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8 janvier 2009 : la famille Al-Rahel

jeudi 16 février 2012 - 07h:14

PCHR Gaza

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« Les autres enfants ne cessent de parler de Dima et des souvenirs de ce qui s’est produit. ’Nous voulons mourir comme Dima’ est ce que les enfants me disent parfois à cause de toute leur angoisse et de nos mauvaises conditions de vie. »

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Saeed et Nisreen al-Rahel avec leurs enfants Dina, Sunia, Ansam, Anas et Ali

Le 8 Janvier 2009, à environ 11 heures du matin, quatre missiles ont été tirés sur la maison de Juma’a al-Rahel (âgé de 45 ans) à Beit Lahiya, blessant 3 membres de la famille al-Rahel : Basma (3 ans), Dima (5 ans), et Faten (41 ans). Beaucoup de membres de la famille étaient à l’intérieur de la maison au moment de l’attaque, six des frères d’al-Rahel ainsi que leurs épouses et leurs enfants vivant à proximité.

Immédiatement après l’attaque, les familles ont fui la zone et ont cherché refuge dans une école de l’UNRWA à Beit Lahiya. Le 17 janvier 2009, l’école a été la cible de bombes au phosphore blanc, qui ont blessé grièvement la soeur de Dima, Ansam al-Rahel (13 ans).

Après avoir lutté six semaines pour survivre, Dima, âgée de 5 ans, est finalement décédée de ses blessures dans un hôpital égyptien le 1er mars 2009.

Saïd al-Rahel (35 ans), le père de Dima et d’Ansam, se souvient avec douleur du jour de la première attaque. « J’étais à la maison quand une explosion a eu lieu et toutes les fenêtres ont été brisées. Je suis sorti de la maison. J’ai entendu des gens crier dans la maison de mon frère, Juma’a, la porte juste à côté. Ma fille Dima se trouvait là ; et j’ai entendu des gens crier qu’elle avait été blessée. Plusieurs missiles ont encore frappé la maison de Juma’a et nous avons fui la zone. Dima a été transportée à l’hôpital. Le 13 janvier, elle a été transférée en Egypte. Je suis parti avec elle. »

La femme de Saïd, Nisreen al-Rahel (33 ans), et leurs autres enfants, Sunia (17 ans), Dina (15 ans), Ansam (13 ans), Ahmad (11 ans), Mohammed (6 ans), et Ali (4 ans), sont restés dans l’école de l’UNRWA à Beit Lahiya, après l’attaque. Nisreen se rappelle : « Nous avons séjourné dans le bâtiment de l’école du 8 au 17 janvier. C’était l’hiver et il faisait très froid. Nous n’avions pas de matelas. Nous avons dû utiliser des couvertures en guise de matelas et c’était très difficile, surtout pour les enfants. Nous n’avions pas assez de nourriture. Nous avons également été obligés de demander à d’autres personnes de nous donner de l’eau. Il n’y avait pas d’eau potable ».

Le 17 Janvier 2009, l’armée israélienne a bombardé le bâtiment de l’école avec des obus au phosphore blanc. « Vivre l’attaque de l’école a été plus difficile pour moi que l’attaque de la maison. À l’heure où le bombardement de l’école a commencé j’étais dans une salle de classe avec mes enfants. Le bombardement a commencé vers 5 heures du matin et il faisait sombre. J’ai entendu Ansam crier : ’Je suis blessé à ma tête’. Le tir d’obus a été très intense. » Ansam a été gravement blessée à la tête, elle a perdu ses cheveux à l’endroit de la blessure et les cicatrices s’infectent de temps à autre et il lui manque des parties de la peau du crâne. « Elle souffre toujours à cause de ses blessures. À l’école, elle perd conscience quand elle est trop active », dit Nisreen.

