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A quand la tolérance zéro pour ces racistes sans pitié ?

dimanche 24 mai 2009 - 04h:38

Stuart Littlewood
Dissident Voice

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Quand les dirigeants du monde vont-ils faire preuve d’une tolérance zéro pour ces racistes sans pitié qui souillent et vandalisent la Terre sainte ? Quelle place ont-ils, ces racistes et leurs partisans, dans une communauté des nations civilisées ?

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Ceux qu’ils n’ont pu pulvériser ou réduire en poussière à coups d’explosifs puissants et de phosphore, ils les détruisent lentement par la famine et l’absence de soins.

« Heureusement que nous ne sommes pas à Gaza, » ai-je dis à mon chirurgien la semaine dernière, « car vous n’auriez pas pu régler mon problème. »

J’étais couché dans un lit d’hôpital en Angleterre et me demandais combien de Palestiniens souffrant des mêmes maux que moi se voyaient cruellement refusés les soins.

Non parce que Gaza manque de compétences chirurgicales - les professionnels de la santé y sont très capables, je le sais - mais parce que les voyous sionistes, que nos leaders politiques à l’esprit dérangé appellent des amis et des alliés, ces voyous sionistes ont systématiquement bloqué les approvisionnements en fournitures et équipements médicaux, surtout ces 2 dernières années, anéantissant ainsi toute protection médicale réelle et condamnant à mourir des hommes, des femmes et des enfants innocents. Ceux que les sionistes n’ont pu pulvériser ou réduire en poussière à coups d’explosifs puissants et de phosphore, ils les détruisent lentement par la famine et l’absence de soins.

On apprend cette semaine que trois médecins britanniques font la grève de la faim en Egypte ; cette nouvelle interpelle cruellement et de façon assez claire ceux qui jusqu’ici n’ont rien vu ni entendu. Les médecins protestent car il leur est refusé d’entrer à Gaza pour leur mission humanitaire qui consiste à installer une unité de chirurgie cardiaque à l’hôpital al-Shifa, et à aider à la formation d’étudiants en médecine et de jeunes médecins de l’hôpital. Mais l’équipe se voit refusée l’accès à Rafah par l’Egypte depuis le 4 mai. « Nous ferons la grève de la faim jusqu’à ce qu’ils nous laissent traverser, » dit Omar Mangoush, chirurgien cardiologue à Londres. «  Il y a un grand nombre de personnes malades du c ?ur à Gaza. Ils ne peuvent ni sortir vers l’Egypte ni sortir par Israël. »

Ce chirurgien a pris un mois de congé sur son travail pour cette mission caritative.

Alors, qui sont les attardés mentaux responsables de ce scandale ? En l’occurence, ce sont les Egyptiens, et les Israéliens et leurs copains aussi sadiques qu’eux de l’administration américaine qui tirent les ficelles. Les mauviettes qui ne fichent rien aux Affaires étrangères britanniques auraient apparemment été informées par le ministère égyptien des Affaires étrangères que les demandes des médecins pour entrer à Gaza avaient été « reportées ».

Bien que dans mon lit à l’hôpital, j’ai dû moi aussi endurer les reportages télévisés et les comptes rendus de la presse sur la visite du Pape en Terre sainte.

Dès le tout début, les responsables du Vatican ont envoyé au suicide leur service de relations publiques en s’inclinant humblement devant l’instruction du régime criminel qui leur disait de ne pas aller à Gaza. Alors que c’était là l’occasion pour le Pape, au passage d’Erez, de devoir attendre sous les feux des médias internationaux qu’on veuille bien l’autoriser à passer - ou qu’un incident international majeur ne se déclanche.

Le Pape avait aussi la possibilité de prendre un bateau au beau milieu d’une flottille et de débarquer sur une plage de Gaza... Israël aurait eu à choisir de considérer ou non la situation inconvenante.

Puis, on lui a interdit de faire un discours là où les caméras du monde entier auraient montré le mur d’apartheid d’Israël en arrière plan. Le camp d’Aïda, près de Bethléhem, voulait accueillir le Pape sur une estrade montée tout spécialement et placée devant ce mur déplorable et agressif avec lequel l’Etat déplorable et agressif d’Israël encercle et enferme l’endroit où est né le Christ. Les autorités israéliennes ont fait cesser le montage de la scène. (1) Mais pourquoi le Vatican n’a-t-il pas répondu quelque chose comme : « Si vous, les Israéliens, vous ne voulez pas que le monde voit votre misérable mur, pourquoi ne l’enlevez-vous pas, comme vous l’a demandé la Cour internationale de Justice ? ».

Puis le Vatican a fait une autre bourde en arrangeant pour le Pape une visite à la famille du soldat israélien prisonnier, Gilad Shalit. Une préoccupation telle pour un soldat israélien, alors que 11 000 Palestiniens sont en train de croupir dans les geôles israéliennes, exige de faire circuler de par le monde un sac en papier pour tous les gens que ça rend malade.

