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Bil’in : Un jardin sort des grenades lacrymogènes israéliennes

jeudi 10 octobre 2013 - 11h:24

Ma’an

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Les gens de Bil’in ont transformé les bombes de mort en un jardin de vie.

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Bassem Ibrahim Abu Rahme pendant une manifestation contre le mur dans le village de Bil’in, 25-7 2008
(Photo d’archive de Oren Ziv/Activestills.org)




Subhiya Abu Rahmah, mère de deux enfants assassinés par les forces israéliennes, se rend chaque jour à l’endroit où l’un d’eux, son fils Bassem, a été abattu. Elle amène avec elle une bouteille d’eau pour arroser les fleurs plantées à l’intérieur des grenades lacrymogènes, dans son jardin, dans son village de Bil’in.

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Ce jardin a été aménagé autour de la tombe de Bassem Abu Rahmah, dirigeant du mouvement de protestation de Bil’in, assassiné par les forces israéliennes en 2009, touché à la poitrine par une grenade lacrymogène.

Les habitants de Bil’in, village palestinien du centre de la Cisjordanie, proche de Ramallah, ont commencé à se servir des enveloppes des grenades lacrymogènes israéliennes lancées sur leur village, comme de pots pour en faire un jardin de fleurs naissant.

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Depuis 2005, les villageois de Bil’in manifestent chaque semaine contre le mur de séparation israélien qui traverse leur village et leurs terres confisquées à des agriculteurs locaux. Aujourd’hui, des manifestations hebdomadaires identiques ont lieu en d’autres villages palestiniens dans toute la Cisjordanie, dans un vaste mouvement de résistance contre le mur de séparation israélien.

Les forces israéliennes lancent des milliers de bombes lacrymogènes sur les manifestants palestiniens lors des manifestations hebdomadaires du village. Les Palestiniens, cependant, ont transformé ces bombes lacrymogènes en un jardin de fleurs. Un jardin de grenades lacrymogènes qui couvre 150 m².

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Subhiya Abu Rahma : « Je sens que Bassem est toujours autour de moi. Je me sens bien parce que je viens ici pour arroser ces fleurs. Il aimait les fleurs. Mes sentiments ne peuvent pas se décrire ; les sentiments d’une mère. Je sens que mon cœur est brisé et triste.  »

Israël a bouclé son enquête sur la mort d’Abu Rahma en septembre dernier, invoquant un manque de preuve.

Trois séquences vidéo filmées durant la manifestation prouvent qu’Abu Rahmah ne commettait aucun acte violent et ne mettait pas en danger les soldats, en aucune façon.

On peut voir d’autres soldats, sur la même vidéo, en train de lancer des grenades lacrymogènes, en tir direct, sur des manifestants et ce, en présence d’officiers supérieurs, et en violation totale des instructions pour l’ouverture du feu.

Grâce à leurs manifestations hebdomadaires, les habitants de Bil’in ont contraint les forces israéliennes à restituer plus de 1200 dunums (120 ha) de terres du village qu’elles avaient confisqués. Ils refusent de cesser leurs manifestations cependant, tant qu’ils n’auront pas récupéré la totalité des terres qui leur ont été volées.

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Les gens de Bil’in ont transformé les bombes de mort en un jardin de vie.

Les territoires palestiniens internationalement reconnus, notamment la Cisjordanie et Jérusalem-Est, sont occupés par les soldats israéliens depuis 1967.

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Israël a commencé l’édification du mur de séparation en 2002, et son tracé est la cible de manifestations régulières par les villes et villages riverains dont la terre se trouve amputée. Israël s’empare régulièrement de vastes bandes de terres palestiniennes afin de monter son mur. Quand cette barrière de 435 miles sera terminée, 85 % en auront été construits à l’intérieur même de la Cisjordanie occupée.

En 2004, la Cour internationale de Justice a jugé que le mur de séparation était illégal et « équivalait à une annexion ».





Lire notamment :

- Bil’in : un village en deuil - Renee Lewis - 7 janvier 2011
- Le premier martyr de la Nouvelle Année - Dr Muzaffar - 4 janvier 2011
- Jawaher, assassinée à Bi’lin par l’armée israélienne - Al Jazeera - 2 janvier 2010
- Bil’in : condamnation et larmes - Palestine Monitor - 28 août 2010
- Bi’lin : un village qui ne capitulera jamais - Palestine Monitor - 10 mai 2009

Ramallah, le 8 octobre 2013 - Ma’an - Photos AP/Majdi Mohammed - traduction : Info-Palestine/JPP


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