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Soutenons les 9 Palestiniens grévistes de la faim dans les prisons de l’occupation

dimanche 13 septembre 2015 - 08h:28

Samidoun

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Après plus de 20 jours de grève de la faim : informations et actions de soutien à l’appel des prisonniers palestiniens pour qu’Israël mette fin à la détention administrative.

Au vingtième jour de leur grève de la faim, cinq prisonniers palestiniens en détention administrative, sans chef d’inculpation ni procès, dans les prisons israéliennes continuent de réclamer leur liberté et la fin de la politique de détention administrative en vertu de laquelle 480 Palestiniens sont aujourd’hui emprisonnés. En outre, 70 autres détenus administratifs ont rejoint le mouvement de boycott des audiences par les tribunaux militaires dans le cadre de la protestation croissante contre la détention sans inculpation, ni procès.

Agissez pour soutenir les grévistes de la faim et demander la liberté des détenus administratifs !

L’avocat palestinien Moataz Shkeirat rapporte que les prisonniers boycottent les audiences administratives, en disant qu’elles n’existent que pour donner un vernis de légitimité à la détention administrative illégitime et arbitraire.

Shadi Ma’ali, qui avec Nidal Abu Aker, Ghassan Zawahreh, Badr al-Ruzza et Munir Abu Sharar, fut l’un des détenus administratifs qui lancèrent la grève le 20 août, a été transféré du quartier d’isolement à celui où sont détenus les prisonniers israéliens condamnés par les tribunaux criminels, afin d’exercer sur lui une pression pour qu’il cesse sa grève de la faim.

Cette pratique est utilisée par l’administration pénitentiaire israélienne pour faire craindre aux prisonniers palestiniens d’être victimes de violence physique et bastonnades de la part des prisonniers israéliens. Ma’ali refusa à ce stade de boire de l’eau, et refusa aussi d’entrer dans ce quartier, et fut donc ramené dans sa cellule d’isolement.

Ma’ali fit la déclaration suivante à son avocat qui l’a rencontré hier dans le quartier d’isolement :

« A notre peuple fidèle, aux fils et filles de nos camps inébranlables de constance, à nos mères merveilleuses, nous envoyons de notre cellule d’isolement en ce dix-huitième jour de grève de la faim nos dignes salutations. Nous vous disons que nous avons conscience de votre grande solidarité et du formidable esprit que possède notre peuple, ce peuple qui n’a jamais oublié ses prisonniers et qui ne les oubliera jamais. Nous nous adressons à vous et nous nous adressons à tous ceux dont le cœur bat pour la liberté, et à tous ceux qui disent non, mille fois non, à l’oppression et à l’injustice.

« Nous le disons, nous n’avons pas pris la décision de nous embarquer dans cette grève de la faim par goût du risque ou de l’aventure, ou pour un bénéfice personnel, mais au contraire après mûre réflexion dans l’objectif de briser totalement cette politique de détention administrative, résolus à ne pas battre en retraite. Par conséquent, soyez assurés que vous pourrez garder la tête haute, et que nous ne vous décevrons pas, jamais. Nous ne reviendrons pas sur notre décision sauf en cas de victoire, ce qui voudra dire la liberté, ou la victoire éternelle et immortelle du martyr. Cette lutte nous vous la dédions : nous serons tels que vous nous connaissez : des hommes qui marchent d’un pas déterminé vers la victoire par-dessus les chaînes et les geôliers. »

La détention administrative de Nidal Abu Aker doit arriver à son terme le 10 septembre. Il a été transféré à l’isolement dans la prison du Néguev dans le désert Naqab ; il déclare qu’il existe deux possibilités : soit il est libéré à la fin de sa période de détention sans prolongement le 10 septembre, soit l’état d’Israël devra négocier avec les prisonniers en grève sur leurs revendications.

Les revendications des grévistes sont les suivantes :

- 1. Abrogation de la politique et de la loi de détention administrative.

- 2. Création d’une commission internationale pour examiner la question des "dossiers secrets" sur les détenus palestiniens.

- 3. Libération de tous les détenus administratifs, menés par les grévistes de la faim.

- 4. Garantie qu’il n’y aura plus jamais de détention administrative pour ceux qui ont été détenus de façon répétée pendant de longues périodes ou à de multiples et fréquentes occasions.

- 5. Rejet et abrogation de la loi sur l’alimentation forcée.

Les protestations de soutien aux grévistes de la faim se sont poursuivies dans toute la Palestine, avec des manifestations et des rassemblements à Al-Khalil, Jenin, Bethlehem et la ville de Gaza.

