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Les colonies de Cisjordanie pomperaient l’eau des Palestiniens
mercredi 2 juillet 2008 - Serge Dumont - Le Temps

Dans un rapport publié mardi, l’association israélienne de défense des droits de l’homme B’Tselem attire l’attention de la communauté internationale sur la pénurie d’eau qui frappe les villages palestiniens de Cisjordanie. Selon elle, le phénomène serait devenu « chronique » et serait provoqué par les « mesures discriminatoires » d’Israël.

A en croire l’ONG, l’Etat hébreu empêcherait en effet l’Autorité palestinienne (AP) de creuser de nouveau puits. Il ralentirait également les initiatives visant à relier au système de distribution d’eau courante 220 villages palestiniens regroupant 2 275 000 personnes. Pour B’Tselem, cette politique risque d’avoir de « sérieuses répercussions » sur l’économie cisjordanienne et sur la population.

35 litres contre 220

Certes, la sécheresse provoquée par un déficit de pluies durant l’hiver n’est pas limitée aux territoires palestiniens : elle frappe l’ensemble du Proche-Orient, y compris l’Etat hébreu où le gouvernement prépare d’ailleurs une série de mesures visant à limiter la consommation globale. Cependant, les pompages effectués par Israël dans le sous-sol de la Cisjordanie semblent bénéficier beaucoup plus à sa propre population qu’aux Palestiniens. En effet, alors que les Palestiniens de Cisjordanie doivent se contenter d’environ 30 litres d’eau par jour dans les villages et de 38 litres dans les villes, les Israéliens de la ville et de la campagne consomment quotidiennement de 214 à 235 litres.

Cette différence est encore plus flagrante lorsque l’on quitte les villages palestiniens de Cisjordanie, où l’eau est généralement rationnée, pour pénétrer dans les colonies juives voisines. Là, les espaces verts et les jardins privatifs sont arrosés quotidiennement à grands frais.

Contactée par téléphone, la Régie israélienne des eaux conteste les accusations de B’Tselem. Elle affirme au contraire que l’Etat hébreu respecte les engagements pris dans le cadre des traités conclus avec l’AP. Elle accuse également cette dernière de « mal gérer » les quantités d’eau qui lui sont imparties. Enfin, elle l’accuse de rester passive devant les pompages sauvages et les détournements organisés par des villageois palestiniens excédés d’être soumis à des restrictions.

A la suite de la publication du rapport de l’ONG, plusieurs députés arabes israéliens ont en tout cas demandé que la question de la répartition des ressources aquifères de la Cisjordanie soit discutée à la Knesset. Leur initiative a cependant peu de chance d’aboutir puisque ce problème est l’un des points les plus sensibles des négociations actuellement en cours entre Israël et l’AP. Ces discussions, qui ne sont pas près d’aboutir, portent sur la fixation de nouvelles clés de répartition des eaux entre les deux parties.

Tel Aviv, le 2 juillet 2008 - Le Temps