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Deux versions de l’histoire

lundi 13 août 2007 - 08h:54

Edito - Los Angeles Times

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Dans les classes du troisième niveau en Israël, on enseignera aux Arabes et aux Juifs différentes histoires au sujet de la fondation de la nation.

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« L’histoire est écrite par les vainqueurs »




Quand le ministère de l’Education d’Israël a annoncé que les manuels d’histoire pour les élèves du troisième niveau incluraient désormais une vérité jusqu’ici inavouable - à savoir que la création d’une patrie pour les juifs en 1948 a provoqué l’exil de 700 000 Palestiniens - il semblait qu’il se fût agi d’une démarche éclairée.

« L’histoire est écrite par les vainqueurs, » avait dit Winston Churchill, et pendant les 59 dernières années, les manuels israéliens des écoles primaires ont enseigné seulement la version juive des événements : les conséquences de la guerre israélo-arabe étaient justifiables en raison des racines historiques des Juifs en Terre Sainte et de leur besoin d’un refuge permanent pour échapper à la persécution. On ne trouvait nulle part trace de l’exode palestinien d’Israël, appelé la Nakba (catastrophe) par les Arabes.

L’apparente ouverture d’esprit du ministère de l’Education est toutefois trompeuse. Parce que les nouveaux manuels au texte équilibré, ne seront imprimés qu’en arabe et octroyés uniquement aux classe arabes. Les éditions en hébreu de Vivre ensemble en Israël ne seront pas modifiées. Quelques fonctionnaires du ministère de l’Education ont tâché de remanier également les manuels destinés aux Juifs mais ils furent évincés par ceux qui déclarèrent que les Juifs du troisième niveau ne pouvaient comprendre des interprétations divergentes de l’histoire.

La ministre de l’Education, Yuli Tamir, dit que les nouveaux manuels aideront les enfants arabes à réconcilier l’histoire qu’ils apprennent à la maison avec l’histoire qu’on leur enseigne à l’école. Mais les enfants juifs, qui risquent peu d’entendre la version palestinienne des événements dans leurs foyers, ont encore plus besoin de cette information que leurs condisciples arabes, lesquels peuvent au moins bénéficier des expériences personnelles de la famille et des amis pour s’instruire. Si Israël reconnaît le fait de l’exode palestinien, alors il devrait être enseigné à tous les enfants. Au lieu de cela, le ministère cherche à apaiser les Palestiniens sans tenir tête aux conservateurs juifs, tenants de la ligne dure, qui s’opposent à la révision des manuels, même pour les classes arabes.

L’histoire est continuellement mise à jour. Bien qu’écrite d’abord par les vainqueurs, avec le temps les voix des vaincus et des laissés pour compte exigent leur insertion. La Chine et la Corée revendiquent la reconnaissance par le Japon des atrocités commises en temps de guerre ; les natifs américains, que leur 4 000 ans d’histoire deviennent partie intégrante du récit fondateur de ce pays ; et les femmes, que leurs actions obtiennent autant d’attention que celles des hommes.

Le fait de savoir si la plupart des Palestiniens ont fui leurs maisons volontairement ou par l’effet de la coercition et de la force, s’ils ont un droit au retour, sont des questions qui feront probablement l’objet de palabres jusqu’à la fin des temps. Mais que des milliers aient dû fuir et qu’ils aient subséquemment vécu des décennies dans des camps de réfugiés - les Nations unies indiquent que leurs descendants ont aujourd’hui porté le nombre des réfugiés à 4 millions - est un fait indiscutable. Pourquoi ne pas enseigner cette vérité ?

En modifiant les manuels d’histoire pour les enfants arabes, Israël a reconnu l’authenticité de la Nakba. Et si cette information est valide pour les Arabes, elle devrait aussi bien être valide pour les Juifs.


La Nakba





article original : "Two versions of history" - Los Angeles Times, édito - 27 juillet 2007
Traduit de l’anglais par M.A. pour la CCIPPP. (Campagne civile pour la protection du peuple palestinien)
Photos de l’exode palestinien : UNWRA.


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