Le Front Populaire pour la Libération de la Palestine lors d’une conférence de presse à Gaza a annoncé les évènements et actions à venir, et exhorté à intensifier le soutien aux prisonniers. A Naplouse, un rassemblement et une marche sont partis de la maison de Badr al-Ruzza, détenu administratif en grève de la faim pour défiler à travers la ville, prenant l’engagement de soutenir les prisonniers en grève de la faim et d’agir en leur faveur.

Thabet Nassar, 37 ans, prisonnier palestinien en détention administrative sans inculpation, ni procès, a dit qu’il se joindrait au mouvement de grève si sa détention administrative est reconduite pour la sixième fois d’affilé. Il est en détention administrative depuis le 4 octobre 2013.

Originaire du village de Madama à Naplouse, Nassar est marié et a trois enfants. On lui refuse la visite de sa famille depuis quatre mois parce qu’il a participé au boycott des audiences de détenus par les tribunaux militaires, et a pris part à la grève de la faim contre la détention administrative pendant plus de 60 jours en 2014. Il est actuellement incarcéré dans la prison du Néguev. Arrêté 7 fois il a passé plus de 12 ans dans les prisons israéliennes, dont 8 en détention administrative suite à plusieurs arrestations.

Il y a actuellement neuf prisonniers en grève de la faim ; les cinq qui ont lancé le mouvement : Nidal Abu Aker, Ghassan Zawahreh, Shadi Ma’ali, Badr al-Ruzza et Munir Abu Shara sont en grève depuis le 20 août. Bilal Daoud Saifi s’est joint à la grève le 30 août, suivi de Suleiman Eskafi le 1 septembre et Amir Shammas le 2 septembre. Le 3 septembre, Noor Jaber, prisonnier qui n’est pas en détention administrative s’est mis en grève de la faim pour protester contre son transfert arbitraire.

Le Réseau de Solidarité avec les Prisonniers Palestiniens Samidoun exprime sa plus grande solidarité avec les prisonniers grévistes. Il appelle à prendre des initiatives, organiser des mobilisations et manifestations à l’échelle internationale pour exiger leur libération. On ne peut attendre que ces braves combattants aient un pied dans la tombe pour agir, et exiger non seulement leur liberté en tant qu’individus, mais aussi l’abolition de la détention administrative –marchepied vers la libération de tous les prisonniers palestiniens détenus dans les prisons de l’occupant israélien.

Il n’est pas vrai que les tribunaux militaires israéliens sont plus légitimes, justes ou acceptables que la détention administrative – ils sont tout autant arbitraires, racistes et illégitimes. Mais la détention administrative est une arme de terreur massive utilisée contre le peuple palestinien, et il est crucial d’en finir avec cette pratique. Ces prisonniers palestiniens ont mis leur corps sur le fil du rasoir afin de mettre fin à la détention administrative – et il est impératif que nous agissions pour les soutenir. Le combat de ces prisonniers ne vise pas uniquement leur liberté individuelle – il est partie prenante d’un combat plus large pour la libération de la Palestine et sa réhabilitation.

Agissez !

- 1. Signez cette déclaration de soutien à la revendication des prisonniers : Abolition de la Détention Administrative. Toutes les déclarations de soutien d’organisations et d’individus aux revendications et actions des prisonniers sont les bienvenues, sachant que celles d’organisations sont tout particulièrement cruciales.
Cliquez ici pour signer ou signez ci-dessous :
http://bit.ly/EndAdministrativeDetention

- 2. Envoyez une expression de solidarité. Le soutien de personnes à travers le monde contribue à informer les gens du combat des prisonniers palestiniens. Il regonfle le moral et contribue à développer la solidarité politique. Envoyez, svp, vos messages de solidarité à samidoun@samidoun.net. Ils seront publiés et envoyés directement aux prisonniers.

- 3. Organisez une journée de grève de la faim de solidarité dans votre secteur. Réunissez-vous dans une tente ou dans un endroit central, munissez-vous de matériel d’information sur les prisonniers palestiniens et faites une journée de grève de la faim de solidarité pour sensibiliser les gens et apporter un soutien au combat des prisonniers et à la cause palestinienne. Envoyez-nous, svp, un courriel à samidoun@samidoun.net pour nous informer de vos actions, nous les ferons connaître et partagerons les informations avec les prisonniers.

