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Appel de militants britanniques aux sociétés civiles du monde entier : « Expulsez Israël des Nations Unies ! »

lundi 4 janvier 2016 - 10h:30

Stuart Littlewood

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« Un membre des Nations Unies qui a enfreint de manière persistante les Principes énoncés dans la présente Charte peut être exclu de l’Organisation par l’Assemblée Générale sur recommandation du Conseil de Sécurité. »

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Le corps d’un jeune palestinien assassiné par les troupes d’occupation est ici ramené à Ramallah, le 31 décembre. Israël, "État voyou", a pour seule politique le meurtre, le vol et le mensonge - Photo : APA/Shadi Hatem

Au moins certaines personnes sont décidées à démarrer la nouvelle année sur une note positive. Une motion pour l’expulsion d’Israël de l’ONU va être soumise à l’Assemblée Générale Annuelle de Palestine Solidarity Campaign. Voici ce qu’elle dit :

« Motion, PSC AGA 23 janvier 2016 pour l’expulsion d’Israël de l’ONU

« Considérant que l’admission d’Israël à l’ONU le 11 mai 1949 selon la résolution 273 adoptée par l’Assemblée Générale était conditionnelle à (1) son respect des obligations de la Charte des Nations Unies et (2) sa mise en œuvre des résolutions des Nations Unies 181 du 29 novembre 1947 et 194 du 11 décembre 1948 ;

«  Notant qu’Israël : (1) a agi à maintes reprises de manière incompatible avec les Objectifs des Nations Unies exprimés dans l’Article 1.2 de la Charte des NU et donc également avec l’Article 2 (introduction) ; a enfreint à maintes reprises les Dispositions et les Principes de la Charte tels qu’ils sont exprimés dans les Articles 2.3, 2.4, 4, 55 et 56 ; (3) n’a pas respecté les résolutions de l’AG 181 et 194 ; (4) a enfreint de nombreuses autres résolutions du Conseil de Sécurité et de l’AG ; et (5) a tué, et ceci dès 1948, de nombreux civils palestiniens et expulsé de force beaucoup d’autres de leur maison et de leur terre ;

«  Notant, en outre, que toutes les tentatives de négociation visant à amener Israël à se conformer aux Objectifs et Principes contenus dans la Charte et aux principes généraux du droit international ont échoué ;

«  Considérant que des mesures efficaces devraient être prises pour résoudre la situation actuelle découlant des politiques illégales d’Israël qui enfreignent la Charte et la résolution 273 de l’AG des NU ;

«  Rappelant que l’Article 6 de la Charte stipule que :

« Un membre des Nations Unies qui a enfreint de manière persistante les Principes énoncés dans la présente Charte peut être exclu de l’Organisation par l’Assemblée Générale sur recommandation du Conseil de Sécurité. » ;

« Cette AGA décide que le Comité Directeur du PSC :

« demandera au gouvernement du Royaume Uni, par le biais d’une pétition et de lobbyisme, de présenter au Conseil de Sécurité une motion recommandant à l’Assemblée Générale d’exclure Israël de l’ONU en conformité avec l’Article 6 de la Charte. »

Et beaucoup diront, « Il est grand temps. » Israël jouit de l’impunité pour ses actes criminels depuis 67 ans. Et chaque année l’impuissance de la communauté internationale à prendre des mesures disciplinaires a rendu le régime israélien plus agressif, plus arrogant, plus brutal et plus odieux.

Le mépris ininterrompu d’Israël pour les règles du comportement civilisé

En rédigeant la motion, il ne serait pas inutile, je pense, de rappeler le jugement important rendu par la Cour Internationale de justice selon lequel le mur de séparation construit par Israël est illégal et doit être démantelé, et les Palestiniens lésés correctement dédommagés. La barrière de 1035 km connue de tous comme le Mur de l’Apartheid mord énormément sur la Cisjordanie palestinienne, divisant et isolant des communautés et volant leurs terres et leur eau.

Si le mur n’avait qu’une fonction sécuritaire, comme le prétend Israël, il aurait été construit le long de la ‘Ligne Verte’ de l’armistice de 1949. Mais l’objectif du mur est, de toute évidence, d’annexer des terres palestiniennes et des sources d’eau inestimables pour les colonies israéliennes illégales, et c’est dans ce but qu’il suit de très près le tracé de l’aquifère occidentale. C’est une tentative grossière de modifier ‘l’état des choses sur le terrain’ afin d’accroître le territoire israélien et de fortement réduire la viabilité d’un futur état palestinien. En 2004, le jugement rendu par la Cour Internationale de Justice de la Haye disait que l’édification du mur était « contraire au droit international » et qu’Israël devait le démanteler et payer des dommages et intérêts. La CIJ avait aussi précisé que "tous les Etats ont l’obligation de ne pas reconnaître la situation illicite découlant de la construction du mur et de ne pas prêter aide ou assistance au maintien de la situation créée par cette construction."

Onze ans plus tard, méprisant le droit international, Israël continue la construction de son mur hideux avec l’argent des contribuables états-uniens et sous la protection du véto états-unien. Tandis que les Israéliens remplissent leur piscine, lavent leur voiture et arrosent leurs terrains de golf les Palestiniens, qui seraient normalement auto-suffisants, doivent maintenant payer le prix exorbitant qu’exige Israël pour un simple filet de leur propre eau, ou s’en passer.

La motion devrait peut-être aussi noter qu’Israël continue de défier le Pacte International relatif aux Droits économiques, Sociaux et Culturels, ensemble important d’engagements qu’Israël lui-même a signé avec 136 autres états.

