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TIAA-CREF laisse tomber SodaStream

mercredi 31 juillet 2013 - 06h:48

We divest.org

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La décision prise par TIAA-CREF survient alors que la campagne internationale pour le boycott des sociétés opérant dans les colonies illégales est en train d’acquérir une influence prépondérante.

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Communiqué de presse

Le fonds de pension géant TIAA-CREF a retiré la société israélienne de plus en plus controversée SodaStream (NASD:SODA) de son portefeuille. En mars 2013, les données financières publiées sur le site de TIAA-CREF évaluaient les actions de SodaStream à 9 444 292 dollars. D’après les données financières aujourd’hui disponibles, elles sont égales à zéro.

« Quelle que soit la raison pour laquelle TIAA-CREF a laissé tomber SodaStream, nous prenons cette décision comme une décision de conscience », affirme Sydney Levy, de la campagne We Divest . « Alors que SodaStream pourrait être un investissement rentable, elle se trouve socialement en faillite, opérant depuis une colonie israélienne illégale, en Cisjordanie occupée. »

Demain, 16 juillet, des militants des droits humains manifesteront dans une douzaine de villes du pays devant les bureaux locaux de TIAA-CREF, pendant que ses actionnaires se réuniront à Charlotte, Caroline du Nord, pour l’assemblée annuelle des actionnaires de la société. L’assemblée annuelle n’a pas prévu de voter sur une résolution qui est présentée par plus de 200 actionnaires de TIAA-CREF, et qui demande au fonds de pension géant de se désinvestir des sociétés impliquées dans des violations flagrantes des droits humains, dont ces sociétés desquelles les produits sont utilisés par l’armée israélienne pour perpétrer des violations graves et systématiques contre les Palestiniens, pour renforcer une occupation militaire israélienne qui dure depuis 46 ans et la colonisation des terres palestiniennes. C’est la deuxième fois que les dirigeants de TIAA-CREF refusent de laisser les investisseurs voter une résolution d’actionnaires appelant TIAA-CREF à se désinvestir de sociétés comme Veolia, Caterpillar, et Northrup Grumman, qui font de l’argent avec la ségrégation des services, les démolitions de maisons, la violence militarisée et d’autres violations des droits humains.

SodaStream est la deuxième société ciblée pour être désinvestie par les groupes internationaux des droits humains à être abandonnée par TIAA-CREF. En 2012, TIAA-CREF a fait un pas important dans le sens de son affirmation qu’il allait être un fonds de pension socialement responsable, en retirant la SA Caterpillar de son fonds de choix social. Les bulldozers de Caterpillar ont été utilisés par Israël pour une multitude de violations flagrantes des droits humains dans la bande de Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, occupées par Israël. Dans ce cas, la décision de TIAA-CREF s’est fondée sur la rétrogradation des actions Caterpillar par l’agence d’estimation sur la morale des investissements MSCI, qui déclara dans un communiqué que l’un des « facteurs clés » de la rétrogradation de Caterpillar était « une controverse constante associée à l’utilisation d’équipements de la société dans les territoires palestiniens occupés ».

Ces dernières années, SodaStream est devenu l’objet d’appels internationaux au boycott, en raison de son principal site de production qui est situé dans la zone industrielle Mishor Adumim, dans la colonie israélienne illégale de Ma’ale Adumin, en Cisjordanie occupée. La décision prise par TIAA-CREF survient alors que la campagne internationale pour le boycott des sociétés opérant dans les colonies illégales est en train d’acquérir une influence prépondérante. En 2012, les organes de décision politique de l’Église méthodiste unie et de l’Église presbytérienne aux États-Unis ont voté le boycott des produits fabriqués dans les colonies israéliennes.

Les militants de la campagne We Divest intensifient actuellement leurs efforts pour que TIAA-CREF retire de son portefeuille toutes les sociétés qui font de l’argent avec l’occupation israélienne. Des manifestations sont programmées devant les bureaux de TIAA-CREF dans une douzaine de villes à travers le pays ce mardi 16 juillet, jour de l’assemblée générale des actionnaires du CREF à Charlotte, Caroline du Nord.



