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En mémoire de Ghassan Kanafani

jeudi 16 août 2012 - 06h:53

As’ad AbuKhalil

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Si vous naviguez dans tous les blogs de langue anglaise, les sites Web et les journaux qui traitent du Moyen-Orient, vous n’auriez pas su que les Arabes, dans le cyberespace et à travers le monde entier, commémorent l’anniversaire de l’assassinat de Ghassan Kanafani par des terroristes israéliens à Beyrouth.

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Ghassan Kanafani

Ghassan Kanafani a été froidement assassiné, le 8 juillet 1972, par un engin explosif placé sous sa voiture, qui a également tué sa nièce. Des photos de Kanafani et des extraits de son ?uvre ont été diffusés. Les médias occidentaux avaient d’autres préoccupations : ils étaient occupés à faire la promotion d’un bouffon sunnite à Sidon, le tout dans l’espoir de le faire rivaliser avec Hassan Nasrallah.

Ghassan Kanafani n’a jamais porté d’arme à feu, même s’il était autorisé à en porter plus d’une puisque ce sont les armes à feu du sionisme qui lui ont volé sa patrie. Ghassan Kanafani était un écrivain, un artiste et un rêveur. Il était aussi un amoureux : ses lettres d’amour à Ghada Samman sont parmi les plus belles lettres d’amour jamais écrites - ce qui est intéressant, c’est que Ghada n’ait publié que les lettres qu’elle avait reçues de lui et non pas celles qu’elle lui avait écrites.

Kanafani était une figure majeure de la presse koweïtienne et libanaise et ses articles ont été publiés sous un pseudonyme dans le magazine al-Hawadith, entre autres journaux. Kanafani était brillant dans les médias et ses affiches politiques étaient des meilleurs du 20e siècle.

Les terroristes israéliens ont tué des dizaines de nos écrivains, universitaires, scientifiques, poètes, artistes, en plus de beaucoup de nos dirigeants et commandants. Israël a toujours eu un rôle pionnier dans l’art et la pratique du terrorisme et il peut être considéré comme la véritable source d’inspiration d’al-Qaïda.

Si Ghassan Kanafani n’était pas un Palestinien, son histoire aurait été exposée dans des films, des pièces de théâtre et des romans. Au lieu de cela, ce sont les terroristes israéliens qui sont dépeints comme des rêveurs et des travailleurs humanitaires, tandis que nos rêveurs et nos artistes sont transformés en terroristes. Golda Meir, qui a du sang de nombreux enfants arabes sur les mains, est présentée dans la culture populaire américaine comme une sorte de grand-mère poule avec des inclinaisons féministes - alors qu’en fait elle n’était pas seulement une terroriste, mais aussi une ennemie du mouvement féministe.

Ghassan Kanafani représente toute la passion de la lutte palestinienne. Les terroristes israéliens sont menacés par tout acte de défi palestinien - que ce soit en armes ou en mots. En avril 1973, Ehud Barak, a lui-même commandé les terroristes qui ont assassiné le poète palestinien Kamal Nasser, un autre homme qui n’a jamais tenu un fusil à la main. Mais les calculs israéliens ne sont pas bons : ils assassinent un Palestinien (ou un arabe) après l’autre en imaginant que leur mort tuera le rêve ou éteindra la flamme de notre projet. Les calculs israéliens sont tellement délirants qu’ils semblent fondés sur l’idée que les mères palestiniennes ne pourront plus mettre d’enfants au monde.

J’ai grandi en entendant parler de Ghassan Kanafani. Il était un ami proche de mon oncle Naji, qui le connaissait depuis l’époque du Mouvement des nationalistes arabes. Et quand Kanafani a été assassiné, Georges Habache a dit : « il a emmené la moitié de moi-même avec lui. »

Pour toutes sortes de raisons, Kanafani m’a toujours manqué. Mon autobus scolaire, lorsque j’étais un jeune garçon, passait quotidiennement devant les bureaux du magazine al-Hadaf. C’était le journal d’avant-garde révolutionnaire qui avait été fondé par Ghassan Kanafani. J’ai encore une partie des premiers numéros. Je les conserve avec soin, sachant qu’ils ont été conçus, produits et écrits par cet homme de talent.

L’Occident ne connait pas nos scientifiques ou nos artistes ou nos écrivains. Il ne connaissent que « nos terroristes ». Aux États-Unis, je demande souvent aux élèves des collèges à travers le pays s’ils ont entendu parler de Ben Laden. Ils en ont tous entendu parler, bien sûr. Je leur demande ensuite de nommer un poète ou un écrivain ou un scientifique palestinien ou arabe. Aucun ne peut le faire (au Royaume-Uni, l’expérience donne des résultats différents et les étudiants des collèges disposent certainement de plus de connaissances).

Mahmoud Darwich a été uniquement connus des médias occidentaux après qu’il ait écrit un poème qui offensa les Israéliens. Ce n’est qu’à ce moment-là que le New York Times le couvrit et publia une traduction de « l’offensant » poème. Darwish demandait simplement aux envahisseurs de quitter sa terre.

Année après année, nous prouvons que nous n’avons pas oublié Ghassan Kanafani, et que nous n’avons pas pardonné à ses tueurs. Année après année, nous contemplons ses photos et regardons ses yeux, et je sais que quelque chose de monstrueux s’est passé quand Kanafani a été assassiné.

Année après année, nous le relisons et restons fermes quant à l’actualité de ce qu’il représentait. Les Israéliens ont l’habitude de couvrir leurs crimes de guerre et leurs massacres par des mensonges et des distorsions de la réalité. Ils ont menti au monde et a affirmé que Ghassan Kanafani a écrit ses romans et peint ses affiches avec un pistolet. Pourtant, sa plume et son pinceau se sont avérés plus forts que l’arme israélienne qui l’a tué.

12 août 2012 - Al-Akhbar - Vous pouvez consulter cet article à :
http://english.al-akhbar.com/blogs/...
Traduction : Info-Palestine.net - Claude Zurbach


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