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« Nés libres, nous le resterons » - 12

mardi 30 avril 2013 - 06h:45

Baladi

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Victoire éclatante du prisonnier résistant Samer Issawi, qui a mis fin à sa longue lutte de grève de la faim : 275 jours avec la menace, au cours des derniers jours, de refuser tous les supports le maintenant en vie. Samer Issawi a vaincu les oppresseurs et les bourreaux, en refusant tout bannissement.

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Shireen Issawi, la soeur de Samer avec les photos de son frère

Dans 8 mois, Samer Issawi sera libéré des prisons de l’occupation, et retournera dans sa ville, al-Quds, et dans sa famille.

Les pressions exercées par l’occupation sur le résistant Samer, notamment au cours des dernières semaines, furent insupportables, pour lui faire accepter des accords mitigés qui incluent son bannissement vers Gaza ou vers un pays européen. Samer a tenu bon et a refusé. Les mauvais traitements à son encontre, de la part des geôliers, du Shabak, et des médecins et infirmiers de l’occupation, ainsi que les mauvais traitements infligés aux membres de sa famille ne l’ont pas fait fléchir, ni lui ni sa famille. Samer Issawi a dû également affronter tous les esprits faibles, tous ceux qui ont douté de sa lutte et de la lutte des prisonniers, comme ils doutent de la lutte de leur peuple, comme il a fait face à tous les comploteurs qui souhaitaient qu’il cesse sa lutte et essayaient de trouver des issues sans gêner l’occupation. Samer Issawi a fait face aussi à tous les mensonges diffusés par la presse sioniste, porte-voix des services sécuritaires de l’occupation. La victoire de Samer Issawi est celle de la victoire de la volonté de résistance contre la voie des règlements.

Comme l’exprime si bien le mouvement du Jihad islamique, la fermeté de Samer Issawi renoue avec la fermeté inébranlable du peuple palestinien, elle exprime la volonté de lutte du peuple palestinien, qui refuse de plier et de se soumettre. La lutte du résistant Samer Issawi, cadre du FDLP, est une lutte exemplaire et indique la voie de la libération : ne pas fléchir, être prêt au martyre. Alors que les prisonniers n’ont pour seule arme que leur « ventre creux », ils parviennent à arracher leur liberté par leur persévérance, leur volonté, leur sacrifice, leur conscience politique, leur humanité, et par la solidarité de leur famille et de leur peuple. La lutte de Samer Issawi et sa victoire sont une école pour tous les peuples en lutte pour la liberté et la dignité. Par la lutte et la victoire de Samer Issawi, le peuple palestinien vient de prouver une nouvelle fois sa détermination à vaincre l’occupation et à vivre libre et digne.

De nombreux articles parus dans la presse arabe saluent la victoire du prisonnier Issawi et de sa famille et insistent sur l’efficacité de la lutte contre l’occupation et le sens de l’abnégation dont jouit le peuple palestinien. Ils soulignent par ailleurs que les sionistes ont reculé par crainte d’un nouveau soulèvement du peuple palestinien, en Cisjordanie notamment, alors que leur entité vit de plus en plus dans une instabilité stratégique et que l’AP est devenue incapable d’assurer « l’ordre sioniste » dans les territoires occupés. D’autres ont mis en avant la signification profonde de cette victoire sur l’occupant, d’autant plus que le peuple palestinien fut uni sur le terrain, comme il le fut lors de la lutte de sheikh Khodr Adnan, il y a plus d’un an. Les luttes menées par les prisonniers rassemblent le peuple palestinien, et autour de lui, les peuples arabes et les peuples libres.

I - Abolir la détention « administrative »

Le prisonnier Ayman Abu Daoud poursuit la grève illimité de la faim, pour protester contre son arrestation et sa condamnation dans les mêmes termes qu’avant sa libération, dans l’opération d’échange d’octobre 2011. Il avait été arrêté pour la première fois en 2004, et condamné à 36 ans de prison. Libéré dans le cadre de l’échange avec le soldat Shalit, il a été de nouveau arrêté le 13/2/2012. Les associations militantes qui ont développé la solidarité avec Samer Issawi, dont le cas est semblable, réclament une mobilisation populaire vaste et sérieuse de soutien au prisonnier Ayman Abu Daoud.

