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Le 1er mai a été une journée formidable pour le renseignement étasunien en Syrie et au Yémen

mardi 12 mai 2015 - 19h:10

Moon of Alabama

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Les Saoudiens multiplient leur soutien à Al-Qaïda et le renseignement américain sélectionne des cibles civiles pour les bombardements.

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Avec l’assistance occidentale, la guerre des Saoudiens contre le Yémen est terriblement meurtrière pour les civils

Les branches de l’armée et du renseignement américains impliquées dans le Commandement central du Moyen-Orient ont célébré le 1er mai n se livrant à une petite compétition sur le choix de cibles hors pair :

Selon une ONG, des frappes aériennes dirigées par les Etats-Unis et ciblant l’Etat Islamique ont tué au moins 52 civils dans un village du nord de la Syrie, samedi dernier.

"Les frappes aériennes de la coalition lancées vendredi au petit matin sur le village de Birmahle dans la province d’Alep ont tué 52 civils", a déclaré Rami Abdel Rahman, le dirigeant de l’Observatoire syrien pour les droits de l’homme.

"Sept enfants ont été tués et 13 personnes sont toujours prises au piège dans les décombres", a-t-il dit.

Abdel Rahman a déclaré à l’AFP que les miliciens kurdes et les combattants rebelles syriens se battaient contre l’EI dans une ville à environ deux kilomètres de là.

"Mais à Birmahle il n’y a que des civils, et pas la moindre position de l’EI, ni le moindre affrontement," a-t-il dit.

Selon Abdel Rahman "pas un seul combattant de l’EI n’a été tué dans les frappes sur le village, ...

C’est déjà beau, mais le groupe de renseignement militaire CentCom qui soutient la guerre saoudienne contre le Yémen a montré qu’il pouvait faire encore mieux :

Une série de frappes aériennes saoudiennes a frappé un hôpital et un camp médical au sud-ouest du Yémen vendredi, tuant au moins 58 civils et en blessant au moins 67, selon deux fonctionnaires locaux du gouvernement yéménite.

La plupart des morts et de blessés étaient des médecins et des patients, ont-ils dit.

L’hôpital Raheda est l’un des hôpitaux les plus grands et les plus actifs de la région. Le camp médical fait partie de l’hôpital.
...
Trois fonctionnaires du gouvernement yéménite locaux ont déclaré que l’hôpital n’avait pas été utilisé par les rebelles Houthis et qu’aucun des morts n’était un combattant rebelle.

Il semble que ce soit l’équipe choisissant les cibles au Yémen qui ait remporté le gros lot.

On trouve le meilleur reportage de la guerre au Yémen dans l’Independent d’aujourd’hui. Il est un peu à côté de la plaque malgré tout, quand il dit que le roi Salman et son fils voient la guerre contre le Yémen "comme un moyen d’assurer leur pouvoir et de se débarrasser des factions rivales dans la famille royale." C’est peut-être une motivation secondaire, mais la vraie raison est plutôt celle que suggère Hillary Mann Leverett :

Ce à quoi nous assistons est la conséquence de la désorientation et de la terreur qui frappent l’Arabie Saoudite devant l’évolution d’une région qui pourrait devenir plus représentative en termes de gouvernance, plus indépendante en termes de politique étrangère. Les Saoudiens tentent d’empêcher le Yémen de prendre son indépendance en matière de politique étrangère et ils ont, à nouveau, décidé de s’engager dans une guerre sans fin aux côtés des États-Unis.

Cette description correspond au fait que les Saoudiens ont commencé les bombardements au moment précis où un accord de partage du pouvoir négocié sous l’égide de l’ONU était sur le point d’être signé au Yémen. Comme l’Independent le dit :

Le commencement de la guerre aérienne saoudienne, il y a cinq semaines, a mis un terme aux négociations qui étaient sur le point d’être conclues pour établir un gouvernement partagé dans la capitale Sanaa, selon l’émissaire de l’ONU Jamal Benomar. Il a dit au Wall Street Journal dans une interview : « Lorsque cette campagne a commencé, il se produisait une chose importante qui a été passée sous silence, à savoir que les Yéménites étaient proches d’un accord qui aurait institué un partage du pouvoir comprenant tous les camps, y compris les Houthis."

Les États-Unis ont soutenu les bombardements depuis le tout début en fournissant aux Saoudiens le renseignement nécessaire. Cela a saboté la solution pacifique de la compétition pour le pouvoir politique au Yémen. Il n’est donc pas surprenant que l’émissaire de l’ONU ait démissionné en signe de protestation. Communiqué du 26 mars :

L’Arabie Saoudite a dit à l’administration Obama et à ses alliés du Golfe Persique, au début de la semaine, qu’elle préparait une opération militaire contre le Yémen voisin, et comptait énormément sur les images de surveillance des États-Unis et sur ses informations de ciblage pour la réaliser, selon de hauts fonctionnaires des Etats-Unis et du Golfe persique.

Depuis cette date, le soutien du renseignement des États-Unis pour les Saoudiens a augmenté. Communiqué du 10 avril :

Les États-Unis accroissent leurs échanges de renseignements avec l’Arabie Saoudite pour lui fournir davantage d’informations sur des cibles potentielles dans la campagne aérienne que le royaume mène contre les milices Houthis au Yémen, ont dit à Reuters des officiels américains.
...
Selon ces officiels américains, cette assistance élargie comprend des données de renseignement sensibles qui permettront aux Saoudiens de mieux évaluer les cibles du royaume dans des combats qui ont tué des centaines de personnes et engendré des milliers de réfugiés depuis mars.

Que vont penser les Yéménites dont les parents ont été tués dans les frappes d’hier contre l’hôpital de ce soutien étasunien ?

Le communiqué de l’Independent cité plus haut comprend également cette phrase qui est, je crois, une première dans les médias mainstream :

[Le roi Salman] n’a pas seulement commencé une guerre aérienne au Yémen, mais il a accru son soutien à Jabhat al-Nusra, la filiale d’Al-Qaida, et à d’autres groupes djihadistes en Syrie. Ceux-ci ont récemment remporté plusieurs victoires dans la province d’Idlib sur l’armée syrienne et les forces loyales au président Bachar al-Assad.

Les Saoudiens soutiennent également Al-Qaïda au Yémen et en poussent même d’autres à les rejoindre :

Haykal Bafana @ BaFana3
Il faut que les journalistes se réveillent et parlent des pressions de l’Arabie saoudite sur les tribus et les leaders de l’Hadramaout* pour qu’ils acceptent la loi d’AQ.

Les Saoudiens multiplient leur soutien à Al-Qaïda et le renseignement américain sélectionne des cibles civiles pour les bombardements.

Quelqu’un peut-il croire que tout cela finira bien ?

Note :

* L’Hadramaout est la région orientale désertique du Yémen, au sud de la péninsule Arabique, ouverte sur le golfe d’Aden, frontalière du Rub al-Khali, et de la région du Dhofar. Cette région est administrativement le gouvernorat d’Hadramaout

2 mai 2015 - Moon of Alabama - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.moonofalabama.org/2015/0...
Traduction : Info-Palestine.eu - Dominique Muselet


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