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Des assassinats purs et simples

mercredi 4 mai 2016 - 18h:13

Ma’an News

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Les témoins de la soit-disant tentative d’attaque contre la police israélienne des frontières à un barrage militaire en Cisjordanie occupée ce mercredi, ont déclaré que le frère et la sœur abattus lors de l’incident ne représentaient aucune menace au moment où l’officier israélien les a tués.

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Maram et Ibrahim ont été victimes d’un assassinat sauvage et délibéré - Photo : MaanImages

Des témoins ont déclaré à Ma’an que Maram Salih Hassan Abu Ismail, âgée de 23 ans et enceinte de cinq mois, et son frère Ibrahim âgé de 16 ans, étaient en route pour Jérusalem quand ils ont pris une voie destinée aux véhicules, et non aux piétons, au barrage militaire de Qalandiya près de Ramallah.

Les deux jeunes gens étaient apparemment incapables de comprendre les officiers israéliens qui leur criaient en hébreu de s’arrêter.

Selon les témoins, il est apparu que Ibrahim a essayé de saisir la main de sa sœur et de s’éloigner avec elle des offficiers, quand ceux-ci ont ouvert le feu. Maram est tombée au sol et quand Ibrahim a tenté de l’aider, il a été abattu à son tour.

Un chauffeur de bus palestinien présent sur les lieux, Muhammad Ahmad, a déclaré à Ma’an que l’officier israélien qui a ouvert le feu sur Maram se tenait derrière un bloc de ciment à environ 20 mètres d’elle à ce moment-là. Le conducteur a dit qu’il ne semblait pas que Maram et son frère aient représenté la moindre menace quand l’officier leur a tiré dessus.

Une Palestinienne qui était à proximité et témoin également de l’incident, Ahmad Taha, a dit à Ma’an que les officiers israéliens se sont approchés des deux corps après avoir les abattus et qu’ils ont à nouveau tiré sur eux « pour être sûr de les achever », ajoutant que les officiers « auraient très bien pu rester à distance sans ouvrir le feu ».

Taha a expliqué que les policiers ont posé des couteaux sur le sol, prenant ensuite des photos qui ont été distribuées par la police israélienne qui a alors prétendu que ces armes avaient été en possession de Maram et Ibrahim.

Les témoignages recueillis après l’incident contredisent les rapports de la police israélienne d’occupation, qui affirme que l’agent a ouvert le feu après que Maram ait jeté un couteau dans leur direction.

Des sources locales ont fait savoir que Maram était la mère de deux enfants, de six et quatre ans, et qu’elle était enceinte de cinq mois. Elle avait en sa possession un permis des autorités israéliennes d’occupation pour entrer à Jérusalem pour la première fois, alors qu’elle traversait le barrage ce mercredi.

Maram et son frère de 16 ans font partie des plus de 200 Palestiniens abattus par des policiers, soldats ou colons israéliens depuis octobre, la majorité des meurtres ayant lieu au cours d’attaques à petite échelle qui ont tué près de 30 Israéliens.

Les organisations palestiniennes dans la bande de Gaza ont dénoncé ces assassinats et ont appelé à la poursuite de la résistance contre l’occupation israélienne.

Daoud Shihab, porte-parole du mouvement du Jihad islamique, a décrit cette tuerie comme une « exécution sommaire », tandis que Fawzi Barhum, porte-parole du mouvement Hamas, a déclaré que l’acte commis par l’officier israélien qui a tiré sur les deux jeunes gens, était du « terrorisme systématique » et un « crime odieux qui a franchi toutes les lignes rouges », ajoutant que « ce crime ne restera pas impuni ».

Les meurtres de Maram et d’Ibrahim surviennent alors que les critiques se multiplient face aux « exécutions sommaires » dont sont victimes les Palestiniens, après qu’un soldat israélien ait été filmé alors qu’il achevait d’une balle dans la tête un Palestinien gravement blessé et agonisant au sol.

L’usage excessif de la force et la multiplication des meurtres par Israël contre les Palestiniens, ont entraîné des condamnations d’ONG locales et internationales, de hauts fonctionnaires des Nations Unies et de dirigeants étrangers, ainsi que de membres du Congrès des États-Unis.

Selon les sondages, le soutien populaire palestinien pour les attaques de couteau - largement expliqué par des dirigeants palestiniens et internationaux comme une réponse naturelle aux effets de l’occupation militaire israélienne - est descendu en-dessous de 50% ces deux derniers mois, coïncidant avec une baisse relative de la fréquence de ces attaques qui ont commencé en octobre.

Toujours selon les sondages, cette réduction des attaques de couteau a été attribuée à la collaboration répressive entre l’Autorité palestinienne et Israël, ainsi qu’au sentiment général parmi les Palestiniens que ces attaques ne sont pas efficaces dans la résistance contre l’occupation.

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27 avril 2016 - Ma’an News - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.maannews.com/Content.asp...
Traduction : Info-Palestine.eu


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