DERNIERE MISE A JOUR : mercredi 25 mai 2016 - 11h:48

Peuple juif, peuple inventé

dimanche 10 mars 2013 - 20h:13

Jamal Kanj

Imprimer Imprimer la page

Bookmark and Share


« L’invention du peuple juif » est un livre écrit par Shlomo Sand, un professeur israélien en Histoire, à l’Université de Tel-Aviv.

JPEG - 54.1 ko
Fondamentalistes juifs - venus de Brooklyn ou d’ailleurs et sans lien aucun avec le Moyen-Orient et encore moins avec la Palestine - transformés en tueurs à gages dans l’armée israélienne d’occupation

L’auteur n’a pas décortiqué un système de croyance, mais plutôt la fabrications sioniste d’une lignée commune imaginaire pour les personnes de confession juive.

Sand révèle l’impossibilité que les juifs aient une identité ethnique commune, et révèle aussi que le judaïsme était à l’origine, comme le christianisme et l’islam plus tard, une « religion prosélyte ».

La notion de judaïsme associée à un concept de « race », plutôt qu’à des origines diverses, ne tient pas la route.

Les résultats d’une étude publiée récemment par le généticien israélo-américain Eran Israeli Elhaik à l’Université John Hopkins, ont validé scientifiquement et génétiquement les travaux de Sand.

L’idée d’une « race nation » a été progressivement développée et renforcée au fil des siècles et de la ségrégation des communautés juives en Europe.

Avec la montée du nationalisme allemand au 19ème siècle, l’historien juif Heinrich Graetz conçut a posteriori l’idée d’une identité distincte pour les personnes vivant dans les ghettos - imaginant une origine commune à partir d’un ancien royaume et dans une errance d’exilés.

Le thème de l’exil s’est aussi répandu à partir du mythe chrétien d’un « châtiment divin » imposé aux juifs pour avoir rejeté le christianisme.

Il est possible que la parabole se soit alors inspirée du récit dans l’Ancien Testament des juifs errants dans le désert pour avoir désobéi à Dieu et adoré le veau d’or.

Les chrétiens ont exploité au mieux cette idée d’exil pour attirer les juifs « désobéissants » vers leur nouvelle religion, devenant ainsi leurs sauveurs d’un nouvel exil éternel.

Le sionisme politique moderne, qui rejette par ailleurs la Bible chrétienne, a adopté l’histoire absolument non prouvée d’un « exil juif, » établissant ainsi un lien imaginaire entre les juifs d’Europe et les juifs du Moyen-Orient.

Mais l’histoire juive nous apprend que les Romains n’ont pas expulsé les juifs de Palestine quand ils ont écrasé la révolte de Simon Bar Kokhba en l’an 136, et qu’ils leur ont seulement interdit la ville de Jérusalem - et même alors, les juifs ont été autorisés à s’y rendre pendant la fête de Tisha B’Bv, au neuvième jour du mois d’Av dans le calendrier hébraïque.

Les adeptes de cette première religion monothéiste ont continué à maintenir une présence en Palestine des centaines d’années après le déclin de l’empire romain.

La dernière entité autonome juive connue dans l’Histoire, a existé à l’époque de la tutelle de l’empire perse, en 614 après JC, avant qu’elle ne soit démantelée par les forces byzantines en 625 après JC.

Un peu plus de 10 ans plus tard, la Palestine a été conquise par les musulmans et devint une partie de la nouvelle nation arabe et musulmane.

Sous le christianisme et sous l’empire romain, un grand nombre de Juifs indigènes se sont convertis au christianisme et - avec l’avènement de l’Islam - la plupart d’entre eux ont adopté la nouvelle religion et se sont assimilés avec ce nouveau courant.

En plus d’être les descendants des Cananéens - les habitants d’origine avant l’arrivée du patriarche Abraham venu de Mésopotamie - Sand conclut que les Palestiniens musulmans et chrétiens d’aujourd’hui sont en fait les véritables descendants des juifs de ces premiers temps.

Donc, si il n’y a pas eu d’exil, d’où viennent les juifs européens ?

Sand suggère que la plupart des juifs d’aujourd’hui ne sont pas originaires du Moyen-Orient. Il fait valoir que l’ascendance juive des ashkénazes (juifs européens) remonte à la région du Caucase.

Au 8ème siècle, les sujets du Khazar et les tribus subordonnées ont connu la plus forte conversion religieuse dans l’histoire du judaïsme.

La récente étude menée par le généticien Eran Israeli Elhaik a confirmé que la structure du génome commun de l’ashkénaze (Europe) a évolué depuis une origine khazar ancienne. « La majorité des juifs n’ont pas de composante génétique ayant à voir avec le Moyen-Orient », a-t-il déclaré au journal israélien Haaretz.

Fondé sur un mélange de mythes et de récits historiques fabriqués de toutes pièces, Israël a échoué face au test archéologique et ce résultat est maintenant prouvé par la science de l’ADN.

La génétique d’aujourd’hui établit sans équivoque qu’en 1948, « les enfants des Juifs d’origine » ont été évincés et remplacés par des descendants convertis au 8e siècle, et sans racine aucune avec le Moyen-Orient.

JPEG - 7.9 ko

* Jamal Kanj (www.jamalkanj.com) écrit pour plusieurs journaux et sites Web sur les questions touchant au monde arabe. Il est l’auteur de « Les enfants de la Catastrophe, » journal d’un voyage depuis un camp de réfugiés palestiniens jusqu’en Amérique.

Du même auteur :

- Les prémisses d’un printemps palestinien ? - 2 mars 2013
- Le lobby juif ne veut pas de Chuck Hagel comme Secrétaire américain à la Défense - 7 janvier 2013
- Les risques qu’il vaut la peine de prendre pour sauver la Palestine - 23 juillet 2012

21 février 2013 - The Palestine Chronicle - Vous pouvez consulter cet article à :
http://palestinechronicle.com/on-th...
Traduction : Info-Palestine.net - Naguib


Les articles publiés ne reflètent pas obligatoirement les opinions du groupe de publication, qui dénie toute responsabilité dans leurs contenus, lesquels n'engagent que leurs auteurs ou leurs traducteurs. Nous sommes attentifs à toute proposition d'ajouts ou de corrections.
Le contenu de ce site peut être librement diffusé aux seules conditions suivantes, impératives : mentionner clairement l'origine des articles, le nom du site www.info-palestine.net, ainsi que celui des traducteurs.