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Chaque crime israélien renforce le soutien populaire au Hamas

samedi 12 juillet 2014 - 22h:07

Mohammed Omer

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Cachés profondément dans le sous-sol, éparpillés et hors de vue, la plupart des dirigeants du Hamas sont familiers avec ce mode de survie en faisant en sorte de rendre la tâche difficile aux avions israéliens.

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Incapables de frapper de façon significative la résistance, l’occupant israélien pratique la terreur en frappant les zones résidentielles dans Gaza - Photo : Al-Jazeera/Wissam Nassar

À la surface, cependant, les forces israéliennes ont continué à cibler leurs maisons et les familles avec des missiles tirés par des F16, qui régulièrement, disent les habitants, frappent les mauvaises cibles et s’abattent sur des familles entières qui n’ont rien à voir avec le groupe de la résistance palestinienne.

Pourtant, malgré le nombre croissant de morts et de destructions dans la bande de Gaza, il y a un sentiment général ici que plus Israël pilonne la bande de Gaza, plus le Hamas gagne en popularité. C’est un tournant pour l’organisation dont la popularité avait fait un plongeon après ses 7 années d’administration de Gaza.

« Dans le passé, nous avions l’habitude de mettre la responsabilité du siège que nous subissons sur le Hamas, en raison de leurs politiques, » déclare Mofeed Abu Shamala, rédacteur en chef du journal Al Mujtama de Gaza. « Mais depuis l’agression israélienne, nous avons une bien meilleure perception du Hamas et je pense qu’ils commencent à devenir plus populaire dans la population. »

Le vendredi, les F16 israéliens et leurs roquettes ont continué à tourmenter la bande de Gaza, faisant à ce jour 105 morts palestiniens et en blessant au moins 750, transformant plus de 200 maisons en ruines, laissant des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants sans abri, leurs biens détruits et leurs vies en lambeaux.

Les autorités israéliennes disent avoir lancé 1100 frappes aériennes - ou un raid aérien toutes les 4,5 minutes - depuis l’offensive lancée ce mardi. Pendant ce temps, on estime que 460 roquettes et obus de mortiers ont été tirés en représailles depuis Gaza au cours des quatre derniers jours, des dizaines étant interceptés par le système de défense d’Israël.

A Gaza, les habitants sont inquiets au sujet d’une possible invasion au sol, une option que les dirigeants israéliens ont dit envisager, et qui a vu 33 000 réservistes de l’armée appelés pour sa préparation.

À la limite de la barrière de séparation électrifiée séparant Israël et la bande de Gaza, les chars israéliens se sont rassemblés depuis plusieurs jours.

Les civils pris pour cible

La majorité des habitants de Gaza étaient sous le choc vendredi, face à l’intensité des frappes aériennes israéliennes et la fréquence des attaques menées sur les maisons d’habitation. Les forces israéliennes ont, disent-ils, intentionnellement pris pour cible des civils.

Jeudi 14 heures, alors que le nombre de morts était de 94, le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires a déclaré que 77 pour cent des personnes tuées dans la bande de Gaza étaient des civils, dont 11 femmes et 21 enfants.

Tôt vendredi matin, le médecin palestinien Anas Abuelkas a été tué lorsque sa maison a été frappée vers 3h30 du matin par trois missiles de F16 israéliens. Alors qu’il dormait, son corps a été éclaté en morceaux, retrouvés éparpillés autour de son appartement.

L’assassinat du médecin à déclenché la colère dans son quartier de Tal el Hawa à Gaza. Les voisins disent qu’il n’était affilié à aucun parti politique et qu’il était un médecin sérieux et dévoué. L’emplacement de sa maison n’a fourni guère d’explication aux habitants : son appartement était à côté de Farha, une association qui fournit des prêts aux jeunes couples de Gaza qui éprouvent des difficultés financières pour se marier.

Mahmoud Al Najjar, un habitant de Khan Younis, était profondément traumatisé lorsque lui-même et d’autres personnes ont recueilli les restes de huit membres de la famille Al Hajj tués dans un raid aérien jeudi soir, qui a également coûté la vie à plusieurs de ses voisins.

« Comment les Israéliens peuvent-ils prétendre qu’ils ne visent pas les civils ? », a déclaré Al Najjar. « Si Israël prétend vouloir arrêter des attaques de roquettes, pourquoi attaquent-ils des gens qui dorment dans leurs maisons ? »

« Cela me hante »

Sharif Mustafa, un employé de 36 ans et père de trois enfants, a dit que ses voisins à Rafah, la famille Ghanam, étaient sûrement la mauvaise cible.

