Info-Palestine.eu http://www.info-palestine.eu/ fr SPIP - www.spip.net Les autorités égyptiennes rackettent impitoyablement les Palestiniens qui veulent quitter la Bande de Gaza http://www.info-palestine.eu/spip.php?article16170 http://www.info-palestine.eu/spip.php?article16170 2017-07-01T06:04:00Z text/html fr Claude focus2rub <p>Les voyageurs et leurs intermédiaires disent que l'Égypte rackette des sommes allant jusqu'à 10 000 dollars pour vendre aux Palestiniens la permission de traverser le poste-frontière de Rafah.<br class='autobr' /> Selon les intermédiaires à Gaza qui coordonnent les versements d'argent et selon aussi d'anciens agents des services frontaliers palestiniens et des voyageurs, des officiers égyptiens gagnent des pots de vin - allant jusqu'à 10.000 dollars - sur le dos des Palestiniens de Gaza, désespérés de pouvoir quitter (...)</p> - <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique37" rel="directory">Informations</a> / <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot13" rel="tag">focus2rub</a> <img class='spip_logos' alt="" align="right" src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L150xH113/arton16170-29860.jpg' width='150' height='113' /> <div class='rss_chapo'><p>Les voyageurs et leurs intermédiaires disent que l'Égypte rackette des sommes allant jusqu'à 10 000 dollars pour vendre aux Palestiniens la permission de traverser le poste-frontière de Rafah.</p></div> <div class='rss_texte'><dl class='spip_document_21615 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L400xH299/a2-117-6a55d.jpg' width='400' height='299' alt='JPEG - 44.9 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'><i>La souffrance qui sévit dans la bande de gaza permet un trafic juteux, des deux cotés de la frontière - Photo : Memo/Archives </i> </dd> </dl> <p>Selon les intermédiaires à Gaza qui coordonnent les versements d'argent et selon aussi d'anciens agents des services frontaliers palestiniens et des voyageurs, des officiers égyptiens gagnent des pots de vin - allant jusqu'à 10.000 dollars - sur le dos des Palestiniens de Gaza, désespérés de pouvoir quitter l'enclave côtière assiégée.</p> <p>En règle générale, un adulte à Gaza doit payer un pot de vin de 3000 dollars pour obtenir la permission de traverser la frontière égyptienne, ont déclaré à al-Jazeera deux courtiers palestiniens, qui ont parlé sous couvert d'anonymat. Ces courtiers ont dit se réserver 20% de la somme, les 80% restants allant au soldat ou à l'officier égyptien impliqué dans la boucle.</p> <p>Toujours selon les témoins, il arrive que les officiers égyptiens inscrivent les noms de certains Palestiniens sur une liste noire, les déclarant être une « menace pour la sécurité ». La liste interdit alors l'entrée en Égypte à ceux dont les noms sont mentionnés, mais une somme de 10000 $ (dix-mille) peut faire que leur nom soit effacé.</p> <p>De temps en temps, d'après les courtiers, les Égyptiens veulent des pots de vin payés en marchandises, et pas en argent comptant.<br class='autobr' /> Trafic des deux côtés de la frontière</p> <p>« Parfois, ils veulent des iPhones ou même de l'or », a déclaré l'un des intermédiaires, connu dans la bande de Gaza comme le « Roi de la frontière » pour sa capacité à monnayer le passage de quasi n'importe qui.</p> <p>Au cours de l'entrevue qui a duré deux heures à son bureau de Gaza, ce courtier a reçu six appels téléphoniques de personnes lui demandant de l'aide pour entrer en Égypte.</p> <p>« Mon téléphone ne cesse jamais de sonner, » se vante-t-il.</p> <p>La volonté de payer des sommes élevées pour arriver à quitter Gaza reflète le désespoir des habitants pour échapper à l'enclave côtière assiégée, laquelle a enduré trois grandes opérations militaires israéliennes depuis 2008, laissant en ruines cet endroit considéré comme le plus densément peuplé de la terre.</p> <p>L'infrastructure de Gaza est tellement endommagée qu'un rapport des Nations Unies de l'an dernier a prédit que si les tendances actuelles persistaient, l'enclave deviendrait « <a href="http://unctad.org/en/PublicationsLibrary/tdb62d3_en.pdf" class='spip_out' rel='external'>inhabitable</a> » d'ici 2020.</p> <p>Depuis le coup d'État militaire de juillet 2013, le gouvernement égyptien du général Abdel Fattah al-Sisi a imposé des restrictions extrêmes sur le passage de Rafah, à la frontière de Gaza.</p> <p>Al-Sisi voit le Hamas, l'organisation qui administre Gaza, comme une extension des Frères musulmans en Égypte - une organisation <a href="http://www.aljazeera.com/news/middleeast/2013/12/egypt-declares-brotherhood-terrorist-group-201312251544398545.html" class='spip_out' rel='external'>déclarée terroriste</a> en 2013 - et il a accusé le Hamas de mener des attaques contre des soldats égyptiens dans la péninsule du Sinaï. Le Hamas a toujours nié un rôle quelconque dans ces attaques.</p> <p>Dans la première moitié de 2013, lorsque Mohamed Morsi, le président égyptien élu était au pouvoir, une moyenne de 40816 personnes avait pu passer entre Gaza et l'Égypte chaque mois. Depuis que al-Sisi a pris le pouvoir, les responsables égyptiens ont rarement ouvert la frontière, permettant son fonctionnement pendant quelques jours tous les un ou deux mois. Cette année, le nombre moyen de personnes à traverser la frontière chaque mois <a href="http://gisha.org/updates/5387" class='spip_out' rel='external'>est tombé à 1896</a>, selon le Centre juridique Gisha pour la liberté de mouvement, une organisation indépendante basée en Israël.</p> <p>Il y a environ 30000 personnes à Gaza qui ont besoin de se rendre de toute urgence à l'étranger pour des raisons humanitaires, très souvent afin d'obtenir des soins médicaux, a déclaré à al-Jazeera le porte-parole de Gisha, Shai Grunberg.<br class='autobr' /> Une corruption qui tue</p> <p>Mohamed Abu Abdelqader, un patient atteint de cancer et vivant au sud de Gaza, a déclaré à al-Jazeera qu'il allait bientôt mourir s'il était dans l'incapacité de se rendre à un hôpital en Égypte pour recevoir un traitement approprié pour son état. C'est en effet impossible pour lui car il n'a absolument pas les moyens de verser 2000 ou 3000 dollars à un intermédiaire qui assurerait son passage.</p> <p>« Je n'ai pas cet argent, » dit ce fermier âgé de 55 ans, au bord des larmes.</p> <center><iframe width="420" height="240" src='http://players.brightcove.net/665003303001/4k5gFJHRe_default/index.html?videoId=4888879803001' allowfullscreen frameborder=0></iframe></center> <p>La seule autre option pour les Palestiniens voulant quitter la bande de Gaza - qui est sous blocus commun égyptien et israélien par air, terre et mer depuis 2007 - est le passage d'Erez vers Israël puis par le pont Allenby vers la Jordanie. Mais Israël et la Jordanie imposent conjointement de sévères restrictions sur qui est autorisé à passer par les points de passage d'Erez et d'Allenby.</p> <p>Al Jazeera a demandé de façon répétée au gouvernement égyptien, à la fois par téléphone et par e-mail, de faire des commentaires, mais sans recevoir de réponse.</p> <p>Pourtant, les accusations de corruption au passage de la frontière égyptienne ne sont pas nouvelles.</p> <p>Un ancien haut fonctionnaire du Hamas qui a travaillé pour le Service des Frontières qui supervise le terminal de Rafah, a confirmé à Al Jazeera que ce type de corruption se produit fréquemment et que l'entreprise est devenue « une véritable machine à faire du fric ».</p> <p>L'an dernier, au cours de deux jours seulement et alors qu'il travaillait à la frontière de Rafah, selon ce fonctionnaire près d'un demi-million de dollars ont été payés en pots de vin par 150 Palestiniens en échange de l'autorisation de voyager en Égypte.<br class='autobr' /> Un chantage ignoble</p> <p>Le site arabophone PLS48 a récemment <a href="https://www.middleeastmonitor.com/20160514-bribery-and-corruption-cause-problems-during-two-day-opening-of-rafah-crossing/" class='spip_out' rel='external'>repris les propos</a>de responsables du Hamas affirmant que les officiers égyptiens travaillant au point de passage de Rafah lors d'une ouverture de deux jours en mai dernier, avaient insisté sur le fait que les Palestiniens qui avaient payé des pots de vin juteux devaient être autorisés à traverser la frontière avant ceux qui n'avaient pu le faire. Les Égyptiens sont allés jusqu'à fermer le terminal de passagers pendant sept heures jusqu'à ce que leurs exigences soient satisfaites, selon les déclarations des responsables du Hamas.</p> <p>En outre, en 2009, l'Associated Press a rapporté que les habitants de Gaza ont payé des intermédiaires palestiniens pour faciliter leur entrée à la fois en Israël et en Égypte, souvent par l'<a href="http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3818011,00.html" class='spip_out' rel='external'>obtention de faux documents</a> disant qu'ils avaient des maladies incurables.</p> <p>Le passage de Rafah est devenu une bouée de sauvetage pour Gaza, dit Grunberg : « Il est fondamentalement le canal de Gaza vers le reste du monde. »</p> <p>Amal Mustafa, âgé de 40 ans, a dit être venue à Gaza du Koweït en 2012 pour prendre soin de son père mourant. Elle est restée à ses côtés pendant le coup d'État militaire en Égypte et après la fermeture du passage de la frontière en 2013.</p> <p>Son père est mort peu après, mais Amal se retrouva dans l'impossibilité de retourner dans sa famille au Koweït. Au début de juillet, Mustafa a payé un pot de vin de 3000 dollars à un « coordinateur » palestinien pour organiser son voyage vers l'Égypte. Mais quand elle est arrivée à la frontière, on lui a dit que son nom était sur la liste noire et qu'elle était repérée comme une menace pour la sécurité.</p> <p> » Je suis juste une femme au foyer. Je n'ai jamais été impliquée dans la politique « , dit-elle. » Je ne sais pas pourquoi ils ont inscrit mon nom. »</p> <p>Mustafa a alors raconté que le » Roi de la frontière » lui a dit que si elle lui versait 10000 dollars, il pourrait alors organiser son entrée en Égypte - un montant qu'elle dit être prête à payer, la prochaine fois que le passage s'ouvrira à nouveau.</p> <p>Pour elle, retrouver son époux et sa famille après des années d'éloignement vaut cette somme-là…</p></div> <div class='rss_ps'><p>6 août 2016 - <a href="http://www.aljazeera.com/news/2016/08/palestinians-paying-thousands-bribes-leave-gaza-160804084846207.html" class='spip_out' rel='external'>Al-Jazeera</a> - Traduction : <a href="http://chroniquepalestine.com/autorites-egyptiennes-rackettent-durement-palestiniens-veulent-quitter-bande-gaza/" class='spip_out' rel='external'>Chronique de Palestine</a> - Lotfallah</p></div> D'un mouvement de guérilla, le Hezbollah s'est transformé en armée conventionnelle http://www.info-palestine.eu/spip.php?article16134 http://www.info-palestine.eu/spip.php?article16134 2016-08-04T12:09:33Z text/html fr Claude focus2rub focus3acc <p>L'institut de recherche américain, Soufan Groupe, vient de publier un nouveau rapport sur la puissance du Hezbollah libanais qu'il a qualifié de « force par procuration » de l'Iran au Moyen-Orient.<br class='autobr' /> Les auteurs de cette analyse se disent particulièrement étonnés par la flexibilité des forces militaires du Hezbollah et leur capacité à s'adapter aux différentes situations, malgré les dégâts que le mouvement libanais aurait subis en Syrie. Ils soulignent que contrairement aux attentes, la présence des (...)</p> - <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique38" rel="directory">Analyses</a> / <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot13" rel="tag">focus2rub</a>, <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot31" rel="tag">focus3acc</a> <img class='spip_logos' alt="" align="right" src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L150xH134/arton16134-4f452.jpg' width='150' height='134' /> <div class='rss_chapo'><p>L'institut de recherche américain, Soufan Groupe, vient de publier un nouveau rapport sur la puissance du Hezbollah libanais qu'il a qualifié de « force par procuration » de l'Iran au Moyen-Orient.</p></div> <div class='rss_texte'><dl class='spip_document_21580 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH334/a1-572-3e0b1.jpg' width='500' height='334' alt='JPEG - 72.2 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'><i>24 mai 2015, Nabatiyeh - rassemblement à l'occasion de la célébration de l'expulsion de l'armée israélienne au sud-Liban - Photo : Ali Hashisho/Reuters</i> </dd> </dl> <p>Les auteurs de cette analyse se disent particulièrement étonnés par la flexibilité des forces militaires du Hezbollah et leur capacité à s'adapter aux différentes situations, malgré les dégâts que le mouvement libanais aurait subis en Syrie. Ils soulignent que contrairement aux attentes, la présence des combattants du Hezbollah en Syrie ne les a pas épuisés, mais a augmenté leur expérience de combat.</p> <p>« Cette nouvelle expérience militaire s'ajoute à un arsenal de près de 100 000 missiles et roquettes que l'Iran a fourni au Hezbollah après la guerre de 2006, laissent imaginer à quel point le mouvement libanais pourrait menacer sérieusement la sécurité d'Israël », spécule le rapport.</p> <p>Soufan Groupe a estimé que les roquettes du Hezbollah sont capables de toucher la totalité du territoire israélien, même dans les régions les plus éloignées du sud.</p> <p>En outre le nombre très élevé de ces roquettes peut rendre complètement inefficace le réseau optimisé du Dôme de fer israélien.</p> <p>« L'Iran a équipé le Hezbollah libanais de missiles antichars téléguidés Kornet. En Syrie, le Hezbollah a eu l'occasion d'améliorer considérablement ses tactiques de combat classiques, ce qui lui permettrait d'avoir aujourd'hui la capacité d'infliger de plus grands dégât aux unités blindées israéliennes au cas d'une nouvelle confrontation », peut-on lire dans le rapport de Soufan Groupe.</p> <p>Le 23 juillet 2016, le quotidien Washington Post a publié un article sur la puissance militaire du Hezbollah libanais.</p> <p>« Lorsqu'on demande aux commandants de l'armée israélienne de décrire une prochaine guerre éventuelle contre le Hezbollah, ils cherchent souvent des mots que l'on n'utilise pas souvent dans les manuels militaires : Ils avertissent qu'un futur conflit éventuel contre le Hezbollah serait féroce et terrible », peut-on lire au début de cet article.</p> <p>L'auteur de l'article, William Booth, estime que dix ans après la dernière guerre entre « Israël » et le Hezbollah en 2006, le mouvement libanais a été complètement transformé sur le plan militaire.</p> <p>« Le Hezbollah est aujourd'hui une puissance militaire régionale, une force de frappe transfrontalière, avec des milliers de soldats expérimentés après quatre ans de combat sur les champs de bataille syriens. Il y a 7 000 combattants du Hezbollah en Syrie, selon les estimations des commandants israéliens », a écrit William Booth.</p> <p>L'article du Washington Post ajoute que les combattants du Hezbollah auraient été formés par les conseillers iraniens, et auraient appris à utiliser, dans le combat, certains des armements les plus sophistiqués, comme la quatrième génération des missiles antichars téléguidés Kornet. Ils utilisent des drones et ont appris, en Syrie, de se battre aux côtés des chars et de l'artillerie.