administrative » et d’expulsion des Palestiniens des territoires occupés, pouvant aller jusqu’à une période de 5 ans.

4 – Répression

Avant même de commencer la « journée de la colère » dans le Naqab occupé contre le plan Prawer,, prévue pour le 30 novembre, les forces de l’occupation mènent depuis plusieurs jours une campagne d’arrestations des jeunes, dans tout le pays, et ont arrêté sheikh Sayyah al-Touri, grande figure résistante du Naqab et plus particulièrement du village al-Araqib, détruit 61 fois depuis deux ans.

Les prisons d’Eshel et du Naqab ont été visées par des incursions de plusieurs unités de forces de la répression sionistes. Les cellules ont été fouillées et inondées d’eau. Une autre incursion a eu lieu dans la prison de Nafha, au sud du pays, dans la section 14, prétextant la recherche de téléphones portables. Plusieurs prisonniers de la prison du Naqab ont été transférés dans des cellules « de châtiment » dont Mohammad Saleh Nattah. La porte-parole du centre d’études sur les prisonniers, à Gaza, a indiqué que la prison du Naqab subit depuis plusieurs semaines des incursions presque quotidiennes de la part des unités spécialisées dans la répression.

4 prisonniers détenus dans la prison du Naqab ont été placés en isolement, et les forces de la répression sont intervenus pour briser le mouvement de solidarité et de révolte des prisonniers.

La prison de Ascalan est en ébullition depuis deux semaines, après l’incursion menée par les forces de répression, qui ont gravement frappéet blessé des prisonniers (9 prisonniers blessés). Cet acte sauvage a été dénoncé par les prisonniers qui ont mené une grève de la faim de quelques jours, avant de l’arrêter suite à un accord intervenu avec les autorités de la prison. Mais quelques jours plus tard, les prisonniers menacent de nouveau de recourir à la grève de la faim.

L’occupant interdit de visite la famille de la prisonnière Mona Qaadan, bien qu’il lui ai délivré une autorisation de visite. Mona Qaadan est de la ville de Arraba, près de Jénine. Libérée lors de l’accord d’échange des prisonniers, en octobre 2011, elle a été à nouveau arrêtée, sans avoir été « jugée ». Le responsable du club des prisonniers dans la ville de Jénine, Ragheb Abu Diyak a signalé que l’interdiction de visite est une claire violation de la 4ème convention de Genève, à l’article 116. Il a fait remarquer que cette pratique de la part des sionistes vise à soumettre la famille à des pressions psychologiques et sociales. La famille d’un prisonnier des territoires occupés en 48, Ibrahim al-Bikri, 33 ans, a été interdite de visite par le Shabak, alors qu’elle avait reçu l’autorisation de la visite. Le prisonnier résistant est condamné à 9 perpétuités, la condamnation la plus élevée parmi les prisonniers de l’intérieur.

Les forces de l’occupation ont mené une incursion dans le camp de Jénine pour arrêter sheikh Bassam Saadi, dirigeant au mouvement du Jihad islamique. N’ayant pu l’arrêter, elles ont arrêté des membres de sa famille, son fils Suhayb Saadi, 22 ans, et son frère. Cette incursion est intervenue immédiatement après une poursuite menée par les forces sécuritaires de l’AP dans le camp de Jénine.

10 enfants maqdisis ont été arrêtés à Issawiya, par l’occupant, accusés de lancer des pierres et des cocktails molotov contre une caserne de l’occupant. Deux enfants feraient partie de cellules du FDLP, selon l’occupant. Deux jeunes filles ont été arrêtée dans la ville d’al-Khalil, Fida’ et Fatmé Awad (15 et 16 ans).

5– Libération

Imad al-Batran, qui a mené une grève de la faim contre sa détention administrative pendnt 105 jours, enfin libre ! Dès sa libération, il a affirmé que les prisonniers malades sont en danger et a réclamé une large campagne pour les faire libérer. Il a également dénoncé les incursions menées par les unités spéciales contre les prisonniers, pour réprimer les prisonniers, disant que ces incursions sont devenues de plus en plus fréquentes. Il a souligné que les prisonniers qui mènent la grève de la faim sont réprimés et mis en isolement, dans des conditions très difficiles, pour les obliger à arrêter leur mouvement. Sa longue grève de la faim a abouti à un accord, qui est le non renouvellement de sa détention « administrative » qui s’est achevée le 15 novembre 2013.