Le 28 avril, le prisonnier « administratif » Ayman Hamdane de la ville d’al-Khalil a décidé d’entamer une grève de la faim illimitée réclamant sa libération. Il a décidé de lutter contre la détention « administrative » juste après avoir reçu la décision de renouvellement pour 6 mois de sa détention.

Le prisonnier « administratif » Younes El-Hroub a suspendu la grève de la faim, après avoir reçu l’assurance qu’il serait libéré au mois de juillet prochain et que sa détention « administrative » ne serait pas renouvelée. Après 65 jours de grève de la faim, Younes El-Hroub dont l’état de santé s’était dramatiquement détérioré, a accepté la proposition de l’occupation, comme l’a affirmé sa famille. Younes El-Hroub, ancien prisonnier libéré (il avait été arrêté en 2002 et détenu pendant 6 ans et demi) et cadre du mouvement du Jihad islamique dans la région d’al-Khalil, fut arrêté en juillet 2012 et placé en détention « administrative » à cause de son activité militante dans la défense des prisonniers.

Ahmad Qatamech, écrivain, journaliste et militant, est placé en détention « administrative » depuis le mois d’avril 2011, sur ordre du Shabak, qui l’accuse d’appartenir au FPLP et de représenter un danger contre l’occupation. Amnesty International a décidé de réclamer sa libération, le considérant comme un « prisonnier d’opinion ».

Le doyen des détenus « administratifs » est Darrar Mohammad Abu Manchar, 34 ans, de la ville d’al-Khalil. Il est détenu sans aucune charge retenue contre lui par les forces de l’occupation depuis le 5 novembre 2010. Détenu dans la prison du Naqab, sa détention a été renouvelée 6 fois de suite, quelques jours avant la fin de la période fixée. Le renouvellement sans cesse de la détention « administrative » est en soi une forme de torture morale, pour le détenu et pour sa famille.

Au cours d’une journée d’étude sur la détention « administrative », des juristes ont considéré que les détenus administratifs sont des otages kidnappés dans leurs propres maisons, sans aucune charge contre eux. L’occupant doit libérer immédiatement et leur verser des compensations. Ils ont appelé à une large mobilisation pour abolir cette pratique inhumaine.

La pratique de la « détention administrative » est un crime perpétré par l’autorité coloniale sioniste contre le peuple palestinien. Il s’agit d’une arme terrible utilisée par l’occupant pour empêcher toute protestation et révolte et pour maintenir sa domination. Abolir cette forme de torture reste une priorité pour les Palestiniens et tous les peuples libres dans le monde.

Les prisonniers jordaniens détenus dans les prisons de l’occupation ont décidé d’entamer la grève illimitée de la faim à partir du 2 mai 2013 jusqu’à la satifaction de leurs revendications qui sont, entre autres : des visites régulières de leurs familles, formation d’un comité médical qui puisse suivre leur état de santé, visites pour les prisonniers arabes non jordaniens. Les prisonniers jordaniens avaient mené une grève de la faim en 2012, pendant 31 jours, sans rien obtenir que des promesses.

2 – Libérer les prisonniers malades

L’avocat de l’association palestinienne « Mandela », Buthayna Shaaban, tire la sonnette d’alarme : 15 prisonniers palestiniens, détenus dans la prison Ramleh, dans la section appelée « hôpital », risquent de tomber martyrs, si rien n’est fait pour les libérer. Elle a affirmé que les conditions de détention dans ce pseudo hôpital sont catastrophiques, et qu’ils ne reçoivent aucun soin approprié. « Les prisonniers se trouvent dans quatre pièces fermées, ils se déplacent à l’intérieur des pièces en chaises roulantes… Un infirmier y passe de temps à autre, notamment lorsqu’un prisonnier élève la voix ou crie. » Elle a également décrit l’état de santé du prisonnier Mansour Mawqidi, condamné à la perpétuité, qui nécessite une intervention chirurgicale urgente.