</p> <p>L'auteur cite ensuite, Elias Hanna, général à la retraite de l'armée libanaise et professeur à l'Université américaine de Beyrouth : « En 2006, le Hezbollah menait une guerre de guérilla. Aujourd'hui, il est comme une armée conventionnelle. »</p> <p>Washington Post rappelle qu'en 2006, le Hezbollah avait tiré 4 000 roquettes à courte portée vers des cibles israéliennes. Or, aujourd'hui le mouvement possède près de 100 000 missiles et roquettes, d'une plus grande précision et avec des têtes plus grandes, dont la portée est suffisante pour toucher toutes les cibles possibles sur l'ensemble du territoire israélien.</p> <p>Les hauts commandants israéliens disent qu'aujourd'hui le Hezbollah constitue une menace bien plus grande pour « Israël » qu'il y a dix ans. Ils estiment que par comparaison, les menaces du Hamas dans la bande de Gaza seraient sans importance face au défi lancé par le Hezbollah.</p> <p>Au début de l'année en cours, le chef d'état-major des forces armées israéliennes, le lieutenant-général Gadi Eisenkot, avait estimé qu'après les accords nucléaires entre l'Iran et les grandes puissances, le Hezbollah serait "l'ennemi principal" d'Israël dans les prochaines années.</p> <p>Un commandant des unités de parachutistes de l'armée israélienne qui avait participé à la guerre de 2006 dit :</p> <p>« Le Hezbollah n'est plus un groupe, une organisation ou un mouvement. Il est une véritable armée... La prochaine guerre sera une guerre terrible. Je pense qu'ils comprennent aussi que la prochaine guerre sera différente. »</p></div> <div class='rss_ps'><p>3 août 2016 - <a href="http://french.almanar.com.lb/adetails.php?fromval=1&cid=18&frid=18&eid=318405" class='spip_out' rel='external'>Al-Manar</a></p></div> Syrie : les « rebelles » chers à l'Occident décapitent un gamin sous l'oeil des caméras http://www.info-palestine.eu/spip.php?article16122 http://www.info-palestine.eu/spip.php?article16122 2016-07-20T13:04:07Z text/html fr Claude focus2rub focus3acc <p>L'opération étasunienne de « changement de régime » en Syrie a récemment enregistré quelques succès.<br class='autobr' /> La Force démocratique syrienne, un groupe essentiellement composé de Kurdes syriens parrainé par les Américains, assiège la ville orientale de Manbij tenue par l'État islamique. Selon le commissaire des droits humains de l'ONU, 70 000 civils enfermés dans Manbij sont coupés de tout approvisionnement. On attend toujours les appels à cesser immédiatement le siège ou à larguer davantage de nourriture à ces (...)</p> - <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique37" rel="directory">Informations</a> / <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot13" rel="tag">focus2rub</a>, <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot31" rel="tag">focus3acc</a> <img class='spip_logos' alt="" align="right" src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L150xH122/arton16122-def8d.jpg' width='150' height='122' /> <div class='rss_chapo'><p>L'opération étasunienne de « changement de régime » en Syrie a récemment enregistré quelques succès.</p></div> <div class='rss_texte'><dl class='spip_document_21567 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L400xH243/a1-559-635b3.jpg' width='400' height='243' alt='JPEG - 31.6 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'><i>Les rebelles syriens, si chers à Fabius et à Hollande, sont coutumiers des crimes de guerre. Ici, un extrait d'une vidéo d'un massacre de soldats et officiers de l'armée syrienne</i> </dd> </dl> <p>La Force démocratique syrienne, un groupe essentiellement composé de Kurdes syriens parrainé par les Américains, assiège la ville orientale de Manbij tenue par l'État islamique. Selon le commissaire des droits humains de l'ONU, 70 000 civils enfermés dans Manbij sont coupés de tout approvisionnement. On attend toujours les appels à cesser immédiatement le siège ou à larguer davantage de nourriture à ces malheureux.</p> <p>Que font tous les fans de R2P (responsabilité de protéger) de l'administration Obama et tous les groupes de propagande de l'opposition syrienne généreusement arrosés ? Que le États-Unis aient réussi à éviter toute question concernant ce siège est sûrement un exploit !</p> <p>A la place de la nourriture, les États-Unis ont largué bien autre chose sur Marjib :</p> <p><i>Au moins 56 civils ont été tués mardi dans des frappes aériennes au nord de la ville assiégée de Manbij tenue par l'Etat islamique dans le nord de la Syrie, et les résidents ont dit qu'ils croyaient que l'attaque avait été menée par l'aviation américaine, selon un groupe de surveillance.</p> <p>L'Observatoire syrien pour les droits de l'homme basé en Grande-Bretagne a dit qu'il y avait 11 enfants parmi les morts, et que des dizaines d'autres personnes avaient été blessées.</i></p> <p>La CIA finance une longue liste de groupes mercenaires en Syrie pour combattre le gouvernement syrien et les millions de personnes qu'il protège. Elle a livré des missiles antichar TOW de grande puissance à plusieurs de ces groupes :</p> <p><i>Les groupes avec lesquels la CIA permet actuellement de partager les munitions sont : ... le Mouvement Nour al-Din al-Zenki, (Harakat Nour al-Din al-Zenki) ...</i></p> <p>Selon Riam Dalati, le producteur de BBC Foreign News, ce sont des « rebelles modérés » de Nour al-Din al-Zenki qui ont capturé hier un garçon palestinien de quelque 8, 10, peut-être 12 ans, l'ont chahuté et l'ont accusé de se battre du côté du gouvernement syrien. Le garçon n'avait pas d'uniforme et avait des tubes de perfusion médicale plantés dans le bras droit.</p> <p>Puis les « rebelles modérés » de la CIA, ont décapité le garçon avec un couteau, sur le capot d'une camionnette rouge. Il y a des photos et des vidéos de l'enfant en vie, ainsi qu'une vidéo de la décapitation. Le groupe Zinki, comme la CIA qui le soutient, avait déjà la réputation de torturer les gens.</p> <p>Cela montre encore une fois que l'administration Obama n'a « rien fait », ou du moins pas assez, pour aider ces forces démocratiques en Syrie. Si ces modérés avaient reçu plus d'armes, ils auraient pu utiliser quelque chose de mieux qu'un vieux couteau rouillé pour couper la tête de ce garçon (/sarcasme). Et, de fait, le groupe blâme la « communauté internationale » pour le comportement de ses membres.</p> <p>L'administration Obama a fait de son mieux pour protéger non seulement les « modérés » mais aussi al-Qaïda en Syrie, alias Jabhat al Nusra, des attaques des forces syriennes et russes. Les « rebelles modérés » soutenus par les Américains, comme le sympathique groupe de gens dont on vient de parler, se sont mélangés aux combattants d'al-Qaïda, et c'est pourquoi les États-Unis soutenaient que tous les deux faisaient partie de l'accord de cessez-le-feu qu'ils avaient conclu avec les forces russes.</p> <p>Il est évident que les Etats-Unis ont longtemps considéré al-Qaïda en Syrie comme un problème local qui pouvait être utilisé pour faire avancer leur projet de « changement de régime », mais qui ne deviendrait jamais un danger pour les Etats-Unis eux-mêmes ou leurs intérêts. Les Russes ont, quant a eux, soutenu que le groupe était une cible légitime et ont rejeté les dernières tentatives américaines pour le protéger mine de rien.</p> <p>Mais quelque chose a tout à coup fait changer l'administration Obama - en fait le Secrétaire d'État Kerry - de tactique :</p> <p><i>« Le fait est que Nusrah complote contre des pays dans le monde. Ce qui est arrivé à Nice la nuit dernière pourrait tout aussi bien être le fait de Nusrah que d'une autre entité, parce que c'est ce qu'ils font. »</i></p> <p>Le fait que l'attaque de Nice suive un scénario publié dans une brochure d'al-Qaïda a peut-être enfin réussi à mettre fin aux combines délétères des pans de l'Administration qui nourrissaient ce groupe. Mais, une fois de plus, il a fallu un drame pour y arriver.</p> <p>L'Administration ne s'est jamais privée de soutenir les radicaux les plus brutaux, en Afghanistan, en Libye, en Syrie et ailleurs, jusqu'à ce que ceux-ci reviennent nous mordre. On dirait bien qu'il a fallu le « coup d'éclat » du meurtre de plus de 80 personnes à Nice pour que les États-Unis renoncent à soutenir al-Qaïda.</p> <p>Sans les impitoyables combattants d'al-Qaïda, les « rebelles modérés » de la CIA n'ont aucune chance de vaincre le gouvernement syrien. Les Etats-Unis se décident enfin à suivre le scénario russe et ils vont attaquer al-Qaïda et d'autres groupes du même acabit en Syrie. Le projet de « changement de régime par la force » est donc au point mort, pour l'instant.</p> <p>La Turquie renonce à jouer le sinistre rôle qu'elle jouait en Syrie et se rapproche à nouveau des alliés de la Syrie : la Russie et l'Iran. Cela donnera une raison supplémentaire à l'Administration d'abandonner discrètement son projet de « changement de régime » en Syrie.</p></div> <div class='rss_ps'><p>19 juillet 2016 - <a href="http://www.moonofalabama.org/2016/07/cia-rebels-behead-kid-and-other-recent-us-successes-in-syria.html" class='spip_out' rel='external'>Moon of Alabama</a> - Traduction : Dominique Muselet</p></div> Irak : les manifestants dans la « zone verte » illustrent la vulnérabilité de l'élite dirigeante du pays http://www.info-palestine.eu/spip.php?article16048 http://www.info-palestine.eu/spip.php?article16048 2016-05-25T09:48:37Z text/html fr Claude <p>La facilité avec laquelle les partisans de l'imam nationaliste Muqtada al-Sadr ont investi le parlement sans résistance de la part des forces de sécurité fait apparaître l'État encore plus faible et inefficace, écrit Patrick Cockburn.<br class='autobr' /> Les citoyens irakiens qui ont fait irruption dans la Zone verte à Bagdad le week-end dernier, ont pu voir pour la première fois les maisons semblables à des palais et les bureaux de la direction irakienne corrompue et incapable qui a si mal gouverné le pays tout au long (...)</p> - <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique38" rel="directory">Analyses</a> <img class='spip_logos' alt="" align="right" src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L150xH113/arton16048-579f0.jpg' width='150' height='113' /> <div class='rss_chapo'><p>La facilité avec laquelle les partisans de l'imam nationaliste Muqtada al-Sadr ont investi le parlement sans résistance de la part des forces de sécurité fait apparaître l'État encore plus faible et inefficace, écrit Patrick Cockburn.</p></div> <div class='rss_texte'><dl class='spip_document_21483 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH375/a1-482-2505d.jpg' width='500' height='375' alt='JPEG - 115.8 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'><i>Les adeptes de l'imam chiite Moqtada al-Sadr célèbrent leur conquête de la Grand Place des Fêtes à l'intérieur de la Zone verte - Photo : Reuters</i> </dd> </dl> <p>Les citoyens irakiens qui ont fait irruption dans la <i>Zone verte</i> à Bagdad le week-end dernier, ont pu voir pour la première fois les maisons semblables à des palais et les bureaux de la direction irakienne corrompue et incapable qui a si mal gouverné le pays tout au long de ces 13 dernières années.</p> <p>Alors que les forces de sécurité restaient à l'écart, les manifestants ont renversé une partie des murs de 15 pieds de haut et se sont déversés à travers cette enclave bien fortifiée et maintenue à l'écart sur les rives du Tigre et dans le centre de la capitale irakienne. Après avoir investi le bâtiment du Parlement, la foule a scandé le nom de Muqtada al-Sadr, le clerc chiite, populaire et nationaliste - dont nombre de manifestants appartiennent au mouvement - et a dénoncé les échecs du gouvernement du Premier ministre Haider al-Abadi.</p> <p>La <i>Zone verte</i>, avec ses fontaines et pelouses bien arrosées, a longtemps été un symbole haï de l'isolement des dirigeants de l'Irak, qui ne sont ainsi jamais confrontés aux conditions de vie difficiles et aux diverses pénuries endurées par les Irakiens ordinaires. En renversant ses murs, les manifestants qui se sont éclaboussés dans les fontaines et pris en photos sur les pelouses, ont prouvé que l'élite irakienne est plus vulnérable que par le passé face à des manifestations de colère populaire.</p> <p>Les objectifs déclarés de M. Sadr sont la réforme plutôt que la révolution : il ne veut pas que M. Abadi démissionne, mais que celui-ci désigne un cabinet de technocrates et mette fin au système de quotas par lequel les partis constitués sur une base sectaires ou ethnique imposent leurs représentants indépendamment de leurs capacités . Ceci s'oppose à ce que veulent les partis existants, qui exploitent de vastes systèmes de clientèles et de mécénats. Au moins 8000 des employés de l'État en Irak - certains avancent le chiffre de 25 000 - dépendent de nominations politiques, et sont connus pour leur corruption et leur incompétence.</p> <p>Le but de M. Sadr peut être de renforcer l'État irakien et de le rendre plus efficace et honnête. Mais la très grande facilité avec laquelle les sadristes et leurs partisans ont pénétré la Zone verte et ont investi le parlement - le tout sans résistance de la part des forces de sécurité - rend L'État encore plus faible et inefficace.</p> <p>Bien que les sadristes affirment que la plupart des manifestants ne font pas partie de leur mouvement, ils semblerait que l'invasion de la zone verte était sous leur contrôle depuis le début. Les cadres du mouvement sadriste ont empêché que les équipements du parlement soient détruits et disent avoir veillé à ce que la chambre parlementaire soit nettoyée à la sortie. La sortie sans actes de pillage et bien encadrée des manifestants le dimanche, illustre combien l'action a été organisée par le mouvement sadriste.</p> <center><iframe width="500" height="320" src='//players.brightcove.net/624246174001/2d3d4a83-ba40-464e-9bfb-2804b076bf67_default/index.html?videoId=4873183427001' allowfullscreen frameborder=0></iframe></center> <p>« Les gens disent que si un nouveau gouvernement n'est pas nommé, ils reviendront [pour investir la Zone verte à nouveau], » dit à <i>The Independent</i> un dirigeant sadriste qui ne veut pas que son nom soit publié. Celui-ci estime aussi que les autres partis politiques avaient espéré que les manifestants échapperaient vite à tout contrôle et mettraient à sac la Zone verte, ce qui aurait fourni une excuse aux forces de sécurité irakiennes pour utiliser la force contre les manifestants.</p> <p>« Les partis espéraient le chaos et que l'armée chasse alors les manifestants, » dit-il. Il ne pense pas que les autres mouvements chiites étaient en mesure d'utiliser leurs milices contre les manifestants qui disposent d'un soutien massif.</p> <p>La plupart des Irakiens de toutes les classes éprouvent une profonde colère contre une élite dirigeante qui est considérée comme ayant dérobé une grande partie des recettes pétrolières de l'Irak depuis 2003. Le sentiment de crise a été exacerbé par la désintégration de la pléthorique et coûteuse armée irakienne en 2014, quand celle-ci a été défaite par les forces beaucoup moins nombreuses de l'État islamique (Daesh).