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Chili : les étudiants de l’Université de Droit votent massivement pour le boycott de l’Etat d’apartheid

vendredi 13 mai 2016 - 07h:45

Ali Abunimah

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Les étudiants de l’Université de Droit au Chili ont voté par une large majorité en faveur de l’appel palestiniens pour le boycott des institutions académiques d’Israël.

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Les étudiants fêtent le résultat du vote - Photo : via Facebook

Avec plus d’un millier d’étudiants participant au votes qui se s’est déroulé la semaine dernière, 56% se sont déclarés d’accord sur le fait qu’ « il ne doit y avoir aucune activité dans l’Université de Droit qui encourage la participation de représentants de L’État d’Israël et/ou qui se retrouvent dans l’ambassade israélienne ».

Soixante-quatre pourcent des étudiants ont voté « oui » lors d’un deuxième scrutin pour exiger que l’université du Chili ne maintienne aucune « relation institutionnelle avec les universités israéliennes qui contribuent directement à la violation des droits de l’Homme à l’égard du peuple palestinien ».

Un débat rigoureux

Abraham Saba, vice-président de l’Union générale des étudiants palestiniens du Chili (UGEP Chile) et un membre actif de la campagne BDS UChile, a confié à The Electronic Intifada que le référendum a couronné une « Semaine contre l’Apartheid israélien », organisée avec des représentants palestiniens, sud-africains et brésiliens.

Saba a ajouté que l’Université de Droit a vu se dérouler un débat rigoureux l’année dernière, stimulé par des objections envers l’administration de l’université qui avait invité l’ambassadeur israélien en octobre dernier.

« Beaucoup d’étudiants ont questionné sévèrement la manière dont le doyen a approché l’ambassade d’Israël, en pointant du doigt qu’il est inadmissible qu’une institution comme la leur maintienne des relations avec un État oppresseur, qui viole les droits de l’Homme et se place en dehors des lois internationales », a dit Saba.

Il a également noté que l’Université de Droit et l’université du Chili en général, ont historiquement été « au premier plan des luttes politiques et des mouvements sociaux, spécialement pour les droits de l’Homme et la justice sociale ».

Le « centre Simon Wiesenthal » - basé à Los Angeles et groupe de propagande anti-palestinienne - a comparé le referendum à l’inquisition espagnole, et a invité le recteur de l’université du Chili, Ennio Vivaldi Véjar, à l’annuler.

Shimon Sammuels, le porte-parole du « centre Simon Wiesenthal, » s’est félicité des mesures répressives impulsées par des groupes pro-israéliens dans d’autres pays, avec comme but de faire un amalgame d’un côté entre l’opposition aux violations des droits de l’Homme par Israël - toutes très bien documentées - et d’un autre côté une bigoterie anti-juive.

« Le Canada, la Grande-Bretagne, les États-Unis, comme la ville de Paris, ont passé ensemble un accord contre la campagne BDS en voyant cela comme une contribution à l’anti-sémitisme et une incitation à la violence contre les juifs, » a confié Samuel.

Le « Inter Jewish anti-sionist Newtork » qui a une branche en Argentine qui se nomme « Judios Antisionidas Argentina, » a rejeté les affirmations du centre Wiesenthal comme « diffamatoires » à l’égard des étudiants chiliens qui soutiennent le boycott.

Les accusations d’anti-sémitismes, souvent infondées, sont devenues une méthode standard d’Israël pour faire taire et marginaliser ceux qui soutiennent les droits des Palestiniens. Mais ces méthodes ont échoué, face à un soutien de plus en plus large pour la campagne BDS – l’initiative palestinienne pour le boycott, le désinvestissement et les sanctions.

Sanctionner les actions et non les opinions

Dans un communiqué envoyé à The Eletronic Intifada, BDS UChile réfute les accusations comme quoi le boycott a pour but de faire taire les opinions ou d’étouffer la liberté académique.

« La campagne BDS veut sanctionner les actions et non les opinions, » dit le groupe. « Aucune chasse [aux sorcières] ne sera mise en place, et nous visons à permettre aux étudiants, au personnel et aux universitaires de ne pas se rendre complices avec des institutions qui violent – et pas seulement par la parole – les droits de l’Homme ».

Les défenseurs des droits de l’Homme ont longtemps pointé du doigt les universités israéliennes qui contribuent à un support direct à l’occupation militaire et à d’autres abus à l’encontre des Palestiniens, via des confiscations de terre, des travaux de recherche en armement et/ou en subventionnant et glorifiant ceux qui participent aux attaques militaires israéliennes contre Gaza.

« Ce n’est que le début », a dit BDS UChile. Le groupe préconise maintenant que soient prises des décisions similaires dans d’autres départements et même d’autres universités du pays.

Le PACBI, l’initiative académique palestinienne pour le boycott culturel et universitaire d’Israël, s’est dit enchanté par le vote, en évoquant la résistance contre l’Apartheid en Afrique du Sud.

« C’est grâce au soutien des gens de conscience, dont les étudiants d’Amérique du Sud, que le système d’Apartheid s’est effondré », a déclaré le PSCABI.

Un vote des anthropologues

Les membres du « American Anthropological Association » (AAA) sont aussi en train d’organiser un référendum afin de suivre la voie des organisations américaines qui appellent au boycott.

Pour appeler au soutien du vote, l’association « Anthropologists for Justice in Palestine » a publié cette vidéo d’une durée de 6 minutes, réalisée avec les étudiants de l’Université de Birzeit en Cisjordanie occupée, et disant pourquoi le boycott est nécessaire.

Les étudiants parlent de leur combat pour pouvoir étudier sous l’occupation militaire, avec les arrestations fréquentes d’étudiants, les raids sur le campus et l’exclusion de certains étudiants de Gaza qui sont inscrits à l’université.

Durant la première Intifada, Israël a fermé l’Université de Birzeit pendant 4 longues années.

« Nous vous exhortons à voter en faveur du boycott, comme une expression de votre humanité, comme une manière d’être en faveur des droits de l’Homme », a dit Ibrahim Al-Talla, un des rares étudiants originaires de Gaza et actuellement en Cisjordanie.

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* Ali Abunimah est un journaliste palestino-américain, auteur de The Battle for Justice in Palestine. Il a contribué à The Goldstone Report : The Legacy of the Landmark Investigation of the Gaza Conflict. Il est le cofondateur de la publication en ligne The Electronic Intifada et consultant politique auprès de Al-Shabaka.

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3 mai 2016 - The Electronic Intifada - Vous pouvez consulter cet article à :
https://electronicintifada.net/blog...
Traduction : Info-Palestine.eu - Kanachiwa


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