3 décembre 2016 - CONNECTEZ-VOUS sur notre nouveau site : CHRONIQUE DE PALESTINE

Le nouveau président israélien : un criminel de guerre par excellence

jeudi 21 juin 2007 - 08h:59

Khaled Amayreh

Imprimer Imprimer la page

Bookmark and Share


JPEG - 28 ko
Mémorial érigé à Qana en mémoire des 116 victimes assassinées par les troupes israéliennes en 1996

Pour beaucoup en occident le nouveau président israélien Shimon Péres est un respectable homme d’État et un homme de paix. Cependant, en vérité, Péres est un repoussant raciste et un criminel de guerre qui a des litres et des litres de sang innocent sur les mains.

En 1993, Péres a acquis l’image d’un homme conciliant pour le rôle joué dans la signature de la Déclaration de Principes, plus connue sous le nom d’accord d’Oslo, avec l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP).

L’accord vague en lui-même, que l’OLP et Israël ont interprété différemment et même de façon contradictoire, a permis à Israël d’imposer sa propre interprétation et de consolider par conséquent sa main-mise sur tous les aspects de la vie des Palestiniens sous l’appelation trompeuse de processus de paix.

Et quand le défunt dirigeant palestinien Yasser Arafat a dit à son peuple au milieu des années 90 que les accords d’Oslo mèneraient par la suite à la création d’un état palestinien avec Jérusalem-est comme capitale, Péres a ironiquement (snidely) déclaré : « je ne peux pas poster un garde devant les lèvres d’Arafat. »

Péres, né à Szymon Perski dans Vishniova, en Bielorusszie en 1923, a derrière lui de longs états service au profit de la diabolique entreprise sioniste en Palestine.

Au milieu des années 50, il a introduit l’armement nucléaire au Moyen-Orient après avoir conclu un accord secret avec le gouvernement français par lequel la France acceptait de fournir à Israel le réacteur de Dimona dans le but déterminé de développer un arsenal de bombes et d’ogives nucléaires.

L’accord faisait partie d’une plus grande affaire par laquelle Israël faisait aussi l’acquisition d’avions de guerre français, des « mirages » de Dassault, plus tard employés lors de son agression contre les états arabes en 1967.

Péres, alors un protégé de David Ben Gurion et figure connue du Mapai, un prédécesseur du parti travailliste, a conspiré avec la France et la Grande-Bretagne pour lancer l’invasion (anglo-française-israélienne) tripartite contre l’Egypte afin de renverser le Président égyptien Gamal Abdul Nasser. Ceci a permis à Israël de lancer une cruelle agression contre l’Egypte et d’occuper la péninsule du Sinai.

Après l’occupation de la Cisjordanie, Péres a soutenu avec enthousiasme une campagne très agressive menée par des colons juifs talmudiques, connus sous le nom de Gush Emunim, pour voler la terre palestinienne afin d’établir des colonies exclusivement juives.

Le but de ces vols de terre à grande échelle était double : établir d’abord une colonie juive près de chaque village et ville arabes de sorte que les colons messianiques harcèlent les Palestiniens de façon à les faire quitter leur terre, et, en second lieu, afin de créer des « faits » irréversibles en Cisjordanie pour rendre impossible à tout futur gouvernement israélien un retrait des territoires sous occupation.

La mentalité criminelle et cruelle de Péres s’est épanouïe en 1996 alors qu’il était premier ministre et qu’il ordonnait à l’armée israélienne de bombarder les forces de maintien de la paix de l’ONU dans le village de Qana où des centaines de civils libanais avaient cherché refuge suite au bombardement aveugle des villages et des hameaux libanais par les israéliens au sud-Liban.

Le bombardement, dans lequel de lourds obus d’artillerie ont été employés, a tué au moins 101 femmes et enfants et blessés et mutilés beaucoup d’autres.

Les chaînes de télévision autour du monde, excepté les médias américains commandés par les sionistes, ont diffusé des images horribles et cauchemardesques d’enfants décapités et d’autres civils innocents réduits littéralement en morceaux.

Les fonctionnaires de l’ONU au sud-Liban ont témoigné de façon solennelle que ce honteux bombardement avait été exécuté sciemment et délibérément, l’emplacement [du camp de réfugiés] ayant été indiqué clairement.

