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La cruelle politique expansionniste de Blair, Bush et Israël

mercredi 11 juin 2008 - 14h:56

Michael Jansen

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Tony Blair se pavanait à travers le hall de l’American « Colony Hotel » dans le Jérusalem sous occupation israélienne alors que je prenais le thé avec un ami.

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Checkpoint d’Huwara, Naplouse - Photo : AP

L’ancien Premier Ministre Britannique et actuel envoyé du Quartet pour le moribond "processus de paix", Blair est en ville pour transmettre l’illusion que quelque chose est en train de se passer autour des négociations prolongées, négociations que les Palestiniens ne disent aller nulle part. Blair se montre une journée par mois alors que son équipe s’affaire à l’hôtel, un grand hôtel particulier Palestinien en pierre acquis à la fin du 19ème siècle par un groupe messianique de pèlerins chrétiens américains et suédois qui faisaient payer leurs hôtes pour financer leus activités. C’est insultant que Blair se soit installé lui-même dans ce site car c’est un symbole du Jérusalem Arabe et Palestinien depuis plus d’un siècle.

Insultant car Blair n’est pas ici pour apporter de l’aide aux Palestiniens assiégés. Il est venu pour apporter une couverture à la campagne israélienne de colonisation de la Cisjordanie, de consolidation de sa saisie de Jérusalem Est, et pour aider Israël à enfermer quatre millions de Palestiniens dans les petites enclaves de Gaza et de Cisjordanie, encerclés par le territoire tenu par Israël ou par la mer.

Une couverture est nécessaire car l’opinion publique internationale commence à en avoir assez des piètres efforts des gouvernements des Etats-Unis et de l’Union Européenne à refreiner l’avidité d’Israël pour les Territoires Palestiniens. Tandis qu’en ville Blair a, apparemment, financé des recours à diverses organisations divers individus pleins d’idées. Lui ou des membres de son entourage ont demandé conseil sur comment rationaliser les 611 check points et barrages israéliens en Cisjordanie et comment faciliter le passage des Palestiniens et de leurs marchandises. Un diplomate a remarqué qu’ « il devrait dire à Israël de démonter les check points et non nous demander comment aider Israël à les rendre plus supportables pour les Palestiniens. »

Ray Dolphin, un consultant du bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), a déclaré à The Gulf Today que la conformité d’Israël à la « feuille de route » est « non existante ». Bien qu’Israël soit obligé de suspendre l’expansion de la colonisation, l’Etat continue ses activités de colonisation. Les 11 principales villes et communes de Cisjordanie sont séparées les unes des autres par les 149 colonies israéliennes qui contiennent 480 000 colons, plus 100 avant-postes de colons, les routes, le mur, check points et autres barrières.

Alors que toutes les colonies et avant-postes israéliens (ces derniers étant considérés comme illégaux par la loi israélienne) ont des canalisations, des routes, l’électricité, et la protection de l’armée, 200 villages palestiniens n’ont toujours pas d’eau après 41 ans d’occupation israéliennes.

Israël est obligé, par le droit international, non seulement d’empêcher ses propres citoyens de coloniser les territoires occupés mais aussi d’assurer le bien-être des habitants des territoires occupés. Dolphin fait remarquer que si les obstacles étaient vraiment censés empêcher les Palestiniens d’infiltrer Israël et d’attaquer ses citoyens, alors la majorité des check points et barrières seraient le long de la vieille Ligne Verte, la ligne de cessez-le-feu établie en 1948-49. Mais beaucoup de check points sont autour de Jérusalem Est et sont conçus pour séparer la ville de la Cisjordanie et en empêcher l’accès aux Cisjordaniens.

Lors de l’avant-dernière visite de la Secrétaire d’Etat états-unienne Condoleeza Rice, Israël a promis de retirer au moins 50 check points et barrages routiers, la majorité des blocs étant automatiques. Sur les 61 de la liste dressée par OCHA, Israël déclare en avoir retiré 44. Cependant, quand le personnel d’OCHA se rendit sur place pour vérification, il découvrit que sur les 44 seulement 5 étaient sur la liste, 17 n’ont pas pu être trouvés bien qu’Israël ait fournit les coordonnées GPS, et le reste de ceux enlevés étaient insignifiants. Et pour couronner le tout, d’avantage de check points et de barrières ont été construits et les anciens qui avaient été imposés lors de l’offensive militaire d’Ariel Sharon en 2002 n’ont jamais été retirés.

Suivant l’exemple des Etats-Unis en Iraq, Israël est également en train de privatiser la sécurité en recrutant des entrepreneurs pour faire fonctionner les check points. Ces entrepreneurs sont des "professionnels," a dit Dolphin, et non des réservistes de l’armée ou des conscrits. Et tandis que beaucoup de soldats israéliens sont hostiles aux Palestiniens et les traitent durement aux check points, d’autres ont une attitude plus humaine.