« Les forces israéliennes devaient avoir pour but de frapper la maison de Jihad Ghannam - un membre du Jihad islamique - mais elles ont frappé ses cousins ​​pendant qu’ils dormaient », dit Mustafa.

« [C’est] une famille très pauvre et pacifique, qui ne s’immisce pas dans la vie des autres », a-t-il dit.

« Mais Israël se soucie-t-il de qui a été visé ou tué ? » se demande-t-il à haute voix.

L’ensemble du quartier de Yebna, une zone de Rafah qui était l’un des endroits les plus durement touchés cette semaine, chancela sous le choc vendredi à la vue des dommages causés à la maison de la famille Ghannam.

Une équipe de secours improvisé de résidents a fouillé la maison de quatre étages, à présent un tas de décombres, à la recherche des corps de leurs voisins.

Alors que le corps brûlé de Kifah Shihada Dib Ghannam, âgée de 20 ans, était retiré des débris, les voisins debout derrière Mustafa se sont mis à pleurer quand ils ont reconnu la jeune mère avec qui ils avaient prié le jeudi soir.

Le corps de Ghalia Ghannam, âgée de 7 ans, a également été découvert dans les décombres sous les yeux de Mustafa.

« Je n’arriverais jamais à imaginer que mes enfants soient parmi ces enfants, » dit-il.

« J’ai juste le sentiment que c’est l’un des miens et cela me hante. »

Une femme âgée non identifiée, également tuée dans l’attaque, a été la plus touchée, ont dit les voisins. Son corps a été transporté à l’hôpital, complètement brûlé, incitant un groupe local de défense des droits humains à exiger une une enquête sur les armes qu’Israël utilise.

Au cours de l’Opération Plomb Durci, l’attaque d’Israël sur Gaza à la fin 2008 et au début 2009, les médecins internationaux dans les hôpitaux de Gaza avaient fait remarquer que les corps portaient des symptômes inhabituels, attribués à l’utilisation par Israël de DIME expérimentaux (des explosifs Dense Inert Metal), armes-fléchettes en acier et du phosphore blanc.

« Les fusées israéliennes contiennent des produits chimiques et des matériaux toxiques, et il est vital que les groupes internationaux viennent et examinent les éléments de preuve », a déclaré Mohammed Al Jamal du réseau des organisations palestiniennes de défense des droits humains.

Une différence majeure entre l’offensive israélienne en cours sur Gaza et celles de 2012 et 2008, dit Al Jamal, est le fait que cette semaine les bombardements d’Israël ont lieu aussi la nuit, dans le but de maximiser le nombre de victimes.

Plusieurs habitants de Gaza ont dit à MEE que les frappes aériennes de cette semaine ont semblé augmenter en fréquence lors de l’Iftar, le repas du soir de rupture du jeûne pendant le Ramadan. Avec l’électricité souvent coupée dans la grande majorité des maison de Gaza après 22 heures, cela signifie que dans de nombreux cas, les Gazaouis subissent les pires frappes en étant dans l’obscurité.

« Cibler les civils est un crime de guerre, et tous les signataires des Conventions de Genève, doivent prendre des mesures immédiatement », a déclaré à Al Jamal à MEE.

Pourparlers de cessez-le feu

Jeudi, le président américain Barack Obama et le Premier ministre israélien Netanyahu ont parlé par téléphone pour la première fois depuis le début de l’offensive. Obama a proposé de faciliter les négociations de cessez-le entre Israël et le Hamas.

Que les États-Unis soient en contact direct avec le Hamas reste à voir. Mais le Qatar et la Turquie sont susceptibles de servir de médiateur, dit Al Jamal.

Le Hamas a accusé Israël de revenir sur les termes du cessez de 2012, négocié par le président égyptien Morsi.

S’exprimant pour la première fois depuis que l’offensive a commencé, Mahmoud Zahar, dirigeant politique du hamas, a déclaré dans une déclaration enregistrée ce vendredi et diffusée par la chaîne satellitaire Al Aqsa, que le Hamas n’avait pas peur des menaces d’Israël et que son agression échouera. Zahar a fait allusion au fait qu’Israël aurait à faire amende honorable pour avoir brisé l’accord de cessez-le feu.

« Israël a commencé la guerre, et c’est nous qui préparerons le document qu’Israël devra signer », a déclaré Zahar.

Bien qu’une déclaration de la Maison Blanche publiée plus tôt cette semaine a exprimé sa préoccupation au sujet des attaques israéliennes, de nombreux habitants de Gaza estiment que la position américaine est biaisée, et ils regarderont de près comment les États-Unis contribueront à la fin à la violence dans la bande sous blocus.

11 juillet 2014 - Middle East Eye - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.middleeasteye.net/news/r...
Traduction : Info-Palestine.eu - Al-Mukhtar


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