L’article 1 stipule que « Tous les peuples ont le droit de disposer d’eux-mêmes…. En aucun cas, un peuple ne pourra être privé de ses propres moyens de subsistance. » Israël ne devrait pas, par exemple -, entraver la pêche dans les eaux territoriales de Gaza, ni l’exploitation des ressources de gaz off-shore de Gaza, ni encore la jouissance de l’eau de Cisjordanie. De plus « Les Etats parties au présent Pacte … sont tenus de faciliter la réalisation du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, et de respecter ce droit, conformément aux dispositions de la Charte des Nations Unies. »

Article 2 exige des Etats qu’ils s’engagent à garantir que les droits qui sont énoncés dans le Pacte seront exercés sans discrimination aucune.

Article 6 stipule que les Etats reconnaissent le droit qu’a toute personne d’obtenir la possibilité de gagner sa vie par un travail librement choisi ou accepté, et prendront des mesures appropriées pour sauvegarder ce droit. Mais cela est impossible pour les Palestiniens tant que le siège de Gaza n’est pas levé et qu’un accès libre et sans entraves au monde extérieur n’est pas rétabli. Cela vaut également pour la Cisjordanie et Jérusalem-Est qui subissent aussi le blocus de l’armée israélienne et sont étranglées par le modèle israélien de contrôle.

Et qu’en est-il de la menace que représente Israël, non seulement pour la région mais pour le reste du monde ? D’après la Commission sur les armes de destruction massive Israël dispose d’un arsenal nucléaire qui se chiffre à des centaines d’ogives nucléaires, et est le seul état de la région à n’avoir pas signé le Traité sur la non prolifération des armes nucléaires. Il n’a pas non plus signé la Convention sur les armes biologiques ou à toxines. Il a signé, mais non ratifié le Traité sur l’interdiction complète des essais nucléaires. Il en est de même pour la Convention sur les armes chimiques. Peut-être que les faits attestant qu’Israël est un état à part mortellement dangereux devraient figurer dans la motion du PSC.

Il vaut aussi la peine d’ajouter, pour justifier le lancement de la motion, le fait que le régime israélien bénéficie d’un traitement préférentiel au titre de l’Accord d’Association UE-Israël de 1995 mais n’en respecte pas les termes. Ceux-ci exigent l’adhésion aux principes de la Charte des Nations Unies, et l’article 2 dit que « le respect des droits de l’homme et des principes démocratiques constitue un élément essentiel du présent accord ». Israël ne s’y est jamais conformé mais continue de bénéficier des avantages de l’Association. Malgré les nombreux appels à suspendre l’Accord, l’UE a au contraire surclassé la relation et accru les avantages. Dans le cas d’Israël les violations des obligations en matière de droits de l’homme et juridiques sont récompensées et non punies.

Le monde entier va-t-il reprendre l’appel d’expulsion ?

Celui qui a initié la motion du PSC, Blake Alcott, fournit sur le site de son blog un ‘Long dossier’ utile concernant la nécessité d’exclure Israël. Il écrit : « je prévois que comme en janvier dernier, le Comité Directeur du PSC s’y opposera – non pas sur le fond, mais parce que le moment n’est pas encore venu pour cela. Ben-Gourion a toujours dit que le temps était du côté d’Israël, et je crains qu’il n’ait eu raison. Donc je dis, faisons leur voir …

Le moment pas encore venu après plus de six décennies de souffrance palestinienne durant lesquelles la situation de honteuse est devenue intolérable ? La baronne Morris, présidente de Medical Aid for Palestinians, nous rappelle dans son message de Noël, « A Gaza, 95 000 Palestiniens sont toujours sans-abri suite au dernier conflit [la blitzkrieg israélienne ‘Bordure Protectrice’ et le blocus vieux de 8 ans qui se poursuit], forçant de nombreuses personnes a affronter le froid de l’hiver dans des tentes, des containeurs de transport, ou dans les ruines de leur ancienne maison. »
Une telle inhumanité est un défi à la raison et à l’entendement. Et pourtant la communauté internationale ferment les yeux sur la malignité d’une petite bande de sionistes qui a d’une manière ou d’une autre réussi à saisir l’élite politique occidentale par les couilles.

La patience des gens honnêtes est finalement épuisée. La société civile doit maintenant donner le ton, menez la danse, et évincer ses dirigeants compromis. Dans les semaines à venir le PSC a la possibilité de jeter une étincelle qui déclenchera une irruption sur la scène mondiale de la société civile, dans le but d’amplifier le message de demande d’expulsion, l’emportant sur l’actuelle inertie politique et s’adressant fermement de la base aux gouvernements de la planète.

Ce serait un plus si les églises en occident trouvaient le courage d’exprimer ensemble leur opposition à la main mise par Israël sur la Terre Sainte et à la menace qui pèse sur le berceau même de la foi chrétienne. La persécution par le régime des communautés chrétiennes – ainsi que de leurs frères et sœurs musulmans – qui résident là où le christianisme est né devrait les scandaliser.

Alors, peut-être que l’ONU réagira, prêtera attention et fera amende honorable pour son bilan pitoyable.

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* Stuart Littlewood collabore régulièrement à plusieurs magazines d’information sur internet. Le livre de Stuart Radio Free Palestine, préfacé par Jeff Halper, raconte le sort des Palestiniens sous occupation. Il peut maintenant être lu en ligne sur le site http://www.RadioFreePalestine.org.uk.

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27 décembre 2015 - Palestine Chronicle. Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.palestinechronicle.com/u...
Traduction : Info-Palestine.eu - MJB


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