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Bombardements sur la Syrie : Israël jette le masque !

dimanche 5 mai 2013 - 17h:39

As’ad AbuKhalil

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Il n’y a pas plus de mystère : Israël a toujours été un acteur majeur dans le conflit syrien.

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Jouant pleinement son rôle de relais de l’impérialisme occidental au Moyen-Orient, l’État sioniste a mené des bombardements d’une extrême violence sur la banlieue de Damas

Le conflit syrien a été une arène ouverte pour tous les ennemis de la Syrie - surnommés par une ironie amère de l’histoire comme les « amis de la Syrie » - voués à la destruction de ce pays et non seulement de son régime. En fait, tous les ennemis de la Syrie auraient préféré une solution qui aurait permis de maintenir le régime intact afin de rassurer Israël.

L’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie étaient les acteurs les plus visibles en Syrie, mais les États-Unis et Israël ne sont pas loin derrière (ou devant). Il est vrai cependant que les médias occidentaux sont assez explicites sur le fait que le Qatar et l’Arabie saoudite ne pourraient rien sans le consentement et les ordres de la Maison Blanche. Il s’agit de la deuxième agression majeure d’Israël contre la Syrie, mais Israël a aussi été très probablement - comme en Irak - complice des assassinats de scientifiques syriens et d’un certain nombre de ses adversaires. Il n’y a jamais eu de guerre civile ou de conflit interne dans le monde arabe dans lequel Israël n’a pas joué un rôle majeur. Certains médias américains ont noté la présence d’agents du Mossad en Syrie. Les gangs de l’Armée syrienne libre (FSA) ont agi en relation avec eux.

Les États-Unis et Israël ont décidé que les gangs de criminels de guerre de la FSA sont les milices sélectionnées pour recevoir une aide militaire des États-Unis (et probablement d’ Israël). Ce sont un peu comme les seigneurs de la guerre en Afghanistan : des criminels qui sont prêts à chanter les bons slogans et à émettre les communiqués dans la bonne ligne, et qui reçoivent en échange de grosses sommes d’argent et de l’aide occidentale.

Contempler les médias saoudiens et qataris est comme un retour vers le passé : le porte-parole de l’opposition syrienne en exil (appelons-les porte-parole, tous ces hommes de cette « révolution » pitoyable qui aurait été bien évidemment dirigée par des femmes laïques et féministes, selon les premiers récits pré-enregistrés destinés aux discours sur les campus et dans les médias occidentaux) jubilait de voir son pays bombardé par Israël. Ils ont utilisé le même langage que celui utilisé par Bashir Gemayel lorsqu’il justifiait sa relation avec Israël pendant les longues années de la guerre civile libanaise (et avant). Ils sont prêts à accepter l’aide de quiconque, de « Satan lui-même ». Nous connaissons ce langage codé. Et certains porte-parole de l’opposition ont commencé à jouer le rôle qui leur a été assigné dans l’opération psychologique israélienne en annonçant soudainement que « les grandes sections » de l’armée syrienne ont commencé à faire défection dès que le bombardement avait commencé.

Cela n’a jamais été une « révolution ». Moi-même et d’autres membres de la gauche libanaise, avons signé une pétition juste après les événements de Deraa, dans lequel nous avons dénoncé le régime, ridiculisé et rejeté sa version sur des groupes armés circulant dans le pays et tirant sur les gens. Je me dis maintenant que je me trompais : je crois que des groupes armés ont été entraînés et armés de façon à frapper lorsque les ordres (d’Israël et les pays du Golfe) arriveraient. Ils avaient une mission à remplir, et cela n’a rien à voir avec la volonté de libérer la Syrie d’un régime tyrannique.

Le régime est pour l’instant silencieux, préparant probablement le message habituel sur sa détermination à « choisir l’heure et le lieu de la bataille contre Israël ». Mais la bataille ne se produit jamais et les réponses aux attaques israéliennes encore moins. Le Golan est toujours occupé et le régime (comme l’opposition) sont disposés à utiliser leur puissance de feu uniquement à l’intérieur de la Syrie (ou à l’intérieur du Liban, les années précédentes), mais pas contre Israël. De même, les groupes armés syriens flirtent avec Israël depuis un certain temps maintenant, et leur jeu a été clairement dévoilé aujourd’hui. Leur déclaration de « neutralité » est démentie par les prises de position des « activistes » de l’opposition sur différentes comptes Facebook.

Le gouvernement américain et les médias jouent leurs rôles habituels. Ne jamais remettre en question ce qu’Israël fait partout dans le monde. Les justifications sont fournies instantanément, et ce n’était pas une coïncidence que le New York Times ait publié un article en première page sur le pauvre petit Israël qui doit se débrouiller tout seul pour se défendre contre les conflits et les troubles en Syrie. Il y a seulement une semaine, David Ignatius du Washington Post, après avoir reçu différentes instructions des services de propagande du gouvernement israélien, avait indiqué qu’Israël était en fait calme et ne faisait que jouir du carnage en Syrie.

Le conflit en Syrie a depuis toujours été hors des mains du peuple syrien. Il ne s’agit pas d’un conflit local interne qui serait devenu régional et international en l’espace de deux ans. Non ! Ce conflit était régional et international dès le début. Les États-Unis et ses obligés de la contre-révolution arabe étaient prêts à favoriser des soulèvements arabes dans une direction qui plairait aux États-Unis et à Israël. La chute de Moubarak imposait la chute du régime Assad, après que les États-Unis et Israël aient découvert qu’ils pouvaient continuer à faire des affaires avec les Frères musulmans.

Cela ne veut pas dire que le peuple syrien n’a une centaine de raisons de vouloir renverser le régime syrien. Mais ce qui se passe n’a rien à voir avec les causes sous-jacentes de la révolte en Syrie. L’attaque contre le régime syrien par le Qatar, l’Arabie, la Turquie, Israël et les États-Unis, n’a jamais eu à voir quoi que ce soit avec la démocratie. Le régime syrien a connu par le passé des révoltes et des soulèvements qui ont été réprimés brutalement, et il n’y avait pas eu de critiques. Le gouvernement saoudien, et plus tard le gouvernement qatari, étaient prêt à financer la dynastie Assad à condition qu’ils agissent tous de concert au Liban et dans la région.

Il ne faut pas prétendre qu’il n’y a pas de révolution en Syrie, mais l’issue du conflit ne sera certainement pas démocratique. Vous pouvez faire cette prédiction en vous basant sur l’idéologie (et les pratiques) « révolutionnaires » des groupes armés présents en Syrie. Mais les groupes armés syriens sont dupés par les États-Unis et Israël en pensant que le trône syrien est désormais à leur portée, alors que ces deux parties veulent un conflit très long, qui épuise toute la nation syrienne et la détourne de l’idée de s’attaquer aux intérêts israéliens.

Le régime syrien a montré dans le passé qu’il était prêt à faire des affaires sous la table avec Israël. La Coalition Nationale Syrienne et tous les groupes armés actifs en Syrie ont prouvé qu’ils étaient prêts à s’aligner sur Israël pour accéder au pouvoir et faire eux aussi faire des affaires avec Israël, mais sur la table. Tout cela n’augure vraiment rien de bon pour l’avenir de la Syrie.

5 mai 2013 - al-Akhbar - Vous pouvez consulter cet article à :
http://english.al-akhbar.com/blogs/...
Traduction : Info-Palestine.eu - al-Mukhtar


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