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Le boycott local d’Israël dans l’esprit de résistance de Gaza

vendredi 7 mars 2014 - 06h:47

Joe Catron

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Les organisations agricoles de la bande de Gaza travaillent avec des groupes académiques et autres de la société civile pour préparer la Semaine de l’Apartheid Israélien. (IAW). Des actions locales auront lieu dans le cadre du mouvement BDS du dimanche 9 mars au jeudi 13 mars dans l’ enclave côtière assiégée.

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Les restrictions dont Israël accable les pêcheurs de Gaza sont un exemple d’apartheid, clament les activistes (Ashraf Amra / APA images)

« Pour le dernier jour, je puis vous garantir que nous aurons une belle activité » dit Saad Ziada, coordinateur sur le terrain avec l’UAWC dans la Bande de Gaza et ses représentants du comité préparatoire local de la Semaine de l’Apartheid. « J’attends six à sept cents participants au bas mot ».

L’ONG palestinienne UAWC organisera le dernier des événements locaux de cette année, un rassemblement d’agriculteurs et de pêcheurs dans le port de mer de Gaza, le 13 mars prochain.

Pourquoi dans le port de Gaza ? Ziad répond : « Parce que les pêcheurs palestiniens ont interdiction d’y entrer et d’utiliser notre mer pour leurs ressources. Pendant ce temps, les Israéliens se servent librement de nos eaux, de notre mer. C’est un exemple flagrant de la discrimination et de la ségrégation des politiques d’Israël ».

Ils visent les agriculteurs et les pêcheurs

Publié il y a un mois par le Centre Palestinien pour les Droits de l’Homme (PCHR) basé à Gaza et par le Internal Displacement Monitoring Centre IDCM, (L’Observatoire des Situations de Déplacement Interne) à Genève, le rapport conjoint de ces deux organisations expose « 522 cas documentés d’incidents par balles » ciblant des pêcheurs en mer. Conséquences : on déplore 9 morts civils, 47 blessés et 422 détentions » survenus au large de Gaza entre 1997 et le 30 novembre 2013. 

Pour cette même période, le rapport établit : « Les faits dont nous disposons suggèrent que des centaines d’agriculteurs étaient sans arme quand on leur a tiré dessus pour les blesser ». (“Under fire : Israel’s enforcement of access restricted areas in the Gaza Strip,”) janvier 2014 - voir le PDF.

Il y a un an, l’UAWC tenait un meeting dans le port et un autre dans la zone dite « zone-tampon » près de la barrière de séparation enfermant la bande de Gaza, afin de soutenir le boycott des produits agricoles israéliens.

Ces événements faisaient partie de la campagne « Farming Injustice » (« Cultures d’injustices »), qui organisait des actions dans la bande de Gaza, en Cisjordanie ainsi que dans une quarantaine de villes européennes.

« Cette année-ci, nous voulons activer le boycott des produits israéliens dans la bande de Gaza » dit Ziad. « Nous souhaitons que les agriculteurs et les pêcheurs soient impliqués dans ces actions, pour en savoir plus sur le boycott et la normalisation ».

« Le mouvement de boycott ne doit pas se restreindre aux étudiants et aux universitaires » ajoute Mohamed Abou Samra, un activiste de la Campagne des Etudiants Palestiniens pour le Boycott Académique d’Israël. « Il doit inclure tous les secteurs de la société palestinienne ».

Membre lui aussi du Comité préparatoire, Abou Samra a aidé à planifier une série d’exposés, de films et de présentations dans la Salle municipale de Nuseirat, à la Société Palestinienne du Croissant Rouge et au Centre de Développement des Femmes (WDC).

Il a également travaillé avec d’autres militants gazouis pour filmer la vidéo de promotion pour la Semaine de l’Apartheid israélien.

« Le mouvement BDS nous procure un vaste espace pour que la majorité de la population puisse participer à une forme de résistance, et ça marche » dit Abou Samra.

Ateliers BDS

L’Arab Center for Agricultural Development (ACAD), autre organisation participant à l’IAW, a organisé une campagne encourageant les agriculteurs de la bande de Gaza à boycotter les produits agricoles israéliens.

« L’an dernier, nous avons organisé trois ateliers sur le mouvement BDS avec des agriculteurs et d’autres groupes » dit Abir Abou Shawish, coordinatrice du projet au Centre arabe pour le Développement agricole et membre du Comité préparatoire de l’IAW. « Ces ateliers sont toujours en cours. Nous les poursuivons afin de toucher tous les agriculteurs de Gaza et de les encourager à soutenir BDS ».

Le Centre va braquer les projecteurs sur son autre campagne majeure, organisant l’accompagnement des oléiculteurs pendant la période de récolte en Cisjordanie et il la coordonnera cette année avec le Comité National BDS, dit Abir Abou Shawish.

Le Centre projette d’accroître ses activités de boycott dans la Bande de Gaza.
« L’ACAD va recruter un coordinateur juste pour BDS, il sera responsable de toutes les activités que nous aurons dans la campagne BDS », dit Abir. « Nous mènerons davantage d’actions dans tous les gouvernorats de Gaza, en coopération avec nos partenaires de Cisjordanie. Nous produisons aussi des affiches, des lettres d’information, des médias sociaux, des annonces à la radio et d’autres outils publicitaires. C’est un programme majeur dans notre calendrier stratégique de cette année ».

Un vrai défi pour une population sous embargo

Malgré l’enthousiasme que suscite le mouvement BDS dans des groupes de la société civile comme l’ACAD et les comités de l’IAW, la mise en œuvre dans la bande de Gaza sous occupation et sous embargo pose un défi.

« Vous ne pouvez pas demander aux gens de ne pas acheter quelque chose alors qu’ils n’ont aucune alternative, surtout depuis la fermeture des tunnels » dit Mohsen Abou Ramadan, directeur de l’ACAD à Gaza et l’un des trois représentants du réseau des ONG palestiniennes dans le Comité National BDS. « La plupart des marchandises arrivent maintenant [d’Israël] par [le passage de] Kerem Shalom »

Abir Abou Shawish convient que le blocus constitue le principal obstacle pour le boycott d’Israël à Gaza.

« La principale difficulté, c’est que pour énormément de produits, nous n’avons pas d’alternatives » dit-elle. « Nous ne pouvons pas cesser de tous les utiliser. Si nous n’avons pas de produit alternatif, qu’il soit local national ou international, nous devons nous servir du produit israélien ».

Mais le boycott local a une valeur culturelle, dit-elle, même si son impact économiue est forcément limité. C’est une forme de résistance. Les gens peuvent le faire eux-mêmes, sans aucun frais ».

« Nous tentons de faire du boycott une culture, qui participe de la mentalité de résistance » dit Abou Ramadan.

L’IAW à Gaza et les actions BDS en général contribuent fortement à un effort global, selon Abou Samra.

« Tout cela augmente la conscience BDS parmi les gens de la communauté palestinienne et soutient le mouvement BDS hors de Palestine. BDS a réussi dans le passé, en Afrique du Sud, et nous pensons qu’il réussira à faire mettre un terme à l’occupation maintenant ».

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* Joe Catron : New-Yorkais membre de ISM, Catron est un militant et journaliste qui vit à Gaza. Il a co-édité The Prisoners’ Diaries : Palestinian Voices from the Israeli Gulag, une anthologie de récits de prisonniers libérés en 2011. Son blog : http://joecatron.wordpress.com - son compte twitter : @jncatron.

3 mars 2014 - The Electronic Intifada - Vous pouvez consulter cet article à :
http://electronicintifada.net/conte...
Traduction : Info-Palestine.eu - AMM


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