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Israël reconnaît l’assassinat d’Abou Jihad en 1988 à Tunis

vendredi 2 novembre 2012 - 09h:24

L’Orient-le-Jour/AFP

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Le Yediot Aharonot a été autorisé à publier les détails de l’opération qui avait éliminé le n° 2 de l’OLP.

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Abou Jihad et Yasser Arafat le 22 avril 1987, en Algérie.
Mike Nelson-Nabil Ismaïl/AFP




Israël a reconnu pour la première fois officiellement l’assassinat du numéro deux de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Abou Jihad, en 1988 à Tunis, selon des extraits d’un article publiés hier par le quotidien Yediot Aharonot, à paraître aujourd’hui, et qui indique avoir été autorisé à publier les détails de cette opération à la suite de six mois de négociations avec la censure militaire.

L’opération contre Abou Jihad, de son vrai nom Khalil al-Wazir, dans la nuit du 15 au 16 avril 1988, à Tunis, où s’était installée l’OLP, visait à décapiter la première intifada palestinienne, qui avait éclaté en décembre 1987, et dont il était un des dirigeants. Elle a été conduite par 26 membres des commandos de l’état-major, l’unité la plus prestigieuse de l’armée, alors dirigés par Moshe Yaalon, actuel ministre des Affaires stratégiques, sous le commandement de son adjoint, Nahoum Lev, précise le journal.

Dans une interview réalisée avant sa mort dans un accident de moto en 2000, publiée pour la première fois, Nahoum Lev a raconté au Yediot Aharonot que le commando, débarqué secrètement sur la plage, s’était divisé en deux groupes. Le premier, composé de huit hommes et dirigé par M. Lev, s’est approché en voiture à 500 mètres de la résidence d’Abou Jihad. Accompagné d’un soldat déguisé en femme, afin de passer pour un couple en balade nocturne, Lev tenait une boîte de chocolats dans laquelle était dissimulé un pistolet muni d’un silencieux. Il a d’abord abattu un garde ensommeillé dans une voiture, puis le second groupe, au signal prévu, s’est engouffré dans la villa après en avoir forcé la porte.

Masqués, ces commandos tuent un second garde qui venait de se réveiller et n’a pas eu le temps de dégainer son arme. Un jardinier, qui dormait dans la cave de la villa, est aussi tué. « Dommage pour lui, mais quand on mène ce genre d’opérations, il faut s’assurer que toute résistance potentielle est éliminée », a commenté M. Lev. Un de ses camarades le précède dans les escaliers jusqu’à la chambre à coucher d’Abou Jihad « et a tiré le premier sur lui ». « Apparemment, il (Abou Jihad) avait un pistolet. J’ai tiré sur lui, une longue rafale, en faisant attention de ne pas blesser son épouse qui était apparue, et il est mort. D’autres combattants ont également tiré pour s’assurer qu’il était mort », ajoute Nahoum Lev. « J’ai tiré sur lui sans la moindre hésitation : il était voué à mourir. Il était mêlé à d’horribles crimes contre des civils israéliens », se justifie-t-il dans cette interview publiée à titre posthume.

Malgré la mort d’Abou Jihad, l’intifada se poursuivit jusqu’aux accords d’Oslo de 1993, qui ouvrirent la voie à la création de l’Autorité palestinienne en 1994, présidée par son compagnon d’armes et chef de l’OLP, Yasser Arafat, qui avait nommé la veuve d’Abou Jihad, Intissar al-Wazir, à la tête du ministère des Affaires sociales. Le fils d’Abou Jihad, Jihad al-Wazir, est actuellement gouverneur de l’Autorité monétaire palestinienne.

(Source : AFP)- L’Orient-le-Jour


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