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Jaffa : charniers de victimes de la Nakba et de la révolte de 1936

mardi 4 juin 2013 - 06h:21

Mohammed Mohsen Watd

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Le cimetière al-Kazkhana à Jaffa a fait la lumière sur des faits historiques qu’Israël s’est efforcé de dissimuler et effacer durant 65 ans et qui se rapportent aux massacres commis par des milices sionistes à l’occasion de la Nakba palestinienne lors de la guerre de 1948.

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Un des charniers contenant les restes des victimes palestiniennes des milices juives - Photo : fondation al-Aqsa

La « fondation al-Aqsa pour les donations et le patrimoine » a découvert lors des travaux de restauration et d’entretien du cimetière al-Kazkhana, l’existence de six fosses communes comportant des centaines de restes humains et de squelettes appartenant à des martyrs, des rebelles ou des civils ayant péri au cours de la Nakba et de la révolte de 1936.

Ces charniers viennent lever le doute et soutenir les témoignages oraux recueillis par certains historiens et apportés par des personnes âgées ayant vécu la Nakba et les épisodes de la guerre. En effet, leurs propos rapportent des scènes de massacres commis à Jaffa et dans ses environs. Certains d’entre eux ont assisté à l’amoncellement des cadavres éparpillés dans les rues de Jaffa et ont été forcés sous les bombardements de les enterrer dans les fosses communes du cimetière al-Kazkhana.

Le responsable du dossier des sanctuaires à la fondation al-Aqsa, Abdelmajid Aghbaria a déclaré que la fondation continuait ses travaux en apportant des preuves historiques concernant les restes humains et les squelettes et qu’elle adressait à la communauté internationale et à la Turquie les rapports concernant les charniers et les tenait informées des avancées sur le terrain.

Aghbaria a confirmé à Aljazira.net que plusieurs étapes devront être franchies. Les plus importantes seront d’une part, l’effort de recherche et d’analyse scientifiques avec l’aide de contacts palestiniens et internationaux, autour des restes humains et des squelettes d’âge différents afin de faire la lumière sur les circonstances des décès et d’autre part, la révélation dans les médias du monde entier que l’établissement d’Israël s’est fait sur les crânes du peuple palestinien.

Massacres et charniers

De son côté, le responsable du mouvement islamique à Jaffa, le Cheikh Mohammed Najm a pris connaissance des détails de la découverte des charniers. En effet, celle-ci a eu lieu fortuitement au cours de travaux de restauration et d’entretien menés par le mouvement avec des fonds turcs au cimetière historique d’al-Kazkhana qui comprend plus de 4 000 sépultures dont celles de martyrs et de rebelles de Palestine et du monde arabo-musulman. Ces charniers font état de profanation et de tentative de dissimulation.

Dans sa déclaration à Aljazira.net, Najm a précisé : « Au cours de nos travaux d’entretien du cimetière, plus de 400 sépultures ont été restaurées. C’est alors que nous avons découvert des ouvertures dans la terre qui se sont avéré être des fosses communes. En les découvrant, on pouvait y constater la présence de centaines de squelettes et de restes humains appartenant à des tranches d’âge différentes. Plusieurs personnes âgées qui ont vécu la Nakba s’accordent à dire qu’ils appartiennent à des martyrs, des rebelles et des civils tués lors de la guerre de 48. »

Il a confirmé que l’époque et la date de l’inhumation dans ces fosses communes remontent aux deux années 1936 et 1948 ; et ce, en se basant sur les stèles qui restent et qui entourent les fosses communes. Celles-ci datent de la Nakba et de la révolte de 1936 contre le mandat britannique. « Nous nous sommes questionnés sur les raisons qui ont poussé les gens de Jaffa à inhumer les leurs de cette manière. Était-ce à cause d’épidémies et de maladies qui se propageaient en ce temps-là ? Ou était-ce à cause de la guerre ? Nous avons penché pour l’hypothèse de la Nakba et ses massacres sur la base de témoignages oraux. Ce qu’il reste à faire, c’est d’effectuer un examen scientifique pour qu’il apporte la preuve écrasante de la vérité de ces charniers. »

Ataallah Sadou, natif de Jaffa en 1934, a révélé la vérité sur ces charniers. En effet, il a été forcé comme ses semblables qui ont vécu la Nakba à enterrer les cadavres de victimes et martyrs parmi les gens de la ville et d’ailleurs qui ont péri durant la guerre de 1948 et l’agression contre Jaffa. Il a lui-même participé, alors que la guerre battait son plein et sous les bombardements, au transport de dizaines de corps au cimetière al-Kazkhana pour les enterrer dans les fosses communes.

Sadou a déclaré à Aljazira.net que tous les restes humains découverts dans les fosses communes appartiennent à des victimes tuées par les Juifs lors de la guerre, soit par les bombardements ou les tirs d’artillerie sur certains quartiers, soit sous les tirs de snipers concentrés essentiellement sur un bâtiment appelé « al-Bira » proche du cimetière al-Kazkhana situé dans le quartier d’al-Jabaliyya, et proche du quartier al-Ajmi où ont été concentrés et rassemblés le reste de la population de Jaffa dans un camp entouré de fils de fer barbelés

Bombardements et exécutions

De son côté, l’historien spécialiste de Jaffa, le docteur Sami Abou-Chahada, a rappelé les massacres perpétrés par les milices sionistes dans la ville et ses environs de novembre 1947 jusqu’à sa chute en mai 1948. Le plus célèbre d’entre eux est le massacre de « Hay as-Saraya » suite à l’explosion d’un camion piégé au sein d’un orphelinat. Ce massacre a été suivi par celui de « Tel-Errich », de « Selma » et de « al-Monchia » sans compter les exécutions de masse dans les environs du cimetière al-Kazkhana où on a brûlé les corps pour s’en débarrasser rapidement et prévenir la propagation d’épidémies.

Abou-Chahada a expliqué dans son entretien à Aljazira.net que la découverte de charniers à Jaffa n’est pas surprenant car les épisodes de la Nakba et ses actions sont documentés par des récits. Les déclarations de milliers de témoins oculaires confirment la perpétration de massacres indescriptibles commis en Palestine par les milices juives de « Etzel », de « la Haganah », et du « Lehi ». Les massacres de Jaffa ne représentent qu’une partie du désastre. La ville a subi par ailleurs, fin avril 1948, le plus violent des bombardements qui a duré trois jours au cours desquels des milliers de missiles sont tombés.

Lire également :

- Jaffa : découverte de plusieurs charniers de Palestiniens victimes de la Nakba - 31 mai 2013

29 mai 2013 - iaqsa.com - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.iaqsa.com/2013/05/%D9%85...
Traduction de l’arabe : Info-Palestine.eu - Mélika


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