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Sept ans après les événements d’octobre 2000, aucun policier israélien n’a comparu

dimanche 7 octobre 2007 - 07h:15

Yoav Stern - Ha’aretz

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Il y a sept ans, en cette époque de l’année, le pays était agité. Dans les Territoires, des émeutes avaient commencé et des heurts sanglants avaient lieu entre d’une part des habitants palestiniens et la police palestinienne et, d’autre part, des citoyens israéliens et les forces de sécurité, dans ce qui ouvrait les plus de quatre années sanglantes de la seconde Intifada. A l’intérieur d’Israël, on en était au plus fort des affrontements entre manifestants et forces de police lesquelles tuèrent, finalement, 13 manifestants arabes et un citoyen juif, outre les nombreux blessés.

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Photo d’archives : Yaron Kaminski

Un certain nombre d’actes d’accusation furent délivrés d’une manière décisive après les événements. Tous à l’encontre de citoyens arabes. Des actes d’accusation furent dressés contre des habitants de Jisser A-Zarka pour leur participation au jet d’une pierre sur la voiture d’un citoyen juif qui circulait sur la route côtière. D’autres le furent contre un homme de Sahnin dont le fils avait été tué et qui avait agressé un policier impliqué dans l’incident au cours duquel son fils avait été tuél, ainsi que contre des centaines de jeunes gens qui avaient pris part aux manifestations d’octobre 2000. Dans aucun des cas, un acte d’accusation n’a été délivré contre un membre des forces de sécurité impliqué dans des tirs ou ayant donné l’ordre d’ouvrir le feu sur les citoyens arabes d’Israël.

Le centre « Adalah » qui représente les familles des Arabes tués alors, accuse les instances judiciaires de faire la preuve, par leur attittude dans cette affaire, de ce qu’il s’agit d’instances judiciaires colonialistes. Pourquoi ? Parce que ces instances se comportent différemment avec les « autochtones », par opposition à l’attention qu’elles manifestent pour les colonialistes qui sont, dans cette comparaison, les Juifs israéliens.

« La caractéristique dominante de la justice coloniale est l’existence, pour la mise en vigueur de la loi, de deux instances différentes qui expriment à la fois le contrôle exercé sur les autochtones et leur statut de citoyens inférieurs », lit-on dans la lettre de diffusion mensuelle de l’organisation. On peut encore y lire : « Nous n’espérons pas de conclusions équitables. Celui qui au bout de sept ans n’a rien fait contre les criminels, veillera à ce que ses conclusions justifient, essentiellement, ses propres omissions ainsi que celles de tout le système d’application de la loi ».

Le Ministère de la Justice faisait savoir dernièrement à Ha’aretz que l’examen des dossiers d’octobre 2000 se poursuivait et que le conseiller juridique du gouvernement présidait de nombreuses discussions à ce sujet. « Les discussions sur les différents dossiers ne sont pas encore terminées et nous nous efforçons de faire avancer la question autant qu’il est possible en la circonstance », nous a-t-on communiqué.

Du même auteur :

- Les Arabes d’Israël demandent le retour dans les villages abandonnés
- Le PIB par habitant chez les Arabes d’Israël : trois fois plus faible que chez les Juifs
- Première proposition arabe de Constitution israélienne : multiculturalité et abolition de la Loi du Retour

Yoav Stern - Ha’aretz, le 4 octobre 2007
Traduit de l’hébreu par Michel Ghys


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