</p> <p>Mais l'alarme a aujourd'hui moins à voir avec Daesh qui a perdu du terrain, et plus à voir avec la baisse du prix du pétrole qui a comme conséquence que le gouvernement est en train de manquer d'argent. L'État est de loin le plus grand employeur en Irak et rémunère à titre d'employés ou retraités quelque sept millions de personnes sur une population de 33 millions. Cela coûte 4 milliards de dollars par mois, alors que les revenus générés par le pétrole sont actuellement plus près des 2 milliards dollars.</p> <p>Le leader sadriste a déclaré que M. Sadr était conscient de la difficulté de réformer l'administration irakienne corrompue. Il dit aussi : « nous ne pouvons pas changer des centaines de directeurs généraux et des milliers de fonctionnaires, mais nous devons bien commencer quelque part. » Il a ajouté que les ministres indépendants pourraient faire pression pour des changements dans les institutions financières importantes comme la Banque centrale, où les responsables étaient souvent des fonctionnaires directement connectés au parti Dawa au pouvoir, bien que leur nomination ait été approuvés par le Parlement en vertu de la constitution irakienne.</p> <p>M. Sadr, qui vient d'une famille cléricale célèbre pour son opposition à Saddam Hussein, bénéficie d'une très grande popularité parmi les chiites pauvres. Il a conduit sa milice de l'Armée du Mehdi contre l'occupation américaine en 2004, menant deux batailles contre les troupes américaines dans la ville chiite sainte de Najaf, mais il a ensuite dissous son armée sur fond d'accusations d'avoir joué un rôle central dans l'assassiner des sunnites pendant les massacres sectaires de 2006-7 qui ont fait des dizaines de milliers de victimes.</p> <p>Dans un entretien avec <i>The Independent </i> dans la ville sainte chiite de Najaf en 2013, M. Sadr présageait que « l'avenir proche de l'Irak est sombre », en disant que l'unité et l'indépendance du pays ont été mis en danger par l'hostilité entre sunnites et chiites. Il mettait en garde contre la marginalisation des sunnites et affirmait que le danger était qu'en raison du sectarisme « le peuple irakien ne se désintègre et qu'il soit alors facile pour les puissances extérieures de contrôler le pays ».</p> <p>Il reste catégoriquement opposé à l'intervention des États-Unis, du Royaume-Uni, de l'Iran, de la Turquie ou lde 'Arabie Saoudite et des États du Golfe, affirmant qu'ils ne font qu'empirer la crise en Irak. Les manifestants qui ont envahi la Zone verte ce week-end ont crié à la fois des slogans anti-américains et anti-iraniens.</p> <p>M. Sadr apparaît comme politiquement astucieux et prudent dans ce qu'il dit et fait, ce qui est tout à fait contraire à son image en Occident où il a été dépeint il y a quelques années comme « un clerc incendiaire ». Il explique que le problème en Irak est que les Irakiens ont été traumatisés par le dernier demi-siècle et « son cycle constant de violence : Saddam, l'occupation, une guerre après l'autre, la première guerre du Golfe, puis la deuxième guerre du Golfe , puis la guerre d'occupation, la résistance. Tout cela a profondément bouleversé la psychologie des Irakiens ».</p> <p><span class='spip_document_21197 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:100px;'> <img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L100xH91/a1-266-d32c9.jpg' width='100' height='91' alt="" /></span></p> <p>* <strong>Patrick Cockburn</strong> est l'auteur de <i>Muqtada : Muqtada Al-Sadr, the Shia Revival, and the Struggle for Iraq</i></p> <p><strong>Du même auteur : </strong></p> <p><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15967' class='spip_out'>Comment l'Etat Islamique apprend de ses défaites</a> - 28 mars 2016<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15955' class='spip_out'>L'Angleterre et la France ont ouvert la voie à l'État islamique</a> - 21 mars 2016<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15864' class='spip_out'>L'interminable guerre civile de Syrie prend un tour décisif</a> - 28 janvier 2016<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15728' class='spip_out'>Pourquoi l'état d'urgence et les mesures de haute sécurité ne réussiront pas à arrêter ISIS</a> - 17 novembre 2015<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15484' class='spip_out'>Un an de califat : les sept guerres dans les pays musulmans où l'« Etat islamique » est puissant ou se renforce</a> - 8 juillet 2015<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article13425' class='spip_out'>L'avenir de la Libye s'annonce sombre et les médias s'intéressent à autre chose</a> - 11 avril 2013<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?article11389" class='spip_out'>La grande évasion</a> - 4 novembre 2011<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article10743' class='spip_out'>Des docteurs et des infirmières torturés au Barhain</a> - 12 juin 2010<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article10332' class='spip_out'>Un couvercle hermétique</a> - 19 mars 2011<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article10308' class='spip_out'>La France n'a pas clairement appris les leçons de l'Histoire</a> - 14 mars 2011</p></div> <div class='rss_ps'><p>2 mai 2016 - The Independent - Vous pouvez consulter cet article à : <br/><a href="http://www.independent.co.uk/news/world/middle-east/protest-iraq-green-zone-baghdad-muqtada-al-sadr-ruling-elite-government-a7010396.html" class='spip_url spip_out' rel='external'>http://www.independent.co.uk/news/w...</a><br/>Traduction : <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article16048' class='spip_out'>Info-Palestine.eu</a> - Lotfallah</p></div> Les Arabes ont-ils trahi la Palestine ? http://www.info-palestine.eu/spip.php?article16016 http://www.info-palestine.eu/spip.php?article16016 2016-05-01T18:53:23Z text/html fr Claude focus2rub auteur5 <p>J'avais 21 ans lorsque j'ai traversé Gaza pour me rendre en Égypte, où je devais faire des études universitaires en sciences politiques. Le moment n'aurait pas pu être plus mal choisi.<br class='autobr' /> L'invasion du Koweit par l'Irak en 1990 avait conduit à la constitution d'une large coalition internationale sous la houlette des États-Unis et sur un conflit armé majeur, qui a terme a ouvert la voie à l'invasion US de l'Irak en 2003. Je me suis rendu compte que les Palesti­niens étaient soudain “haïs” en Égypte, en raison (...)</p> - <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique38" rel="directory">Analyses</a> / <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot13" rel="tag">focus2rub</a>, <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot35" rel="tag">auteur5</a> <img class='spip_logos' alt="" align="right" src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L150xH130/arton16016-fb82e.jpg' width='150' height='130' /> <div class='rss_chapo'><p>J'avais 21 ans lorsque j'ai traversé Gaza pour me rendre en Égypte, où je devais faire des études universitaires en sciences politiques. Le moment n'aurait pas pu être plus mal choisi.</p></div> <div class='rss_texte'><dl class='spip_document_21446 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH282/a1-451-bd005.jpg' width='500' height='282' alt='JPEG - 48.2 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'><i>Le stade du 5-Juillet a fait le plein à l'occasion du match amical entre les Olympiques algériens et la sélection palestinienne, l'hôte de marque de l'Algérie. Tout le 5-Juillet était acquis pour les protégés de l'entraîneur algérien de la sélection palestinienne, Noureddine Ould-Ali - Photo : ©newpress</i> </dd> </dl> <p>L'invasion du Koweit par l'Irak en 1990 avait conduit à la constitution d'une large coalition internationale sous la houlette des États-Unis et sur un conflit armé majeur, qui a terme a ouvert la voie à l'invasion US de l'Irak en 2003. Je me suis rendu compte que les Palesti­niens étaient soudain “haïs” en Égypte, en raison du soutien que Yasser Arafat avait apporté à l'Irak à l'époque. Je ne m'étais seulement pas rendu compte de l'étendue de cette prétendue “haine”.</p> <p>C'est dans un hôtel bon marché du Caire, où j'épuisais petit à petit le pécule des quelques livres égyptiennes dont je disposais, que j'ai rencontré Hajah Zainab, une gentille gardienne d'un certain âge, qui me traita comme un fils. Elle avait l'air en mauvaise santé, chancelante quand elle marchait, s'appuyant contre les murs pour reprendre son souffle avant de reprendre son chemin pour s'acquitter de corvées interminables. Son visage portait des tatouages jadis soigneusement tracés, qui avec le temps et les rides étaient devenus un fouillis d'encre qui souillait sa peau. Mais malgré tout, la gentillesse qui se lisait dans ses yeux surpassait tout, et chaque fois qu'elle m'a vu elle m'a étreint dans ses bras en pleurant.</p> <p>Hajah Zainab pleurait pour deux raisons : elle avait pitié de moi alors que je devais me battre contre un ordre d'expulsion du Caire - qui n'avait aucune autre raison d'être que le fait que j'étais Palestinien à une époque où Yasser Arafat soutenait Saddam Hussein alors que Hosni Mubarak avait choisi de s'allier aux États-Unis. J'étais de plus en plus désespéré et je craignais de devoir affronter les services de renseignement israéliens, le Shin Bet, qui ne manqueraient pas de me convoquer dans leurs bureaux à la minute même ou je franchirais à nouveau la frontière de Gaza. L'autre raison était que le fils unique de Hajah Zainab, Ahmad, avait trouvé la mort dans le Sinaï en combattant les Israéliens.</p> <p>Les Égyptiens de la génération de Zainab percevaient les guerres qui avaient mis leur pays aux prises avec Israël, en 1948, 1956 et 1967 comme des guerres dans lesquelles la Palestine était une cause centrale. Ni les politiques auto-centrées ni le conditionnement par les médias n'ont jamais pu changer cela. Mais la guerre de 1967 fut une défaite absolue. Grâce à un soutien direct et massif des États-Unis et d'autres puissances occidentales, Israël avait sèchement battu les armées arabes, sur trois fronts différents. Gaza, Jérusalem-Est et la Cisjordanie furent perdus, de même que les hauteurs du Golan, la vallée du Jourdain et le Sinaï.</p> <p>C'est à ce moment que les relations entre certains pays arabes et la Palestine ont commencé à changer. La victoire d'Israël et le soutien inlassable des États-Unis et de l'Occident ont convaincu certains gouvernements arabes qu'il leur fallait revoir leurs attentes à la baisse, en espérant que les Palestiniens en feraient autant.</p> <p>L'Égypte, qui avait porté fièrement le flambeau du nationalisme arabe, succomba à un sentiment d'humiliation collective, et par la suite redéfinit ses priorités en cherchant à obtenir la libération de son propre territoire de l'occupation israélienne. Privés du leadership essentiel de l'Égypte, les pays arabes se sont divisés, chaque gouvernement ayant ses propres objectifs. La totalité de la Palestine se trouvant sous contrôle israélien, les Arabes ont lentement pris leurs distances avec une cause qu'ils avaient pourtant considérée longtemps comme la cause centrale de la Nation arabe.</p> <p>La guerre de 1967 a aussi mis un terme au dilemme de l'indépendance de l'action des Palestiniens par rapport à divers pays arabes qui l'avaient détournée. Qui plus est, cette guerre a concentré l'attention sur la Cisjordanie et Gaza, et a permis au Fatah, la faction palestinienne, de fortifier sa position à la lumière de la défaite arabe et des divisions qui en ont découlé.</p> <p>Cette division a été particulièrement mise en évidence en août 1967, lors du sommet de Karthoum, où les leaders du monde arabes se sont affrontés à propos des priorités et de définitions. Les gains territoriaux israéliens devaient-ils redéfinir le statu quo ? Les Arabes devaient-ils mettre l'accent sur un retour à la situation d'avant 1967 ou à celle d'avant 1948, lors de la première occupation de la Palestine historique et du nettoyage ethnique visant les Palestiniens ?</p> <p>Le 22 novembre 1967, le Conseil de Sécurité des Nations Unies adopta la résolution 242, qui reflétait le souhait de l'administration étatsunienne du Président Johnson, qui voulait capitaliser sur le nouveau statu quo : le retrait d'Israël “from occupied territories” [1] en échange d'une normalisation des relations avec Israël. Le nouveau langage, dans la période suivant immédiatement la guerre de 1967, alarma les Palestiniens, qui se rendirent compte que tout accord futur était susceptible de faire l'impasse sur la situation qui existait avant la guerre.</p> <p>Finalement, l'Égypte combattit et célébra sa victoire dans la guerre de 1973, qui lui permit de consolider son contrôle sur la majeure partie de ses territoires perdus. Quelques années plus tard, les Accords de Camp David, en 1979, ont encore accentué la division parmi les pays arabes, et mirent officiellement fin à la solidarité de l'Égypte avec les Palestiniens, tout en garantissant au pays arabe le plus peuplé un rétablissement sous condition de sa souveraineté sur son propre territoire dans le Sinaï. On ne saurait trop souligner les répercussions négatives de cet accord. Néanmoins, en dépit du temps qui a passé, le peuple égyptien n'a quant à lui jamais accepté vraiment la normalisation des relations avec Israël.</p> <p>En Égypte, un gouffre persiste entre le gouvernement, dont le comportement est basé sur des urgences politiques et l'instinct de conservation, et le peuple qui, en dépit d'une intense campagne médiatique contre les Palestiniens, est toujours décidé à rejeter la normalisation avec Israël aussi longtemps que la Palestine n'aura pas été libérée. Contrairement à un cirque médiatique abondamment financé qui démonise Gaza depuis quelques années, ceux qui partagent l'avis de Hajah Zainab ont peu de possibilités d'exprimer ouvertement leur solidarité avec les Palestiniens. Dans mon cas, j'ai eu la chance de rencontrer la concierge vieillissante qui, tant d'année après, pleurait à la fois pour la Palestine et pour la mort de son fils unique.</p> <p>Néanmoins, des personnages comme Zainab, j'en ai rencontré des réincarnations de nombreuses fois au cours de mes voyages. Je l'ai rencontrée en Irak en 1999. Elle était une vieille vendeuse de légumes vivant à Sadr City. Je l'ai rencontré en Jordanie en 2003. Elle était un chauffeur, avec un drapeau palestinien accroché à son rétroviseur déglingué. Elle était aussi un journaliste saoudien à la retraite, que j'ai rencontré à Jeddah en 2010, une étudiante marocaine que j'ai rencontrée à Paris en 2013, au cours d'une tournée de conférences. Elle avait à peine plus de 20 ans. Après mon intervention, elle me raconta en sanglotant que la Palestine reste pour son peuple une blessure qui suppure. “Je prie chaque jour pour une Palestine libre”, me dit-elle, “tout comme mes vieux parents le faisaient dans chacune de leurs prières”.</p> <p>Hajah Zainab c'est aussi l'Algérie, toute l'Algérie. Quand l'équipe nationale palestinienne de football a rencontré son homologue algérienne, en février dernier, un phénomène étrange et sans précédent en a laissé plus d'un perplexe. Les supporters algériens, qui figurent parmi les plus ardents des amoureux du football où que ce soit, n'ont pas cessé d'acclamer les Palestiniens, sans arrêter. Et quand l'équipe de Palestine a marqué un but, ce fut comme si les gradins s'enflammaient. Le stade plein à craquer explosa d'un chant intense à la gloire de la Palestine. Et de la Palestine seule.