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Le CRIF condamné pour diffamation

jeudi 17 avril 2014 - 06h:37

Ali Abunimah

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La plus haute cour d’appel française a condamné la principale organisation juive du pays à verser des dommages et intérêts à un organisme de bienfaisance soutenant les Palestiniens, pour avoir prétendu de façon mensongère que celui-ci recueillait des fonds au profit du Hamas [mouvement de la résistance islamique].

Le jugement rendu le 11 mars dernier par la Cour de cassation de la ville de Nancy a été rapporté par le site Al Kanz cette semaine .

En juin 2010, le CRIF, principal groupe de coordination des organisations juives de France, a publié un article de Marc Knobel qui prétendait que le Comité de Bienfaisance et de Secours aux Palestiniens - connu sous son sigle français de CBSP – collectait en réalité des fonds pour le Hamas.

L’article a été publié quelques jours après que les forces israéliennes aient pris d’assaut dans les eaux internationales le navire Mavi Marmara - qui faisait partie d’une flottille en route pour Gaza - assassinant neuf civils.

Youcef Benderbal, un des responsables du CBSP, était à bord du navire et il a été emmené de force comme les centaines d’autres passagers, au port d’Ashdod sous contrôle israélien.

Dans les jours qui ont précédé et suivi la tuerie, le gouvernement israélien avait engagé une intense campagne de propagande pour calomnier les militants à bord de la flottille, les présentant comme de dangereux extrémistes et terroristes.

Selon son propre site web, le CBSP, fondé en 1990, agit en faveur des réfugiés palestiniens au Liban et en Jordanie et soutient des projets tels que la construction de systèmes de purification de l’eau pour Gaza.

Diffamation

Knobel a collaboré avec un certain nombre d’organismes communautaires et pro-israéliens juifs en France, dont le Centre Simon Wiesenthal, et est présenté par le CRIF comme un chercheur de premier plan.

Knobel a écrit un certain nombre d’articles attaquant la campagne pour le boycott, le désinvestissement et les sanctions (BDS) et appelé les autorités françaises à poursuivre des militants BDS – une requête à laquelle certaines autorités judiciaires du pays ont vigoureusement souscrit.

Le tribunal a jugé que l’article de Knobel, repris par le Centre Simon Wiesenthal et « accusant le CBSP de collecter de l’argent pour le Hamas est diffamatoire », car aucune preuve n’a été fournie à l’appui.

Le jugement a également constaté que l’affirmation de l’article selon quoi le CBSP était classé comme organisation « radicale » par les autorités françaises, était fausse et donc « diffamatoire ».

Le tribunal a ordonné au [ainsi-nommé] chercheur qui a rédigé l’article ainsi qu’au CRIF qui l’a publié, de payer au CBSP le montant de 3000 euros (environ 4200 dollars US) de dommages et intérêts .

L’article diffamatoire a été retirée du site internet du CRIF.

Les pratiques diffamatoires du CRIF

Le CRIF a été impliqué à d’autres occasions dans la propagation d’accusations mensongères.

Il y a un an , le président du CRIF Richard Prasquier avait dû présenter ses excuses pour diffusion de « fausses nouvelles » après avoir prétendu que le réalisateur israélien Yariv Horowitz avait été « lynché »lors d’une visite en France dans ce qu’il disait être une agression antisémite conduite par des « Arabes ».

Attaques contre les groupes pro-palestiniens

L’article diffamatoire du CRIF ressemble à une attaque similaire, également lancée en 2010, contre le Centre Palestinien pour le Retour (PRC), une organisation basée à Londres de défense [des Palestiniens].

Comme The Electronic Intifada l’a signalé, l’armée israélienne a publié des communiqués accusant sans la moindre preuve le PRC d’être une « organisation affiliée au Hamas » et « impliquée dans le lancement et l’organisation d’actions radicales et violentes contre Israël en Europe. »

Comme je l’indique dans mon livre, les autorités britanniques ont dit n’avoir jamais reçu d’information en provenance d’Israël appuyant ces allégations, et n’ont jamais pris la moindre mesure à l’encontre du PRC.

Cette campagne de diffamation fait partie de la stratégie israélienne « de sabotage » et « d’agression » contre le mouvement de solidarité avec la Palestine.

Les fausses accusations du CRIF contre le CBSP s’apparentent à cette initiative [contre le PRC] et visent à discréditer les groupes de la société civile qui maintiennent sous l’oeil du public les crimes d’Israël contre les Palestiniens.

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* Ali Abunimah est l’auteur de "One Country, A Bold Proposal to End the Israeli-Palestinian Impasse". Il a contribué à "The Goldstone Report : The Legacy of the Landmark Investigation of the Gaza Conflict". Il est le cofondateur de la publication en ligne The Electronic Intifada et consultant politique auprès de Al-Shabaka, The Palestinian Policy Network.

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11 avril 2014 - The Electronic Intifada - Vous pouvez consulter cet article à :
http://electronicintifada.net/blogs... - Traduction : Info-Palestine.eu


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