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Et si l’on commençait par imposer le droit au retour pour les Palestiniens réfugiés ?

dimanche 6 septembre 2015 - 09h:59

Hossam Shaker

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Cinquante mille réfugiés sont arrivés récemment en Europe et beaucoup d’autres sont sur les routes, avec parmi eux des Palestiniens qui revivent leur catastrophe d’origine - la Nakba de 1948 - dans leur recherche d’un abri. Des centaines, voire des milliers, ont perdu la vie dans cette fuite.

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Réfugiés en provenance du Moyen-Orient tentant de traverser le rideau de "barbelés coupants comme des rasoirs" installé sur plus de 300 kms à la frontière hongroise - Photo : Reuters

Jusqu’en 2011, près d’un demi-million de réfugiés palestiniens vivaient en Syrie. Il était généralement entendu que leurs conditions de vie étaient plus stables que celles de leurs compatriotes. Yarmouk, le plus grand camp de réfugiés palestiniens à l’extérieur de la Palestine, était présenté comme « la capitale de la diaspora palestinienne » et il était de fait devenu une extension résidentielle de Damas avant d’être transformé en une scène de ruine, de mort et de famine dans le conflit syrien.

Mais la tragédie qui a frappé la Syrie a dissipé toutes les illusions, avec la révélation que les communautés de Palestiniens réfugiés sont en fait extrêmement fragiles et paient très rapidement le prix de toutes les turbulences et crises dans les pays d’accueil. Cela s’est déjà produit au Liban, au Koweït et en Irak.

Par rapport aux masses de réfugiés qui affluent désormais vers l’Europe, la tragédie des réfugiés palestiniens fuyant la Syrie a ses propres caractéristiques. Elles tiennent au fait qu’ils sont obligés d’endurer un nouvel « exode » et des souffrances renouvelées alors qu’ils cherchent un lieu de sécurité, même si leur patrie n’est qu’à un peu plus d’une heure de route de leurs camps de réfugiés.

Dans le but d’atteindre l’Europe les familles palestiniennes doivent faire ce long voyage périlleux à travers les frontières, les côtes et les montagnes, cédant aux exigences scandaleuses des gangs criminels et des trafiquants d’êtres humains.

Toutefois, l’Europe est si préoccupée par la crise des réfugiés qu’elle ne se soucie pas de l’essence du problème. En ce qui concerne les Palestiniens en provenance de Syrie, la question est suffisamment claire, alors pourquoi l’Union européenne n’avance-t-elle pas vers les solutions les plus logiques et pratiques, telles que leur retour dans leur pays, au moins temporairement ? Pourquoi une telle discussion est-elle absente des réunions de l’Europe où l’on discute surtout des moyens de contenir les crises aux frontières ?

Plus d’un tiers de million de Palestiniens, dont beaucoup sont des réfugiés chassés de leurs maisons puis de leurs les camps, vivent en Europe. Nous assistons à de nouvelles étapes dans la souffrance de ces êtres humains à qui les Israéliens ont interdit de retourner dans le pays d’où ils ont été expulsés en 1948 et 1967. Ils ne sont même pas autorisés à visiter leur pays, ce qui est une claire violation des lois et conventions internationales.

La logique commande que nous faisions tout le nécessaire pour que les réfugiés palestiniens disposent de leur droit légitime au retour sur leurs terres et dans leurs maisons, qui sont si près d’eux. Sinon, ils continueront à devoir chercher refuge à travers les continents, dans une fuite transformée en catastrophe. Il ne fait aucun doute qu’une grande partie de la responsabilité en incombe en premier lieu à l’Europe, qui a créé les conditions historiques qui ont abouti à la tragédie du peuple palestinien.

Les officiels de l’Union Européenne [UE] parlent de l’importance de lier l’aide aux pays d’Europe orientale à leur volonté d’assumer leur part de réfugiés, et il y a même ceux qui appellent à lier les négociations sur l’adhésion à l’Union européenne au traitement réservé aux réfugiés. De telles injonctions ne seraient-elles pas également nécessaires avec le « partenaire israélien » qui bénéficie de nombreux privilèges et de traités européens dans l’économie, l’éducation et la défense ?

Pourquoi l’Europe est-elle incapable de penser même simplement à user de son influence pour faire pression sur le gouvernement israélien, pour rendre effectif le droit au retour des Palestiniens, qui a été approuvé par la résolution 194 de l’Assemblée générale de l’ONU ? Les Palestiniens, dont beaucoup ont encore les clés de leurs maisons en Palestine occupée, ont le droit de vivre dans leur patrie. Les routes vers leurs villes, villes et villages sont bien connues pour ceux qui voudraient les interroger, et les cartes sont facilement disponibles.

Si l’Union européenne et la communauté internationale ne traitent pas le coeur de cette question par le rappel et la mise en œuvre du droit légitime des Palestiniens au retour, des milliers d’entre eux continueront à se diriger vers l’Europe et beaucoup vont mourir en route. Laquelle de ces deux possibilités a la préférence de l’UE et du reste du monde ?

1e septembre 2015 - Middle East Monitor - Vous pouvez consulter cet article à :
https://www.middleeastmonitor.com/a...
Traduction : Info-Palestine.eu - Lotfallah


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