Et pendant que ce « représentant de Dieu sur terre » endimanché s’alignait diligemment derrière les règles de l’occupant hors-la-loi, ledit occupant continuait lui de refuser le ciment et les autres matériaux nécessaires à la reconstruction de Gaza et au rétablissement humanitaire.

A quoi sert un pape qui n’est pas prêt à faire un pas pour aider à libérer la Terre sainte ? une Terre sainte occupée depuis si longtemps et si violemment par une génération de racistes fanatiques qui s’accrochent à la croyance ridicule d’être les héritiers de l’ensemble du domaine véritable de la Terre sainte et au-delà, et d’être supérieurs au reste de la race humaine ? De fait, cette récente visite papale a illustré, si ce n’était déjà évident, qu’être Pape nécessite d’être un politicien sans état d’âme et d’un calibre spécial, aussi bien qu’un saint homme.

Sa Sainteté a dit que les Palestiniens devaient avoir une patrie afin que « les deux peuples puissent vivre en paix chacun dans sa patrie, en sécurité, et dans des frontières internationalement reconnues ».

Il aurait pu aller plus loin. Car les Palestiniens ont déjà une patrie. Elle a été occupée en 1948 dans un mouvement qui a lancé le plan global des sionistes visant à voler tout le territoire et à expulser les Arabes, chrétiens compris. Et elle a déjà des frontières internationalement reconnues. Le Vatican et le reste de la communauté internationale préfèrent l’oublier.

Au mémorial Yad Vashem, l’adresse du Pape (telle que relatée sur le site du Vatican) comprenait le passage suivant : « On peut priver un voisin de ses biens, de ses possibilités ou de sa liberté. On peut inventer un tissu de mensonges pour convaincre les autres que certains groupes ne méritent pas le respect. Cependant, essayez comme vous pourrez, mais on ne peut jamais ôter son nom à un autre être humain. » J’applaudis à ces mots. Vraisemblablement, ils étaient prononcés en faisant référence aux juifs assassinés durant la Shoah ; mais l’ironie, c’est qu’ils s’appliquent tout autant à l’assassinat et à la souffrance des Palestiniens qui font les frais de la politique israélienne de nettoyage ethnique.

La visite du Pape, quelle que soit la vérité derrière la façade, a eu l’apparence d’une conspiration maladroite destinée à montrer Israël comme le bon, en offrant une abondance d’images de relations publiques montrant un pontife heureux de tendre la main à ces bandits qui dirigent le régime et ainsi légitimer la face noire de l’humanité. Le faire passer à côté des Gazaouis (chrétiens comme musulmans) qui sont « de l’autre côté de la route » fut une idée de génie, question propagande.

Aucun authentique « Dieu sur terre » n’aurait raté cela.

Mais prenez courage, vous tous, les bien-pensants, là-bas. Ici, en Grande-Bretagne, la situation au Parlement s’est soudainement renversée, ils ont décidé de ne plus tolérer de gens avides et intéressés dans leurs propres rangs. De la corruption a été découverte à plein seau, et le président déshonoré de la Chambre des communes a été viré de ses fonctions - la première fois en 300 ans - grâce au courage de quelques hommes de bien. Beaucoup ont essayé de faire barrage à la vérité mais ils ont finalement échoué, et nous voyons apparaître une ère nouvelle, celle d’une intolérance zéro pour la cupidité, le mensonge et la corruption.

La clé c’est le public. Les gens savent ce qui est bien et ce qui est mal même si leurs politiciens l’ignorent, et ils affichent publiquement leur extrême mécontentement causé par les ministres et les députés qui s’amusent aux frais de l’Etat. Les gens ordinaires verraient volontiers les coupables se balancer aux réverbères de Whitehall (2) ou leurs têtes plantées sur des pics pour la décoration du London Bridge.

Alors, quand les dirigeants du monde vont-ils faire preuve d’une tolérance zéro pour ces racistes sans pitié qui souillent et vandalisent la Terre sainte ? Quelle place ont-ils, ces racistes et leurs partisans, dans une communauté des nations civilisées ?

Tout ce qu’il faut - peut-être - ce sont quelques hommes de bien, et le grand public...





1) Voir : Le camp Aïda et le Pape Benoît XVI d’Abdefattah Abusrour.

2) Avenue de Londres où sont concentrés les principaux ministères et les principales administrations publiques.


Stuart Littlewood est un ancien homme d’affaires devenu écrivain, il est originaire de Norfolk, G.B. Il a récemment publié un livre intitulé Radio Free Palestine qui raconte la situation extrêmement difficile des Palestiniens sous occupation. Il peut être joint à l’adresse : stu@f8.eclipse.co.uk.

Du même auteur :

- Voyage papal en Palestine : Le Pape "s’abstiendra de visiter Gaza"
- Le deux poids deux mesures guide la diplomatie occidentale
- Les escadrons de la mort israéliens et américains infestent le monde

22 mai 2009 - Dissident Voice - traduction : JPP


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