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Une pétition internationale exige la fin du blocus de Gaza

mercredi 26 août 2015 - 07h:51

Megan O’Toole

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Un an après l’agression israélienne de 2014, Gaza reste décimée, avec des dizaines de milliers de Palestiniens toujours sans abri.

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La reconstruction a été quasi inexistante dans la bande de Gaza, les groupes d’aide disant qu’Israël a entravé le flux de matériaux de construction à travers sa frontière - Photo : EPA

Un an après qu’un accord de cessez ait mis fin à la guerre de 51 jours contre la bande de Gaza, des centaines de milliers de personnes ont signé une pétition exhortant les dirigeants du monde à faire pression sur Israël pour lever son blocus du territoire palestinien.

La pétition - lancée par le site Internet Avaaz et soutenu par des dizaines d’autres organisations, dont World Vision International et Medical Aid for Palestinians - note que 100 000 Palestiniens de Gaza restent sans abri, et appelle à « une action urgente » pour permettre que plus de matériaux de construction entrent dans l’enclave côtière assiégée.

« Pendant une année entière, le gouvernement israélien a restreint l’entrée dans Gaza des matériaux essentiels et de base pour la reconstruction. Pas une seule des 19000 maisons qui ont été bombardées et détruites n’a été entièrement reconstruite, » note la pétition, publiée ce mercredi.

Les organisateurs ont déclaré qu’ils avaient pour objectif de réunir 1,8 million de signatures, soit autant que la population actuelle de la bande de Gaza. L’initiative est organisée un an après qu’un accord de cessez-le-feu ait mis fin à l’agression israélienne, le 26 août 2014.

L’enlisement

Seulement 5% des près de 7 millions de tonnes de ciment, d’acier et de granulats nécessaires à la reconstruction de Gaza ont jusqu’ici été autorisés à entrer sur le territoire, selon Avaaz. À ce rythme, a noté le groupe, il faudrait 17 ans pour achever la reconstruction.

En plus du blocus israélien, la frontière de Gaza avec l’Egypte est aussi très fréquemment fermée et les tunnels de contrebande dans le sud de la bande de Gaza ont été systématiquement détruits. Les querelles politiques actuelles entre le Hamas et l’Autorité palestinienne (AP) ont été également citées comme contribuant à l’impossibilité de la reconstruction.

Dans ses précédents commentaires à Al Jazeera, un porte-parole du gouvernement israélien a prétendu s’activer à « faire avancer la reconstruction » de la bande de Gaza, avec des centaines de camions de fournitures de reconstruction qui entrent chaque mois. Le mécanisme de reconstruction parrainé par les Nations Unies « comprend des moyens pour la surveillance des approvisionnement afin d’éviter leur utilisation abusive à des activités terroristes [de résistance] », a déclaré le porte-parole.

Mais les organisations humanitaires affirment que les matériaux les plus essentiels ne peuvent toujours pas passer.

Promesses non tenues

« Ce dont Gaza a besoin plus que tout, c’est de matériaux pour la reconstruction, mais le gouvernement d’Israël limite l’entrée des matériaux de construction, même les plus élémentaires ... [empêchant] la reconstruction de l’infrastructure la plus vitale dans la bande de Gaza, y compris les hôpitaux et les cliniques », a déclaré Tony Laurance, le responsable de Medical Aid for Palestinians.

Les organisations soutenant la pétition appellent les pays donateurs - qui ont promis collectivement 3,5 milliards de dollars US en aide à la reconstruction de Gaza lors de la conférence de 2014 au Caire - à remplir leurs promesses. Des fonds ont été gelé à cause des préoccupations sur les tensions entre le Hamas et l’AP, et un certain nombre d’autres crises régionales majeures ont réorienté l’aide des donateurs.

L’agression israélienne sur Gaza à l’été 2014 a tué plus de 2200 Palestiniens et près de 70 Israéliens. Des milliers de maisons ont été endommagées ou entièrement détruites par les bombes israéliennes, laissant des dizaines de milliers de Palestiniens avec nulle part où vivre.

Ibrahem el-Shatali qui habite la ville de Gaza à déclaré à Avaaz que beaucoup de ses amis et sa famille étaient toujours sans abri, incapable de reconstruire leurs vies.

« Comment pouvons-nous vivre comme cela, entourés par des gravats, sans espoir ? ... Tout ce que nous voulons sont des matériaux de construction de base et un nouveau départ », a-t-il ajouté.

* Megan O’Toole est un journaliste à Al Jazeera et spécialisée sur le Moyen-Orient. Ses articles traient principalement de droit et de politique. Elle peut être jointe sur @megan_otoole

De la même auteure :

- Les souvenirs de Shujayea - 25 janvier 2015
- Gaza : vivre au milieu des morts - 14 janvier 2015
- Les orphelins de Gaza - 9 janvier 2015

25 août 2015 - Al-Jazeera - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.aljazeera.com/news/2015/...
Traduction : Info-Palestine.eu


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