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Le Pérou reconnaît la Palestine comme Etat libre et souverain
mardi 25 janvier 2011 - RTBF/AFP

"Le gouvernement a communiqué aujourd’hui à l’ambassadeur de Palestine à Lima la reconnaissance (par le Pérou) d’un État palestinien libre et souverain", a déclaré le ministre à la presse.

Ni Jose Antonio Belaunde, ni son ministère dans un communiqué ultérieur n’ont précisé quelles étaient les frontières dans lesquelles Lima reconnaissait l’État palestinien.

Mais le ministre a rappelé que le Pérou "a soutenu depuis 1947 aux Nations unies que doivent coexister deux États, l’État d’Israël avec des frontières sûres et l’Etat palestinien".

La décision péruvienne a été prise à moins d’un mois du IIIe sommet entre pays arabes et sud-américains prévu le 16 février à Lima, et auquel doit assister le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.

Après le Brésil, l’Argentine, la Bolivie, l’Équateur, le Chili et le Guayana, le Pérou est le sixième pays latino-américains à faire cette démarche depuis le 3 décembre. L’Uruguay a annoncé qu’il le fera en 2011.

Le Paraguay pourrait également le faire avant le début du sommet. "Il manque certains détails. Le climat est très favorable pour que l’on se joigne aux autres pays d’Amérique latine qui ont reconnu l’Etat palestinien", a dit à l’AFP une source officielle ayant requis l’anonymat.

Une centaine de pays reconnaissaient déjà l’État palestinien à travers le monde - en Amérique latine : Cuba, le Venezuela, le Nicaragua et le Costa Rica.

Le Brésil, l’Argentine, la Bolivie et l’Équateur ont reconnu la Palestine comme "État libre et indépendant à l’intérieur des frontières de 1967", c’est-à-dire les lignes d’avant la guerre israélo-arabe des Six Jours et l’occupation de Jérusalem-Est, de la Cisjordanie et de la bande de Gaza.

Le Chili n’a pas mentionné de tracé mais exprimé son soutien au processus de paix chapeauté par les États-Unis pour résoudre ce problème.

Le Pérou, dans le même registre, dit "joindre son appel à celui de la communauté internationale pour que le processus de paix entre Israël et Palestine reprenne immédiatement, sur la base du respect par toutes les parties des obligations contenues dans les accords précédents".

La série de reconnaissances en Amérique latine - où la Palestine a déjà des représentations dans plusieurs pays depuis des années - s’inscrit dans le cadre d’une stratégie des dirigeants palestiniens pour renforcer leurs options face à l’échec en 2010 d’une relance des négociations de paix avec Israël sous l’égide des États-Unis.

Les Palestiniens, déterminés à proclamer leur État cette année, cherchent une reconnaissance collective la plus large possible sur les lignes de 1967 et envisagent de porter cette revendication devant l’ONU.

Les démarches des pays latino-américains ont suscité la désapprobation de Washington qui les juge "contre-productives".

"Des déclarations ponctuelles et un peu trop explicites" sur les futures frontières israélo-palestiniennes peuvent "compliquer" le processus de paix, a déclaré récemment au Chili le secrétaire d’État adjoint américain Arturo Valenzuela.

Pour Israël, ces reconnaissances ne vont "pas encourager les Palestiniens à négocier".

AFP

25 janvier 2011 - RTBF