Mayssar Itani (47 ans) a été libérée, après 3 mois d’incarcération, pour s’être rendue « illégalement » dans les territoires occupés en 48. Elle a décrit la situation intenable des prisonnières palestiniennes qui souffrent de maladies et de mauvaises conditions de détention, mais aussi d’incursions répétées dans leurs cellules. La militante Mayssar Itani a déploré la marginalisation des femmes prisonnières.

Le prisonnier résistant Hani Mohammad Sharif, de la ville d’al-Khalil, a été libéré après 16 ans de détention pour résistance à l’occupation.

6 – Statistiques

Un rapport du ministère chargé des prisonniers, à Ramallah, indique le nombre de 4900 prisonniers palestiniens détenus dans les prisons sionistes, répartis sur 17 prisons et centres de détention. 190 enfants âgés de moins de 18 ans font partie des prisonniers. 14 prisonnières sont détenues dans des conditions inhumaines, parmi elles Lina Jarbouni, doyenne des prisonnières détenue depuis 11 ans. 495 prisonniers sont condamnés à une ou plusieurs perpétuités, le prisonnier Abdallah Barghouty étant condamné à 67 perpétuités plus 250 ans (Brigades d’al-Qassam, branche militaire du mouvement Hamas). 14 députés du conseil législatif palestinien font partie des prisonniers, la plupart en tant que détenus « administratifs ». 52 prisonniers sont considérés comme anciens prisonniers, détenus avant les accords d’Oslo, la plupart étant de la ville d’al-Quds et des territoires occupés en 1948. Le résistant Karim Younes est le doyen des prisonniers, étant détenu depuis 31 ans.

Le nombre des prisonniers « administratifs » est de 165 prisonniers, selon le club des prisonniers.

7 – Solidarité

Plusieurs associations de soutien aux prisonniers et leurs familles lancent une campagne pour faire libérer les prisonniers malades. L’association européenne U Free y participe.

Une rencontre a eu lieu à Ramallah, rassemblant les familles des prisonniers et des militants, pour protester contre l’incarcération des prisonniers malades et pour réclamer leur libération. Au cours de cette rencontre, le médecin Afou Aghbarieh, des territoires occupés de 48, a confirmé la politique de négligence médicale intentionnelle pratiquée par l’occupant, en détaillant plusieurs cas de prisonniers malades que les autorités de l’occupation ont refusé de soigner.

Le coordinateur des Nations-Unies pour les affaires humaines a réclamé au gouvernement de l’occupation la nécessité de libérer les prisonniers « administratifs », étant donné qu’ils ne sont pas accusés et qu’ils n’ont pas été « jugés ».

A Bethlehem, un rassemblement des familles des prisonniers et de militants devant le siège de la Croix-Rouge a réclamé la fin de la détention « administrative ». Dans la bande de Gaza, les rassemblements devant le siège du CICR se poursuivent. Les participants veulent rappeler à toutes les forces politiques de la résistance la nécessité de se mobiliser pour la libération des prisonniers.

Les forces sécuritaires de l’AP poursuivent les militants palestiniens

Un étudiant de l’université de Nablus adresse une lettre au président Mahmoud Abbas et au premier ministre palestinien, leur réclamant de mettre un terme aux poursuites contre les étudiants palestiniens, accusés de soutenir la résistance. L’étudiant Farouk Moussa, 25 ans, de Arraba près de Jénine, explique que les services de renseignements de l’AP s’en prennent aux étudiants et leur envoient des convocations, juste au moment des examens.

L’ancien député, prisonnier et détenu « administratif » Hussam Khadr, a dénoncé les arrestations pratiquées par les services sécuritaires de l’AP contre les étudiants, membres du mouvement Hamas et du mouvement du Jihad islamique.

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Novembre 2013


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