16 septembre 2017 - CONNECTEZ-VOUS sur notre nouveau site : CHRONIQUE DE PALESTINE

Vous êtes ici : Accueil > PCHR > Informations PCHR

Siège de Gaza : témoignage (7) - Le mini-market d’Abu Alkass

vendredi 28 mars 2008 - 06h:00

PCHR Gaza

Imprimer Imprimer la page

Bookmark and Share


Pendant les 6 mois de renforcement du siège et du bouclage ont été renforcés, les prix de l’alimentation ont monté en flèche dans toute la Bande de Gaza et de plus en plus de familles font face aujourd’hui à une insécurité alimentaire chronique.

JPEG - 13.9 ko
Anwar Abu Alkass montre un des réfrigérateurs vides dans son magasin de la ville de Gaza - Photo : PCHR

« Les prix ont augmenté rapidement ces derniers mois à la suite du bouclage. Il y a trois mois, un litre d’huile de maïs coutait 19 shekels (environ 4.5$). Il coute maintenant 29 shekels (7$). Le prix de la farine a doublé alors qu’il y a trois mois cela ne coutait que 2 shekels, nos clients doivent maintenant la payer 4 shekels ».

Le mini-market d’Abu-Alkass avait été l’endroit le plus populaire du centre de Gaza depuis plus de 30 ans. Anwar Abu-Alkass y a travaillé depuis son adolescence et aujourd’hui il dirige avec son frère le mini-market. « Nous avions beaucoup de marchandises fraiches en vente mais aujourd ?hui la plus grande partie de nos marchandises sont des produits secs. » explique-t-il pendant que nous déambulons dans les allées du mini-market.

« Tous les commerces ont été touchés par le bouclage : nous vendions beaucoup de lait frais et différents types de fromages, mais aujourd’hui nous sommes obligés de compter sur deux compagnies israéliennes pour les importations laitières. Leurs produits sont chers pour nous mais nous n’avons pas d’autre choix ».

Après avoir déclaré le 19 septembre 2007 la Bande de Gaza une « entité hostile », Israël a renforcé son siège et son bouclage sur Gaza, ajoutant encore plus de restrictions sur les déplacements de tous les civils et sur les marchandises et limitant les importations de nourriture à 7 produits de base : farine, sucre, produits laitiers, riz, sel, huile et produits surgelés y compris la viande. Beaucoup de produits et de boissons ne sont que sporadiquement disponibles alors que d’autres tels que le Coca Cola et les jus de fruits frais ont totalement disparus des étagères depuis plusieurs mois.

La viande fraiche est de plus en plus rare à Gaza tout comme le chocolat et le fromage d’importation. Avec tous les autres magasins, restaurants et détaillants d’alimentation dans la Bande de Gaza, Anwar Abu-Alkass a dû adapter ces restrictions tout en essayant de faire marcher son commerce.

Pendant les 6 mois de renforcement du siège et du bouclage ont été renforcés, les prix de l’alimentation ont monté en flèche dans toute la Bande de Gaza et de plus en plus de familles font face aujourd’hui à une insécurité alimentaire chronique. 73% de la population de Gaza dépend, du moins partiellement, de l’aide humanitaire alimentaire ce qui fait de Gaza l’une des communautés les plus dépendantes de l’aide dans le monde.

Le PAM a récemment augmenté de 50.000 le nombre de personnes assistées dans tout Gaza. L’organisation fournit maintenant une assistance alimentaire à 300.000 civils. Tous les donateurs alimentaires font face à des problèmes logistiques (aussi à cause du bouclage) pour assurer le volume de rations d’aide humanitaire dont ils ont besoin pour la distribution.

Anwar Abu-Alkass précise que les prix de la nourriture locale ont aussi augmenté parce que les détaillants doivent maintenant payer plus pour essayer d’obtenir des marchandises qui étaient habituellement facilement disponibles. « J’ai envoyé chaque jour un camion à Rafah afin d’acheter tout se qui passait la frontière » raconte-t-il. Malgré le fait que la frontière de Rafah sud avec l’Egypte soit officiellement fermée au commerce, les marchandises entrent quand même à Gaza et avec les 7 autres points de passage dans Gaza qui sont hermétiquement fermés, beaucoup de détaillants dépendent du commerce par le point de passage de Rafah pour avoir des stocks en magasin.

En plus du manque de nourriture et de boissons, d’autres denrées ne sont également plus sur les étagères de Gaza. « Le prix du liquide vaisselle a augmenté de 6 à 15 shekels ces trois derniers mois » dit Anwar, « et il ne m’en reste que très peu. Les shampooings, la lessive, les liquides de nettoyage commencent aussi à manquer. Et les marchandises que nous pouvons encore acheter ne sont pas de bonne qualité ; parfois nous ne réussissons à obtenir uniquement une qualité inférieure pour nos clients et cela n’est pas bon pour les affaires ».

Les étagères d’Abu-Alkass sont bien remplies et le magasin semble avoir suffisamment de stocks en réserve. Mais Anwar fait remarquer que si ses étagères sont bien remplies avec des produits secs, ses réfrigérateurs sont vides. « Les gens veulent des produits frais comme du lait et du fromage » dit-il. « Ils veulent aussi de la viande congelée et des légumes. Le problème est que même si nous recevons les produits frais ou congelés que les gens nous demandent, nous ne pouvons pas les conserver de façon sûre car nous subissons chaque jour des coupures de courant. »

Les coupures de courant qui ont dernièrement attiré l’attention du monde entier au moment où la seule centrale électrique de Gaza a été obligée de s’arrêter temporairement, continuent quotidiennement et de façon imprévisible.

Anwar et son frère emploient 7 personnes pour servir les centaines de clients qui viennent chaque jour dans le mini-market des Abu-Alkass mais ils ont dû renvoyer 2 d’entre eux pour essayer de réduire leurs dépenses. Les salaires des employés ont également été réduits et Anwar dit qu’il est maintenant obligé de remplir ses étagères de produits de qualité inférieure et ce, afin de garnir son magasin. « Il y a deux ans, nous avions en vente le double de denrées » raconte-t-il.

« Nos clients sont fidèles mais ils veulent des légumes tels que les okras et du lait frais ainsi qu’une variété de fromages et de la viande fraiche mais nous ne pouvons plus en obtenir. Le bouclage affecte gravement notre commerce et nos clients n’ont plus le droit à de la qualité et au choix chaque jour ».

Lisez les autres témoignages :

- Informations PCHR Gaza
- Rapports PCHR Gaza

25 mars 2008 - Palestinian Center for Human Rights - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.pchrgaza.org/files/campa...
Traduction de l’anglais : Ana Cléja


Les articles publiés ne reflètent pas obligatoirement les opinions du groupe de publication, qui dénie toute responsabilité dans leurs contenus, lesquels n'engagent que leurs auteurs ou leurs traducteurs. Nous sommes attentifs à toute proposition d'ajouts ou de corrections.
Le contenu de ce site peut être librement diffusé aux seules conditions suivantes, impératives : mentionner clairement l'origine des articles, le nom du site www.info-palestine.net, ainsi que celui des traducteurs.