Le prisonnier Mu’tassem Raddad de Tulkarm est gravement malade depuis quatre ans. Deux fois de suite, les sionistes l’ont transféré à l’hôpital pour l’opérer, mais sans suite. Le club des prisonniers lance un cri d’alarme réclamant sa libération immédiate et accuse l’occupation de négliger les soins pour le laisser mourir.

Ameer et Muhammad Farid Ass’ad sont de Kfar Kanna, en Palestine occupée en 48. Arrêtés en 2011, et condamnés à 6 ans et demi de prison, les deux frères sont gravement malades, d’après le centre Ahrar de solidarité avec les prisonniers. Ameer est paralysé avant son arrestation et son état se dégrade, par manque de soins et Muhammad est gravement atteint à la jambe, mais les autorités de l’occupation refusent de le soigner.

3 – Mémoires

A l’occasion de la journée des prisonniers (17 avril), les femmes anciennement détenues dans les prisons sionistes ont raconté aux nouvelles générations leurs sacrifices et leurs luttes car l’histoire du mouvement national des prisonniers palestiniens et arabes dans les geôles de l’occupation reste une histoire à écrire, à raconter, à diffuser et à en tirer les leçons de bravoure, d’abnégation et d’espoir.

Fatmé Halabi, 62 ans, a été arrêté au début de 1971 : « je travaillais avec mon père Omar Halabi, qui faisait partie des forces populaires de la libération dans la bande de Gaza et au nord du Sinaï. J’ai été arrêtée prè de l’hôpital des enfants et détenue dans la prison « as-Saraya ». Elle avait 16 ans. « Notre fermeté alimentait le courage des prisonniers. Nous entendions leurs cris, qui nous ébranlaient… Ils (les soldats sionistes) nous prenaient pour assister aux séances de torture, ils voulaient nous faire peur et nous arracher des aveux. Nous étions nous-mêmes torturées : nous devions porter sur nos têtes des chaises pendant des heures, ils plaçaient des sortes de chauffage près de jambes, ils nous brûlaient avec des cigarettes (je porte encore les traces de brûlures). Fatmé a été condamnée à 20 ans de prison, alors qu’elle n’avait rien avoué. Elle fut détenue pendant 14 ans. Elle se rappelle les séances de torture et spécialement lorsqu’un enfant de 14 ans, de la famille al-Ghoul, fut torturé devant elle.

4 – Arrestations et condamnations

Les forces de l’occupation ont arrêté trois jeunes Palestiniens dans la ville d’al-Quds dont Raed Abu Mayale et Yazan Derbas, qui se trouvaient dans la tente de solidarité avec le prisonnier Samer Issawi. La tente de solidarité a été démolie pour la trentième fois.

Même si les médias refusent sciemment de couvrir la situation dans la ville d’al-Quds, les maqdisis poursuivent les protestations et les rassemblements : en solidarité avec Samer Issawi et les prisonniers en lutte, en défense de la mosquée al-Aqsa, contre les démolitions de maisons et pour stopper la judaïsation rampante de la ville. Tous les jours, les forces de l’occupation arrêtent des jeunes et des enfants, qui affrontent les soldats et les colons.

Mahmoud Zahran, 34 ans, du mouvement Fateh, est le nouvel héros palestinien qui a osé affronter les soldats de l’occupation dans la prison de Ascalan. Condamné à 18 ans de détention, Mahmoud Zahran a frappé un officier sioniste, il y a quelques jours, lors d’une fouille provocatrice menée par les forces sécuritaires dans les cellules. L’officier fut blessé. Plus de dix colons armés se sont jetés sur Mahmoud Zahran, qui gît à présent à l’hôpital. Le tribunal de l’occupant vient de l’accuser de « tentative d’assassinat ».

