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Israël a volé ou détruit les antiquités dans Gaza

lundi 13 octobre 2014 - 21h:25

Mohammed Othman

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Khan Younis, bande de Gaza - Jamal Abu Alian, âgé de 50 ans, a passé la plus grande partie de sa vie à rechercher et à acheter des antiquités, remplissant une grande partie de sa maison avec des pièces rares et précieuses.

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L’archéologue amateur palestinien Waleed al-Aqqad montre sa collection d’objets anciens à son domicile transformé en musée, à Khan Younis dans le sud de la bande de Gaza, le 3 avril 2011 - Photo : Reuters/Ibraheem Abu Mustafa

Le petit musée dans le village d’al-Zanna, en bordure de Khan Younis, au sud de la bande de Gaza, représentait les fruits de la collecte d’antiquités par Abu Alian depuis plus de 32 ans. Il avait recueilli près de 5000 antiquités datant de l’âge du Bronze ou de la Pierre, de l’époque romaine et byzantine, et de l’époque plus moderne.

Abu Alian a déclaré à Al-Monitor que après que l’occupation israélienne ait déclaré al-Zanna zone militaire interdite et contraint ses habitants à évacuer les lieux, les soldats israéliens ont envahi sa maison et son musée privé, détruisant et volant les antiquités. « Ils ont complètement détruit environ 70% des collections, partiellement détruit 20% et volé les 10% restants - les pièces les plus rares et les plus précieuses dans mon musée, dont trois statues », a-t-il dit.

Avec grand regret, Abu Alian raconte que sa passion et son dévouement pour la collecte des antiquités ont été détruits par les forces d’occupation. Il a demandé de l’aide à des institutions internationales et arabes ainsi qu’au gouvernement palestinien, de façon à préserver ce qui a été laissé et à récupérer ce qui a été volé.

À Gaza, de nombreux amateurs d’antiquités recueillent des pièces de valeur et transforment les pièces de leur maison en petits musées privés où ils organisent et présentent leurs collections.

Walid al-Oqad, un chercheur d’antiquités, a créé un musée privé au rez de chaussée de sa maison à Khan Yunis. Il a commencé à rechercher des antiquités dans les années 1970 et a acheté de nombreuses pièces à d’autres habitants. Il possède plus de 1200 antiquités.

Oqad, âgé de 65 ans, a déclaré à Al-Monitor que sa pièce la plus ancienne date de plus de 3200 ans, l’âge du Fer. « Les antiquités dans mon musée sont de plusieurs époques. Les pièces les plus anciennes remontent à l’âge du Fer, en 1200 av. J.C, à l’époque grecque, en 332 av. J.C. et à l’époque romaine, en 63 av. J.C, en plus de l’époque byzantine en 350 ap. J.C, ainsi que le monde islamique et les âges modernes. »

Il dit avoir commencé à explorer secrètement dans les années 1970, jusqu’à ce que l’Autorité palestinienne soit entrée dans la bande de Gaza en 1994. « J’ai continué en secret la recherche et la collecte des antiquités pendant l’occupation israélienne du territoire, de sorte que les Israéliens ne puissent pas mettre la main sur ces antiquités et les détruire, » dit-il encore.

Selon Oqad, des étrangers ont estimé ses antiquités à des millions. Toutefois, il a rejeté leurs offres parce qu’il estime que les antiquités sont inestimables.

Bien que la maison et le musée de Oqad sont à l’écart des frontières, plusieurs de ses antiquités ont été endommagées ou détruites par les bombardements répétés à proximité au cours de la série de guerres contre la bande de Gaza.

Le ministère du Tourisme et des Antiquités de la bande de Gaza attend d’avoir terminé la liste des antiquités détruites par la guerre de 51 jours contre Gaza, avant de présenter ses plaintes aux institutions arabes et internationales comme l’Unesco, l’Organisation de la culture arabe et des organisations de défense droits de l’homme.

Mohammad Khalleh, le représentant du ministère dans la bande de Gaza, a déclaré à Al-Monitor que 41 sites historiques ont été enregistrés à ce jour, dont une mosquée, une église, une maison et un ancien bain endommagé ou détruit, en plus de milliers d’antiquités entreposées par les habitants.

Khalleh ajoute que sept musées privés de la bande de Gaza détiennent environ 8000 antiquités. Cependant, il a mentionné la possibilité qu’il y ait d’autres musées non répertoriés, car certains propriétaires ne font pas ouvertement état de leurs collections.

Khalleh explique aussi que la loi sur les antiquités palestiniennes a été adoptée pour remédier à la situation des musées privés. « La loi stipule que les propriétaires de musées privés gardent leurs antiquités, mais celles-ci ne peuvent pas être échangés car elles sont la propriété de l’État. Lorsque le propriétaire décède, l’État doit prendre possession des antiquités et fournir aux héritiers une compensation financière. »

Khalleh dit que le ministère du Tourisme et des Antiquités avait préparé un projet d’envergure en 2010 - dépassant un coût de 5 millions de dollars - pour mettre en place un grand musée avec plusieurs ailes de façon à exposer les antiquités des musées privés. Chaque aile serait nommée d’après le propriétaire privé du musée. Toutefois, en raison d’un manque de financement, le projet n’a pas encore démarré.

En dépit du grand intérêt de certains habitants de Gaza pour la collecte des antiquités, leurs collections souffrent toujours d’une absence d’aide du gouvernement pour les protéger, à la fois de l’occupation israélienne et des voleurs.

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* Mohammed Othman est un journaliste de la bande de Gaza. Il est diplômé de la Faculté des médias au département de la Radio et de la Télévision à Université Al-Aqsa, à Gaza en 2009.

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3 octobre 2014 - Al-Monitor - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.al-monitor.com/pulse/ori...
Traduction : Info-Palestine.eu - Naguib


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