DERNIERE MISE A JOUR : mercredi 21 septembre 2016 - 22h:59

Les habitants de St Louis (Missouri) s’insurgent contre la signature d’un contrat avec Veolia

dimanche 23 décembre 2012 - 07h:08

St Louis PSC

Imprimer Imprimer la page

Bookmark and Share


A 14h30 mercredi 19 décembre 2012, au cours d’une réunion dans le bureau du maire, le Conseil de l’estimation et de répartition de la ville de St. Louis* (Board of Estimate & Apportionment), a refusé d’approuver un contrat entre la ville et Véolia tant que la firme n’aurait pas fait l’objet d’une enquête approfondie.

JPEG - 74.6 ko
Rassemblement contre Véolia - Photo : US Campaign to End the Israeli Occupation

La décision a été prise à cause de l’implication de la multinationale dans la discrimination ethnique imposée à la Palestine et du nombre d’appels téléphoniques, de mails et de réunions exprimant des "inquiétudes concernant le respect des droits humains par l’entreprise et sa situation financière " comme l’a dit la radio publique nationale de St Louis.

Dans les six heures qui ont précédé le vote, les membres du Conseil on reçu plus de 200 mails chacun leur demandant de retarder la signature du contrat. Leurs téléphones n’ont pas cessé de sonner et les militants ont aussi envoyé des messages aux officiels sur Twitter. Les membres du Comité de Solidarité pour la Palestine de St Louis et la Voix Juive pour la Paix de St Louis sont venus à la réunion exprimer leur opposition à Véolia.

Le Conseil qui comprend le maire de St Louis, Francis Slay, le contrôleur, Darlene Green, et le président du Conseil des Echevins, Lewis Reed, ont reconnu qu’ils ne pouvaient pas approuver en conscience un contrat qui soulevait autant de questions. Auparavant, le Comité pour la Solidarité avec la Palestine de St Louis avait distribué un tract qui décrivait la manière dont Véolia avait profité de l’occupation israélienne illégale de la Palestine et de sa politique d’apartheid ainsi que le mépris de la multinationale pour l’environnement, ses pratiques désastreuses en matière de gestion de personnel et de management, la corruption, les pots de vin, les détournements, les fraudes et enfin son échec à se réformer malgré ses promesses.

Quand le Maire Slay a soumis le contrat à l’approbation, le président Reed a demandé que le vote soit repoussé afin de pouvoir d’effectuer une enquête sur les pratiques de la firme. Le Commissaire à l’eau et le maire continuaient de soutenir que Véolia était la firme qu’il leur fallait, mais Green qui était d’accord avec Reed a montré le contraire avec éloquence :

"Nos citoyens ne sont pas satisfaits. Et je veux respecter leurs demandes, le mal qu’ils se sont donné et leur désir ’d’enquêter sur Véolia’... Ce n’est pas notre argent ; c’est leur argent. Point... Vous, [les citoyens] vous avez de l’importance. Donc tâchons de tirer les choses au clair."

Reed a exprimé la crainte que le contrat ait été ajouté à l’ordre du jour à la dernière minute suite à la protestation des écologistes, des salariés, du mouvement de solidarité avec la Palestine et d’autres groupes indignés par l’épouvantable réputation de l’entreprise.

En dépit du fait que les gens ont été pris de cours, les organisateurs locaux ont réussi à mobiliser des centaines de personnes. Cette victoire a montré que les gens ordinaires avaient le pouvoir de s’opposer aux multinationales et d’exiger la transparence en matière de contrats publics.

Selon Sandra Tamari, une membre américo-palestinienne du Comité de Solidarité avec la Palestine de St Louis, qui assistait à la réunion :

"Je remercie le Conseil de l’estimation et de répartition de la ville de St. Louis pour sa décision éthique. Ma famille vit en Cisjordanie occupée où Israël a mis en place un système routier ségrégationniste et des bus ségrégationnistes dont certains appartiennent à Véolia. Si nous essayions de monter dans ces autobus, ma famille et moi serions repoussés à cause de notre race et de notre religion, comme c’est arrivé aux Palestinian Freedom Riders il n’y a pas longtemps. Je n’ai pas envie qu’une firme qui opprime mon peuple gagne de l’argent chaque fois que j’ouvre le robinet. Si la ville est contre la ségrégation aux États-Unis, elle ne doit pas soutenir des multinationales qui collaborent avec des pays ségrégationnistes."

Après avoir gagné cette première victoire, les habitants de St Louis vont redoubler d’efforts pour qu’il ne soit plus question du contrat une fois pour toutes. Il est temps que St Louis se débarrasse de Véolia.

Note :

* Selon la Charte St. Louis Ville, le Conseil de l’estimation et de répartition se compose du maire, Contrôleur et président du Conseil des Echevins. Le Conseil de l’E & A est l’exécutif de la Ville de gouvernement et approuve tous les achats de la ville immobiliers, les crédits et le budget de la Ville de fonctionnement annuel.

Lire également :

- Touché par la campagne de boycott, Véolia se retire d’un important appel d’offres à Londres -22 décembre 2012
- Un rapporteur spécial de l’ONU préconise le boycott des compagnies qui font des affaires avec les colonies israéliennes - 27 octobre 2012
- Liverpool a annulé le salon sur l’Environnement du 31 juillet 2012 sponsorisé par Veolia - 15 août 2012
- Véolia toujours active dans les dépôts d’ordures des colons israéliens - 5 août 2012
- Véolia traite les eaux usées de la colonie Modi’in Illit - 13 février 2012
- Véolia se retire du transit et des secteurs en régression en Israël - 16 décembre 2011
- Le Conseil syndical des transports londoniens rejoint la Campagne pour le déraillement de Véolia et Alstom - 7 décembre 2011
- Véolia toujours impliquée dans les violations israéliennes du droit international -24 novembre 2011

20 décembre 2012 - Saint Louis Palestine Solidarity Committee, Mondoweiss - Pour consulter l’original : http://mondoweiss.net/2012/12/contract-following-activist.html]
Traduction : Info-Palestine.eu - Dominique Muselet


Les articles publiés ne reflètent pas obligatoirement les opinions du groupe de publication, qui dénie toute responsabilité dans leurs contenus, lesquels n'engagent que leurs auteurs ou leurs traducteurs. Nous sommes attentifs à toute proposition d'ajouts ou de corrections.
Le contenu de ce site peut être librement diffusé aux seules conditions suivantes, impératives : mentionner clairement l'origine des articles, le nom du site www.info-palestine.net, ainsi que celui des traducteurs.