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Le Président de Yad Vashem descend en flèche des colons de Hébron qui ont persécuté des Palestiniens
vendredi 23 février 2007 - Ha’aretz - d’après Reuters
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Yad Vashem chairman Yosef Lapid. (Alberto Denkberg)

Le chef du mémorial central de l’Holocauste en Israel a ce samedi violemment critiqué les colons juifs qui ont harcelé des Palestiniens à Hébron, ville de Cisjordanie, disant que leurs comportements lui ont rappelé l’anti-sémitisme d’avant la deuxième guerre en Europe.

Le Président de Yad Vashem, Yosef Lapid, a lancé une attaque publique exceptionnellement féroce après avoir regardé un reportage de la télévision montrant une femme de colon traitant de « putain » sa voisne palestinienne pendant ses enfants caillassaient les maisons arabes.
Ce spectacle a soulevé l’indignation dans l’état juif, où beaucoup voient les colons comme un mouvement opposé à la coexistence avec un futur état palestinien en Cisjordanie et de Gaza.

Josef Lapid, un survivant de l’Holocauste, qui a perdu son père dans le génocide nazi, a dit à la radio d’Israël que les actes de certains colons d’Hébron lui rappelaient la persécutions des Juifs par les Nazis dans sa Yougoslavie natale à la veille de la deuxième guerre mondiale.
« Ce n’était pas les fours crématoires ou les pogroms qui ont rendu notre vie dans la Diaspora si amère avant qu’ils ne commencent à nous tuer, mais les persécutions, le harcèlement, les lapidations, la destruction de nos moyen d’existence, les intimidations, les crachats et le mépris ».

Lapid a dit. « J’avais peur d’aller à l’école, à cause des petits antisémites qui avaient l’habitude de se mettre en embuscade sur notre chemin et de nous battre à mort. Est-ce une situation tellement différente de celle d’un enfant palestinien à Hébron ? »

Hebron est un point de friction constant du conflit Israélo-Palestinien depuis plus de six ans. 400 colons environ vivent là, sous une forte et lourde protection militaire israélienne au sein de 150.000 Palestiniens. Les colons de Hébron n’auraient pas été disponibles sur le champ pour répondre aux critiques de Lapid, mais le premier commentaire à la Radio d’Israël fait par le porte-parole de la communauté, Noam Arnon, est de traiter ces harcèlements télévisés « d’incidents marginaux » pour ajouter ensuite : « En six ans, 37 juifs ont été assassinés à Hébron, et maintenant, ils sont préoccupés avec des insultes ? »

Le premier ministre israélien, Ehud Olmert, a demandé la semaine dernière une enquête ministérielle sur les déclarations des Palestiniens pour lesquels ces comportements sont un lieu commun ignoré habituellement par Israël.

Ephraim Sneh, Député auprès du ministre de la défense a dit qu’il espérait une mise au pas des des colons provocateurs mais les officiels palestiniens appellent à une action plus globale.

le Gouverneur palestinien d’Hébron, Arif Jabari a déclaré. « S’ils veulent sérieusement la coexistence, les Israéliens doivent prendre des mesures concrètes contre les centaines de provocations quotidiennes que subissent les Palestiniens de la vieille ville. »

Ce pessimisme que l’on peut comprendre, est partagé par l’ancien ministre de la justice, M. Lapid qui a déclaré :
« Nous, citoyens juifs d’Israël levons à peine un doigt pour réprimer ce type de comportement...pire encore, en tant que ministre de la justice, j’ai couvert cela en silence. »
La cour internationale a dénoncé les colonies illégales mais beaucoup de juifs revendiquent un droit biblique sur la Cisjordanie, conquise par Israël en 1967.

Israel a retiré ses colons et ses soldats de Gaza en 2005, pour débloquer l’impasse diplomatique avec les Palestiniens. L’arrivée au pouvoir du Hamas, groupe islamiste palestinien dont la charte réclame la destruction de l’état juif, a renforcé la résolution des colons de ne pas quitter la Cisjordanie.

Lapid a déclaré que bien qu’il n’y avait aucune comparaison entre l’Holocause et les souffrances des Palestiniens à cause des politiques israéliennes, ceci ne signifie pas que les Israéliens ne peuvent pas être coupables.

Il a ajouté : « Il est inconcevable qu’ en souvenir d’Auchwitz, l’on puisse justifier le fait qu’il y ait des juifs parmi nous qui se comportent aujourd’hui envers les Palestiniens tout comme l’ont fait justement les Allemands, les Hongrois, les Polonais et autres anti-sémites envers les juifs ».

20 février 2007 - Ha’aretz -
Traduit de l’anglais par D. Hachilif