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Tunisie : de la Révolte à la Résistance

jeudi 29 mars 2012 - 21h:47

Meriam Hammami

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Vous êtes les ressuscités dont les phalanges défieront les prérogatives des anciens orchestrateurs du néant, vous êtes l’avant-garde de la pensée du monde [Manuel de Diéguez, Lettre aux intellectuels tunisiens]

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Lors de la grande manifestation du 14 janvier 2011, à Tunis, la jeunesse exige le départ de Ben Ali - Photo : AFP/Fethi Belaid

Pourquoi l’homme se révolte-t-il ?

L’homme est la seule créature qui refuse d’être ce qu’elle est, avait écrit Camus, il semblerait que la révolte pour l’homme soit instinctive, c’est l’instinct de vie donc qui mènerait l’homme à la révolte.
Le tyran est celui qui essaye d’étouffer cet instinct par la peur, en faisant croire à l’homme terrifié qu’il asservie que la seule réalité est l’injustice, que la quête de la justice, est une quête vaine et sans espoirs, que revendiquer une alternative au modèle existant ouvrirait la boîte de Pandore.
Mais il arrive un moment où l’instinct de la révolte prend le dessus car l’homme s’aperçoit qu’il ne peut pas vivre dans l’injustice, il s’aperçoit que l’image déshumanisée que le tyran lui impose ne lui correspond pas, il se demande alors pourquoi ne se révolterait-il pas ?

Quand l’homme décide de mourir pour se réapproprier de son humanité perdue commence la révolte. La révolte commence le jour ou l’homme réalise aussi que la peur ne lui épargne pas l’attrait des malheurs mais que c’est la source même de tous ses malheurs.
Plus jamais la peur avait écrit et avait crié le peuple tunisien, le courage, la rage et l’indignation du peuple ont porté leur fruits, le tyran est parti, personne n’a plus le droit de faire taire la voix du peuple et de sous estimer sa volonté. Une fois le mur de la peur abattu tout devient possible, le rêve que l’homme puisse vivre dans un monde juste devient pour l’homme révolté réalisable et c’est le projet universel que l’homme révolté cherchera de mener car il ressent le devoir de faire partager la saveur enivrante de la liberté au reste du monde.
Le peuple tunisien s’est aperçu que ceux qu’il croyait libres n’étaient en fait que les complices muets de ses tyrans déclarés, pour se reconstruire le peuple tunisien doit donc réinventer les valeurs qui lui permettront de construire sa démocratie et espérer ainsi offrir au monde le modèle d’une démocratie Juste.
Le chemin vers une nouvelle démocratie sera long et périlleux mais l’homme tunisien révolté n’a pas peur d’affronter le voyage car sa cause est juste.
Pour qu’une révolution des consciences ait lieu, pour que la liberté puisse souffler la vie aux âmes meurtries et pour que le feu volé de Prométhée puisse sauver les hommes, il faut qu’une Résistance s’organise, il faut que l’homme résistant reprenne le flambeau de la révolte.

Mais qui est l’Homme Résistant ?

L’homme résistant est celui qui lutte sans répits pour son indépendance, pour ne pas se plier aux lois du marché, aux états colonialistes et aux flics du pétrole qui s’acharnent à altérer sa conscience, coloniser ses valeurs et défigurer son Dieu.
L’homme résistant est celui qui lutte pour affranchir les valeurs dénaturées et colonisées par des gouvernements voyous, pour redéfinir le sens de la Tolérance et de la Paix qui ne peuvent subsister sans la Justice.
L’homme résistant est celui qui réalise que l’alternative naît de la résistance, que son refus obstiné d’un modèle défaillant enfantera des alternatives plus justes.
Le premier grand pas de la Résistance tunisienne est la lutte qu’elle mène pour criminaliser la normalisation avec l’entité sioniste, une lutte menée, au nom de la Justice et de la Tolérance.
« Je suis tolérant donc je suis antisioniste » c’est le slogan que des citoyens ont porté lors de la manifestation du 30 décembre 2011 à Tunis devant le siège de l’Assemblée Constituante pour rappeler que la lutte pour la libération des valeurs a commencé, que la Tolérance se vide de son sens quand elle devient soumission. Pour qu’il y ait tolérance, il faut qu’il y ait choix délibéré, seul l’homme libre donc peut être tolérant.
Ce peuple, cher à mon c ?ur, qui a réalisé que l’impossible n’était pas tunisien, tentera d’inverser la tendance de l’injustice, il ne lâchera pas prise, il résistera et reviendra le 30 Mars 2012 rappeler sa lutte contre la tyrannie en espérant inspirer encore une fois toute personne assoiffée de Liberté, toute personne qui croit que pour pouvoir vivre en paix il faut que justice soit faite.

*Meriam Hammami est Vice présidente de la Ligue Tunisienne pour la Tolérance

Lire également :

- « Je suis tolérant, donc je suis antisioniste » - 15 mars 2012

Mars 2012 - Communiquée par l’auteure


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