</p> <p><strong>Alors, les Arabes ont-ils trahi la Palestine ?</strong></p> <p>C'est une question que l'on entend souvent, et souvent on y répond par l'affirmative : “oui, ils l'ont trahie”. Les médias égyptiens, prenant les Palestiniens de Gaza pour boucs émissaires, les Palestiniens de Yarmouk, en Syrie, affamés et pris pour cible, naguère la guerre civile au Liban, les mauvais traitements infligés aux Palestiniens au Koweit en 1991 [2] et, plus tard, en Irak en 2003, sont souvent cités en exemple. Aujourd'hui, d'aucuns insistent sur le fait que ce qu'on a appelé “le printemps arabe” a représenté le dernier clou du cercueil de la solidarité arabe avec la Palestine.</p> <p>Je m'inscris en faux. L'émergence de l'infortuné “printemps arabe” a été un abandon, sinon une trahison, non juste des Palestiniens mais de la majorité des Arabes. Le Monde arabe s'est transformé en un gigantesque terrain d'affrontements pour de sales jeux politiques entre vieux et nouveaux rivaux. Et si les Palestiniens en ont été victimes, c'est aussi le cas des Syriens, des Égyptiens, des Libyens, des Yéménites et d'autres.</p> <p>Il faut faire une distinction claire entre ce que peut désigner le mot “Arabes”. “Arabes”, cela peut désigner des gouvernement non-élus, tout aussi bien qu'une vieille femme pleine de gentillesse qui gagne 2 dollars par jour dans un hôtel crasseux du Caire. “Arabes”, cela peut désigner des élites occidentalisées [NdT : “emboldened elites”, littéralement “élites enhardies”] qui ne se soucient que de la préservation de leurs propres privilèges et de leur fortune, sans aucun égard ni pour la Palestine ni pour leur propre nation, mais aussi une multitude de gens, divers, uniques, engagés, opprimés, qui à ce moment de l'histoire sont rongés par le souci de leur propre survie et qui se battent pour la liberté.</p> <p><strong>Notes : </strong></p> <p><strong>[1]</strong> la résolution 242 prévoit, dans sa version anglaise, le retrait des troupes israéliennes “from occupied territories”, ce qui en français peut se traduire aussi bien par “de territoires occupés” que par “des territoires occupés”. La première traduction, contrairement à la seconde, n'implique en rien l'idée d'un retrait de la totalité des territoires en question. Selon les règles en vigueur aux Nations Unies, les versions anglaise et française font également foi (la première pour des raisons de rapports de force de l'après-guerre 40-45, la seconde en vertu des traditions diplomatiques occidentales). Selon qu'ils soutiennent le colonialisme sioniste ou les droits des peuples, les différents pays adoptent l'une ou l'autre traduction, sans qu'on puisse trouver dans le texte lui-même le moyen de trancher entre les interprétations qui en découlent. C'est d'ailleurs probablement cette ambiguïté intrinsèque du texte qui avait permis qu'il soit adopté à l'époque par le Conseil de Sécurité, chacun des pays membres y voyant ce qu'il voulait y voir. - NDLR</p> <p><strong>[2] </strong> Environ 300.000 Palestiniens vivaient au Koweit à l'époque où Yasser Arafat apporta son soutien à Saddam Hussein dans le différend qui l'opposait au Koweit à propos de l'exploitation de champs pétrolifères frontaliers, qui déboucha sur l'invasion du Koweit par l'Irak (avec ce que Saddam Hussein avait cru, à tort, pouvoir interpréter comme une approbation tacite par les États-Unis). - NDLR</p> <p><span class='spip_document_20910 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:100px;'> <img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L100xH95/ramzy-2-17707.jpg' width='100' height='95' alt="" /></span></p> <p>* <strong>Dr Ramzy Baroud</strong> écrit sur le Moyen-Orient depuis plus de 20 ans. Il est chroniqueur international, consultant en médias, auteur de plusieurs livres et le fondateur de <a href='http://www.PalestineChronicle.com/' class='spip_out' rel='external'>PalestineChronicle.com</a>. Son dernier livre, <i>Résistant en Palestine - Une histoire vraie de Gaza</i> (version française), peut être commandé à <a href="http://www.editionsdemilune.com/resistant-en-palestine-p-49.html" class='spip_out' rel='external'>Demi-Lune</a>. Son livre, <i>La deuxième Intifada</i> (version française) est disponible sur <a href="http://www.scribest.fr/article-17-la-deuxieme-intifada-palestinienne" class='spip_out' rel='external'>Scribest.fr</a>. Son site personnel : <a href='http://www.ramzybaroud.net/' class='spip_url spip_out' rel='external'>http://www.ramzybaroud.net</a></p> <p><strong>Du même auteur : </strong></p> <p><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15993' class='spip_out'>Contre la campagne BDS, Israël a perdu d'avance</a> - 17 avril 2016<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15966' class='spip_out'>Un partitionnement de la Syrie serait une catastrophe pour tout le monde arabe-</a> - 6 avril 2016 <br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15979' class='spip_out'>L'Intifada pour les nuls : pourquoi l'insurrection populaire n'a-t-elle pas encore pris ?</a> - 4 avril 2016<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15968' class='spip_out'>Crime et impunité</a> - 27 mars 2016<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15951' class='spip_out'>La campagne BDS : un impératif moral qui ne peut pas perdre</a> - 17 mars 2016<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15943' class='spip_out'>L'avènement d'un fascisme américain ?</a> - 10 mars 2016<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15939' class='spip_out'>‘Plan B' - Pourquoi l'Occident tient tant à diviser les Arabes, n'est guère un mystère</a> - 8 mars 2016<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15916' class='spip_out'>Le mythe du « bon » Parti travailliste face au « méchant » Likoud dans le système politique israélien</a> - 26 février 2016 <br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/->/spip.php?article15901' class='spip_out'>Gaza : le statu quo est précurseur d'une prochaine attaque sur le territoire assiégé</a> - 17 février 2016 <br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15885' class='spip_out'>Quand se laisser mourir de faim est un ultime acte de résistance...</a> - 7 février 2016<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15857' class='spip_out'>Marquée par la Nakba et l'exil, que signifie l'idée de « foyer » pour les Palestiniens ?</a> - 5 février 2016<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15869' class='spip_out'>Pourquoi le traumatisme subi est-il absent du débat sur les réfugiés syriens ?</a> - 30 janvier 2016 <br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15833' class='spip_out'>La Palestine après Abbas : quels enjeux ?</a> - 11 janvier 2016</p></div> <div class='rss_ps'><p>27 avril 2016 - The Palestine Chronicle - Vous pouvez consulter cet article à : <br/><a href="http://www.palestinechronicle.com/did-the-arabs-betray-palestine/" class='spip_url spip_out' rel='external'>http://www.palestinechronicle.com/d...</a><br/>Traduction : <a href="http://www.pourlapalestine.be/les-arabes-ont-ils-trahi-la-palestine" class='spip_out' rel='external'>Plateforme-Charleroi-Palestine</a> - Luc Delval</p></div> Égypte : la seule réussite du dictateur al-Sissi, c'est d'avoir ligué tout le monde contre lui http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15998 http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15998 2016-04-25T06:12:00Z text/html fr Claude focus2rub focus3acc <p>ISTANBUL, Turquie - Les personnalités et partis d'opposition égyptiens s'unissent face à une répression accrue de l'État pendant « une année cruciale » pour l'avenir de la démocratie dans le pays, a annoncé l'un des principaux hommes politiques de l'opposition en Égypte.<br class='autobr' /> Ayman Nour, chef du parti libéral Ghad el-Thawra, a déclaré à Middle East Eye que la gestion du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi était, à une chose près, un échec total.<br class='autobr' /> « La seule chose qu'il [Sissi] a réussi à faire, c'est à liguer (...)</p> - <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique38" rel="directory">Analyses</a> / <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot13" rel="tag">focus2rub</a>, <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot31" rel="tag">focus3acc</a> <img class='spip_logos' alt="" align="right" src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L150xH128/arton15998-4c61a.jpg' width='150' height='128' /> <div class='rss_chapo'><p>ISTANBUL, Turquie - Les personnalités et partis d'opposition égyptiens s'unissent face à une répression accrue de l'État pendant « une année cruciale » pour l'avenir de la démocratie dans le pays, a annoncé l'un des principaux hommes politiques de l'opposition en Égypte.</p></div> <div class='rss_texte'><dl class='spip_document_21419 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH311/a1-431-c6501.jpg' width='500' height='311' alt='JPEG - 67.6 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'><i>Lors du putsch d'août 2013 contre le Président élu Mohammed Morsi, l'armée égyptienne n'a pas hésité à commettre une série de massacres parmi les partisans de la Fraternité musulmane - Photo : APA</i> </dd> </dl> <p>Ayman Nour, chef du parti libéral Ghad el-Thawra, a déclaré à Middle East Eye que la gestion du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi était, à une chose près, un échec total.</p> <p>« La seule chose qu'il [Sissi] a réussi à faire, c'est à liguer l'ensemble de l'opposition égyptienne, qui est aussi diversifiée que possible », a déclaré Nour dans une longue interview réalisée au début du mois.</p> <p>Le fait que Nour soit aujourd'hui président du conseil d'administration de la chaîne de télévision égyptienne Al-Sharq, basée à Istanbul et connue pour sa sympathie envers les Frères musulmans, montre que l'opposition autrefois divisée serre désormais les rangs.</p> <p>Nour, qui a pris ses fonctions il y a sept mois, a insisté sur le fait qu'Al-Sharq n'est pas affiliée à un groupe quelconque, mais est plutôt une chaîne représentant le peuple, l'opposition et les forces révolutionnaires égyptiennes dans leur ensemble.</p> <p>« Nous représentons les libéraux, les Frères musulmans et tous les autres points de vue », a-t-il assuré. « Je détiens une participation financière dans cette chaîne depuis sa création en 2014. »</p> <p>Pourtant, c'est un secret de polichinelle que de nombreux médias fidèles aux Frères musulmans se sont établis en Turquie après le coup d'État de 2013, qui a renversé le président élu, Mohamed Morsi.</p> <p>La chaîne de télévision Al-Sharq en fait partie, selon des spécialistes des médias égyptiens. Les gestionnaires de la chaîne ont indiqué que tous les segments de la société égyptienne manifestaient un fort intérêt pour ses émissions, mais ils étaient réticents à révéler toute information sur la chaîne, y compris sur le nombre de personnes employées hormis le fait que c'est « un nombre suffisant pour son fonctionnement ».</p> <p>Homme politique avisé et chevronné, Ayman Nour n'a pas voulu révéler les détails d'une quelconque coopération entre les différents groupes d'opposition. Cependant, il tient à souligner que l'opposition égyptienne a appris l'importance de s'unir face à la répression du gouvernement de Sissi sur les dissidents.</p> <p>« Oui, nous coopérons et travaillons désormais tous à un avenir meilleur sans Sissi. Tout le monde, des libéraux aux Frères musulmans et les autres, a réalisé que nous devons travailler ensemble », a-t-il affirmé.</p> <p><strong>Persécution en Égypte et à l'étranger</strong></p> <p>En 2005, Ayman Nour fut le premier homme politique à se présenter contre Hosni Moubarak, l'ancien président égyptien, et finit par être emprisonné en retour. Plus tard, après le coup d'État mené par Sissi contre le président Mohamed Morsi en 2013, Nour est parti au Liban et y est resté jusqu'à ce qu'un tuyau des services de renseignement libanais ne l'incite à fuir.</p> <p>« J'ai dû me rendre en Turquie en juillet dernier. Un haut responsable des renseignements libanais m'a informé d'un complot visant à m'assassiner. Il ne m'a pas donné de détails sur le commanditaire, s'il s'agissait d'un projet du régime Sissi ou non, mais ce n'est pas difficile à deviner », a-t-il rapporté.</p> <p>« En tout cas, on m'avait dit auparavant que je devrais prendre des dispositions de sécurité maximales, notamment voyager en véhicule blindé. Ce n'est pas agréable. »</p> <p>Même en Turquie, l'un des adversaires les plus virulents à la prise de contrôle de Sissi avec le Qatar, le harcèlement a continué, le gouvernement de Sissi refusant de renouveler son passeport, a poursuivi Nour.</p> <p>La menace de non-renouvellement avait été formulée par les responsables égyptiens l'année dernière, mais aujourd'hui, le passeport de Nour ayant effectivement expiré, lui et d'autres adversaires dans sa position risquent de devenir réellement apatrides.</p> <p>« Ce n'est pas au gouvernement de Sissi de refuser à des Égyptiens leur passeport. J'ai déjà poursuivi dans le passé et j'ai l'intention de poursuivre à nouveau le consulat égyptien à Istanbul et le ministère égyptien des Affaires étrangères », a-t-il ajouté. « Non pas que cela fasse une différence lorsque l'État de droit et la justice sont inexistants. »</p> <p><strong>Façonner l'avenir</strong></p> <p>La principale question dont tous les groupes d'opposition égyptiens doivent maintenant s'occuper est de savoir comment se débarrasser du gouvernement Sissi, selon Nour.</p> <p>« Plus important encore, nous devons d'abord décider s'il [Sissi] passe par une autre révolution populaire, un autre coup d'État ou une autre méthode. Même son entourage a perdu confiance en lui et ne le soutient plus », a-t-il assuré.</p> <p>Il a mis en garde tous les partis de l'opposition contre le fait de regarder trop loin et de se faire prendre dans la politique - par exemple, en se concentrant sur le prochain dirigeant - ce qui, selon lui, ne ferait que maintenir Sissi au pouvoir.</p> <p>« Certaines personnes voudraient me voir comme le futur dirigeant, d'autres aimeraient voir le Dr Morsi revenir et d'autres encore aimeraient ce que soit quelqu'un d'autre », a-t-il confié. « Mais ce n'est pas la question sur laquelle nous devrions nous concentrer et dépenser notre énergie aujourd'hui. Concentrons-nous d'abord sur la façon de se débarrasser de Sissi parce que c'est lui qui fait du mal à l'ensemble du peuple égyptien. »</p> <p>Ayman Nour pense que le gouvernement de Sissi a progressivement perdu sa crédibilité à l'échelle internationale, même parmi ses plus ardents défenseurs comme l'Arabie saoudite et l'Occident.</p> <p>« Contrairement aux apparences, toute l'assistance et l'aide est aujourd'hui apportée en gardant à l'esprit le peuple égyptien et non Sissi et son entourage proche. L'Occident a agi selon ses propres intérêts perçus et ceux d'Israël principalement, mais constate maintenant que son intérêt réside dans une Égypte démocratique, stable et libre », a-t-il indiqué.