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De plus en plus de Palestiniens se joignent aux réfugiés qui tentent de se rendre en Europe

jeudi 17 septembre 2015 - 06h:52

Ma’an News

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Zahra Zahroura, aujourd’hui très âgée, a toujours imaginé finir ses jours dans sa ville syrienne d’adoption de Homs, avec l’espoir qu’avoir été une réfugiée une fois dans sa vie était amplement suffisant.

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Un nombre croissant de réfugiés palestiniens en Syrie et le Liban se joignent aux centaines de milliers de Syriens qui rend le voyage périlleux à la survie en Europe - Photo : AFP/Samar Hazboun

Mais comme la guerre en Syrie n’a fait qu’empirer, cette vieille femme de 84 ans a été forcée de fuir une seconde fois, avec le but d’une nouvelle vie en Europe mais sans pouvoir aller plus loin que jusqu’à Chypre, avec malgré tout la chance d’être encore vivante.

« Mon mari travaillait et nous bien vécu. Mais nous avons dû partir à cause de la guerre », dit Zahroura, qui a été sauvée ce dimanche, avec plus de 100 personnes à bord d’un petit bateau de pêche qui avait dérivé pendant trois jours sous le brûlant soleil méditerranéen.

« Toutes les maisons sont des tas de gravats, tout a été détruit par les bombardements. »

Zahroura fait partie du nombre croissant de réfugiés palestiniens en Syrie et au Liban qui rejoignent les centaines de milliers de Syriens qui ont fui la guerre pour un voyage périlleux vers la survie en Europe.

Son bateau transportait 115 réfugiés - dont 54 femmes et enfants - qui étaient partis du port syrien de Tartous avant de prendre au passage encore plus de gens à Tripoli au Liban.

Selon un responsable au camp de Kofinou à Chypre, où les rescapés sont hébergés, la plupart des passagers se trouvant à bord étaient des Palestiniens « du Liban ou de la Syrie ».

Les Palestiniens, dont beaucoup ont été chassés ou ont fui leurs maisons quand Israël a été fondée en 1948, ont connu certaines des pires horreurs des plus de 4 années de guerre civile en Syrie, durant laquelle 240 000 personnes ont été tuées.

Un des plus grands camps palestiniens en Syrie était celui de Yarmouk, à Damas, avec une population avant-guerre d’environ 160 000 personnes. Après des années de combats et de siège, l’agence de réfugiés palestiniens de l’UNRWA estime qu’il n’y a aujourd’hui plus que 18 000 personnes encore en vie dans ce camp.

Un des Palestiniens secourus au large de Chypre est Mohammed Hussein Hassan, qui fait défiler sur son smartphone des photos de son frère déjà en lieu sûr à Berlin.

« J’ai vu à la télévision les milliers de migrants sur les routes et c’est ce qui m’a encouragé à partir moi aussi, » dit-il.

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Les enfants de réfugiés palestiniens au centre Kofinou près de Larnaca le 9 septembre 2015 - Photo : AFP/Samar Hazboun

Le Liban submergé

Couplé à un exode massif de Syriens fuyant à travers la frontière, un afflux important de Palestiniens quittant la Syrie a submergé le minuscule Liban.

Des centaines de milliers de Palestiniens vivaient déjà difficilement dans l’un des 12 camps de réfugiés non officiels du Liban, et les Nations Unies estiment désormais que 450 000 Palestiniens résident dans le pays, soit 10% de sa population.

Bien que n’étant plus sous la menace des bombardements aériens, les Palestiniens qui ont fui de la Syrie vers le Liban disent que la vie dans les camps de plus en plus surpeuplées devient insupportable.

« Nous ne disposons pas d’un pays et le Liban ne nous donne pas tous les droits », explique Ghassan Nasser, un Palestinien du camp de Chatila, à Beyrouth. « Nous avons [jusqu’ici] vécu dans ces conditions ... mais aujourd’hui, nous ne pouvons plus le supporter. »

Contrairement à Hassan, ce ne sont pas les images de migrants parcourant les routes et remplissant des trains en route vers l’Europe du Nord qui ont incité Nasser à partir.

« Nous voulions déjà émigrer avant la guerre en Syrie, » dit-il.

Bien que la « maison » avant le conflit pour Zahroura, était en fait un camp de réfugiés dans le quartier Baba Amro de Homs, c’était « un camp où vous pouviez vivre bien, pas comme au Liban ».

Elle dit qu’elle n’a aucune idée si elle sera en mesure d’atteindre l’Europe continentale, de rejoindre tous ceux qui ont déjà fui le cauchemar de la Syrie.

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Un enfant de réfugiés palestiniens au centre de réfugiés de Kofinou près de Larnaca. - Photo : AFP/Samar Hazboun

« Les pays arabes ont échoué »

Chypre, qui est membre de l’UE, se trouve à seulement 100 kilomètres au large de la côte syrienne, mais l’île a jusqu’ici évité un afflux massif de réfugiés, la plupart préférant contourner l’île.

Bien que la plupart des personnes secourues et emmenées à Chypre espèrent atteindre à terme l’Europe du Nord, certains ont entamé les procédures sur l’île pour y être enregistrés en tant que réfugiés.

Un bateau similaire à celui de Zahrouha et sur lequel voyageaient Hassan et Nasser, a été secouru près des côtes chypriotes à la fin de l’année dernière, avec de nombreux Palestiniens parmi les plus de 300 personnes à bord.

Yehya al-Shabi, un Palestinien de Damas et à bord de ce bateau, dit clairement que les pays d’accueil doivent traiter tous ceux qui fuient le conflit avec la même compassion.

« Il ne devrait y avoir aucune différence de traitement entre les Syriens, Irakiens et Palestiniens », dit-il, montrant une sagesse qui lui a valu le surnom parmi les autres réfugiés de « l’homme sage de Kofinou ».

Pour Hassan, cependant, il incombe aussi avec les pays arabes d’assurer que les Palestiniens déplacés par la guerre soient bien traités.

« Pour les pays arabes, nous sommes des terroristes. Si quelque chose arrive, ils disent que c’était la faute des Palestiniens. Nous ne voulons pas de leur argent, nous voulons juste vivre dans la dignité », dit-il.

« Les pays arabes ont échoué. »

10 septembre 2015 - Ma’an News - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.maannews.com/Content.asp...
Traduction : Info-Palestine.eu - Lotfallah


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