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Une entreprise de sauvetage

mardi 9 janvier 2007 - 19h:09

Benjamin Barthe - Le Monde

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Oeuvre de Mona Hatoum
(Toutes les photos sont insérées par la publication)

Recomposer un patrimoine en miettes. C’est la grande oeuvre du collectionneur palestinien Mazen Qupty. De la période d’avant 1948, il reste très peu de chose. La quasi-totalité des toiles des premiers peintres palestiniens, dans les années 1920-1940, ont été englouties lors de l’exode forcé de 700 000 Arabes de Palestine. "Ces précurseurs étaient le plus souvent de jeunes chrétiens, formés à l’art de l’icône par des Russes et qui se sont mis à peindre sur toile, raconte Mazen Qupty. A l’époque, leurs travaux n’intéressaient que l’élite chrétienne. Quand ces familles ont dû fuir, la plupart n’ont pas eu le temps de décrocher les peintures."

En interrogeant ses relations et en s’invitant à l’intérieur des belles demeures de Jérusalem, Mazen Qupty a pu sauver une série d’huiles signées de deux pionniers, Sophie Halaby et Tawfik Jawhariya, et négligées par leurs héritiers. "Il est vain d’imaginer que nous puissions retrouver tout ce qui a été perdu ou volé, dit Salwa Mikdadi, commissaire d’exposition. Mais il est important de chercher pour entretenir la mémoire de notre patrimoine."

Dans les années 1950 et 1960, la plupart des créateurs, traumatisés, cessèrent de travailler. Une nouvelle génération vit le jour à la fin des années 1970 emmenée par Slimane Mansour, célèbre pour ses compositions à base de boue séchée, et le peintre abstrait et francophile Samir Salameh. En 1979, une exposition permanente fut organisée à l’université arabe de Beyrouth. Ce projet devait déboucher sur l’ouverture d’un musée d’art palestinien. "Mais en 1982, les Israéliens ont envahi le Liban, raconte Samir Salameh, et l’exposition, qui se trouvait à proximité des bureaux de l’OLP, a été enfouie sous les décombres."

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Oeuvre de Vladimir Tamari


Aujourd’hui, la communauté des créateurs palestiniens est plus éclatée que jamais. L’artiste conceptuel Mona Hatoum vit à Londres et expose au MoMA de New York, le peintre Vladimir Tamari, natif de Jaffa, réside à Tokyo, et Samir Salameh fait la navette entre la Sarthe et Ramallah. Cette dispersion n’effraie pas Mazen Qupty : "Le jour où l’on rassemblera des oeuvres de tous ces artistes sous un même toit, on verra qu’ils partagent tous les mêmes racines."

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Oeuvre de Samir Salameh



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Oeuvre de Vera Tamari

Benjamin Barthe, envoyé spécial à Ramallah - Le Monde, le 8 janvier 2007
Lire aussi, du même auteur : La Palestine s’offre des Beaux-Arts


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