Les entrepreneurs « professionnels » ne sont pas disposés à l’être ils sont payés pour être intransigeants. On peut alors s’attendre à ce que la privatisation des check points rende la vie des Palestiniens encore plus difficile qu’elle ne l’est déjà. Samedi dernier, un ami me conduisait vers Jérusalem en passant par le check point d’Hizmeh. La file de voitures qui voyageaient dans cette direction faisait un bouchon d’au moins deux kilomètres le long du le long de la courbe de l’autoroute de Cisjordanie. La plupart des voitures étaient palestiniennes, portant les plaques blanches et jaunes de Jérusalem, mais il y avait aussi des véhicules de colons, arborant des drapeaux israéliens. Mon ami, un Palestinien expert en barrages routiers et autres check points, coupa à travers un village et rejoignit la file par le côté, coupant les trois files à l’avant de la queue. Le check point est bordé par le mur, s’élevant à huit mètres de haut de chaque côté.

Nous avons rapidement passé l’un des trois portails où des soldats israéliens inspectaient les papiers d’identité et fouillaient des véhicules « suspects ». Mais alors que nous traversions, nous dûmes passer à côté d’une voiture noire rutilante, stoppée à l’intérieur même du check point. Deux jeunes femmes portant le voile, kurtas et pantalons se tenaient sur la chaussée pendant qu’une troisième femme en veste rouge et sans voile se faisait pousser contre l’arrière d’un véhicule blindé israélien par un soldat.

Mon camarade secoue la tête. La jeune femme arrêtée est destinée à des heures d’interrogatoire. Peut-être était-elle une Cisjordanienne qui essayait d’entrer à Jérusalem illégalement. Qui sait. « Les check points, » dit-il, « ne sont pas faits pour se protéger des kamikazes mais bien pour nous rendre la vie difficile. » Blair et son bon ami George W. Bush, qui est en visite cette semaine, ne font rien pour s’attaquer au parcours d’obstacles mis en place par Israël et composé de check points, de barricades, de colonies, d’avant-postes et de l’ensemble du mur. Tous ces obstacles déterminent la forme et l’étendue de l’habitation palestinienne en Cisjordanie.

Selon le jugement de la Court Internationale de Justice, 80% de la route de l’ensemble des 723 kilomètres de mur israélien est contraire au droit international. Seulement 20% est dans les 100 mètres de la « Ligne Verte ». La bloc d’Ariel s’étire sur 22 kilomètres à l’intérieur de la Cisjordanie tandis que le bloc nord de Kedumim-Shamron s’enfonce de 14 kilomètres à l’intérieur du territoire. Le parcours du mur dans cette zone a été modifié, soi-disant pour faciliter la vie des Palestiniens à l’ombre de cette construction. Mais, selon Dolphin, la construction de « de deux morceaux au lieu d’un éviscère » les districts de Qalqilya et de Salfit.

L’immense colonie urbaine de Maale Adumim, située aux sommets de collines, 14 kilomètres à l’est Jérusalem, couvre plus de territoire que Tel Aviv.

Cette colonie a été conçue pour arrêter l’expansion naturelle vers l’est du Jérusalem palestinien. Le mur est à 60% complet, à 10% en construction et à 30% planifié mais pas construit car, selon Israël, il manque de l’argent. 3 ou 4 milliards de dollars US supplémentaires sont nécessaires pour finir l’ensemble. Ceci ne comprend pas l’entretien des structures existantes. Dolphin suggère qu’Israël ait peut-être ralentit la construction à cause de contraintes politiques.

Cependant, si le mur est achevé comme il est prévu, 10% de la Cisjordanie sera derrière la barrière. « Les politiciens [israéliens] en parlent [déjà] comme étant la frontière plutôt que comme étant la Ligne Verte. » Dolphin dit qu’il y a une sorte d’entente tacite entre Israël, les Etats-Unis et l’Autorité Palestinienne selon laquelle Israël annexerait les principales colonies construites sur 3 à 4% de la Cisjordanie et que les Palestiniens recevraient une compensation territoriale équivalente.

Cependant, dit-il, il est impossible pour Israël de compenser les 10%. La majorité des colons vit dans de grandes colonies du côté israélien du mur, a-t-il dit, alors que la majorité des colonies, avec 80 000 colons, sont du côté palestinien, à l’est du mur. Certains des colons dans de plus petites colonies appartiennent à des groupes idéologiques radicaux, mais la majorité de ceux vivant dans les colonies au nord-est de Jérusalem sont du courant majoritaire, le Likud et ne peuvent pas être bougés ou forcés à partir du centre de la Cisjordanie.

Que peuvent faire Blair et Bush à propos des check points, des colonies, des avant-postes et du mur ? Supprimer quelques check points et avant-postes ne fera rien pour mettre fin à la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem Est par Israël ou pour faciliter la vie des Palestiniens qui y vivent. Les mécanismes de contrôle et les expropriations/dépossessions d’Israël doivent être bloquées et « les faits accomplis sur le terrain » par Israël annulés. Mais, comme un collègue a un jour remarqué, « le politicien qui prendra sérieusement Israël de front et inversera sa politique d’occupation n’est pas encore né. »

18 mai 2008 - Ma’an News Agency - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.maannews.net/en/index.ph...
Traduction de l’anglais : Laura


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