Saïd se souvient du moment où il a appris le bombardement de l’école : « Avant que j’aille en Egypte je suis resté dans cette même salle de classe avec ma famille. J’ai vu l’attaque à la télévision quand j’étais en Egypte et j’ai reconnu la salle de classe. Il y avait du sang sur le plancher. Quand j’ai appelé pour avoir des nouvelles de ma famille, personne ne voulait me dire comment ma fille Ansam allait. »

Lorsque Nisreen et ses autres enfants sont revenus à leur maison après l’offensive, ils l’ont trouvée gravement endommagée et leurs moyens de subsistance détruits. « Peu de temps avant la guerre, j’ai acheté du bétail. Nous avons eu 2 b ?ufs, 17 chèvres et des dizaines de lapins. Je les élevais à côté de notre maison. J’ai emprunté pour pouvoir les acheter », explique Saïd. « Quand notre famille est retournée à la maison après la guerre, nous avons trouvé tous les animaux tués par des éclats d’obus. Seule une chèvre était encore en vie, mais elle est morte après quelques jours. Maintenant, je suis bloqué avec de nombreux prêts. Je peux à peine assurer le traitement de ma fille Ansam. J’ai même été arrêté par la police parce que je ne pouvais pas rembourser mes emprunts à certaines personnes. Avec un manque total d’argent, je ne suis pas en mesure de réparer les très importants dommages qui ont été faits aux fenêtres et aux murs de notre maison. » Des cartons et des couvertures servent à protéger la famille contre le froid de la nuit et de l’hiver.

Les événements de janvier 2009 ont eu un impact profond sur le bien-être psychologique de Saïd, Nisreen, et de leurs enfants. « Cela a été très difficile pour moi parce que j’ai perdu une de mes filles et une autre a été grièvement blessée. Je me souviens de Dima quand je vois des filles aller à l’école », dit Nisreen. « Les autres enfants ne cessent de parler de Dima et des souvenirs de ce qui s’est produit. ’Nous voulons mourir comme Dima’ est ce que les enfants me disent parfois à cause de toute leur angoisse et de nos mauvaises conditions de vie. »

Saïd a remarqué des changements dans ses enfants aussi. « Ansam a beaucoup d’anxiété et d’angoisse depuis la guerre. Une fois je l’ai appelée et elle a commencé à crier et a jeté une assiette sur moi, criant de la laisser seule. Je suis son père et elle a pourtant peur de moi. »

Nisreen ajoute : « Les résultats scolaires d’Ahmad ont été durement affectés après la guerre. Il avait pour habitude d’être un excellent élève. Maintenant, il a même des problèmes en lecture. Il souffre également d’énurésie nocturne ».

La peur semble être devenue une partie de la vie quotidienne pour toute la famille. « Les enfants, comme moi, ont toujours peur quand ils entendent des drones ou des tirs. Lorsque nous les entendons, nous restons tous assis dans la même pièce, » dit Nisreen. La crainte d’une autre attaque n’est jamais loin de la pensée de Saïd : « Je crains qu’une autre guerre ne survienne. Quand les gens en parlent, j’ai peur. Quand j’entends des drones dans la zone où nous habitons, je quitte la maison. J’ai peur qu’ils nous prennent à nouveau pour cible ».

Le PCHR a déposé une plainte pénale auprès des autorités israéliennes au nom de la famille al-Rahel, le 9 septembre 2009. À ce jour, aucune réponse n’a été reçue.

Consultez également :

- Le 7 janvier 2009 : la famille Mattar
- 6 janvier 2009 : la famille Al-Dayah
- 5 janvier 2009 : Amal al-Samouni, ou l’histoire d’une famille décimée
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- 2 janvier 2009 : 2 janvier 2009 : la douleur d’Eyad al-Astal
- 1er janvier 2009 : la famille Nasla
- 31 décembre 2008 : la famille Abu Areeda
- 30 décembre 2008 : une journée tragique pour la famille Hamdan
- 29 décembre 2008 : l’histoire de la famille Balousha
- 28 décembre 2008 : la famille Abu Taima
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9 janvier 2012 - PCHR Gaza - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.pchrgaza.org/portal/en/i...

Traduction : Info-Palestine.net - Naguib


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