</p> <p>Ayman Nour a déclaré que même la visite prévue du roi saoudien Salmane ben Abdelaziz en Égypte la semaine dernière, la deuxième visite d'un monarque saoudien depuis que Morsi a été évincé, ne signifie pas nécessairement un soutien total et inconditionnel à l'égard de Sissi.</p> <p>« Même les Saoudiens ne soutiennent plus directement Sissi. Tout soutien va à la nation égyptienne. Si la Turquie et le Qatar ne sont plus si véhéments dans leur opposition à Sissi, ce n'est pas parce qu'ils ont abandonné, mais parce qu'ils savent que l'opinion internationale se retourne contre lui. »</p> <p>Ayman Nour est convaincu que cette année apportera un grand succès vital pour la démocratie en Égypte. Il pense que la démocratie égyptienne, malmenée dans ses débuts, en sortira renforcée et avec une certaine expérience.</p> <p>« Je suis persuadé que cette année sera cruciale pour notre lutte pour la démocratie égyptienne et nous allons faire d'énormes progrès vers un avenir libre », a-t-il conclu.</p></div> <div class='rss_ps'><p>9 avril 2016 - Middle East Eye - Vous pouvez consulter cet article à : <br/><a href="http://www.middleeasteye.net/news/egyptian-opposition-closing-ranks-end-sisi-repression-and-rule-274260846" class='spip_url spip_out' rel='external'>http://www.middleeasteye.net/news/e...</a><br/>Traduction : <a href="http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/l-opposition-gyptienne-serre-les-rangs-pour-mettre-fin-au-r-gime-de-sissi-1995644561" class='spip_out' rel='external'>MEE</a> - <a href="http://www.vectranslation.com/fr" class='spip_out' rel='external'>VECTranslation</a></p></div> Portraits de Syriens http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15909 http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15909 2016-04-10T05:23:41Z text/html fr Claude focus2rub focus3acc <p>L'homme à vélo<br class='autobr' /> Les ruelles de Damas sont si étroites que deux hommes ont du mal à s'y croiser sans que l'un ne s'efface pour laisser passer l'autre. Nous marchons de front en bavardant. Arrive un jeune homme à vélo. Loin de forcer le passage, il pile juste devant nous et, dans un superbe anglais et un large sourire, nous demande : "Where are you from ?"- D'où êtes-vous ?- Nous répondons en chœur : "From France". Son visage racé s'illumine tandis qu'il pose sa main droite sur son cœur et nous dit : "I love (...)</p> - <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique37" rel="directory">Informations</a> / <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot13" rel="tag">focus2rub</a>, <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot31" rel="tag">focus3acc</a> <img class='spip_logos' alt="" align="right" src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L150xH135/arton15909-5a60d.jpg' width='150' height='135' /> <div class='rss_chapo'><p>L'homme à vélo</p></div> <div class='rss_texte'><p>Les ruelles de Damas sont si étroites que deux hommes ont du mal à s'y croiser sans que l'un ne s'efface pour laisser passer l'autre. Nous marchons de front en bavardant. Arrive un jeune homme à vélo. Loin de forcer le passage, il pile juste devant nous et, dans un superbe anglais et un large sourire, nous demande : "Where are you from ?"- D'où êtes-vous ?- Nous répondons en chœur : "From France". Son visage racé s'illumine tandis qu'il pose sa main droite sur son cœur et nous dit : "I love France !"</p> <dl class='spip_document_21393 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH333/a1-417-2af54.jpg' width='500' height='333' alt='JPEG - 246.6 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'><i>Damas à perte de vue (2010)</i> </dd> </dl> <p>Il n'en dira pas plus parce qu'à l'évidence les mots lui manquent en anglais mais il a déjà tout dit pour qu'un lien très étroit se soit créé entre nous. Nous lui rendons son sourire et son message : "We love Syria !". Il repart en sifflotant, se retourne et nous fait un petit signe de main qui en dit long.</p> <p><strong>Le chauffeur de taxi</strong></p> <p>C'est vendredi à Damas et dans le cœur de tous les musulmans. Un chauffeur de taxi me monte à toute allure en haut du mont Qassioun pour la modique somme de 30 livres syriennes. C'est une belle soirée d'été. La nuit tombe doucement sur Damas. Les petites lumières bleues signalent les églises et les vertes les mosquées. La ville s'étend à perte de vue.</p> <p>Les habitations ont depuis longtemps dévoré la Ghouta, cette splendide ceinture végétale qui tenait le désert invisible. Pour redescendre, j'accepte les services d'un jeune chauffeur au véhicule incertain. Une fois en route, il m'indique des cinq doigts d'une main le prix de la course : 50 livres. La descente est-elle à ce point périlleuse qu'elle coûte presque le double de la montée ? Il ne parle pas anglais. Difficile de marchander. En ai-je d'ailleurs vraiment envie ?</p> <p>Vendredi chez lui, c'est dimanche chez nous. Ce jeune homme travaille le dimanche sans pour autant s'enrichir, à en juger par l'état bancal de son taxi. Alors que nous approchons de l'hôtel, je lui tends 60 livres et d'un geste lui signifie : c'est bon, pas de monnaie. Je le vois alors ouvrir d'une main la boîte à gant de la voiture. Il en sort un vaporisateur et, se tournant légèrement, m'asperge de parfum en répétant "Choukran ! Choukran !" (Merci !) Je ne sais comment lui manifester mon émotion et, pour la première fois, je m'entends prononcer cette expression tant de fois entendue : "Salam alekum !" sur le ton de "Je vous en prie ! C'est avec plaisir !"</p> <dl class='spip_document_21396 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH333/a3-19-ade0d.jpg' width='500' height='333' alt='JPEG - 281 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'><i>Mosquée des Ommeyaddes (été 2010) Damas</i> </dd> </dl> <p>Devant l'hôtel, il descend et m'ouvre la portière. C'est comme si nous n'avions pas envie de nous quitter et nous échangeons encore quelques "Choukran" et "Salam Alekum" comme deux vieux amis engagés dans une conversation passionnée. Il faut bien qu'il reparte. Je regarde longtemps les feux de son taxi qui s'enfonce dans la nuit de Damas. Je suis remplie de la joie que m'a procurée tout ce qu'il m'a dit.</p> <p><strong>Le vieil homme</strong></p> <p>Je marche d'un bon pas vers la Teika Suleimania malgré la chaleur écrasante. Sur un banc, sont assis un jeune garçon et un homme d'une soixantaine d'années. Ils doivent pique-niquer car l'homme épluche des légumes. Alors que j'arrive à sa hauteur, il brandit un concombre et m'interpelle de façon inattendue : "Cucumber ?" (Concombre ?) Évidemment, je réalise qu'on ne saurait me prendre pour une Syrienne pure souche. Je viens de là-bas, de l'ouest, l'occident et peu importe de quel pays je viens, je dois bien "tchatcher" quelques mots d'anglais pour oser m'aventurer si loin de chez moi.</p> <p>Je m'arrête et lui réponds un "Yes" encourageant. Empoignant une tomate, il poursuit : "Tomato ?". Stimulé par mon sourire approbateur, il attrape un oignon. Mais là, ses traits se figent. Il hausse les épaules dans un geste d'impuissance. Je lui souffle la réponse :"Onion !" "Onion !" dit-il sur le ton enthousiaste de " Mais bien sûr, comment ai-je pu oublier ?" Il se tourne vers le garçon et tous deux rient de bon cœur. En fait, l'homme en sait bien plus qu'il n'y paraît car il se met à m'expliquer dans un anglais très acceptable qu'il apprend tout seul cette langue chez lui à l'aide d'un vieux dictionnaire arabe-anglais.</p> <dl class='spip_document_21395 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH375/a2-109-37cfa.jpg' width='500' height='375' alt='JPEG - 148.3 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'><i>Damas, vue du haut du Mt Qassioun, été 2010</i> </dd> </dl> <p>Je m'assieds sur le banc et l'écoute. Il fait tout cela parce que sa passion, c'est communiquer avec les étrangers. Je l'admire de tous les efforts qu'il fait seul et lui dis qu'il lui faudrait un professeur. Mais il n'a pas d'argent. Si j'habitais Damas, je viendrais lui donner des cours tous les jours et je vois qu'il me comprend bien. Nous bavardons encore un peu.</p> <p>Tandis que je repars vers la Teika, je me dis qu'à la rentrée scolaire qui approche, si j'avais seulement deux élèves sur vingt-huit animés d'une telle passion, je m'estimerais bien heureuse ! Quelle curiosité, quelle ouverture d'esprit chez cet homme humble sinon pauvre. Quel sens admirable des véritables richesses !</p> <p><strong>Les Druzes</strong></p> <p>Il se trouve que notre chauffeur est druze. Il s'appelle Nasser et porte élégamment la cinquantaine. Comme à tant d'autres touristes avant nous, il propose de nous amener à Bosra. A quoi, je lui réponds que nous aussi avons connu « l'occupation romaine » et que je souhaiterais plutôt voir des choses qui lui parlent à lui, sa région, sa famille, tout ce qui fait sa vie.</p> <dl class='spip_document_21398 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH375/a1-418-bb4ac.jpg' width='500' height='375' alt='JPEG - 155.2 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'><i>Paysage du pays druze</i> </dd> </dl> <p>Nous n'allions pas être déçus. Nasser prit alors la route qui mène vers le Djebel druze. Très vite, nous nous trouvons au milieu d'un paysage lunaire où des rocs de basalte dessinent des formes inquiétantes le long de la route. J'ai la curieuse impression de sentir l'air de la mer : sans en avoir l'air, nous avons pris de l'altitude et aucun relief n'empêche la Méditerranée de nous envoyer ses senteurs.</p> <p><strong>Philippe l'Arabe </strong></p> <p>Le premier arrêt se fait dans la ville natale de Nasser, Shabah, à près de 100 km au sud de Damas. Et là, nous allons découvrir un petit bijou qui m'apporte autant-sinon plus- de joie que la cité de Bosra. Moins connue, cette ville a néanmoins une histoire. Au 3e siècle après J.C. elle devint une « petite Rome » du Djebel druze. Et nous découvrons, stupéfaits, qu'un Arabe a été empereur romain. Philippe l'Arabe naquit en 204 après J.C. dans une tribu arabe implantée dans l'actuel Djebel druze. Il fut élevé dans les camps de l'armée romaine d'Orient. A l'âge de 40 ans, il devint empereur et le restera pendant 5 ans, jusqu'en 249 après J.C.</p> <p>Il n'en oublia pas pour autant sa lointaine ville natale, alors nommée Chéchébé, qu'il transforma en petite Rome et lui donna le nom de Philippopolis. Faiblement peuplée à la mort de l'empereur, la ville périclita. Elle n'a laissé aucun témoignage de culte chrétien, ce qui est le signe d'un dépeuplement certain au 5e siècle. Les ruines seront investies par les druzes au 19e siècle.</p> <p>Curieusement, on a pu dire que c'était la seule vraie ville romaine car elle fut bâtie en pleine nature et ne s'appuya pas sur les fondations d'une autre culture, grecque ou nabatéenne.</p> <dl class='spip_document_21399 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH375/a2-108-dc8ea.jpg' width='500' height='375' alt='JPEG - 194.5 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'><i>Le théâtre de petit diamètre (42 mètres) de l'ex-Philippopolis</i> </dd> </dl> <p>Nasser nous déniche très vite un guide qui se trouve être un ami à lui. Mais comme dit notre guide, « ici, tous les villages alentours sont peuplés de mes frères et de mes cousins. ». Il a en fait huit frères et six sœurs. Le plus âgé de ses frères a 85 ans. La ville, qui s'étendait sur un kilomètre, avait quatre portes. Les vestiges sont de la couleur noire du basalte environnant : le temple, le théâtre de petit diamètre (42 mètres). Le guide s'amuse à nous poser une devinette à propos des petits poissons sculptés le long des murs du théâtre. Conditionnés, nous cherchons à y voir un symbole chrétien. Pas du tout ! Ils étaient là pour indiquer aux spectateurs le sens de la marche ! Cet homme est très habile et, au lieu de nous asséner son savoir, il préfère nous laisser deviner les réponses à ses questions. Sur la scène du théâtre, il soulève une dalle en pierre et nous interroge du regard. Je devine qu'il s'agit de la cachette du souffleur.</p> <p>Nasser nous offre un gâteau salé recouvert de tomates et d'olives et nous donne quartier libre pendant vingt minutes. Nous croisons de vieux Druzes en sherwal noir et long turban de même couleur. Les femmes ne sont pas voilées. Sur une longue robe noire, elles portent, de façon très seyante, un voile blanc. L'une d'elle, en nous croisant, nous lance un sonore « Bonjour » comme le prononcerait une Italienne. Des gens, en train de déjeuner à l'abri de leur véranda recouverte de raisins énormes, nous font signe de la main et nous crient « Hello ! Welcome to Syria ! » J'ai l'impression d'avoir toujours vécu ici.</p> <p>Partout où Nasser nous arrête, nous sommes accueillis comme de prestigieux ambassadeurs : une petite tasse de café et des plateaux immenses chargés de fruits frais, notamment des figues de Barbarie.</p> <p><strong>Le capitaine druze de l'armée française</strong></p> <p>Dans le village d'Arika, ces gens vivent dans une maison blanche avec terrasse d'un très bel aspect extérieur contrastant avec la sobriété de l'intérieur. Une grande partie du mur entourant le jardin est en basalte. Les figuiers de Barbarie croulent sous leurs lourds fruits jaunes. Des tapis recouvrent le sol de toutes les pièces.</p> <p>Ce couple n'a aucune langue commune avec nous mais la dame, souriante et un peu ronde, a un visage et des gestes très expressifs. Et Nasser fait l'interprète. L'homme est un ami de notre chauffeur. Nous nous asseyons sur des matelas posés le long des murs et tandis que sa femme nous gave de fruits et de café, l'ami de Nasser nous montre une photo au mur : son père qui a eu deux femmes dont une Saoudienne.</p> <p>Il nous montre aussi la photo de son grand-père qui a été capitaine dans l'armée française, un bel homme, au visage fin, racé et un peu anguleux qui porte de fines moustaches. Je repense à mon propre grand-père qui a « fait la guerre de 14 » à Verdun. Comment pourrait-on se sentir plus proche de quelqu'un ? Leur fille, une adolescente timide, arrive et nous salue. Il suffit que je dise que j'aime bien la musique arabe pour qu'il m'offre le CD de la chanson qui est alors numéro 1 en Syrie.</p> <p>Il nous montre des photos sur internet : son fils, coiffeur à Damas. Lui-même lors d'un voyage à Cuba. Il rit de bon cœur et retrouve un peu d'anglais pour nous dire que, là-bas, c'est la fête en permanence. « Party every night ! ». Quand nous repartons, le couple, depuis la terrasse, nous fait de grands signes d'amitié et je sens mon cœur se serrer.</p> <p><strong>Le Sultan al-Atrash</strong></p> <p>Nasser a eu vite fait de comprendre ce qui nous intéresse. Sans nous dévoiler notre destination, il dit avec un sourire : « This is a special trip for you ! » (« C'est une visite spécialement pour vous »). Il ajoute qu'aucun autre touriste européen ne s'est risqué jusque là. Le paysage est extraordinaire, chaotique, avec ces énormes morceaux de basalte noir se dressant tels des dos de dinosaures figés par le temps au milieu d'étendues d'herbes jaunes.</p> <p>Quand nous traversons un village, Nasser s'arrête pour saluer et nous présenter un frère, une sœur ou un cousin. En fait, il nous conduit au Mausolée du Sultan al-Atrash qui fut un des leaders les plus populaires du monde arabe et dont les Druzes continuent de célébrer la mémoire.