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La pénurie de gaz domestique s’aggrave cet hiver à Gaza

mardi 25 novembre 2014 - 14h:06

Hidaya Al-Saidi

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Durant de nombreux jours, les aliments en conserve ont constitué le repas principal de la famille de Khaled Suleiman, sa femme ne pouvait préparer de vrais repas à ses enfants car la bouteille de gaz a été vidée.

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Les pénuries ne cessent de se multiplier dans le territoire sous blocus. Ici des enfants de Rafah, dans la partie sud de Gaza, s’approvisionnent en eau à l’un des robinets publics en fonctionnement - Photo : Oxfam

Suleiman (35 ans) essaie depuis une semaine de se fournir en gaz mais en vain, face à la pénurie de gaz domestique qui s’aggrave de nouveau dans la bande de Gaza.
Debout à côté de centaines de bouteilles empilées les unes sur les autres dans l’attente de leur rechargement, depuis des semaines dans une des stations, Suleiman nous apprend : « J ’ai une bouteille en attente de remplissage depuis des semaines dans une des stations, j’ai dû prendre ma seconde bouteille et chercher quelqu’un pour me la remplir ».

Il ajoute : « qu’allons-nous faire ? Comment préparer les repas des enfants ? Comment allons-nous chauffer l’eau maintenant que l’hiver est arrivé et que l’électricité est coupée en permanence ? Nous ne pouvons nous passer de gaz ».

Mohamed Jamal, un autre habitant de Gaza à la recherche de gaz lui aussi, déclare à son tour : « Notre vie est très dure, elle n’est que crises, chômage, pauvreté, pénurie d’eau et d’électricité, et maintenant pénurie de gaz, à cause du blocus israélien.

Jamal (26 ans) se demande : « quelle alternative ? J’habite dans un appartement et ma femme ne peut remplacer le gaz par le bois pour le chauffage comme le font certains, nous risquons de nous asphyxier. Je cherche cependant des poêles à kérosène. »

Le blocus israélien contre Gaza (où vivent près de 1.9 millions de personnes) a débuté quand le Hamas a emporté les élections législatives en Janvier 2006, il a été intensifié l’année suivante lors de sa prise de pouvoir.

Le blocus se poursuit toujours bien que le Hamas ait abandonné le contrôle de la bande suite à la déclaration du gouvernement palestinien d’union nationale le 2 juin dernier.

Mais depuis la trêve, les habitants de la bande ne sentent aucune amélioration significative dans leurs conditions de vie à un moment où le taux de pauvreté atteint 90 % et le chômage 65 % , selon les statistiques palestiniennes.

Préparer à manger est devenue une tâche ardue et fatigante pour Wala Mourad (39 ans) comme elle le raconte à Anatolie, elle souffre de problèmes respiratoires à cause de la fumée lors de l’utilisation du bois pour le chauffage dans la cour de sa maison ; de plus, le temps de cuisson est plus long. Cette mère de 5 enfants ajoute « nous possédons 2 bouteilles de gaz, elles sont vides depuis longtemps, l’électricité est coupée plus de 18 heures par jour, ce qui m’empêche de répondre aux besoins de ma famille. »

Quant au chauffeur de taxi Moumen Badwan, il n’ a pas trouvé de solution pour utiliser sa voiture, ni essence (trop chère) ni gaz pour s’en servir. Il a confié à Anatolie « mon travail est mon unique source de revenus pour répondre aux besoins de mes 5 enfants. Il m’est impossible de rassembler de l’argent pour acheter de l’essence, le gaz reste une solution mais pour l’instant, il sert de façon prioritaire pour le chauffage. Il faudra doubler les entrées de gaz. »

Samir Hamad, propriétaire de la société fournissant le gaz à la bande, confirme qu’il existe un manque et que la plupart des stations de gaz ne fonctionnent plus à cause des quantités modestes qui lui parviennent côté israélien. Hamad fait endosser aux israéliens l’entière responsabilité de la crise. En effet, il n’y a que par le point de passage Karam Abou Salem-unique point d’échange commercial pour la bande, sous contrôle israélien- que l’approvisionnement est possible. Il demande d’augmenter la quantité de gaz, les installations pour fournir de l’essence et le temps de travail au point de passage.

Dans le passé, il y avait 7 points de passages dans la bande de Gaza dont 6 étaient sous contrôle israélien, alors que le septième était sous contrôle égyptien. Israël a fermé 4 passages durant l’été 2007 après la victoire du Hamas, deux points de passage ont été maintenus : Karam Abou Salem en tant que point commercial et Beit Hanoun en tant que point de passage pour les personnes.

Selon Mahmoud Al Shawa, directeur de l’union des propriétaires de stations de gaz de Gaza « la crise du gaz domestique est très ancienne à Gaza, elle est remontée à la surface il y a 6 mois et a atteint son apogée maintenant à cause de la faible quantité qui passe par Karam Abou Salem ».

Il ajoute « nous importons autour de 220-240 tonnes quotidiennes mais ça ne suffit pas aux besoins des citoyens à cause de la fermeture les vendredi, samedi et jours fériés ; ce qui a exacerbé la crise », il continue : « avec l’arrivée de l’hiver, la consommation va doubler ce qui va aggraver le manque si les autorités israéliennes n’augmentent pas les quantités ».

Al Shawa précise que la crise a aussi été aggravée par le recours des chauffeurs de taxi au gaz devant l’augmentation du prix de l’essence, ils consomment près de 55 % des quantités entrant dans la bande.

6 novembre 2014 - Agence Anatolie - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.raialyoum.com/?p=175124
Traduction de l’arabe : Info-Palestine.eu - Fadma Nsumer


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