Un rapport plus complet a été publié plus tard au siège des Nations Unies à New York, rendant évident le fait que « le bombardement était un acte délibéré. »

Comme d’habitude, Israël et son ange-gardien, les Etats-Unis, ont rejeté le rapport, insistant sur le fait que cette atrocité faisait partie « des dommages collatéraux » et avait été provoquée « par erreur. »

Il est intéressant de noter que jusqu’à ce que ce jour, ni le gouvernement israélien ni « M. Paix » (Shimon Péres) n’ont présenté d’excuses pour le massacre de Qana.

Loin de faire des excuses, l’armée israélienne a commis l’année dernière un autre massacre à Kfar Qana pendant sa campagne génocidaire contre le Liban qui a vu tomber de 3 à 4 millions de bombes à fragmentations sur tout le pays. (Presque chaque jour un enfant ou un fermier libanais, ou un berger est tué ou mutilé par une bombe qui n’a pas explosé auparavant).

Ces dernières années, Péres a agi en tant que défenseur et apologiste éloquent mais tout à fait hypocrite de la politique israélienne à l’encontre des Palestiniens.

Dans ses fréquents passages sur les chaînes de télévision, Péres a défendu chaque crime israélien en Cisjordanie, dans Gaza et au sud-Liban.

Péres, qui a partagé un prix Nobel pour la paix avec Yitzhak Rabin et Yasser Arafat en 1995 grâce à la dégénérescence morale qui érode notre monde, a défendu le « mur de séparation » construit en Cisjordanie sur des terres palestiniennes volées.

Il a défendu la politique israélienne de meurtres ciblés contre les militants palestiniens aussi bien que l’horrible pratique consistant à exterminer les familles entières de dirigeants palestiniens de la résistance, comme cela a été fait avec les familles d’Abu Queik et de Khail Al Hayya (« les juifs ont commis un holocauste contre ma famille) ».

Naturellement, à la différence d’autres sionistes et menteurs professionnels, Péres cherchera toujours à améliorer son système de défense en affichant de bons sentiments à l’aspect humain jouant la douleur et le regret. Malheureusement, ce manège vide et hypocrite fonctionne, particulièrement avec les présentateurs crédules et/ou ignorants et les interviewers qui vont rarement au delà des causeries amicales, craignant de provoquer le mécontentement des sionistes.

En effet, après chaque atrocité contre des enfants palestiniens et libanais, Péres affirme que la « paix sera à portée de main le jour où les Arabes apprendront à aimer leurs enfants davantage qu’ils ne détestent les juifs. »

Une telle affirmation est bien dans la lignée de l’infâme déclaration de Golda Meir disant que les « juifs peuvent pardonner aux Arabes de tuer nos enfants, mais nous ne leur pardonnerons pas de nous inciter à tuer leurs enfants. »

Tous les meurtriers et criminels de guerre tentent de dissimuler leurs crimes.

Les nazis eux-mêmes ont probablement utilisé des formules de ce genre pour justifier leurs actes génocidaires.

Ces paroles ne signifient rien car la chose importante n’est pas ce que disent les criminels, qu’ils soient juifs en Cisjordanie ou allemands dans le ghetto de Varsovie en 1944, mais ce qu’ils font.

En bref, Péres, qui est sur le point de devenir président israélien en succédant à un Moshe Katsav déshonoré, n’est rien de plus qu’un criminel de guerre. Le fait qu’il soit reçu avec respect, et probablement avec une certaine admiration dans le monde n’y changera rien.

*Khalid Amayreh est un journaliste palestinien vivant à Jérusalem-est

Du même auteur :

- Israël ne veut pas de partenaire, mais tout simplement dominer
- Tentative de destruction du Hamas
- Alors que Gaza brûle...

13 juin 2007 - Ma’an News Agency - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.maannews.net/en/index.ph...
[Traduction : AIO Info-palestine.net]


Les articles publiés ne reflètent pas obligatoirement les opinions du groupe de publication, qui dénie toute responsabilité dans leurs contenus, lesquels n'engagent que leurs auteurs ou leurs traducteurs. Nous sommes attentifs à toute proposition d'ajouts ou de corrections.
Le contenu de ce site peut être librement diffusé aux seules conditions suivantes, impératives : mentionner clairement l'origine des articles, le nom du site www.info-palestine.net, ainsi que celui des traducteurs.