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Profanations d’églises en Palestine : une politique israélienne depuis 1948

samedi 13 février 2016 - 06h:19

Saleh Al-Naami

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Des documents israéliens révèlent que l’armée israélienne a délibérément adopté, pendant et après la guerre de 1948, une politique basée sur la destruction, le vandalisme et l’atteinte aux lieux saints que sont les églises de Palestine.

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Le 18 juin 2015, des fidèles inspectent une salle endommagée située dans les bâtiments de l’église de la Multiplication à Tabgha, au nord d’Israël, après un incendie criminel perpétré par des sionistes fanatiques - Photo : Jinipix

Un livre israélien qui doit être publié le mois prochain explique comment l’armée israélienne a détruit des églises situées dans les villes et villages palestiniens dont les Israéliens s’étaient rendus maîtres après en avoir chassé la population.

Ce livre, qui sera publié par la Moshe Sharett Heritage Society, est basé sur les déclarations et témoignages de Moshe Sharett, ancien premier ministre et ministre des Affaires étrangères d’Israël, concernant les attaques brutales menées contre les églises palestiniennes.

Dans ce livre, dont le journal Haaretz a publié des extraits, Moshe Sharett, en qualité de premier ministre, a vivement condamné la politique de destruction et de pillage menée par l’armée israélienne lors d’une réunion tenue par le gouvernement sous la présidence de David Ben-Gourion le 5 juillet 1949.

L’auteur du livre précise que Sharett n’a pas dénoncé les actions commises par l’armée israélienne contre ces églises seulement lors de réunions gouvernementales. Bien au contraire, il a profité de chaque rencontre politique avec les représentants du parti Mapai pour dénoncer ce qu’il appelait des « actes odieux » commis contre les églises.

Le livre révèle le texte du protocole de la réunion du 5 juillet 1949 bien que les Archives de l’Etat israélien interdisent que soit dévoilée la totalité du texte d’origine du fait qu’il contient le témoignage de Sharett concernant les exactions commises contre les églises.

Selon ce protocole, Sharett a parlé de la violation des églises par l’armée en ces termes : « les officiers et les soldats ont délibérément sali ce qui, pour les chrétiens, était sacré. Ils se sont conduits comme des bêtes et non comme des êtres humains. » Sharett a ajouté : « Les attaques menées contre ces églises par nos soldats et nos officiers représentent une page noire de l’histoire d’Israël. »

Le livre dit aussi que Sharett a comparé Israël, qui s’est permis d’agir ainsi, à « un César, brutal et cruel, qui ne vise rien d’autre que la destruction. » Il a ajouté : « Soldats et officiers ont transformé les églises en toilettes où ils ont pu satisfaire leurs besoins. »

Autre révélation faite dans ce livre : Sharett a dit à des membres du parti Mapai, lors d’une réunion en juillet 1949, que l’état d’Israël avait déclaré « zones militaires » les lieux où les églises étaient situées afin d’empêcher touristes et visiteurs étrangers d’y entrer et d’être témoins des odieuses violations commises par l’armée.

Selon Sharett, les soldats ont volé dans une de ces églises une couronne de grande valeur faite de pierres précieuses. Ils ont aussi brisé les mains d’une sculpture de Jésus Christ pour voler les bracelets en or qui entouraient ses poignets. Autant d’exemples du pillage systématique des églises qui a duré pendant des mois et des mois.

Il a insisté sur le fait que soldats et officiers israéliens ont délibérément porté atteinte au caractère sacré des églises et déchiré des livres saints, précisant que ces actes de vandalisme n’ont pas été commis par la seule armée israélienne mais aussi par de nombreux colons, notamment ceux qui s’étaient récemment installés.

Selon le journal Haaretz, les Archives de l’Etat d’Israël ont révélé le compte-rendu de la réunion gouvernementale du 5 juillet 1949 en sautant délibérément les 30 phrases de Sharett concernant le vandalisme dont les églises avaient été victimes. La révélation de ces exactions a beaucoup attiré l’attention lorsque des personnalités de la religion juive ont apporté leur soutien à des groupes terroristes juifs qui brûlaient les églises.

Selon ces personnalités religieuses, on ne devait pas autoriser les chrétiens à pratiquer leur religion car ils considèrent le christianisme comme « une forme de paganisme ». Une grande partie de la jeunesse juive pratiquante a adopté ce point de vue. Ce qui s’est passé au début de la semaine dernière dans Jérusalem occupée le montre bien : des jeunes de l’organisation terroriste juive Hilltop ont couvert les murs d’une église de graffiti menaçant de tuer les chrétiens de la ville.

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* Saleh al-Naami est un réfugié palestinien qui vit dans le camp d’al-Maghazi dans le centre de la Cisjordanie. Il est titulaire d’une maîtrise en études politiques à l’Université de Jérusalem, et il prépare actuellement un doctorat. Son site : http://www.naamy.net/

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* Traduit de l’anglais par Christine Malgorn , auteure de Syrie, mon amour. 1860, au cœur de la guerre oubliée, édition Harmattan, 2012 – Voir la vidéo (disponible sur Amazon) ; et de « Bienvenue au Shéol » paru en avril 2015 (disponible en numérique sur Amazon, et en format papier). Consultez son blog

27 janvier 2016 - The Palestine Chronicle - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.palestinechronicle.com/a...
Traduction : Info-Palestine.eu -


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