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Vies sous occupation : mourir en attendant des médicaments

mardi 24 avril 2012 - 07h:13

PCHR Gaza

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Akram Abu Mones Sefan, âgé de 35 ans, vit dans le camp de réfugiés de Nuseirat dans la bande de Gaza avec sa femme Mervat, 26 ans, et ses deux jeunes fils : Abed, 5 ans, et Ahmad, 3 ans.

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Akram Mones Abu Sefan et son fils Ahmad

Akram est professeur de dessin spécialisé à l’UNRWA, dans une école préparatoire pour garçons dans le camp de réfugiés de Bureij. En 2009, après avoir subis une série de tests médicaux en Egypte, Akram a été diagnostiqué avec une leucémie myéloïde chronique, un grave cancer des cellules sanguines. Depuis 2010, on lui a prescrit le Glivec, un nouveau médicament qui a augmenté de façon significative le taux de survie des patients.

Depuis qu’il a commencé à prendre ce médicament, la propagation du cancer à d’autres parties du corps Akram a été bloquée et sa qualité de vie s’est considérablement améliorée.

« Ce médicament a changé ma vie », dit Akram. « Depuis que j’ai commencé le traitement avec le Glivec, les symptômes de la leucémie ont disparu et je me sens à nouveau en bonne santé. » Mais depuis Janvier 2012, le médicament Glivec est devenu indisponible dans la pharmacie centrale de Gaza. Même si une certaine quantité de Glivec, couvrant les besoins de 70% des patients est arrivé le 15 mars, cette offre était seulement suffisante pour 25 jours.

Depuis que le blocus a été imposé en 2007 par Israël sur la bande de Gaza, les autorités du territoire assiégé appliquent une procédure stricte de coordination afin d’obtenir les médicaments nécessaires pour les services de santé. Selon cette procédure, le ministère de la Santé à Gaza demande les médicaments au ministère de la Santé à Ramallah, qui se coordonne avec le gouvernement israélien pour les fournir dans la bande de Gaza.

Ces dernières années, les litiges entre les autorités de la Cisjordanie et celles de Gaza, les défaillances de coordination, et les problèmes financiers rencontrés par le ministère de la Santé à Ramallah ont affecté la disponibilité de nombre de médicaments essentiels dans la territoire côtier.

L’épouse d’Akram, Mervat, dit son inquiétude. « Mon mari souffre de forts maux de tête et de douleurs dans les jambes. Je fais de mon mieux pour préparer les aliments qui peuvent compenser les problèmes causés par sa maladie du sang. » Le médecin leur a dit que l’interruption du traitement pourrait avoir des conséquences graves sur la santé d’Akram. Le manque de globules dans le sang peut causer une grande fatigue, des problèmes aux voies respiratoires et une insuffisance rénale. Néanmoins, il essaie de détourner l’attention de son cas à lui : « Il y a beaucoup d’autres patients dans la même situation que moi, mon cas est loin d’être le seul dans la bande de Gaza. »

À l’heure actuelle, 32 patients atteints de cancer dépendent de la fourniture de Glivec pour leur survie. « Les Palestiniens peuvent trouver des moyens pour pallier au manque d’électricité, de carburant et de nourriture, mais il n’y a pas d’alternative pour les médicaments. Il s’agit d’une question de vie ou de mort », dit Akram.

En fait, ce n’est pas la première fois que le Glivec est indisponible à Gaza. L’an dernier, Akram a dû interrompre son traitement pendant un mois et demi. Le coût élevé du Glivec, de 3700 dollars US pour un traitement mensuel, empêche les patients de l’obtenir à partir de sources non gouvernementales. « L’impossibilité de faire entrer des médicaments à Gaza est politique. En gardant notre esprit occupé avec le manque d’électricité, de carburant et de médicaments, Israël vise à accroître notre individualisme comme moyen de saper notre volonté de construire notre État. Ils [les Israéliens] ne font pas que tuer les malades, ils détruisent la vie entière des Palestiniens. »

Selon Na’el Shih, le directeur de la pharmacie à l’hôpital Shifa à Gaza, 80% des médicaments nécessaires aux patients sont manquants.

« Nous sommes en train de mourir ici. Cent quatre vingt-six médicaments sont actuellement épuisés au magasin central du ministère de la Santé à Gaza. Le stock restant sera terminé dans les 2-3 prochains mois. Depuis deux mois, il n’y a pas eu de vaccinations contre l’hépatite pour les nouveaux-nés dans la bande de Gaza.

En raison du manque de moyens financiers, la pénurie de médicaments affecte particulièrement les traitements coûteux tels que ceux liés à la transplantation rénale et du foie, et aux cancers. « En dépit du fait que ces traitements sont vitaux pour les patients, l’hôpital n’est pas en mesure de les assurer. »

Le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels reconnaît le « droit de chacun à la jouissance du meilleur état de santé. » Les autorités palestiniennes dans la bande de Gaza et en Cisjordanie compromettent sévèrement ce droit quand elles politisent la fourniture de l’assistance sanitaire aux habitants de Gaza.

Israël, en tant que puissance occupante dans la bande de Gaza, « a le devoir d’assurer et de maintenir avec la coopération des autorités nationales et locales, les établissements médicaux et hospitaliers et les services de la santé et de l’hygiène publique dans le territoire sous occupation. »

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28 mars 2012 - PCHR Gaza - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.pchrgaza.org/portal/en/i...
Traduction : Info-Palestine.net - Naguib


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