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Les Palestiniens eux aussi ont des droits !

lundi 14 septembre 2015 - 07h:43

Cesar Chelala

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C’est le début de leur cauchemar. Chaque soir beaucoup de Palestiniens vont se coucher sans savoir si leur maison sera rasée pendant la nuit par la police israélienne. Selon Jeff Halper, fondateur du Comité israélien contre la Démolition de maisons (ICAHD), la destruction de logements est l’une de principales armes de l’occupant israélien en Palestine.

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Des villageois palestiniens en Cisjordanie regardent l’occupant détruire une de leurs habitations - Photo : AFP/Getty/Ahmad Gharabli

Dans la plupart des cas, les destructions de maisons se ressemblent. La police, parfois flanquée de l’armée, arrivent à l’aube alors que les familles sont endormies. Ils encerclent la maison et crient à la famille de sortir. Si la famille « résiste », on la fait sortir de force et les bulldozers entament leur tragique boulot de destruction. Exceptionnellement les familles sont autorisées à emporter quelques-uns de leurs biens.

D’autres fois les maisons, en raison de leur taille, sont dynamitées plutôt que rasées au bulldozer. Dans ces cas-là la police forme une barrière humaine dans la rue devant la maison pour empêcher toute résistance des habitants quand ils aperçoivent les câbles des explosifs qui vont détruire leur maison.

Un rapport d’Amnesty International établit que les démolitions de maisons sont souvent exécutées sans avertissement préalable et sans accorder un peu de temps aux habitants pour évacuer.

Du 1er janvier au 18 août 2015, la police israélienne a démoli 331 structures palestiniennes en Zone C (sans compter Jérusalem-Est) et 457 personnes, dont 263 enfants ont ainsi perdu leur précaire logement, selon les données du Bureau onusien de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) et B’Tselem, l’organisation palestinienne pour les droits de l’homme.

Selon le gouvernement palestinien, les maisons sont démolies pour absence de permis de bâtir. La maison est donc illégale et doit être détruite. Mais ce que ne dit pas le gouvernement, c’est que pour les Palestiniens il est pratiquement impossible d’obtenir des permis de bâtir, ce qui rend illégale la construction de toute nouvelle maison.

« La destruction de maisons palestiniennes, de terres agricoles et d’autres propriétés das les Territoires occupés, y compris Jérusalem-Est, est inextricablement lié à la politique menée depuis longtemps par les Israéliens, qui est d’accaparer le plus possible des terres qu’ils occupent, notamment en installant des colonies israéliennes ».

La pratique de la démolition de maisons est née sous le Mandat britannique. Le gouvernement autorisa le commandement militaire à confisquer et à raser « toute maison, structure ou terre … dont il est convaincu que les habitants ont commis un délit contre les présents Règlements y compris par violence ». En 1945 les autorités ont fait passer les Règlements de Défense d’Urgence. Le règlement 119 a autorisé cette pratique au commandement militaire sans aucune restriction ni appel.

En 1968 après qu’Israël eut occupé la Cisjordanie et Gaza, Theodor Meron, conseiller juridique auprès du Ministre israélien des Affaires étrangères, avisa le bureau du Premier ministre que les démolitions de maisons, mêmes les résidences de présumés terroristes, étaient « légalement bancales » et violaient la Quatrième Convention de Genève de 1949 relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre, et aux « obligations spécifiques d’Israël en tant que Puissance occupante ». Cet avis est partagé par la majorité des spécialistes en droit international, y compris d’éminents expert israéliens.

De nombreuses organisations défendant les droits humains, comme Amnesty International, Human Rights Watch et l’ICAHD s’opposent à cette pratique en arguant qu’elle viole les lois internationales relatives au punitions collectives, à la destruction de propriétés privées et à l’usage de la force contre des personnes civiles.

L’usage même de cette pratique de démolition de maisons en tant que mesure dissuasive contre des actes de violence palestiniens a été remis en question. En 2005 une commission de l’armée israélienne sur les démolitions de maisons n’a trouvé aucune preuve de dissuasion efficace et a conclu que les dommages causés par les démolitions l’emportent sur leur éventuelle efficacité.

Les groupes de défense des droits accusent le gouvernement israélien et les Forces de Défense Israéliennes (FDI) de commettre des démolitions en guise de punition collective et de vol de terres palestiniennes par appropriation afin de construire le mur israélien en Cisjordanie, et de créer, d’étendre ou d’en faire bénéficier d’une manière ou d’une autre les colonies israéliennes.

Il est particulièrement horrible que l’armée la plus puissante du Moyen-Orient, l’une des armées les plus puissantes au monde, s’attaque à d’innocentes personnes civiles et détruise leurs maison et leurs biens. Les Palestiniens ont fondamentalement le droit de vivre en pais dans leur propres maisons.

* Cesar Chelala est un médecin et chroniqueur consultant international en questions de santé publique, lauréat du prix de l’Overseas Press Club of America. Il est notamment correspondant à l’étranger du Middle East Times International (Australie).

Du même auteur :

- Le suicide : 1ère cause de mortalité des soldats israéliens

8 septembre 2015 -CounterPunch - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.counterpunch.org/2015/09...
Traduction : Info-Palestine.eu - AMM


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