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Les hôpitaux de Gaza au bord du gouffre en raison des coupures d’électricité

vendredi 25 juillet 2014 - 07h:14

Mohammed Othman

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Dans le cadre de son offensive, Israël a bombardé l’infrastructure électrique de la bande de Gaza, entrainant des pannes d’électricité pouvant durer jusqu’à 21 heures par jour.

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22 juillet 2014 - Un médecin palestinien à l’hôpital Al-Aqsa, situé dans le centre de la bande de Gaza et endommagé par un bombardement israélien - Photo : Reuters/Ibraheem Abu Mustafa

Les coupures d’électricité à Gaza dépassent les 21 heures par jour depuis la destruction de la plupart des transformateurs électriques par Israël le 17 juillet, jour du lancement de son offensive terrestre contre la bande de Gaza.

Les pannes d’électricité constituent un danger supplémentaire pour les habitants, notamment dans le secteur de la santé, tandis que les hôpitaux travaillent sans relâche pour prendre en charge le grand nombre de victimes du pilonnage d’Israël.

Bassam Al-Hamadin, directeur général des services d’ingénierie et de maintenance au sein du ministère de la Santé à Gaza, a déclaré que les pannes d’électricité touchant la bande de Gaza durent depuis presque cinq jours. L’approvisionnement en électricité par le gouvernement a été interrompu dans certains hôpitaux.

Lors d’une interview avec Al-Monitor, Bassam Al-Hamadin a indiqué que le personnel des hôpitaux était contraint de travailler en permanence à l’aide de générateurs électriques. « Il y a trois jours, l’électricité a été rétablie dans certains hôpitaux, mais le problème subsiste au complexe médical Nasser et à l’hôpital européen de Khan Younès. [Ces deux hôpitaux] utilisent des générateurs en permanence en raison de la pénurie d’électricité et de la destruction du réseau qui leur est adjacent ».

Les pannes d’électricité présentent un danger important pour les services médicaux, notamment parce que les générateurs installés dans les hôpitaux ne peuvent fonctionner pendant de longues périodes. Ils épuisent également les stocks de carburant des hôpitaux.

Bassam Al-Hamadin a précisé qu’en cas d’arrêt brutal des générateurs électriques, les patients se trouveraient en grand danger. « Compte tenu de l’agression israélienne continue envers Gaza, les hôpitaux regorgent de personnes blessées et malades - notamment dans les unités de soins intensifs où les patients attendent des interventions chirurgicales - de bébés placés dans des incubateurs ou de patients sous dialyse. En cas de défaillance des générateurs des hôpitaux, les soins seront interrompus et les patients se trouveront par conséquent en danger de mort. Il s’agirait d’une catastrophe sanitaire majeure », a-t-il déclaré.

Les pannes d’électricité ont également nuit aux services municipaux de Gaza, tels que la distribution de l’eau ou l’évacuation des eaux usées. Montaser Shehata, directeur du service des espaces verts et responsable officiel de services municipaux à Gaza, a déclaré que les pannes d’électricité avaient porté atteinte aux services municipaux de Gaza, et indiqué que le nombre d’heures de fonctionnement de la plupart des pompes à eau électriques de la ville avait été fortement réduit.

Lors d’une interview avec Al-Monitor, il a déclaré que « les citoyens de Gaza, qui sont plus de 1,85 millions, se plaignent en permanence du manque d’eau lié aux pannes d’électricités qui durent plus de 21 heures par jour. [L’électricité permet de faire fonctionner les pompes à eau qui] alimentent leurs maisons et immeubles d’habitation. Certains citoyens ne peuvent accéder à l’eau que pendant une demi-heure. [Le pompage de l’eau] s’interrompt ensuite à cause des pannes d’électricité ».

En outre, la question de l’électricité affecte les pompes d’eaux d’égout qui acheminent les eaux usées vers les bassins de traitement. Celles-ci se déversent par conséquent dans la mer ou à l’intérieur des maisons, ce qui entraîne d’importants risques environnementaux et sanitaires.

Montaser Shehata ajoute que « ce problème affecte indirectement le secteur des déchets solides puisque le stock de gasoil destiné aux camions à ordures est utilisé pour les puits et les pompes d’eaux d’égout, entraînant un déséquilibre. Si la crise persiste, la bande de Gaza sera confrontée à une catastrophe environnementale ».

Jama Al-Dardasawi, directeur des relations communautaires de la société de distribution d’électricité de la bande de Gaza, a déclaré que les bombardements israéliens avaient touché des lignes électriques et de nombreux réseaux de distribution. Il a souligné que cette situation avait commencé avec la guerre terrestre israélienne. Il ajoute que « les principales lignes électriques de la société israélienne à Gaza avaient toutes été touchées et mises hors service, faisant perdre une grande quantité d’électricité à la ville ».

Lors d’une interview avec Al-Monitor, Jama Al-Dardasawi a déclaré que « compte tenu du caractère récurrent de la crise, la bande de Gaza recevait environ 120 mégawatts d’électricité d’Israël, soit 60 % de l’électricité totale de Gaza. Au début de la guerre israélienne, nous avons perdu deux lignes électriques, puis une troisième dans la région de Khan Younès et au centre de la bande de Gaza il y a environ 10 jours. Elles n’ont pas encore été réparées. Avec le début de la guerre terrestre il y a environ cinq jours, le reste des lignes israéliennes a été touché. Neuf des dix lignes qui alimentent la bande de Gaza en électricité sont hors service ».

Selon Jama Al-Dardasawi, la situation de Gaza quant à l’approvisionnement en électricité est « très difficile ». Il précise que « l’occupation a visé trois lignes de la centrale locale de Gaza. Le reste de l’électricité est produit par la centrale nationale. Elle est ensuite transmise aux centres de consommation et de distribution via les lignes restantes à une faible puissance. Deux autres lignes électriques reliant l’Égypte à Rafah au sud de la bande de Gaza ont également été visées. Seuls 17 % de l’électricité alimentant Gaza persistent ».

Il ajoute que « [la distribution du] reste de l’électricité dans la bande de Gaza ne peut être planifiée », et a annoncé les plans de rationnement aux citoyens. Il précise que les sociétés de distribution d’électricité doivent obtenir l’approbation préalable de l’armée israélienne pour réparer les lignes, et ajoute que « le temps d’attente pour la réponse israélienne dépend de l’humeur de l’armée, et pourrait durer des semaines ».

Jama Al-Dardasawi indique que, dans la situation actuelle, les hôpitaux de Gaza sont dans l’impossibilité « d’utiliser des générateurs spéciaux pendant 10 heures par jour en raison des contraintes budgétaires liées au coût élevé du gasoil, qui peut monter jusqu’à deux dollars [soit environ 1,49 euros] par litre ». Il met en garde contre une aggravation de la situation humanitaire si la pénurie d’électricité persiste.

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* Mohammed Othman est un journaliste de la bande de Gaza. Il est diplômé de la Faculté des médias au département de la Radio et de la Télévision à Université Al-Aqsa, à Gaza en 2009.

Du même auteur :

- Enthousiasme des filles dans les clubs hippiques de Gaza ! - 22 mai 2014
- Gaza, une population qui explose - 30 avril 2014

22 juillet 2014 - Al-Monitor - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.al-monitor.com/pulse/ori...
traduction : Info-Palestine.eu - Claire L.


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