</p> <p>Nous traversons la capitale des Druzes, Sweida, et vingt kilomètres plus loin arrivons au village natal du sultan, al-Qrayya. Un immense mausolée noir s'offre à notre vue. Nous y entrons et nous retrouvons, non sans émotion, devant un cercueil entouré de fleurs jaunes artificielles. Le dôme à l'intérieur est un vrai livre d'histoire avec ses peintures représentant les hauts faits du clan al-Atrash.</p> <p>Les avions français qui ont bombardé Sweida y sont représentés. Combien de nos livres d'histoire mentionnent que les avions de l'armée française ont bombardé les populations civiles de Damas et de Sweida ? Qui s'en soucie d'ailleurs ?</p> <dl class='spip_document_21401 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH375/a1-419-a5f0a.jpg' width='500' height='375' alt='JPEG - 129.1 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'><i>Le Mausolée du Sultan al-Atrash qui fut un des leaders les plus populaires du monde arabe et dont les Druzes continuent de célébrer la mémoire</i> </dd> </dl> <p>Le guide, un homme d'une quarantaine d'années, voudrait tout nous expliquer et manque de s'arracher les cheveux de désespoir. Je capte le mot « baccalauréat ». Il se maudit sans doute de n'avoir pas assez travaillé son anglais pour cet examen. Il appelle alors à la rescousse une jeune fille d'une vingtaine d'années, Diana, qui parle anglais.</p> <p>Elle se dit stupéfaite de voir des Français ici et demande pourquoi nous nous intéressons à l'Histoire. Je lui réponds : « Parce que c'est ce qui fait ce que nous sommes. » Elle nous entraîne vers le musée, suivi par le guide qui la presse de nous expliquer trente-six mille choses. Dans une pièce, nous voyons les effets personnels du sultan et des textes en anglais expliquant son histoire.</p> <p>Né en 1891, il a été un des plus importants leaders druzes. Il a mené la révolte d'abord contre les Ottomans, puis contre les Français. J'ai trop de mal à dire « le mandat français » et parle, malgré moi, de « l'occupation française ». La famille du sultan gouvernait la région depuis 1879. Lors de la Première Guerre mondiale, al-Atrach s'est rallié au mouvement panarabe. Quand la révolte arabe a éclaté, il a fait hisser le drapeau arabe sur le château de Salkhad- curieusement construit dans le cratère d'un volcan et que nous verrons plus tard.</p> <p>Il envoie ses hommes à la rencontre de l'émir Fayçal à Bosra. Ses forces sont les premières à entrer à Damas et à hisser le drapeau arabe le 29 septembre 1918. L'émir Fayçal le nomme général de l'armée syrienne. Mais le royaume de Syrie sera éphémère. En 1920, après la bataille de Maysaloun, le pays est entièrement occupé par les Français qui le divisent en cinq états distincts, dont le Djebel druze.</p> <p>En 1925, les Druzes, menés par le sultan, se révoltent contre le pouvoir français. La révolte éclate à Damas, qui sera donc bombardé par nos avions. Quant aux « rebelles », ils seront pendus en place publique à l'arche romaine au centre de la ville de Sweida. Dans certains cas, on parle de « résistants », dans d'autres de « rebelles »… Au début, le sultan remporte des victoires. Les Français envoient des armes modernes et infligent des pertes sévères aux Druzes.</p> <dl class='spip_document_21402 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH379/a1-420-48024.jpg' width='500' height='379' alt='JPEG - 210.3 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'><i>L'arche romaine au centre de la ville de Sweida, à laquelle l'armée française d'occupation a pendu les résistants druzes</i> </dd> </dl> <p>En 1945, à nouveau, le sultan al-Atrach lance la rébellion contre les Français. Et celle-ci mènera à l'indépendance définitive du pays.</p> <p>Le sultan est connu pour sa contribution au développement social du Djebel druze. Il a aussi été estimé pour ses idées politiques, entre autres pour sa vision séculariste de la société. C'est lui qui a dit : « La religion est pour Dieu et la nation pour tous. »</p> <p>Diana ne cesse de répéter qu'elle est désolée de ne pas pouvoir tout nous expliquer en anglais alors qu'en arabe elle aurait tant de choses à dire ! Mais tout autour de nous est tellement parlant. Nous voyons les donations faites par des gens de la région dont les ancêtres ont participé aux combats : fusils en tous genres, mitrailleuses de la Première Guerre mondiale, un canon. Et nous voyons les obus que « nous » avons lâchés sur les Druzes.</p> <p>Diana tient absolument à nous inviter chez elle où « il y aura quelqu'un pour mieux parler avec nous. » Malheureusement, nous devons déjeuner avec la famille de Nasser. Elle me fait promettre de revenir à Sweida et de la revoir. Nous faisons une photo de groupe devant le mausolée.</p> <p>Avant de partir, nous achetons à la boutique un souvenir : un morceau de basalte avec un cheval représenté dessus et les couleurs des Druzes. Tous les guides sont rassemblés et nous serrent chaleureusement la main. Je n'ai jamais revu Diana. La chaleur implacable à Damas m'a dissuadée de prendre un bus pour Sweida. Aujourd'hui encore, je le regrette terriblement.</p> <p><strong>Une famille druze</strong></p> <p>Nasser nous les a déjà présentés. Faten est une de ses jeunes sœurs. Aujourd'hui nous revenons déjeuner avec eux. J'ai porté des cadeaux, comme il se doit. Je ne savais pas quoi prendre pour Teima, âgée de 8 ans. Dans la pâtisserie où nous achetions des gâteaux pour les parents, le jeune garçon qui nous servait nous a spontanément offert deux belles boîtes de bonbons joliment présentés. Il n'a jamais voulu que nous le payions pour ça.</p> <p>Le cadeau pour Teima était trouvé. Il faut connaître la coutume syrienne sinon on risque de se vexer : les gens n'ouvrent pas leurs cadeaux devant vous. Ils les font aussitôt disparaître et verront ça plus tard. Autant le savoir avant ! Faten est une jeune femme moderne, habillée à l'occidentale, belle de sa personne et parle couramment anglais.</p> <p>Elle est ingénieur agronome, rien de moins ! Essam, son mari, tient une boutique d'artisanat. Il est peintre et nous montre ses œuvres auxquelles je trouve un caractère certain. Il rêve d'exposer un jour en France. Sarah, 16 ans, parle un excellent anglais et Teima, la cadette, nous joue du kanoun, instrument de musique oriental. Le déjeuner est cordial.</p> <p>Plus tard, Essam nous montrera un document émouvant : le laissez-passer de son grand-père qui était journaliste sous le mandat français et qui publiait un journal « subversif ». Je dis combien je suis désolée pour les bombes et les pendus en place publique. Mais ces gens n'ont aucune acrimonie. Faten ajoute : « Les français ont aussi laissé beaucoup de bonnes choses ». Alors que nous devons partir, elle nous propose de revenir lors d'un weekend end.</p> <p>Aujourd'hui encore, six ans plus tard, nous échangeons régulièrement des mails et immanquablement Faten conclut par ces mots : « We miss you so much ! » (« Vous nous manquez. »)</p> <p><strong>La famille de Nasser</strong></p> <p>Notre chauffeur habite dans les faubourgs de Damas. Il est venu nous chercher spécialement pour nous présenter sa proche famille. Il a aussi invité un cousin à lui qui a vécu à Lyon et parle donc français. La première chose qu'il nous dit c'est combien les Syriens ont été touchés quand la France a refusé d'intervenir en Iraq et aussi quand le président Sarkozy a reçu leur président Bachar el-Assad. Nous sympathisons très vite avec lui.</p> <p>La femme de Nasser nous sert diverses gâteries et s'inquiète de savoir si cela nous plaît. Arrivent deux filles de Nasser, âgées de 20 et 24 ans. L'une d'elles est très expansive, sans doute parce qu'elle maîtrise mieux l'anglais que sa sœur. Non contente d'être belle, elle est brillante : elle fait des études d'archéologie grâce à une bourse d'état et elle est première de sa classe.</p> <p>Elle travaille sur le code d'Hammourabi et connaît l'alphabet d'Ougarit ainsi que le grec ancien et elle envisage de faire des recherches avec des archéologues français sur le site de Mari. Mais elle n'a certainement pas « la grosse tête » pour si peu. Très rieuse, elle nous parle des films français qu'elle a aimés, dont « Marie-Antoinette » de Sophia Coppola, et de ses auteurs préférés parmi lesquels se trouve Khalil Gibran, Tolstoï et Garcia Marquez.</p> <p>En même temps, nous dégustons des fruits, de la glace, du café. La conversation est joyeuse et animée et la photo de groupe par laquelle nous finissons la soirée témoigne de la joie de vivre que j'ai connue en compagnie de ces gens.</p> <p><strong>Humour</strong></p> <p>Au souk Hammidiyé, deux jeunes gens nous accostent, souriants. L'un d'eux désigne mon appareil photo. Pas de méprise possible. Ils veulent être pris en photo avec mon compagnon. Ils se placent de chaque côté de lui et affichent leur plus beau sourire tandis que je fais un puis deux puis trois clichés.</p> <p>Celui des deux qui a l'air le plus « coquin » porte un T-shirt sur lequel est écrit en anglais : « Watch your next step ! You might fall for me ! » (« Attention où vous mettez les pieds ! Vous pourriez bien tomber amoureuse de moi ! ») La photo faite, je la leur montre. L'homme au T-shirt la regarde d'un air complaisant, me fait un signe du doigt pour dire « Super ! », nous serre la main. Tous deux nous quittent dans un « Welcome to Syria » qui vient du fond du cœur.</p> <p>* <strong>Christine Malgorn</strong> est l'auteure de <i>Syrie, mon amour. 1860, au cœur de la guerre oubliée</i>, édition <a href="http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=37977" class='spip_out' rel='external'>Harmattan</a>, 2012 - Voir <a href="https://www.youtube.com/watch?v=R0wCylLb-N0&feature=youtu.be" class='spip_out' rel='external'>la vidéo</a> (disponible sur Amazon) ; et de « Bienvenue au Shéol » paru en avril 2015 (disponible en numérique sur Amazon, et en format papier). Consultez <a href='https://cmalgorn.wordpress.com/' class='spip_out' rel='external'>son blog</a></p></div> <div class='rss_ps'><p>13 février 2016 - Vous pouvez consulter cet article à :<br/><a href="https://cmalgorn.wordpress.com/2016/02/13/portraits-de-syriens-5/" class='spip_url spip_out' rel='external'>https://cmalgorn.wordpress.com/2016...</a></p></div> Egypte : un complexe militaro-économique tentaculaire http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15981 http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15981 2016-04-07T05:31:36Z text/html fr Claude focus2rub focus3acc <p>L'économie militaire égyptienne s'est développée bien au-delà des besoins strictement militaires pour englober toutes sortes de produits et de services.<br class='autobr' /> Le 14 mars, la Banque centrale d'Égypte a dévalué la monnaie d'environ 15 %, braquant les projecteurs sur les difficultés économiques du pays.<br class='autobr' /> Alors que certaines de ces difficultés sont le fruit des troubles et de l'instabilité (comme par exemple la baisse du nombre de touristes), une grande partie de la responsabilité réside dans le fait que les forces (...)</p> - <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique38" rel="directory">Analyses</a> / <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot13" rel="tag">focus2rub</a>, <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot31" rel="tag">focus3acc</a> <img class='spip_logos' alt="" align="right" src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L150xH129/arton15981-19127.jpg' width='150' height='129' /> <div class='rss_chapo'><p>L'économie militaire égyptienne s'est développée bien au-delà des besoins strictement militaires pour englober toutes sortes de produits et de services.</p></div> <div class='rss_texte'><dl class='spip_document_21379 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH282/a1-406-c7e22.jpg' width='500' height='282' alt='JPEG - 97.9 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'><i>Le dictateur Al-Sissi (c.), entouré de sa clique de criminels et prédateurs, à Alexandrie en 2014 - Photo : AFP/Fady Fars</i> </dd> </dl> <p>Le 14 mars, la Banque centrale d'Égypte a dévalué la monnaie d'environ 15 %, braquant les projecteurs sur les difficultés économiques du pays.</p> <p>Alors que certaines de ces difficultés sont le fruit des troubles et de l'instabilité (comme par exemple la baisse du nombre de touristes), une grande partie de la responsabilité réside dans le fait que les forces armées égyptiennes ont développé une profonde implication dans l'économie du pays, qui s'est intensifiée depuis la révolution de 2011 et qui a de profondes répercussions sur l'avenir politique et économique de l'Égypte.</p> <p>Les racines de l'empire commercial de l'armée remontent aux années 1980, lorsque l'association d'un dividende de paix consécutif au traité de paix signé par l'Égypte avec Israël en 1979 et d'une crise financière a poussé le pays à réduire de nouveau son budget de défense. Les dépenses de défense sont passées de 6,5 % du PIB en 1988 à 1,8 % du PIB en 2012, selon les indicateurs de la Banque mondiale. Les forces armées ont dû trouver de nouvelles sources de revenus.</p> <p>L'économie militaire égyptienne s'est développée bien au-delà des besoins strictement militaires pour englober toutes sortes de produits et de services. Compte tenu de l'opacité qui entoure l'armée, il est presque impossible de trouver des chiffres précis. Toutefois, les personnes interrogées par Middle East Eye au sujet de la taille du complexe militaro-économique s'accordent sur le fait que les forces armées égyptiennes touchent pratiquement à tous les secteurs économiques, des produits alimentaires tels que le concentré de tomates et l'huile d'olive à l'électronique grand public, en passant par l'immobilier, le bâtiment, les transports et les services.</p> <p>Les entreprises contrôlées par l'armée sont très dispersées. Certaines peuvent relever d'un certain nombre d'organisations-cadres, telles que l'Organisation arabe pour l'industrialisation, la National Services Projects Organisation (NSPO) et le ministère de la Production militaire. En outre, les forces armées égyptiennes détiennent des parts majoritaires ou minoritaires dans de nombreuses autres sociétés semi-publiques ou privées, en particulier dans les domaines de l'infrastructure et de la sous-traitance. Leur influence s'étend également aux infrastructures « sensibles », mais nominalement civiles. Des postes haut placés dans un certain nombre d'aéroports sont réservés depuis quelques années à des officiers de l'armée à la retraite, dans le cadre d'une sorte de « programme de retraite » officieux.</p> <p><strong>Transparency International</strong></p> <p>Selon un porte-parole de Transparency International, « des preuves indiquent que des officiers de l'armée de tous rangs possèdent leurs propres entreprises et bénéficient considérablement de l'utilisation d'infrastructures publiques et d'installations pour accroître leurs profits. En outre, il existe un réseau de retraités militaires qui préside ou supervise des entreprises et installations commerciales du gouvernement, ou qui participe à des contrats de conseil. Cette pratique peut s'étendre jusqu'à la formation de sociétés privées dans le but de remporter des contrats de sous-traitance. »</p> <p>Comme si cela ne suffisait pas, par le biais de désignations foncières ou par d'autres moyens, les forces armées égyptiennes sont également en mesure de contrôler une grande partie des terres publiques (désertiques, agricoles et urbaines) qui constituent 94 % de la superficie de l'Égypte, les désignations foncières leur permettant de mettre ces terres aux enchères et de recevoir une compensation du trésor public lorsque des zones militaires sont converties en zones civiles. L'armée contrôle également le littoral (officiellement classé territoire frontalier) et peut donc tirer profit du développement touristique. Ainsi, les forces armées égyptiennes exercent une énorme influence sur le marché de l'immobilier et sur la structure de développement du pays.