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Les autorités israéliennes relancent un projet d’expansion de Jérusalem
vendredi 12 octobre 2007 - Michel Bôle-Richard - Le Monde
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Vue aérienne de Jérusalem, le 2 octobre 2007 (Ph. AFP/J. Guez)

Les autorités militaires israéliennes vont confisquer 110 hectares de terres palestiniennes pour construire une nouvelle route qui contournera le bloc de colonies de Maale Adumim, à l’est de Jérusalem, a révélé, mardi 9 octobre, le journal israélien Haaretz. Ce projet, décidé le 24 septembre, devrait permettre aux Palestiniens de se rendre de Bethléem à Jéricho, voire à Ramallah, en évitant cette poche israélienne qui sépare la Cisjordanie en deux.

Le gouvernement israélien souhaite que Maale Adumim, communauté de 32 000 personnes, soit, dans l’avenir, partie intégrante de Jérusalem. Pour ce faire, il ne reste qu’à compléter la construction du mur autour de cet ensemble et assurer la jonction avec la ville sainte par une zone appelée E1, vide de toute habitation et considérée comme un territoire gelé. Les Etats-Unis s’étaient en effet opposés à son annexion, estimant que l’occupation par Israël de ces 1 442 hectares sectionnerait la Cisjordanie en deux et rendrait hypothétique la continuité territoriale d’un futur Etat palestinien.

Aujourd’hui, le projet de construction de cette nouvelle route est le premier pas d’une nouvelle expansion territoriale, selon Haaretz. Depuis longtemps, des plans existent pour construire 3 500 logements et une zone industrielle dans ce secteur vierge où, pour le moment, ne trône qu’un immense poste de police. Edifié récemment, il devrait être opérationnel vers la fin de l’année, selon le ministre de la sécurité publique, Avi Dichter. Ce qui pourrait être le point de départ de l’opération de jonction de Maale Adumim avec Jérusalem. Ainsi, la continuité territoriale serait assurée pour les colons. Quant aux Palestiniens, ils disposeraient d’une route qui leur permettrait d’aller du nord au sud sans rencontrer de citoyens israéliens.

Continuité territoriale

L’armée israélienne a confirmé qu’un ordre de confiscation des terres avait été notifié. Il est justifié par "des fins militaires" et par "des mesures destinées à empêcher des actes terroristes". Le communiqué évoque également l’objectif "d’améliorer la qualité de vie des Palestiniens". Le ministère de la défense a précisé que la route de 15,5 kilomètres sera construite sur 144 hectares de "terres domaniales" et 23 hectares de terres privées. Cette route sera sans doute prolongée au nord, ce qui permettra à Israël de parler de continuité territoriale en Cisjordanie.

Cette annonce survient au moment même où Israéliens et Palestiniens tentent de rapprocher leurs vues dans la perspective de la conférence pour la paix, qui doit avoir lieu vers la fin novembre à Annapolis (Etats-Unis). "De telles mesures éliminent la possibilité de créer un Etat palestinien indépendant et compromettent la possibilité d’une solution pacifique au conflit", a insisté Ahmed Qoreï, ex-premier ministre et membre de l’équipe de négociations de l’Autorité palestinienne. Pour l’Egypte, qui doit participer à la conférence, cette affaire "jette un doute sur les véritables intentions d’Israël".

A propos de Jérusalem :

- Une route ségrégationniste dans une terre déjà divisée
- Rapport sur Jérusalem-Est

Du même auteur :

- M. Olmert fixe des objectifs limités à la conférence de paix prévue à Washington
- Le ministre israélien de la sécurité opposé à tout retrait de Cisjordanie
- Israël poursuit le maillage routier des colonies juives en Cisjordanie

Michel Bôle-Richard, correspondant à Jérusalem - Le Monde, le 11 octobre 2007