Sheikh Khodr Adnan avait appelé à manifester dans Ramallah en soutien au prisonnier Mahmoud Zahran.

Assassinat d’un prisonnier libéré : l’Etat de l’occupation a tiré de sang-froid sur le prisonnier libéré et banni en Jordanie, Saleh Jahhalin, 54 ans, qui essayait de revenir au pays en traversant la Mer morte. Le martyr Saleh Jahhalin est originaire d’al-Khodr, où il a été enterré, après un cortège funèbre militaire solennel. Saleh Jahhalin fut l’un des membres les plus actifs des « Martyrs d’al-Aqsa » (Fateh) pour faire passer les armes en Palestine.

L’Etat de l’occupation a arrêté Mahmoud Abu Hash-hash à Doura, province d’al-Khalil, pour la troisième fois. Mahmoud Abu Hash-hash est un cadre du Jihad islamique, et militant actif dans le soutien aux prisonniers et à leur lutte. Il a participé, aux côtés de Thaer Halahla, arrêté lui aussi, à tous les rassemblements de soutien à la lutte des prisonniers.

5 – Solidarité

Dans la ville d’al-Quds et ailleurs en Cisjordanie occupée, les militants poursuivent leur mobilisation pour soutenir les prisonniers en lutte, mettre fin à la détention administrative et libérer les prisonniers malades. De son côté, l’association palestinienne Addameer poursuit sa campagne pour l’abolition de la détention administrative. Elle a mis en place un site d’information sur cette forme barbare de détention pratiquée par l’occupant : http://stopadcampaign.com.

Au moment où les Palestiniens poursuivent leur mobilisation en soutien aux prisonniers en lutte, et réclament la libération des prisonniers gravement malades, des parlementaires européens sont arrivés à Ramallah pour participer au congrès de solidarité avec les prisonniers organisé par le comité de soutien à Marwan Barghouty, le prisonnier dirigeant du Fateh, parlementaire condamné à la perpétuité. Les parlementaires socio-démocrates européens ont réclamé la libération des « prisonniers politiques palestiniens », tout en affirmant soutenir la voie non-violente du président Abbas. Il reste à savoir si les paroles prononcées à Ramallah seront suivies d’actes et si les parlementaires agiront en faveur des prisonniers, lorsqu’ils retourneront en Europe.

Une campagne de solidarité avec les prisonniers détenus dans les geôles sionistes sera lancée début mai jusqu’au mois d’octobre prochain, à partir de la bande de Gaza. Cette campagne sera suivie dans plusieurs pays musulmans, comme l’affirme les responsables palestiniens.

Au moment où les forces de l’occupation poursuivent les militants et résistants en Cisjordanie, tentant d’empêcher toute révolte populaire, les forces sécuritaires de l’AP poursuivent et arrêtent les journalistes. Khaldoun Mazloum, de l’agence Qudspress, a été arrêté le 28 avril. De même, une dizaine de membres du parti islamique Hizb at-Tahrir ont été arrêtés par les services sécuritaires de l’AP de Ramallah, au cours d’un meeting organisé par ce parti. L’AP semble avoir déclaré la lutte contre les membres de ce parti islamique, qui avait proclamé depuis sa fondation(1947) que sa lutte politique est pacifique, et elle a remis 25 de ses militants aux autorités sionistes.

D’autres part, les forces sécuritaires de l’AP en veulent au camp de Jénine et à ses combattants et résistants : une tentative d’arrêter le frère du prisonnier libéré sheikh Bassam Saadi, dirigeant au Jihad islamique, dont l’épouse est toujours détenue par les forces de l’occupation, et l’arrestation de deux fils du sheikh dirigeant au Hamas, Mahmoud Abul-Hayja, détenu dans les prisons de l’occupation.

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Partie 9
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Partie 11

Diffusé par Baladi - avril 2013


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