</p> <p>Les estimations quant à la part de l'économie totale contrôlée par les forces armées égyptiennes vont de 40 %, selon le milliardaire des télécoms Naguib Sawiris (dans des propos adressés aux médias locaux en mars dernier) à un chiffre situé entre 45 % et 60 %, selon Transparency International. Il existe également des preuves que l'éviction du président Hosni Moubarak en 2011 et les procès pour corruption qui ont suivi contre un certain nombre de ses acolytes ont permis aux forces armées égyptiennes de s'octroyer une part du gâteau qui leur était autrefois réservé et de se développer encore plus. Selon le professeur Robert Springborg, de l'Istituto Affari Internazionali, depuis 2013, les forces armées égyptiennes sont passées du statut d'acteur substantiel dans l'économie égyptienne à celui d'acteur dominant.</p> <p>En effet, plusieurs facteurs leur ont permis tout d'abord d'acquérir leur position commerciale, pour ensuite l'accroître :</p> <p>Premièrement, elles ne jouent pas sur un même pied d'égalité. Shana Marshall, directrice associée de l'Institut d'études du Moyen-Orient à l'Elliot School of International Affairs de l'Université George Washington, estime que les usines dirigées par l'armée ont recours quasiment à coup sûr au travail forcé sous la forme de conscrits. Outre les répercussions d'ordre éthique, cela permet à l'armée de vendre moins cher que ses concurrents, étant donné que les conscrits ne reçoivent pas un salaire plein (bien que ceci ne soit vraiment possible que tout en bas de l'échelle des compétences).</p> <p>Deuxièmement, grâce à un système de permis et de licences, les forces armées égyptiennes sont en mesure de conserver un accès privilégié, à la fois en remportant purement et simplement des contrats publics et en formant des partenariats avec des investisseurs privés afin de formuler des offres pour ces contrats. Beaucoup de ces partenariats s'effectuent nominalement entre des investisseurs privés et des holdings d'État, ce qui permet aux forces armées égyptiennes d'empocher des recettes tout en laissant à l'État la responsabilité des pertes encourues.</p> <p><strong>Un budget militaire secret</strong></p> <p>Enfin, étant donné que le budget de l'armée (et, par extension, son fief économique) est un secret bien gardé, les entreprises contrôlées par les forces armées égyptiennes peuvent bénéficier de subventions officieuses ainsi que d'une plus grande marge de manœuvre face à l'absence de surveillance. La décision prise par le Conseil suprême des forces armées de réduire les subventions aux carburants pour les industriels en est un exemple. Comme le budget de l'armée (et, par conséquent, ses dépenses énergétiques) est officieux, la hausse des prix énergétiques a affecté de manière disproportionnée les concurrents des forces armées égyptiennes, sans les toucher elles-mêmes.</p> <p>En fin de compte, cependant, les aventures commerciales des forces armées égyptiennes sont préjudiciables à la fois à l'économie nationale, d'où la récente dévaluation de la monnaie, et à la capacité des forces armées à remplir leurs fonctions de base.</p> <p>Selon Springborg, des preuves indiquent que l'implication militaire dans l'économie politique entraîne généralement des performances amoindries. Dans la région, les exemples de l'Iran et de l'Algérie vont dans ce sens, alors que la Chine a pris des mesures pour réduire l'exposition commerciale de ses forces armées au cours des dernières années, précisément pour cette raison.</p> <p>Selon Transparency International, l'absence de surveillance adéquate donne lieu à de la corruption et à un gaspillage de l'argent public. La domination économique des forces armées égyptiennes a pour autre effet de générer un manque d'opportunités de développement pour les PME, étant donné que seuls les initiés privilégiés peuvent remporter des contrats lucratifs et gérer le système de permis. Cela donne lieu par la suite à une importante économie informelle d'initiés, laissant beaucoup d'Égyptiens à l'extérieur du cercle, dans la pauvreté.</p> <p>Au niveau social et politique, cette situation est profondément problématique. Sur le plan politique, les forces armées sont désormais tellement investies (dans tous les sens du terme) dans le système qu'il est difficile de démêler l'armée de l'État puis de l'économie. Selon Marshall, les forces armées égyptiennes reposent sur les recettes de leurs filiales commerciales pour obtenir les fonds nécessaires à leur fonctionnement en tant qu'organisation, notamment les clubs d'officiers, les hôpitaux militaires, les écoles supérieures et les régimes de retraite destinés à la classe des officiers. Tout cela serait probablement sévèrement restreint si les forces armées égyptiennes devaient devenir une institution sans sources indépendantes de revenus et subordonnée à un contrôle civil.</p> <p>Alors que le favoritisme n'est pas une nouveauté dans la politique égyptienne, les haut gradés ont élargi le favoritisme intra-militaire depuis l'arrivée au pouvoir du président Abdel Fattah al-Sissi au point d'évincer les autres acteurs économiques sans laisser entrer des groupes constitutifs clés tels que les groupes d'opposition, la bourgeoisie du secteur privé et les populations urbaines pauvres. Les forces armées égyptiennes ont étendu leur champ d'action si rapidement qu'elles doivent désormais défendre leur empire contre ces groupes, et semer ainsi les graines de conflits futurs.</p> <p>Le résultat est que l'on peut maintenant se demander si les forces armées égyptiennes fonctionnent effectivement comme une organisation, ou tout au moins comme une organisation strictement militaire. La fonction de base de toute force armée est clairement définie : la défense du territoire. Une fois qu'une armée va au-delà de cela, celle-ci peut perdre de vue sa raison d'être et finir par échouer dans son objectif principal.</p> <p>Si les conscrits ne sont pas formés dans le domaine militaire car ils sont déployés en tant que travailleurs non rémunérés, si l'entretien des équipements est délaissé au profit d'une focalisation sur le commerce, la capacité des forces armées à défendre le pays en ressort amoindrie. Comme en témoigne la prolongation des troubles violents de faible intensité au Caire et d'un conflit plus grave dans le Sinaï, les forces armées égyptiennes risquent de manquer à leur fonction de base en poursuivant leurs ambitions commerciales.</p></div> <div class='rss_ps'><p>26 mars 2016 - Middle East Eye - Vous pouvez consulter cet article à : <br/><a href="http://www.middleeasteye.net/news/analysis-egypts-military-economic-empire-35257665" class='spip_url spip_out' rel='external'>http://www.middleeasteye.net/news/a...</a><br/>Traduction : <a href="http://www.middleeasteye.net/fr/analyses/l-empire-militaro-conomique-gyptien-237795010" class='spip_out' rel='external'>MEE</a> - <a href="http://www.vectranslation.com/fr" class='spip_out' rel='external'>VECTranslation</a></p></div> Un an après, l'agression saoudienne contre le Yémen s'avère un complet fiasco http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15976 http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15976 2016-04-03T06:57:13Z text/html fr Claude focus2rub focus3acc <p>Pour marquer le premier anniversaire de l'intervention de l'Arabie Saoudite au Yémen, des dizaines de milliers de manifestants se sont réunis à Sanaa, la capitale qui reste aux mains des rebelles Houthis.<br class='autobr' /> Ce n'étaient pas des citoyens reconnaissants, remerciant Riyadh de ses tentatives de les libérer de rebelles soutenus par l'Iran, mais des défenseurs de l'ex-Président Saleh qui s'est allié avec les rebelles. Saleh a fait une rare apparition personnelle et il a été fêté par la foule. Il a saisi cette (...)</p> - <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique38" rel="directory">Analyses</a> / <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot13" rel="tag">focus2rub</a>, <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot31" rel="tag">focus3acc</a> <img class='spip_logos' alt="" align="right" src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L150xH120/arton15976-e023f.jpg' width='150' height='120' /> <div class='rss_chapo'><p>Pour marquer le premier anniversaire de l'intervention de l'Arabie Saoudite au Yémen, des dizaines de milliers de manifestants se sont réunis à Sanaa, la capitale qui reste aux mains des rebelles Houthis.</p></div> <div class='rss_texte'><dl class='spip_document_21374 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH335/a1-402-9a4de.jpg' width='500' height='335' alt='JPEG - 157.9 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'><i>Bombardements saoudiens sur la capitale yéménite, Sanaa - Photo : AFP/Muhammad Huwais</i> </dd> </dl> <p>Ce n'étaient pas des citoyens reconnaissants, remerciant Riyadh de ses tentatives de les libérer de rebelles soutenus par l'Iran, mais des défenseurs de l'ex-Président Saleh qui s'est allié avec les rebelles. Saleh a fait une rare apparition personnelle et il a été fêté par la foule. Il a saisi cette occasion pour tendre une branche d'olivier à la coalition dirigée par les Saoudiens.</p> <p>Les manifestations et le discours de Saleh, ont été largement couverts à la télévision yéménite. Il faut noter que le Président « légitime », Abd-Rabbu Mansour Hadi - qui a dû s'enfuir en exil quand les rebelles ont pris Sanaa en septembre 2014 - n'a trouvé aucun écran de télévision pour y faire une apparition. La seule plate-forme que Hadi a pu trouver depuis la chambre de son hôtel à Riyadh était sa page personnelle Facebook...</p> <p>Il y a eu une grande fanfare à Riyadh quand l'invasion (Opération Tempête Décisive, nom de code attribué) a été lancée. Cela se voulait une preuve que la politique saoudienne sous l'impulsion du Roi Salman prendrait une direction plus agressive, utilisant la force pour s'occuper de ceux qui oseraient provoquer le Royaume, et aussi pour donner un coup d'arrêt à l'expansion de l'influence iranienne dans la région.</p> <p>Un an après, cependant, il semble que la plus grande réussite de la dite Tempête Saoudienne - pour autant que nous le montrent nos amis et les citoyens yéménites - est d'avoir augmenté considérablement la haine éprouvée par la grande majorité des Yéménites à l'égard de leur voisin du nord.</p> <p>Il n'est plus que question de vengeance et de représailles contre Riyadh, et cette humeur vindicative est susceptible de déterminer l'attitude des Yéménites pour au moins les trois générations à venir.</p> <p>J'ai un ami Yéménite ici à Londres, pour qui j'ai le plus grands respect et la plus grande admiration. Il est connu pour sa sagesse et son opposition forte au Président Ali Abdullah Saleh aussi bien qu'aux rebelles Houthis. Il m'a affirmé qu'un grand nombre de Yéménites qui avaient pris refuge en Arabie Saoudite, y compris des ministres dans le gouvernement de Hadi, lui avaient à présent demandé de les aider à obtenir l'asile politique en Europe, ayant entièrement perdu l'espoir de retourner un jour dans leur pays.</p> <p>Ils ont perdu toute confiance dans leurs « sponsors » de Riyadh, et pensent que cette guerre ne peut être gagnée. Ils estiment que les Saoudiens recherchent à présent et désespérément n'importe quelle solution qui leur permettrait de se dégager de cette intervention coûteuse.</p> <p>Nous ne croyons pas que la coalition menée par l'Arabie Saoudite avancera vers Sanaa, ayant vu ces foules énormes et sans précédent de Yéménites protester contre l'agression dont ils sont les victimes. Nous pensons plutôt que nous verrons un arrêt, ou au moins une diminution des bombardements sur les marchés, les hôpitaux et les <a href="http://www.humanite.fr/yemen-131-morts-apres-le-bombardement-dune-fete-de-mariage-585124" class='spip_out' rel='external'>fêtes de mariages</a>, et des meurtres de tous ces déshérités, sans défense et foulés au pied.</p> <p>Des négociations secrètes sont en cours depuis quelques semaines entre les officiels saoudiens et leurs homologues Houthis. Une des premières conséquences est une diminution des tensions à la frontière et un échange des prisonniers. Ceci peut représenter les premières étapes de la fin de l'intervention saoudienne, devenue plutôt « Opération Tempête Indécise ».</p> <p>Quelques frères saoudiens ont ri de l'échange de prisonnier, relevant que 9 prisonniers saoudiens ont été échangés contre 108 Yéménites. Ils oublient, cependant, que leurs adversaires yéménites n'ont pas jeté par les fenêtres 200 milliards de dollars en achat d'avions, de missiles et d'équipement militaire de pointe. Je leur souhaite de montrer un peu plus d'humilité.</p> <p>Le peuple yéménite, dans toute ses composantes politiques et tribales, veut la fin de cette guerre. Il ne veut pas que son pays devienne une nouvelle Libye ou nouvelle Somalie.</p> <p>Sur une note plus personnelle, je voudrais remercier ces Yéménites qui ont brandi mon portrait dans les rues de Sanaa.</p> <p>Je voudrais souligner cependant que je me considère comme un frère et un ami de tous les Yéménites, et que je ne soutiens ni un côté ni l'autre. Mais je n'hésite pas à me tenir dans les tranchées avec eux contre cette agression injustifiée, et contre ceux qui lancent leurs missiles sophistiqués pour mettre en pièces leurs corps innocents, tuer leurs enfants, et détruire leurs modestes maisons de boue.