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Le chef d’état-major de l’armée israélienne a démissionné

mercredi 17 janvier 2007 - 17h:21

Le Monde, avec Reuters et AFP

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Mis en cause après l’offensive de l’été dernier contre le Hezbollah libanais, le général Dan Haloutz, chef d’état-major de l’armée israélienne, a présenté sa démission, mardi soir 16 janvier, a confirmé mercredi sa porte-parole.

Il s’agit du plus haut responsable militaire ou politique à quitter ses fonctions depuis la guerre et les pressions exercées par l’opinion publique pour obtenir le départ du chef de l’état-major, du premier ministre, Ehoud Olmert, et du ministre de la défense, Amir Péretz, tenus pour responsables, selon les sondages, des revers subis par l’armée israélienne face à la milice chiite du Hezbollah.

Le chef d’état-major adjoint, le général Moshe Kaplinsky, a été chargé d’assurer l’intérim à la tête de l’armée.

"IL EST DE MON DEVOIR DE QUITTER MES FONCTIONS"

"Alors que le bruit des armes s’est dissipé, j’ai décidé de prendre mes responsabilités", a expliqué le général Haloutz dans sa lettre de démission, selon sa porte-parole. "J’ai atteint l’objectif que je m’étais fixé à la fin de la guerre du Liban, qui consistait à étudier puis à tirer les leçons de ce qui s’est passé. Je considère, dans ces conditions, qu’il est de mon devoir de quitter mes fonctions immédiatement", y souligne M. Haloutz.

L’offensive menée en juillet et août au Liban a forcé le Hezbollah à se retirer de la frontière israélienne, mais elle n’a pas permis de retrouver deux militaires israéliens enlevés. Ce bilan en demi-teinte a amené une partie de l’opinion israélienne à exiger un remaniement au sommet de l’armée.

Des dizaines de milliers de personnes, dont des réservistes ayant servi au Liban, avaient aussi manifesté pour exiger, dès la fin des combats, la constitution d’une commission d’enquête. Les manifestants dénonçaient notamment l’impréparation des unités régulières et des réservistes engagés dans la guerre, la confusion et les contre-ordres fréquents du commandement, et le fait que l’armée n’avait pas rempli ses objectifs, à savoir briser l’appareil militaire du Hezbollah et obtenir la libération de deux militaires israéliens. Leur enlèvement début juillet par le Hezbollah avait déclenché le conflit.

Le gouvernement avait voté, le 17 septembre 2006, la création d’une commission gouvernementale de cinq membres présidée par le juge à la retraite Eliyahou Winograd, afin d’enquêter sur l’offensive contre le Hezbollah. Mais la constitution de cette commission, qui rendra dans quelques semaines un premier rapport, n’a pas permis d’apaiser la colère de certains Israéliens.

RÉVÉLATION SUR LA VENTE DE SON PORTEFEUILLE D’ACTIONS

Ancien chef de l’aviation israélienne, M. Haloutz a notamment été critiqué pour s’être trop appuyé sur les raids aériens pendant la première partie de l’offensive. Ils avaient provoqué des dégâts très importants sur les infrastructures libanaises, tandis que le Hezbollah avait tiré environ 4 000 roquettes sur le territoire israélien. Quelque 1 200 Libanais, des civils pour la plupart, et 157 Israéliens, en majorité des militaires, ont péri.

M. Haloutz est arrivé à la tête de l’état-major en juin 2005, juste avant le début du processus de désengagement de la bande de Gaza. Sa nomination avait surpris beaucoup d’observateurs car elle impliquait le départ à la retraite anticipé du chef d’état-major en poste, le général Moshe Yaalon, qui avait publiquement affirmé que le retrait de Gaza risquait de renforcer les activistes israéliens.

M. Haloutz avait aussi été critiqué peu après le cessez-le-feu du 14 août 2006 quand un journal avait révélé qu’il avait vendu son portefeuille d’actions quelques heures avant le début de la guerre.

Le Monde - Le 17 janvier 2007


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