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Des cours « hasbara » dans les universités israéliennes révélés par un nouveau rapport

dimanche 28 juillet 2013 - 08h:05

Yara Sa’di - E.I

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Ce que ces programmes hasbara révèlent en fin de compte c’est qu’Israël est en train de perdre la bataille des relations publiques et d’investir désespérément des ressources massives pour redorer son image.

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Des étudiants de l’université de Tel Aviv portant des pancartes anti-palestiniennes lors d’une manifestation commémorant l’an dernier le nettoyage ethnique de la Palestine en 1948.
(Oren Ziv – ActiveStills)




Diverses institutions universitaires israéliennes ont intégré des cours et des programmes hasbara, terme hébreu utilisé pour décrire les tentatives d’Israël de redorer son image alors que l’occupation et l’agression militaires le rendent de plus en plus impopulaire dans le monde entier.

Un nouveau rapport d’Academic Watch Project montre qu’au lieu de promouvoir une pensée et une recherche critiques, ces cours dans les institutions universitaires servent à défendre la politique de l’État d’Israël et à le blanchir de ses crimes. Academic Watch Project est un groupe d’étudiants palestiniens des institutions universitaires israéliennes qui se consacre à exposer les discriminations au sein des universités israéliennes et leurs liens avec l’occupation militaire et la politique d’apartheid d’Israël.

A Word on Hasbara vise à dévoiler le contenu de ces cours et programmes et leur financement. Il vise aussi à révéler leurs connexions avec les ministères des Affaires étrangères et de la Diplomatie publique et les groupes sionistes internationaux.

« Ambassadeurs officieux  »

L’un de ces cours, Ambassadors Online (ou Ambassadors on the Web), a proposé à l’université de Haïfa d’afficher le slogan « Volontariat, Sionisme, Diplomatie numérique ».

La page web du cours présente les logos de deux ministères israéliens de même que ceux de Birthright Israel et StandWithUs, groupes visant à promouvoir Israël chez les étudiants américains, et propose le synopsis : « Le but est de fournir aux étudiants des universités israéliennes les connaissances, les compétences et les outils dont ils ont besoin pour devenir les ambassadeurs officieux d’Israël. Les cadets du projet ont reçu une formation qui les prépare à contester avec efficacité les affirmations de délégitimation, à s’engager dans un dialogue avec les militants anti-Israël et à améliorer l’image d’Israël à l’étranger en élargissant la connaissance positive sur le pays ».

Eli Avraham, co-créateur du cours Ambassadors on the Web, déclare dans une interview avec The Canadian Jewish news : « Quand de fausses affirmations sont formulées sur Israël, telles celles qui l’étiquettent comme un État d’apartheid, les gens ont besoin d’être équipés avec des connaissances et des outils pour se prononcer contre ces affirmations ».

Et il a ajouté : « L’idée principale c’est comment se servir des nouveaux médias pour reconquérir le récit d’Israël et promouvoir le point de vue d’Israël » (Un cours à l’université de Haïfa enseigne les stratégies web hasbara - 13 mars 2012).

Un programme hasbara d’un an

Ambassador Club, du centre interdisciplinaire Herzliya, est un programme d’un an pour plus de deux cents étudiants venant de trente pays, en partenariat avec StandWithUs. Le programme comprend des conférences sur les médias, l’économie et l’histoire, afin d’ « armer les étudiants avec les dernières enquêtes et données et de leur enseigner comment présenter le récit israélien » en Amérique du Nord et en Europe. En fin de cours, chaque participant reçoit « une accréditation avalisée par le ministère israélien des Affaires étrangères », affirme le site StandWithUs.

Les syndicats d’étudiants dans les universités israéliennes proposent aussi leurs programmes hasbara. Le syndicat national des étudiants israéliens a pour but de combattre l’ « antisémitisme  » et la « délégitimation de l’État d’Israël » en versant 2000 dollars aux étudiants israéliens en échange de leurs commentaires et lettres écrits sur les sites de réseaux sociaux, faisant la promotion d’Israël et « réfutant » les critiques de la politique de l’État à raison de cinq heures par semaine.

Ces cours hasbara ont été mis en pratique en novembre dernier, quand Israël bombardait Gaza pour le huitième jour consécutif. Le syndicat des étudiants à IDS Herzliya, en coordination avec les ministères des Communications et de la Diplomatie publique, a formé un « centre de guerre » pour promouvoir l’armée israélienne et son agression. Le « centre de guerre » avait reçu l’information directement de l’armée israélienne et du cabinet du Premier ministre.

Le mensonge d’une coexistence

Plus cyniquement encore, ces programmes sont utilisés pour promouvoir le récit fallacieux d’une coexistence, comme celui qui est vanté dans un article récent du Times of Israel sur le programme Ambassadors Online, à l’université de Haïfa. L’article, intitulé Une bande d’étudiants musulmans, druzes et juifs, ensemble pour améliorer l’image mondiale d’Israël, décrit comment des étudiants sont formés pour miner le mouvement mondial de boycott d’Israël.

Mais, malgré le mensonge hasbara selon lequel Israël serait un bastion de paix et de coexistence, et à la promotion duquel le programme de l’université de Haïfa forme les étudiants, la réalité pour les étudiants palestiniens dans les universités israéliennes est de loin bien différente.

Alors que les participants à Ambassadors Online « surveillaient les médias pour les couvertures partiales et participaient à former une opinion publique positive pour Israël  » durant les bombardements de Gaza en novembre dernier, les étudiants palestiniens à l’université de Haïfa qui protestaient contre les attaques étaient diabolisés par le maire de la ville comme «  partisans des terroristes  » et avaient l’interdiction par l’université de manifester sur le campus.

Ce que ces programmes hasbara révèlent en fin de compte c’est qu’Israël est en train de perdre la bataille des relations publiques et d’investir désespérément des ressources massives pour redorer son image. La tâche des institutions universitaires israéliennes dans ces tentatives fallacieuses réaffirme leur rôle au service de la politique de l’État, au lieu de faire la promotion des valeurs et de l’intégrité universitaires.



Yara Sa’di, étudiante de troisième cycle, militante à Haïfa, est la rédactrice du rapport d’Academic Watch Project.

Lectures sur ce thème :

- À quoi sert la hasbara (propagande israélienne) ? - 20 novembre 2012 - Nidal

- Hasbara, la propagande à l’israélienne - 20 décembre 2010.

- Hasbarapocalypse - 5 juillet 2010 - Frank Luntz – Coteret

Haïfa – 15 juillet 2013 - The Electronic Intifada - traduction : Info-Palestine/JPP


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