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Duha Barghouti : « Mon père paie le prix de l’amour qu’il a pour son pays, la Palestine »

samedi 14 mai 2016 - 08h:08

Charlotte Kayes

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L’astrophysicien palestinien Imad Barghouthi, professeur à l’Université Al-Quds, est actuellement détenu sous le régime de la détention administrative israélienne, un emprisonnement sans inculpation ni jugement.

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Imad Barghouti et sa fille Duha

La pétition internationale pour la libération d’Imad Barghouti est accessible ici : http://jvp.org/freeimad

Ses trois mois de prison sont renouvelable indéfiniment sur la base de « preuves secrètes » auxquelles lui et son avocat n’ont pas accès.

L’emprisonnement d’Imad Barghouthi a déclenché les protestations des scientifiques et des universitaires à travers le monde, car son travail en astrophysique est de renommée mondiale. L’AURDIP (l’Association des Universitaires pour le Respect du droit international en Palestine, France), le BRICUP (Comité britannique pour les universités de Palestine), et le BACBI (Campagne belge pour Boycott Universitaire et Culturel d’Israël) ont lancé un appel au Commissaire européen pour la recherche , la science et l’innovation, l’exhortant à agir pour la suspension de l’accord d’association de l’UE avec Israël jusqu’à ce que Barghouthi soit libéré.

L’astrophysicien a été emprisonné une première fois en décembre 2014, alors qu’il se rendait à une conférence universitaire dans les Émirats Arabes Unis. Il avait également été placé en détention administrative sans inculpation ni jugement.

Les protestations émises par des scientifiques au niveau international - dont l’AURDIP, le BRICUP, le Committee of Concerned Scientists, MESA (Middle East Studies Association) Comité pour la liberté académique, et Euroscience - ont aidé à obtenir sa libération au début de janvier 2015.

Barghouthi, originaire du village de Beit Rima, a marqué son 54e anniversaire dans une prison israélienne après avoir été arrêté le 24 avril dernier par des soldats israéliens à un barrage militaire à Nabi Saleh. Non seulement il a été enlevé à ses travaux de recherche et à ses étudiants de l’Université d’Al-Quds, mais il a également été enlevé à sa famille.

« Imad est la source d’amour et de bonté dans notre maison. Son caractère est très joyeux et il répand un esprit positif partout où il va », nous dit sa fille d’Imad, Duha Barghouthi, âgé de 17 ans et une lycéenne diplômée. « Il nous a toujours aidées - moi et ma sœur jumelle - pour nos devoirs et examens. Malheureusement, comme seniors, nous sommes au milieu de nos examens finaux. Passer nos examens sans qu’il soit présent à nos côtés, alors que nous étudions et nous préparons, nous a rendu les choses difficiles. »

« Mon père enseigne et instille des concepts et des idées de liberté à travers l’éducation délivrée à ses étudiants, ses enfants, et ses collègues », a déclaré Duha, soulignant l’engagement de son père pour la science palestinienne.

« Mon père paie le prix de l’amour qu’il a pour son pays, la Palestine. Il a rejeté les propositions de poste dans plusieurs pays à travers le monde afin de rester en Palestine et de travailler pour élever sa nation, grâce à la science et à l’éducation de la jeunesse. C’est cet amour du pays qui remplit son âme », a déclaré Duha.

L’université Al-Quds, où enseigne Barghouthi, a vu son campus envahi par des soldats israéliens, et les départements et bureaux de l’organisation des étudiants ont été saccagés, tandis que les militants et les dirigeants étudiants de l’université ont été arrêtés et emprisonnés. Les responsables israéliens ont affirmé que Barghouthi est impliqué avec le parti politique palestinien Hamas, une organisation de la résistance.

Comme la plupart des partis politiques palestiniens, le Hamas est désigné comme « organisation interdite » selon les directives militaires israéliennes. En vertu de la détention administrative, cependant, l’armée israélienne et le service de renseignement n’ont besoin d’aucune justification pour la détention d’Imad Barghouti - si ce n’est un « dossier secret » inaccessible pour lui ou son avocat.

« Il avait protesté contre la guerre que l’armée israélienne a lancée sur Gaza. Une guerre folle et sans merci qui a tué les enfants et détruit les maisons », explique Duha. « Il demande aux pays de se tenir aux côtés du peuple palestinien opprimé qui souffre et se dresse contre toutes sortes de terrorismes. Et ses droits ont été confisqués par l’occupation. C’est cela qu’Israël considère comme un ’danger’ - surtout que mon père est un scientifique bien connu. »

Imad Barghouthi est l’un des quelque 750 Palestiniens incarcérés en détention administrative - sans inculpation ni jugement, sur la base de d’accusations tenues secrètes - sur un total de plus de 7000 prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes. La détention administrative a été utilisée la première fois en Palestine sous le mandat colonial britannique, et a continué dans les « lois d’urgence » imposées par l’occupation israélienne.

Parmi les personnalités palestiniennes détenues en détention administrative se trouvent des journalistes comme Omar Nazzal, membre du Secrétariat général du Syndicat des journalistes palestiniens et cinq autres journalistes palestiniens.

Barghouthi est loin d’être le premier universitaire placé en détention administrative : des écrivains comme Ahmed Qatamesh et des professeurs et conférenciers comme Ghassan Thuqan et Yousef Abdulhaq en font partie, parmi beaucoup d’autres. Ils ont tous été emprisonnés par Israël, le plus souvent sans inculpation ni jugement.

Duha a noté que son père adhère fermement aux principes du boycott universitaire d’Israël, et qu’il a rejeté plusieurs offres pour des projets scientifiques conjoints avec des institutions israéliennes. « Mon père refuse de travailler ou de collaborer avec les institutions israéliennes. Il rejette totalement la normalisation scientifique. Cela fait partie de sa résistance pacifique à l’occupation », a déclaré Duha.

« Personnellement, je pense qu’Israël veut en quelque sorte tenter de le forcer à accepter des offres de projets de normalisation », ajoute Duha. Elle note que sa résistance a un coût, en disant que « Les universitaires et les scientifiques qui acceptent de participer à des projets de normalisation se voient attribué des privilèges de la part de l’occupant. »

Elle exhorte les scientifiques au niveau international à soutenir la cause de son père. « Les scientifiques devraient être récompensés, pas emprisonnés. Je sais qu’il y a déjà des organisations qui se sentent concernées par de tels cas », a déclaré Duha. « Mais je les exhorte à faire plus légalement. Mon père n’est pas le seul scientifique persécuté par l’occupation israélienne. Il y a une guerre contre l’éducation palestinienne. J’espère voir Israël tenu responsable au niveau international pour ses actions cruelles. »

Elle a noté les actions d’organisations internationales et d’universitaires, mathématiciens et scientifiques éminents qui ont pris la parole pour exiger la liberté de Barghouthi. « Mon père a la chance davoir construit une réputation internationale sur le plan universitaire, et qui joue en sa faveur. Les gens partout dans le monde prennent la parole pour lui, mais ce qu’il aime le plus c’est que l’on s’exprime en faveur de tous les prisonniers palestiniens. »

Lire également :

- Imad Barghouthi, éminent astrophysicien, à nouveau kidnappé par les forces d’occupation - 4 mai 2016

10 mai 2016 - MondoWeiss - Vous pouvez consulter cet article à :
http://mondoweiss.net/2016/05/impri...
Traduction : Info-Palestine.eu - Lotfallah


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