</p> <dl class='spip_document_19739 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L100xH87/a0-1330-58b2d.jpg' width='100' height='87' alt='JPEG - 3.2 ko' /></dt> </dl> <p>* <strong>Abdel Bari Atwan</strong> est le rédacteur en chef du journal numérique <a href='http://www.raialyoum.com/' class='spip_out' rel='external'>Rai Alyoum :</a>. Il est l'auteur de <a href="http://www.amazon.com/The-Secret-History-al-Q%C3%A6da/dp/0520255615" class='spip_out' rel='external'>L'histoire secrète d'al-Qaïda</a>, de ses mémoires, <a href="http://www.amazon.co.uk/Country-Words-Palestinian-Journey-Refugee/dp/0863566219" class='spip_out' rel='external'>A Country of Words</a>, et d'<a href="http://www.amazon.com/After-bin-Laden-Qaeda-Generation/dp/159558899X" class='spip_out' rel='external'>Al-Qaida : la nouvelle génération</a>.Vous pouvez le suivre sur Twitter : <a href='http://www.info-palestine.eu/www.twitter.com/@abdelbariatwan' class='spip_out'>@abdelbariatwan</a></p> <p><strong>Du même auteur :</strong></p> <p><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15827' class='spip_out'>Daesh s'attaque à l'Etat sioniste</a> - 7 janvier 2016<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15816' class='spip_out'>En 2015, l'ordre ancien a été mis sens dessus dessous</a> - 31 décembre 2015<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15743' class='spip_out'>Les attentats de Paris et le changement de stratégie de l'EI</a> - 25 novembre 2015<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15724' class='spip_out'>Attentats de Paris : des rappels nécessaires</a> - 15 novembre 2015<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15592' class='spip_out'>Honte aux pays du Golfe qui refusent de porter assistance aux réfugiés de Syrie</a> - 7 septembre 2015<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15500' class='spip_out'>L'Iran revient en force sur la scène internationale</a> - 18 juillet 2015<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15494' class='spip_out'>Les Etats-Unis préparent une alliance avec Al-Qaïda</a> - 14 juillet 2015<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15453' class='spip_out'>Wikileaks : la dynastie des Saoud se prépare à affronter le pire</a> - 23 juin 2015<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15451' class='spip_out'>Face à l'injustice et à la tyrannie, le Président Morsi oppose courage et dignité</a> - 20 novembre 2014<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15370' class='spip_out'>Pas de paix sans justice pour les Palestiniens</a> - 19 mai 2015<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15340' class='spip_out'>La condamnation du président Morsi est une parodie de justice et une tragédie pour l'Egypte</a> - 25 avril 2015<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15305' class='spip_out'>Les pays arabes devraient suivre le modèle iranien</a> - 7 avril 2015</p></div> <div class='rss_ps'><p>29 mars 2016 - Raï al-Yaoum - vOus pouvez consulter cet article à : <br/><a href="http://www.raialyoum.com/?p=414511" class='spip_url spip_out' rel='external'>http://www.raialyoum.com/?p=414511</a><br/>Traduction : <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15976' class='spip_out'>Info-Palestine.eu</a></p></div> Un monde arabe en guerre avec lui-même http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15962 http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15962 2016-03-25T06:32:24Z text/html fr Claude focus1rub alaune <p>Un possible éclatement du monde arabe sur des lignes sectaires est une prophétie auto-réalisatrice.<br class='autobr' /> Comme si les énormes dégâts causés par l'invasion us de l'Irak et l'occupation israélienne de la Palestine n'étaient pas suffisants, le monde arabe est maintenant engagé dans un processus d'auto- destruction fait de polarisation sectaire et de violence.<br class='autobr' /> S'il est vrai que la Guerre d'Irak de 2003 a favorisé la montée des groupes sectaires, il est aussi vrai que maintenant, beaucoup de dirigeants arabes et de (...)</p> - <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?rubrique38" rel="directory">Analyses</a> / <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot12" rel="tag">focus1rub</a>, <a href="http://www.info-palestine.eu/spip.php?mot36" rel="tag">alaune</a> <img class='spip_logos' alt="" align="right" src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L150xH105/arton15962-8eb3f.jpg' width='150' height='105' /> <div class='rss_chapo'><p>Un possible éclatement du monde arabe sur des lignes sectaires est une prophétie auto-réalisatrice.</p></div> <div class='rss_texte'><dl class='spip_document_21355 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L500xH335/a1-389-456e9.jpg' width='500' height='335' alt='JPEG - 70.2 ko' /></dt> <dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'><i>Mars 2015 - En pleine prière du vendredi, des attaques-suicide ont fait 137 morts et de très nombreux blessés dans deux mosquées chiites à Sana, la capitale yéménite - Photo : Reuters</i> </dd> </dl> <p>Comme si les énormes dégâts causés par l'invasion us de l'Irak et l'occupation israélienne de la Palestine n'étaient pas suffisants, le monde arabe est maintenant engagé dans un processus d'auto- destruction fait de polarisation sectaire et de violence.</p> <p>S'il est vrai que la Guerre d'Irak de 2003 a favorisé la montée des groupes sectaires, il est aussi vrai que maintenant, beaucoup de dirigeants arabes et de prédicateurs religieux, de même qu'un certain nombre d'intellectuels, attisent la haine sectaire et la bigoterie pour servir les luttes pour le pouvoir et l'influence.</p> <p>Nous assistons maintenant dans les sociétés arabes à un hideux raidissement sectaire qui affecte aussi bien les façons de voir que le langage et les attitudes, enfermant les esprits dans un point de vue artificiel et buté obscurcit la pensée et ferme les cœurs.</p> <p>La peur et la confusion qui découlent de ce phénomène forcent de nombreuses personnes à accepter les mythes enrobés de sectarisme qui diabolisent telle ou telle croyance et en arrivent à justifier les crimes les plus horribles, comme ceux commis par Daesh contres les minorités chrétiennes et les Yazidis d'Irak.</p> <p><strong>Langage sectaire</strong></p> <p>Le langage sectaire n'est plus la spécialité ses milieux ouvertement sectaristes, il envahit maintenant la langue de tous les jours et s'exprime aussi bien de façon manifeste dans une terminologie spéciale, qu'au travers d'analyses soit-disant « neutres » des évolutions politiques de la région et d'ailleurs.</p> <p>Telles celles par exemple qui reprennent l'idée répandue que l'Iran est la cause de toutes les catastrophes qui tombent sur la région. C'est l'Iran par exemple qui aura délibérément provoqué la meurtrière bousculade de la Mecque en septembre et il est, bien sûr, connu depuis longtemps que la guerre entre l'Iran et l'Irak aura été provoquée par le sinistre plan qui vise à imposer la domination Chi'a sur les Sunnis du monde arabe.</p> <p>Le fait que plus de 450 Iraniens aient été tués dans la bousculade ou que la guerre de 1981 ait commencé quand l'ancien président Saddam Hussein a abrogé l'accord d'Alger de 1975 (qui, rappelons-le, avait mis fin à un conflit de tracé de frontières) sont commodément écartés pour ne retenir que la version sectariste.</p> <p>Fait assez étrange, un tel sectarisme dans le langage ne prévalait pas pendant les huit années de guerre entre l'Iran et l'Irak alors que l'on sait que ce furent les États arabes pro-occidentaux, c'est-à-dire les pays à majorité sunnite, qui avaient incité Saddam à provoquer la guerre.</p> <p>La propagande chauviniste était présente, bien sûr, mais aussi abjecte qu'elle était, elle n'était pas religieusement sectaire, elle tentait plutôt de rallier les masses arabes autour de l'Irak sous la bannière pan-arabiste contre le soit- disant complot perse visant à conquérir le monde arabe.</p> <p>Il est clair que l'Iran aussi a contribué à attiser l'anti- arabisme, chose que j'ai personnellement constatée lors de mon séjour en tant que reporter à Téhéran en 1995, mais cela se limitait à entretenir et à entraîner certains groupes irakiens de confession Chi'a qui retournèrent en Irak lors de l'invasion menée par les USA contre ce pays.</p> <p><strong>Anti-colonialisme et cause palestinienne</strong></p> <p>Dans un passé récent, ce n'était pas du tout le sectarisme anti-Chi'a qui prévalait dans la psyché collective arabe mais plutôt l'anti-colonialisme hérité des luttes pour l'indépendance, et le soutien à la cause palestinienne.</p> <p>Cet anti-colonialisme explique pourquoi, à l'exception des régimes pro-occidentaux, la majorité des Arabes soutinrent et célébrèrent ouvertement la révolution iranienne de 1979 qui renversa le Shah Rédha Pahlevi, un homme perçu à l'époque comme le gendarme de la région au service des intérêts des USA et d'Israël.</p> <p>C'étaient les régimes arabes pro-occidentaux qui craignaient l'Iran post-révolutionnaire et incitaient à la haine à son encontre, non pas pour des raisons religieuses sectaires mais pour des raisons liées à la féroce rivalité d'influence et de pouvoir dans la région.</p> <p>Ce ne fut qu'une décennie plus tard que la peur de l'influence iranienne sur les Musulmans Chi'ites dans le Golfe - influence exagérée - devint une préoccupation majeure pour ces régimes, une préoccupation qui fut aussi utilisée pour réprimer l'opposition intérieure.</p> <p>Le ralliement contre la « menace Chi'a » qui prit son essor en 2004 faisait partie de la formation, parrainée par les USA, d'un axe des États Arabes « modérés » face à l'axe Chi'a mené par l'Iran. Il s'agissait d'affaiblir le soutien au Hezbollah et au Hamas afin d'amoindrir leur résistance à Israël.</p> <p>C'est le roi Abdallah de Jordanie qui, en 2004 ainsi qu'en 2007, rendit le sentiment anti-Chi'a plus acceptable en prônant l'idée de la nécessité urgente d'affronter l'expansion du Croissant Chi'a dans la région</p> <p>Le monarque jordanien parlait de l'expansion d'un croissant idéologico-politique parrainé par l'Iran plutôt que d'une confrontation religieuse, mais ses paroles donnèrent plus de vie à la bête immonde du sectarisme religieux.</p> <p>Les expressions toutes faites d' « expansion chi'a » ou de « menace chi'a » se sont incrustées dans la langue arabe écrite à côté de qualificatifs dégradants tels que « Khawaridj » (ceux qui sont sortis de l'Islam) et « Safawis » (en référence à la dynastie safavide qui régna en Iran au 16ème siècle).</p> <p><strong>Des prédicateurs aveuglés par les préjugés</strong></p> <p>Il est choquant de constater que beaucoup d'individus appartenant à l'intelligentsia arabe, non seulement utilisent ce langage qui stigmatise l'autre, mais se laissent entraîner par les discours des prédicateurs sectaristes tels que Mohamed Al-Arifi qui ne cesse d'attiser les flammes de la haine anti-Chi'a.</p> <p>La répression par le gouvernement Chi'a sectaire de Baghad de la résistance, essentiellement sunnite, contre l'occupation US est présentée comme preuve de la haine éternelle des Chiites contre les Sunnites plutôt qu'une alliance de pouvoir dictée par les intérêts.</p> <p>Il faut aussi inclure dans ce sombre tableau, la brutale répression par le régime syrien du soulèvement populaire, qui mena plus tard à l'émergence de groupes sunnites extrémistes.</p> <p>Mais c'est l'EIIL (NDT : Daesh) qui a été le premier à déclarer la guerre aux Chi'ites dans une lettre de son fondateur, le Jordanien Abou Mossaab Al Zarqawi - tué en 2006 - lettre envoyée au dirigeant en second de El Qaeda , Ayman Ezzawahiri qui rejeta immédiatement cette idée parce qu'elle menait les Musulmans à tuer d'autres Musulmans.</p> <p>Cependant, la propagande anti-Chi'a n'affecta la popularité du mouvement chi'ite lbanais Hezbollah que quand celui-ci envoya des forces en Syrie pour aider le régime. Hassan Nasrallah justifia l'action par la nécessité de protéger le sanctuaire historique de l'héroïne chi'ite Sayeda Zeibeb situé dans les quartiers Sud de Damas.</p> <p>L'entrée du Hezbollah dans le conflit syrien s'ajusta parfaitement à la théorie de la « menace Chi'ite ». Pour beaucoup de ses admirateurs, le mouvement n'était plus un mouvement de résistance mais un acteur sectaire contrôlé par l'Iran. <br class='autobr' /> .<br class='autobr' /> <strong>Un slogan qui sème la discorde</strong></p> <p> L'évolution des attitudes à l'égard du Hezbollah atteignit une étape dangereuse quand le slogan de discorde « résister au Chi'ites » remplaça les slogans unificateurs de « résister à Israël » et de « pain, libération et justice sociale » des révolutions arabes.</p> <p>En détournant l'attention des peuples arabes de la lutte pour les droits palestiniens et les revendications socio-économiques, les régimes arabes font d'une pierre deux coups : ils justifient aussi bien leur alliance avec les USA que leur répression de toute contestation interne.</p> <p>Que le sectarisme déchire les sociétés arabes n'est pas un souci majeur pour la plupart de ces régimes puisqu'il n'est pour eux qu'un moyen comme un autre de diviser et de dominer les peuples tout en justifiant guerres et répression. <br class='autobr' /> .<br class='autobr' /> En définitive, les néo-conservateurs us-américains, qui ont déployé de gros efforts depuis les années 1990 pour donner vie à un tel scénario, pourront maintenant prendre leur retraite et se reposer puisque beaucoup d'Arabes, pour diverses raisons, sont simplement en train de réaliser la prophétie d'un monde arabe éclaté en fragments sectaires.</p> <p><span class='spip_document_21019 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:100px;'> <img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L100xH100/a1-145-65fe1.jpg' width='100' height='100' alt="" /></span></p> <p>* <strong>Lamis Andoni</strong> est analyste et commentatrice pour le <i>Middle Eastern and Palestinian Affairs</i>. <a href="https://twitter.com/LamisAndoni" class='spip_out' rel='external'>@LamisAndoni</a>]</p> <p><strong>De la même auteure : </strong></p> <p><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15839' class='spip_out'>Il est vraiment temps que Abbas s'en aille !</a> - 15 janvier 2016<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15739' class='spip_out'>ISIL et l'Occident : un clash de sauvageries</a> - 24 novembre 2015<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15698' class='spip_out'>Il est temps de bousculer le statu quo en Palestine</a> - 2 novembre 2015<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15327' class='spip_out'>La reproduction de la tyrannie</a> - 19 avril 2015<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15300' class='spip_out'>C'est Israël, la vraie menace nucléaire au Proche-Orient !</a> - 4 avril 2015<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article9222' class='spip_out'>La vraie nature de la résolution déposée par Abbas au Conseil de sécurité</a> - 1e janvier 2015 <br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article10663' class='spip_out'>Obama à Israël : « Prenez tout ce que vous voulez ! »</a> - 25 mai 2011<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article10559' class='spip_out'>A Juliano et Vittorio</a> - 9 mai 2011<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article10429' class='spip_out'>Les illusions de Bachar al-Assad</a> - 8 avril 2011<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article10301' class='spip_out'>Les Palestiniens aspirent à l'unité</a> - 13 mars 2011<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article10229' class='spip_out'>Les Jordaniens exigent des réformes</a> - 27 février 2011<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article10201' class='spip_out'>La résurrection du panarabisme</a> - 21 février 2011<br /><img src='http://www.info-palestine.eu/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article9979' class='spip_out'>A tous les tyrans du monde arabe...</a> - 17 janvier 2011</p></div> <div class='rss_ps'><p>26 novembre 2015 - Al-Jazeera - Vous pouvez consulter cet article à : <br/><a href="http://www.aljazeera.com/indepth/opinion/2015/11/arab-world-war-151125115525462.html" class='spip_url spip_out' rel='external'>http://www.aljazeera.com/indepth/op...</a><br/>Traduction : <a href='http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15962' class='spip_out'>Info-Palestine.eu</a> - Najib Aloui</p></div>