- 4. Protestez devant le consulat ou l’ambassade israélienne de votre secteur. Apportez des affiches et des dépliants sur la détention administrative et les grévistes de la faim palestiniens et organisez une protestation, ou rejoignez une protestation munis de cette importante information. Organisez une rencontre ou un débat dans votre quartier, ou bien mettez cette question à l’ordre du jour de votre prochaine manifestation sur la Palestine et la justice sociale. Envoyez-nous, svp, un courriel à samidoun@samidoun.net pour nous informer de vos actions, nous les ferons connaître et partagerons les informations avec les prisonniers.

- 5. Contactez les représentants politiques de votre pays – des députés ou le Ministère des Affaires Etrangères –et exigez qu’ils annulent l’aide accordée à Israël et rompent les relations avec lui en raison de ses pratiques d’apartheid, de son occupation coloniale, et de ses nombreuses violations des droits des Palestiniens, parmi lesquelles l’utilisation systématique de la détention administrative. Exigez qu’ils fassent pression sur Israël pour qu’il libère les grévistes de la faim et mette fin à la détention administrative.

6. Boycott, Désinvestissement et Sanctions. Israël doit répondre de ses violations du droit international. N’achetez pas de produits israéliens, et faites campagne pour que cesse les investissements dans des sociétés auxquelles profite l’occupation. G4S, société de sécurité internationale, est fortement impliquée dans la fourniture de services aux prisons israéliennes où sont détenus les prisonniers politiques palestiniens. Il y a un appel mondial à la boycotter. Les prisonniers politiques palestiniens ont lancé un appel spécifique exhortant à agir contre G4S. Pour en savoir plus sur le mouvement BDS, cliquez sur bdsmovement.net.

Abolition de la Détention Administrative : Soutien aux Palestiniens grévistes de la faim

Nous, organisations et individus soussignés, exprimons notre solidarité avec les prisonniers politiques palestiniens détenus dans les geôles israéliennes qui entament une grève de la faim et faisons notre leur légitime revendication d’abolir la détention administrative pratiquée par Israël, à savoir l’emprisonnement de Palestiniens sans inculpation ni procès sur la base de preuves secrètes et pour des périodes renouvelables indéfiniment.

Il y a environ 480 Palestiniens internés sans inculpation ni procès en détention administrative dans les prisons israéliennes. Les commandants de l’armée israélienne émettent un ordre d’internement pour une période d’un à six mois renouvelable indéfiniment. Introduite par l’administration coloniale britannique, la détention administrative est une pratique habituelle, fréquemment utilisée. Selon le Palestinian Prisoners’ Center for Studies, 85% des détentions administratives sont renouvelées au moins une fois. Presque 750 ordres de détention administrative, soit des nouveaux soit des renouvellements, ont été émis depuis le début 2015.

Soixante-quinze des Palestiniens en détention administrative ont fait l’objet d’ordres d’internement renouvelés quatre fois consécutives ; et 137 ont vu leur détention prolongée trois fois de suite. Certains Palestiniens ont passé plus de dix ans cumulés en détention administrative, suite à de multiples arrestations.

Nidal Abu Aker (qui a passé presque 15 ans en détention administrative suite à de multiples arrestations), Ghassan Zawahreh, Shadi Ma’ali, Badr Al-Ruzza et Munir Abu Sharar ont lancé leur grève de la faim exigeant la fin de la détention administrative – « La Bataille pour Rompre les Chaînes » le 20 août. Ils exigent tous la liberté non seulement pour eux-mêmes, mais pour tous les prisonniers en détention administrative.

La Quatrième Convention de Genève stipule que la détention sans procès équitable est admissible uniquement dans des « circonstances exceptionnelles. » En outre, conformément à l’article 9 du Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques (PIDCP), aucune personne ne devrait être soumise à une détention arbitraire. Toute personne doit être informée au moment de son arrestation des motifs de sa détention et doit avoir accès à une cour habilitée à statuer sans délai sur la légalité de l’action.

L’utilisation de la détention administrative pour emprisonner des centaines de Palestiniens sans accusation ni procès constitue une attaque illégale et illégitime des droits civils et politiques fondamentaux des Palestiniens. Nous soutenons sans réserve les revendications et l’exigence des prisonniers de l’abolition immédiate de la politique de détention administrative et la libération des grévistes de la faim et de tous les détenus administratifs des prisons israéliennes.

8 septembre 2015 - Samidoun - Vous pouvez consulter cet article à :
http://samidoun.net/2015/09/20th-da...
Traduction : Info-Palestine.eu - MB


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