Ce qu’en disent les autres

Steve Tamari, investisseur TIAA-CREF :

« Je salue l’information selon laquelle, en tant qu’investisseur TIAA-CREF, je n’aurai plus à profiter de SodaStream dont le principal site de production se trouve dans une colonie illégale sur la terre palestinienne en Cisjordanie occupée par les Israéliens. J’exhorte TIAA-CREF à retirer de son portefeuille les autres sociétés qui profitent de la confiscation des terres palestiniennes et contribuent à l’expansion des colonies illégales. J’espère dans les prochaines années voir TIAA-CREF se désinvestir de Veolia, multinationale à base française, qui opère dans le transport, le traitement des eaux et les services d’ordures ménagères au profit des colonies israéliennes illégales sur la terre palestinienne en Cisjordanie occupée. »

Omar Barghouti, militant palestinien des droits humains et membre fondateur du mouvement BDS :

«  L’écrasante majorité du peuple palestinien a approuvé le boycott de SodaStream et des autres sociétés impliquées dans l’occupation israélienne, dans les colonies et les autres violations du droit international. Ceux qui prétendent que boycotter ou se désinvestir de SodaStream pourraient nuire aux Palestiniens ne font que répéter comme des perroquets un argument discrédité dont la fausseté a été démontrée contre l’apartheid de l’Afrique du Sud et le Sud de Jim Crow. Rien ne blesse l’opprimé autant que l’oppression. L’injustice nous blesse. L’occupation dégrade notre humanité. La société civile palestinienne pense que la liberté, la justice et l’égalité méritent notre sacrifice, mais nous avons besoin d’une solidarité sans faille de la part du monde entier, pour réaliser nos droits ».

Anna Baltzer, de la campagne états-unienne pour la fin de l’occupation israélienne :

« Nous espérons que TIAA-CREF a enfin reconnu les implications d’un investissement dans des sociétés comme la SA Caterpillar et Sodastream. Il ne doit pas payer pour violer le droit international et les droits humains des Palestiniens. Pourquoi alors TIAA-CREF a-t-il empêché ses actionnaires de voter le désinvestissement des autres sociétés qui profitent de l’occupation israélienne ? »

Andrew Dalack du réseau de la Communauté palestinienne aux États-Unis :

« SodaStream souligne dans son matériel de marketing qu’ils sont "des constructeurs de ponts, pas de murs", mais la vérité est qu’ils font de l’argent avec un système d’occupation et de colonies illégales, basé sur des murs et des checkpoints qui contrôlent, humilient, et criminalisent des millions de personnes. Il semble que TIAA-CREF a su lire à travers les slogans vides et identifier SodaStream comme une société qui en aucune façon ne peut se faire passer comme agissant "pour le bien de tous". Nous le félicitons pour cela. »

Rebecca Vilkomerson, directrice exécutive de Une voix juive pour la paix :

« Il devient de plus en plus douteux, voire carrément honteux, à être, d’une façon ou d’une autre, associé à des produits fabriqués dans les colonies illégales en territoire occupé. Quelles que soient les motivations de TIAA-CREF pour abandonner SodaStream, c’est la bonne décision pour une société qui prétend offrir "des services financiers pour le plus grand bien de tous" ».



Plus d’informations sur SodaStream :

1 – Pendant que SodaStream, pendant des années, présentait, mensongèrement, ses produits comme fabriqués en Israël, elle manifestait en même temps et à maintes reprises auprès de la Commission de Sécurité et d’Échanges sa vulnérabilité au boycott. Dans le formulaire F-1, déposé le 19 octobre 2010, SodaStream déclare : « Un certain nombre de groupes politiques ont appelé les consommateurs à boycotter les produits israéliens venant de Cisjordanie, y compris nos produits… Pour ces raisons, nous pourrions, à l’avenir, être obligés de transférer une partie importante de nos activités de production vers un site en dehors de la Cisjordanie… (ce) qui pourrait avoir un effet négatif important sur nos affaires, nos conditions financières et nos résultats d’exploitation. »

Plus sur : http://electronicintifada.net/blogs/abraham-greenhouse/risky-business-profiting-occupation

2 – Au lieu d’interrompre un modèle d’entreprise qui profite d’une occupation militaire illégale durant depuis 46 ans, SodaStream s’est engagée dans une campagne de relations publiques massive, de plusieurs millions de dollars, pour masquer les implications morales et juridiques de sa politique, se vendant elle-même comme « non nuisible à l’environnement » et « socialement responsable ». Même si cette façon de faire a permis une augmentation de 55 % des actions de SodaStream entre février et juin de cette année, elle n’a pas pu empêcher TIAA-CREF de retirer ses actions dans SodaStream, un peu comme il l’a fait avec Caterpillar en 2012.

3 – Voir : Why Boycott Sodastream ? A Fact Sheet

15 juillet 2013 - We divest - traduction : Info-Palestine/JPP


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